Trois mois après un concert d’anthologie à Musilac qui les avait vu retourner entièrement l’Esplanade du lac du Bourget, on retrouve cette fois les allumés de Skip The Use dans l’enceinte du Transbordeur dans le cadre du Festival Just Rock 6 (organisé par Médiatone et Birdy Birdy Partners), pour un set qui s’annonce tout aussi bouillant, puisqu’il était impossible de trouver la moindre place à l’ouverture des portes !
En attendant l’entrée en scène des Nordistes, ce sont les Rennais de The Popopopops qui assurent la première partie. Les quatre, forts d’un bel EP sorti en mai (« A Quick Remedy »), chauffent la fosse bien comme il faut avec leur Pop-Rock dansant efficace, accompagné d’une belle aisance scénique.
Ils alignent leurs titres devant un public réceptif, reprennent le Break On Through (To the Other Side) des Doors, et nous offrent même un avant-goût de leur album à venir avec un inédit en fin de set. Une parfaite mise en bouche avant le plat de résistance.
Une petite demi-heure plus tard, les hostilités commencent alors que les cinq balancent un People in the Shadow bouillant, qui donne tout de suite le ton pour le reste de la soirée. Le plus impressionnant, c’est que les mecs n’ont pas besoin de faire monter la sauce, tout le monde est au taquet dès les premières notes du set : ça jumpe aux quatre coins de la salle, les pogos fusent dans tous les sens ; bref, le groupe est sur scène depuis quelques secondes et c’est déjà le foutoir jusqu’au fond du Transbo.
Et la suite n’est pas faite pour calmer les esprits, puisque les gars proposent une setlist impeccable et imparable : Antislavery, Fallin’, Cup of Coffee, Do It Again, Enemy, She’s My Lady… Le son est énorme, le groupe enchaîne les titres comme des perles, menés par un Mat Bastard comme toujours en forme olympique, et qui confirme si besoin qu’il est définitivement un des meilleurs frontman dans l’Hexagone. Le mec est partout, balance cinquante conneries à la seconde entre chaque chanson et se prend tour à tour pour Bon Scott, James Hetfield ou… Patrick Bruel, devant une salle conquise. En fin de set, les gars portent le coup de grâce en plaçant un combo Ghost/Bullet/Song 2, avant d’achever les spectateurs par un Bastard Song où tout le monde donne tout ce qu’il peut encore lui rester. Rideau.
En une heure et demie, Skip The Use a confirmé l’impression laissée du côté d’Aix-les-Bains : sur scène, le combo est une machine de guerre bien huilée, un rouleau compresseur qui écrase tout sur son passage. Les gars ont une incroyable capacité à retourner tout ce qui bouge, et a foutu un gros bordel du premier rang au fin fond des gradins du Transbordeur. Tout simplement grandiose.