Grosse affiche au Transbordeur pour l’avant-dernière date du festival Just Rock ?, puisque quatre groupes viennent se partager la scène, avec en tête d’affiche les allumés de Naïve New Beaters. Et pourtant, il n’y avait pas franchement foule ce soir, au point que les sets ont été délocalisés sur la petite scène du Club Transbo plutôt que dans la grande salle…
Peu importe, on retrouve avec plaisir les Lyonnais d’Erotic Market pour ouvrir les hostilités. Le duo, en formation quartet pour le live, ne se fait pas prier pour délivrer sa musique si particulière, indéfinissable et hypnotique, nichée quelque part entre le Hip-Hop, l’Electro, le Rock garage et la Coldwave. Un set sexy et envoûtant, qui lance la soirée devant une fosse encore un peu froide mais qui n’a pas boudé son plaisir.
On reste dans la scène régionale avec l’entrée des Grenoblois de The Melting Snow Quartet et leur Pop-Rock aérien, qui réveille les fantômes de Radiohead et des Friendly Fires. Forts d’un superbe premier album, « Another Trick », les quatre offrent un set brûlant, tout en intensité, qui déploie une capacité rare à déconstruire les structures codifiées pour emporter des spectateurs envoûtés. Tour à tour mélancolique, urgente ou étouffante, la musique des gars produit son petit effet dans la salle, dans la droite lignée de ce qu’on pouvait attendre d’eux. Nul doute que beaucoup sauront retenir leur nom.
Après deux premières prestations sur le fil, toutes en sensibilité, on voit venir d’un œil rond les paillettes et le fluo des Niçois de Hyphen Hyphen. Effectivement, le changement de ton est radical : les quatre proposent un set complètement foutraque, bordélique, du grand délire totalement jouissif. Ils balancent un mélange d’Electro et de Rock concassé par des beats cosmiques, comme une rencontre entre MGMT et Animal Collective qui tourneraient sous acide, le tout porté par le charisme et la voix hallucinante de la chanteuse Santa. En 45 petites minutes, le groupe a mis le feu au Transbo, et repart sous une ovation méritée. A suivre de très (vraiment très, très) près.
La fosse bien réveillée par ce set de folie, les Naïve New Beaters peuvent faire leur apparition. Sur fond de palmiers en plastique cheap, le trio déroule son mélange d’Electro, de Rock et de Rap, gorgé de soleil californien. Entre valeurs sûres extraites de leur premier album (Get Love, Boring David, Can’t Choose) et titres de leur (très bon) nouveau skeud « La Onda » (Shit Happens, La Onda), les Parisiens foutent un joyeux bordel devant une foule conquise d’avance, qui ne se fait pas prier pour jumper dans tous les sens. Un set carré, toujours plein d’énergie et de bonne humeur, qui confirme que les gars sont décidément incontournables sur scène. Après un dernier rappel, on repart rassasiés du Transbordeur, le sourire aux lèvres et les oreilles pleines de bon son.