NOSFELL
Rendez vous dans les loges du ninkasi kao ( lyon-gerland ) avec Nosfell.
ZYVA : Comment as tu commencé dans la musique ?
Nosfell : J'ai toujours eu de la musique à la maison étant jeune, il y avait beaucoup de disques mais pas d'instrument. Puis je suis venu à la musique par passion et aussi par nécessité, pour trouver un moyen de canaliser une énergie qui me perturbait beaucoup en tant qu'individu dans mon quotidien. Ca c'est traduit par passer des journées, des soirées entières chez un pote par pur intérêt parce qu'il avait une guitare, j'était un peu un parasite, mais c'était viscérale j'avais besoin de faire de la musique.
Et pour le chant, quand j'étais petit ma mère me faisait faire des exercices basiques de yoga pour me calmer car j'étais un peu turbulent. C'est des moments qui m'ont appris à me concentrer sur moi et à me rendre compte ce que j'étais moi en temps qu élément physiologique avec des poumons, un cheminement de la respiration qui est pas toujours évident à prendre en compte. Et j'ai donc toujours voulu répéter les choses en chantant, car je n'avais pas de guitare, j'avais rien, mon seul instrument c'était ma voix.
ZYVA : La scène est arrivée comment ?
N : Ben je faisais des chansons que j'enregistrais chez moi , et puis je me suis rendu compte que je pouvais monter sur scène et raconter mes histoires et j'ai foncé sans trop me poser de question, sans savoir si c'était payé ou s'il y avait du matériel. Le principal c'était de jouer car j'en avais besoin pour m'exprimer et canaliser mon énergie. Et je me se rendu compte que des gens me suivaient, des gens qui sont aujourd'hui des amis d'ailleurs ; ils étaient une dizaine et ils revenaient à chaque fois notamment au " baisé salé " à Paris, qui est une salle qui m'a accordé une date une fois tout les deux mois avant le groupe de jazz, ils ramenaient des nouvelles personnes.
ZYVA : Comment c'est passé votre rencontre avec Pierre Le Bourgeois ?
Pierre : c'était vraiment une rencontre musicale plus qu'instrumentale, Nosfell avait envie d'être confronté à quelqu'un d'autre et de ne plus être seul sur scène.
N : j'avais envie de trouver quelqu'un à qui je pouvais proposer et faire partager mon travail, par souci d'évolution aussi, car quand on fait de la musique tout seul pendant pas mal d'années, il y a un moment ou on se remet en question et là il y a une rencontre, qui va marcher ou pas. Là en l'occurrence moi j'ai apprécié Pierre pour ça démarche artistique et la façon qu'il a de voir son instrument, par exemple s'il s'en allait j'irai pas voir un autre violoncelliste.
ZYVA : Vous faites de l'improvisation un peu en concert ?
P : On essaie de considérer le concert comme un instant, et pendant cet instant tout peut se passer. On aime que le concert soit un réel moment de partage entre lui et moi, alors on se confronte à de l'improvisation vraiment par volonté, et puis selon l'humeur, le climat, on va essayer de réagir avec le public et on va donc se servir de l'improvisation pour le faire.
Pour nous c'est important en live de confronter nos morceaux à l'improvisation, on dit souvent de ne pas jouer les morceaux mais de jouer avec les morceaux et de raconter quelque chose aux gens qui sont là.
ZYVA : Et comment ça se passe avec les langages et le chant particulier de Nosfell ?
P : Ca se passe comme toute musique, j'écoute surtout la musique et le texte, on en discute pour en avoir une idée générale, mais j'essaie le moins possible d'être intégré à tout ce qui est klokochazia et klokobetz car tout ça fait parti de Nosfell, et moi je viens plus jouer avec lui pour la musique. Après ça, c'est son histoire à lui.
ZYVA : Pourquoi ce mélange de langues et pourquoi ne pas avoir que des textes en Klokobetz?
N : Parce que le Klokobetz n'est pas un concept musical, moi j'ai dû le nommer à un moment pour le mettre en face de moi et c'est quelque chose qui a évolué dans ma cellule familiale étant gamin et qui est la résultante d'un rapport un peu ambiguë avec mon père. La musique m'a permis de canaliser ça et de donner une valeur artistique au klokobetz. C'est une façon de communiquer qui prenait la forme de phonèmes de son qui revenaient vers moi dans des moments bien précis et de façon récurrente, et il y a eu un moment où j'ai eu envi d'y donner un sens. J'ai appliqué à chaque phonème un sens mais ça m'a posé beaucoup de problèmes car ça me prenait beaucoup de temps, ça perdurait, ça se développait en histoire avec des concepts de personnages qui évoluaient dans des choses bien codifiées et je générais une méthode au détriment de l'apprentissage de la méthode à l'école, je perdais énormément de temps à recréer un langage. La musique m'a servie à ça, c'est-à-dire à rendre cette chose artistique et à lui donner une valeur aux yeux des autres puisqu'elle à une valeur artistique, après on aime ou on aime pas.
C'est une chose qui fait partie de moi, que j'intègre à la musique mais que je ne présente pas comme étant un concept, j'aime écrire en anglais, j'ai écrit deux chansons en français sur ce disque et ça ne me pose pas de problème.
ZYVA : Après il y a peut être une demande du public de pouvoir comprend votre monde?
N : Moi ça me dérange pas car je me sens pas extra terrestre, je me sens pas différent des autres gens à qui je m'adresse et en même temps dans ce que j'écris en anglais et en français j'essaie d'utiliser un champ lexical particulier pas très différent des autres, mais je ne vais pas parler de choses du quotidien matérialistes, j'essaie d'évoquer des tableaux, de parler plutôt d'humeurs, j'aime bien qu'un texte puisse décrire juste un seul sentiment. Je préfère dire que je raconte une histoire dans ça globalité sur 1h, 1h 30 de concert.
ZYVA : Comment c'est passé l'enregistrement du deuxième album ?
P : On s'est bien amusé, on a fait le système de l'enfermement, on s'est isolé dans une maison en Bretagne pour pouvoir travailler en dehors de toutes contraintes sociales surtout (rire). On est resté à quatre pendant 3 semaines à travailler dans cette maison, à écrire, à confronter nos idées, à se faire des repas... c'était un système très égocentré mais à 4(rire). C'était une démarche qu'on avait déjà utilisée pour le premier album et on aime bien travailler comme ça.
N : On aime investir un lieu avec un peu de matériel, pour enregistrer et pour jouer, et on est arrivé avec quelques idées. Il y avait des petits ateliers dans la maison, une chambre dédiée à la guitare, on a fait de la guitare après un peu partout dans la maison, il y avait la grande pièce où on jouait de la batterie, des endroits pour le violoncelle acoustique, électrique...
ZYVA : Comment ça c'est passé au niveau de la composition musicale ?
P : Chaque morceau à eu ça propre histoire, on a fonctionné quelques fois sur des systèmes d'écritures en commun (sur la musique), on partait souvent d'une idée de Nosfell et on confrontait nos idées.
ZYVA : Comment se passe cette nouvelle tournée ?
N : Ca se passe pas mal, même si les 10 premières dates ont été un peu dures, c'est une chose de très neuf pour nous car le deuxième album est tout récent (23 Octobre).
P : Finalement la pression du deuxième album on l'a vite oubliée, par contre on avait pas prévu la contrainte de la deuxième tournée, qui est d'arrivée sur scène avec des gens qu'on reconnaît et qui attendent beaucoup de choses de nous de différent mais en même temps de pas si différent que ça, résultat sur les 10 premières dates on savait pas trop sur quel pied danser et là, on commence à re-prendre du plaisir sur le plateau et plus à se demander qu'est ce qui se passe, qu'est ce qu'ils veulent.
N : Il y a eu des moments de déprimes, en tous cas de mon coté peut être plus, déjà les chansons du première album vivaient 6 ans avant l'album et je voyais bien comment les gens étaient susceptibles de les prendre en live et en même temps je m'en fichais pas mal, je voulais faire de la musique. Et là, pour la seconde tournée, on l'a commencée le 12 octobre alors que l'album est sorti le 23 octobre, on a donc joué des morceaux qui existaient pour personne, et on a dû " déconstruire " le travail qu'on a fait sur le disque pour le reconstruire en duo sur le plateau en ce demandant comment les gens allaient le prendre. On s'est aussi confronté à l'idée de faire cohabiter les anciens morceaux qui étaient déjà bien en place avec les nouveaux sans casser le rythme du concert et que l'on puisse être à l'aise avec les deux.
P : Le plus dur est d'arriver à équilibrer tout ça, et le public réagit beaucoup en concert selon les morceaux. En même temps c'est bien de se remettre en danger, mais c'est vraiment différent de la toute première fois où on est monté sur scène, ça à rien à voir car maintenant on a une histoire avec les gens, on a un public vraiment différent car il y a ceux qui nous connaissent depuis 5 ans et les nouvelles personnes qui nous découvrent.
ZYVA : Vos projets ?
N : Oui on a pas mal de projets et j'espère que ça va aller. On va voyager un peu, là, et j'aimerais bien travailler sur des annexes à Klokochazia qui vont permettre de voir que le disque est une espèce de sommaire et que chaque titre peut être régurgité à un ensemble de titres qui vont permettre de peaufiner son sens et d'élargir son sens, j'aimerais bien faire plusieurs maxi dans ce sens.
Pour revenir au voyage, on a joué en hollande et ça a pas mal plu donc il est possible qu'on y retourne. J'espère aussi qu'on va pouvoir jouer un peu plus en Europe, on a joué en Belgique et j'aimerais bien que ça continu. On va faire aussi une résidence de 15 jours en Islande et un petit séjour en Réunion.
P : On veut aussi se confronter à autre chose, par exemple en faisant tout les mois un concert vraiment différent, qui serait vraiment une autre façon d'interpréter les choses, on avait fait un peu ça l'an dernier avec un concert complètement acoustique, on aimerait bien incorporer d'autre gens et puis repartir à deux et ré-inviter des gens...
Titre d'un artiste ou d'un groupe qui pourrait représenter toi au ta musique :
Roof-The Prince


