
On les avait un peu perdus de vue depuis trois ans, mais les Rennais de The Popopopops reviennent plus en forme que jamais : un bel EP sorti en mai dernier, un album à venir en février 2013 et les dates de tournée qui vont avec. On a donc profité de leur passage au Transbordeur en ouverture de Skip The Use pour échanger avec les gars.
ZYVA : Entre votre prix CQFD – Les Inrocks en 2009 et la sortie de « A Quick Remedy » en mai dernier, on n’avait plus trop de vos nouvelles…
Guillaume : En fait en 2009 et 2010, on a surtout tourné à l’étranger avec notre single Dance Tonight, pas trop en France. Après, en 2011, on s’est retrouvé à Rennes et on s’est mis à composer. On a un peu changé de direction artistique, il y a des chansons sur l’EP, comme My Mind is Old ou R’n’R, qui sont un peu plus sombres, moins dansantes.
Z. : Pourquoi ce choix ?
G. : Je pense qu’on a grandi, tout simplement. On avait envie de faire des choses plus profondes peut-être.
Simon : On n’a pas vraiment choisi de changer de direction comme ça, c’est au fil des expériences, du live. En fait on s’est pas mal mis à la composition à deux, avec Victor, avant d’amener tout ça en répèt et de retravailler les morceaux tous ensemble. Du coup, ça a donné des nouveaux styles. En fait, on s’est jamais mis trop de barrières par rapport à nos influences, qui sont quand même assez diverses. Il y a peu de groupes qui nous font tous vibrer, et du coup ça nous a permis d’amener des nouvelles choses. Moi par exemple, j’ai amené des touches Hip-Hop sur certaines nouvelles chansons parce que j’en écoute pas mal. On a essayé de construire nos nouveaux titres comme ça, autour des influences de chacun.
Z. : Après « A Quick Remedy », vous avez choisi de sortir un EP de remixes de My Mind is Old. C’est pour faire patienter les fans avant l’album ?
Vincent : En fait, on voulait faire vivre la chanson en dehors de l’EP, notamment durant l’automne où on prépare l’album. Donc on s’est dit que c’était intéressant de continuer dans la lignée de l’EP en sortant des remixes de cette chanson-là parce qu’elle a été clippée et qu’on voulait un peu la mettre en avant. C’est un peu les prémices avant de sortir l’album en 2013.
S. : On avait nous-mêmes fait des remixes d’autres groupes, et du coup c’est un truc qui nous plaît bien de retravailler des chansons originales pour essayer d’en tirer certains éléments. On avait remixé Juveniles, pas mal de morceaux d’autres groupes rennais, et ça nous intéressait d’avoir un retour nous aussi avec nos potes qui ont remixé notre chanson. C’est toujours un plaisir d’avoir une chanson que tu as fait et puis de la laisser vivre, qu’elle soit interprétée par d’autres personnes. On aime bien ce côté-là du remix.
Z. : D’avoir la patte d’autres groupes sur votre musique ?
S. : Ouais, exactement. On était super excités quand on a écouté les premiers remixes, il y avait vraiment plein de directions différentes. Il y en avait combien au total ? Dix, un truc comme ça ?
V. : Un peu moins, sept ou huit.
G. : Et puis il y en a qui se sont proposés d’eux-mêmes, qui voulaient tenter, et du coup on en a choisi quatre, sur des coups de cœur, par exemple Alex Gopher qui est quand même un assez gros nom.
Z. : Vous pouvez me parler un peu de l’album qui va sortir, ou c’est secret défense ?
S. : (Rires) Non, non, on peut. Normalement, il devrait sortir début 2013, en mars, et on a bossé dessus tout l’été. Enfin, ça fait plusieurs années qu’on bosse dessus puisqu’il y a des chansons qu’on n’a jamais sorties et qui seront sur l’album. Là on a pratiquement fini, on est dans la période de mixage, et on est vraiment très contents du résultat. On a hâte que ça sorte.
Z. : Du coup l’album sera plus dans cette nouvelle direction artistique dont vous parliez ?
S. : Il sera vraiment dans la lignée directe de l’EP, c’était vraiment une espèce de palette pour nous. Il y a cinq chansons dessus, qui sont quand même pas mal différentes, et l’album sera dans la même veine, avec encore d’autres touches différentes. Il y a des choses qu’on fait depuis un moment et qu’on n’avait pas mis sur l’EP, parce qu’on voulait mettre que cinq titres et privilégier certaines chansons. Du coup, sur l’album, on va se permettre peut-être plus de folie on va dire, avec des chansons plus expérimentales, qui nous plaisent bien mais qui n’avaient pas leur place sur l’EP.
V. : On avait enregistré beaucoup plus de titres qu’il y en a sur « A Quick Remedy », on en avait fait huit ou neuf. Il y en a qui vont se retrouver sur l’album, peut-être d’une façon un peu différente, mais qu’on voulait sortir et qui n’avaient pas leur place sur l’EP puisqu’on a essayé d’y mettre surtout des chansons efficaces. Là sur l’album on prend la liberté de mettre des chansons plus « bizarres ».
Z. : Est-ce qu’il y a certaines influences que vous avez voulu ressortir pour le coup ?
V. : En fait, on ne calcule pas trop, on n’est pas fixé sur certains groupes. On a forcément des influences qu’on partage tous, bien qu’elles soient rares…
S. : Foals, peut-être.
V. : Ouais Foals par exemple. Mais on s’est surtout retrouvé à faire des trucs sur le moment, genre mettre des delays sur des voix qui rendent le truc quasiment reggae, alors qu’on n’écoute pas forcément de reggae. Simplement ça collait à certaines chansons, et comme ça on se retrouve avec des titres un peu hybrides, et c’est ça qui est cool.
Z. : Au feeling quoi….
S. : Ouais, c’est ça, au feeling. Mais du coup ça va être difficile parce qu’on n’a pas encore choisi la tracklist, et il y a vraiment des groupes de chansons assez différentes. On ne sait pas encore lesquelles vont se retrouver sur l’album parce qu’on en a enregistré plus qu’il n’y en aura, pour pouvoir justement avoir une tracklist cohérente et un album qui puisse s’écouter du début à la fin sans mauvaise surprise on va dire !
Z. : Vous parlez de cohérence, mais vous êtes quand même un groupe de Pop/Rock avec un nom qui fait référence au Hip-Hop ! (précisément à Seine-Saint-Denis Style de NTM)
V. : (Rires) Oui, c’est vrai ! Quoique depuis un an, il y a pas mal de Hip-Hop qui commence à revenir dans nos compos ! Mais c’est vrai qu’à l’époque où on s’est formé, il y a bientôt six ans, on n’avait pas du tout prévu de faire de faire de Hip-Hop. C’est Guillaume qui écoutait NTM, et on trouvait ça drôle le paradoxe entre ce nom et le fait qu’on ne fasse pas du tout ce genre de musique.
S. : Et puis il y a ce côté répétition qui marque un peu, c’est ‘Pop’ répété plusieurs fois, on aimait bien cet aspect du nom.
Z. : Justement, en six ans d’existence, vous avez quand même parcouru pas mal de chemin…
V. : Oui, surtout qu’on n’était pas du tout parti pour en faire notre boulot, c’est ce qui nous distingue de pas mal d’autres groupes un peu dans l’air du temps en ce moment, même des amis à nous, comme Juveniles qui s’est formé il y a un an à peu près… On est là depuis un sacré bail, on a eu nos périodes de trous, et là on revient avec l’album donc on est vraiment content. Mais c’est vrai qu’on a peut-être un bagage plus important que pas mal de groupes qui sont pourtant à notre niveau, c’est ça le paradoxe. Mais je pense que finalement c’est une force qu’on a, on a appris pas mal de trucs en six ans, on a fait des erreurs qu’on refera plus.
Z. : Ce qui est intéressant, c’est que vous arrivez quand même à garder une vraie fraîcheur dans votre musique.
S. : On se prend quand même pas mal la tête niveau compos. On travaille peu à quatre le début des chansons. Du coup, quand on amène une compo, par exemple Victor et moi, au groupe, il y a toujours un grand temps de réflexion pour essayer de trouver ce qui va plaire à chacun dans le titre et que ce soit vraiment un mélange de toutes nos influences. Il y a quand même une vraie volonté et un vrai travail derrière tout ça, c’est rare qu’on fasse une chanson en un quart d’heure comme certains groupes… Sur l’album, certaines chansons on les bosse depuis près de trois ans, elles ont mis beaucoup de temps à mûrir.
V. : On essaye aussi de jamais tomber dans des lieux communs, de faire des trucs qui ont déjà été faits, qui sonnent clichés… On est tous nos propres garde-fous, en fait. Si quelqu’un tombe trop dans un extrême, trop Rock ou quoi que ce soit, les autres sont là pour dire : « attention, tu fais trop comme-ci ou comme ça ». Du coup, on a toujours un peu le cul entre deux chaises, entre différents styles. On essaye d’être un peu à une sorte de carrefour, mais en même temps ça devient assez compliqué de qualifier notre musique en juste deux ou trois mots…
Z. : Et sur scène, l’envie est toujours intacte ?
Tous : Oui, complètement.
V. : À la base, on a créé le groupe pour faire du live, on n’était pas partis pour enregistrer quoi que ce soit, on voulait vraiment faire de la scène. Là, on vient de passer les quatre-cinq dernières années à tourner, et ça nous a permis de nous faire connaître grâce à un live qui était assez béton pour notre âge. Maintenant, on essaye de rester dans cette dynamique là, même s’il y a beaucoup de trucs sur l’album, ça va être assez riche. Mais le plus important c’est que l’énergie reste, tu vois ?
Z. : Vous allez devoir faire des choix du coup…
V. : Oui, clairement, il y a des chansons qu’on va peut-être pas pouvoir jouer ou qu’on va devoir réinventer pour le live. Mais pour l’instant, pour nous, c’est hors de question d’avoir des bandes ou des trucs qui se lancent tout seul en fond, on n’est pas du tout dans ce délire. Même si ça peut être compliqué, on veut essayer de garder cette énergie primaire qu’on a déjà, pour faire bouger les gens. C’est le plus important pour nous.
Titre d’un artiste ou d’un groupe qui pourrait vous représenter vous ou votre musique :
Foals – Two Steps, Twice
Il y a eu un déclic dans le groupe après avoir entendu l’album « Antidotes » de Foals. C’est un peu à ce moment-là qu’on s’est dit qu’on aimerait faire ce type de musique, un peu complexe, riche. Et Two Steps, Twice sur cet album allie justement cette complexité et une énergie folle en même temps. C’est la dernière chanson qu’ils jouent en live et c’est juste un truc de malade.