MATTAFIX
Nous retrouvons Mattafix ( Marlon Roudette et Preetesh Hirji) dans les loges du Ninkasi kao, peu avant le concert qu’ils donneront le soir même (avec Jun Matsuoka au mix en première partie ). Accueil chaleureux qui débute par la présentation de leur tournée en Europe, plus précisemment en Italie …
Mattafix : On était en Italie il y a quelques jours , c'est notre première grande tournée, et nous apprenons beaucoup, tu sais, garder le contrôle et être à l'écoute des gens qui viennent te voir , et c'est important pour moi (Marlon) en tant qu'écrivain car, ça me change de ma routine et la routine, c'est loin d'être bien quand tu veux écrire, tu as besoin de rencontres, de découvrir des points de vue différents, des moments heureux et douloureux et après je me pose dans le bus avec ma guitare...
ZYVA : tu joues de la guitare ?
M : Ouis je prépare pratiquement toutes les chansons à la guitare ...
ZYVA : Et après vous composez vos Samples...
M : Oui, Preetesh y met en sons oui, par exemple, "Big city life" est notre première chanson, une chanson folk, la musique du temps, ce qui se passe avec les gens qui t'entourent, on a décidé que la production soit différente du rendu à la guitare folk et quand je prends ma guitare pour la jouer, ça prend son sens pour moi.
ZYVA : Et votre rencontre, l'histoire de Mattafix débute comment ?
M : Ben, c'est un de ces trucs tu sais, les gens parle de " sort ", je préfère parler de " destin ". Les choses sont venues à nous. Tu rencontres quelqu'un, un gars que tu connais pas. Une union, une " attitude positive " et voila c'est arrivé.
ZYVA : Un signe. (Sign of struggle / Titre de l'album)
M : Ouais carrément, (mort de rire) un signe.
ZYVA : Alors on a pu lire dernièrement que Mattafix venait de "matter fixed" (que l'on pourrait traduire par problème résolu), vous pouvez nous en dire plus ?
M : C'est une pratique, un modèle, une façon de voir les choses, quelque chose de principal...Mattafix. Un nom positif, quelque chose qui représente plus que de la musique, tu as besoin de te créer un chemin, un style de vie, qui te ressemble.
ZYVA : Un état d'esprit.
M : Oui tout à fait, et vous d'où ça vient Zyva ?
Première fois qu'un groupe nous pose la question, On tente de leur expliquer en anglais la signification du terme, le coté compliqué d'un terme qui à ces propres définitions, sa connotation et puis les petites choses qui ne se traduisent pas. Ils arrivent finalement à comprendre le délire, l'état d'esprit ZYVA...
ZYVA : C'est aussi chez nous un état d'esprit. Au fait, vous êtes ce soir à Lyon, première fois en France ?
M : Non, on a fait plusieurs soirées en France, dernièrement un super show ( Radionova / Paris Bastille ) à Paris, c'est tellement fou tous ces gens autour, c'était presque choquant, genre tu connais personne et tout le monde vient pour toi, on a fait plusieurs rappels, c'était dingue, ouais, je pense que les gens s'attendent pas à nous voir sur scène, je veux dire, ils s'imaginent que l'on est deux et que l'on fait un peu comme des MCs mais rien à voir : mon pote a un "putain" de studio portatif et il y a un batteur, un guitariste et une basse . Moi, je joue du piano et de la guitare...
ZYVA : Un petit orchestre ... ?
M : Ouais, il y a une dimension orchestrale et jouer en Live c'est donner beaucoup de toi au gens qui viennent te voir, je veux dire, ils se donnent la peine de venir, et le parfait exemple c'est les Transmusicales de Rennes. On arrive à Rennes et on joue sans faire les balances, genre à peine sortie du bus tu montes sur scène et là tu cries "eh Rennes What's up ?", et là le public ne s'attendait pas à notre musique, et bonne réaction, un bon concert .Je me souviens qu'on était parti vingt minutes pendant le rappel (d'ailleurs merci de les faire attendre) et à notre retour, une demoiselle monte sur scène et là ,elle nous annonce au public, avec un anglais parfait : "mesdames et messieurs, laissez moi vous présenter le groupe le plus incroyable... etc", et je moi je me disais, c'est cool, mais elle restait sur scène ( Rire générale ) et là je me dis qu'est ce que je fais, j'appel la sécurité, mais j'aurais été un "connard" et c'était une jeune fille donc , je l'ai laissée...
ZYVA : C'est quand même affolant d'être autant reconnu avec un premier album ?
M : Oh oui, nous sommes très content, mais la maison de disque c'est autre chose, ils ne sont jamais satisfait ...Parce que c'est une grosse machine, et ils en veulent toujours plus, nous on voudrait prendre notre temps, ça serait le mieux mais ...
ZYVA : Vous êtes engagés avec eux ?
M : Ben, oui et ils ont fait beaucoup pour nous. Tu sais, il existe de nombreuses situations où les deux parties ont raison. C'est juste qu'ils ont leurs points de vue et on a les notre. J'ai mes arguments qui sont la paix, la création, le changement et non pas l'argent et la gloire et c'est parfois compliqué d'expliquer à certaines personnes, les gens ne sont pas tous comme ça !
ZYVA : Surtout dans la musique !?
M : Et surtout dans la musique, il y a beaucoup de frustration, une dimension commerciale (rire moqueur) des trucs de fous et on plonge dedans, on y va tout droit pour dénoncer les gouvernements sur les chaînes nationales et c'est ce que l'on veut faire. Nous, on est plutôt du genre à dénoncer un système, des gouvernements, ce que l'on dit dans "Big City Life" une structure commerciale, mais ça ne fonctionne pas, c'est oppressant, frustrant, ça grille les gamins, c'est raciste, fasciste et donc "Big City Life" c'est quand même une sacré grande victoire pour nous.
ZYVA : Don't let the systeme get you down ! (Parole du refrain) (Rire général)
Et le futur de Mattafix, ça donne quoi ?
M : Ben continuer d'écrire, de faire de la musique, écrire est devenu une obsession pour moi (Marlon), comme, lève toi et écris ce que tu vois, presque trop des fois. Tu te dis, putain j'aimerais bien que ça se calme, mais c'est une évolution nécessaire.
On n'aurait pas pensé il y a quelques années à peine que l'on ferait une tournée en Février 2006. Tu me dirais ça à cette époque, je t'aurais répondu, casse toi avec tes conneries (Mort de rire). Je veux dire, on a fait des supers show et je pense que même si Mattafix ne continue pas, on aura toujours fait l'album "The sign of struggle"
ZYVA : Et qu'est ce que vous écoutez en ce moment ?
M : Oh tu sais quoi on écoute plein de truc mais en ce moment y'a un son, putain de bon groupe, Goldie Lookin Chain , c'est du rap de Cardiff, du hip hop avec un humour anglais, vraiment drôle, le premier album s'appelle "Greatest hits" , tu t'imagines , le premier !
ZYVA : Un peu de rock ?
M : Ouais on écoute aussi un peu de rock, j'écoute encore Queen of the stone age, euh Deftones, grands fans de Deftones, on adore Automatic, c'est vrai que l'on écoute un peu de tout.
ZYVA : Merci pour votre accueil !!
M : Non, man c'est nous qui te remercions, super le principe de la discussion plutôt qu'une Interview bateau, quand vous voulez la prochaine.
ZYVA : Cool, alors à bientôt !
Titre choisi pour les représenter eux ou leur musique :
Massive Attack / Protection


