MISSILL

Interview de MISSILL
Date : 16/12/2011
Lieu : Salle du Kao
Par : Violette

Lors de la soirée Beats Angel organisée par Mediatone, Missill nous parle de son travail de DJ et de son univers bien marqué et personnel. Suite à la sortie de son dernier album Kawaïï, on a pu la retrouver dans plus d'une soirée courant 2011. Et ce n'est pas fini, un nouvel album est déjà en cours ! Elle nous offrira par la suite un set complètement fou et ultra puissant qui mettra la salle du Ninkasi sans dessus dessous. Décidément, la demoiselle a bien choisi son nom !

ZYVA : L'année dernière tu mixais au Reperkusound à Lyon. Depuis qu'en est-il de ta musique, de tes projets ?


Missil : J'ai sorti un album juste après, Kawaï. J'ai aussi fait un live avec des musiciens, des visuels précis avec un clip par morceau et une machine basée sur le principe du jeu vidéo que j'ai fabriquée. En ce moment je bosse sur un autre EP qui sortirait en 2012.


ZYVA : C'est toi qui crée ton propre visuel ?


Missill : Oui oui, à la base je suis graphiste. J'ai fait mon propre jeu vidéo sur iPhone et iPad dans le style Sony / Mario qui a cartonné ! Il y a eu plus de 100 000 téléchargements en un mois. J'ai donc poussé le principe jusqu'au live, avec la « Missill Game Girl », une espèce de grosse machine avec des gros boutons d'arcade. Mais pour l'instant, l'idée est un peu en stand-by... J'essaye de revenir sur autre chose pour refaire des nouveaux lives.


ZYVA : T'as dû beaucoup jouer à la Gameboy quand t'étais petite, non ?


Missill : Ouais un peu. C'est surtout l'univers qui me plaît. Le graphisme, le son qui va avec... C'est un monde que je kiffe bien. Pour moi, le Japon, ils ont tout compris. Au niveau des formes, des couleurs, des persos... Mais je suis pas bloquée que là dessus non plus, j'aime d'autres styles. D'ailleurs dans le futur, je vais essayer de sortir de l'image manga, Japon et faire autres choses. Je suis allée à fond dans cet esprit pour l’album.


ZYVA : Dans le même style, ça ne t’es jamais venu à l’idée de remixer Nyan Cat ?



Missill : (rires) C’est vraiment débile ce truc, une vidéo qui dure 10 minutes tout le temps pareil et qui a fait des milliards de play. Dans l’idée de l’album, ça aurait pu être possible. Mais les sons de type 8 bit, etc. … J’ai eu le temps de passer à autre chose, vu que l’album date de mars.



ZYVA : Ces sonorités n’étaient d’ailleurs pas présentes sur le premier album. Où est-ce que tu puises toutes ces influences ?

Missill : A la base, je viens du Hip-hop, après je suis allée vers le Break, puis l’Electro en général. Maintenant il y a des touches de Dubstep, mais pas trop. Enfin j’en fais pas vraiment finalement … Les sonorités que je trouve sont plutôt hybrides. Après tout ce qui se passe en ce moment autour du Dubstep, je pense qu’il y a des bons titres mais toute une soirée à ça je pense que je supporterais pas.



ZYVA : Et ton nouveau projet d’album, tu veux en parler ?



Missill : C’est en construction. Ça va être un peu plus « grand public » on va dire. Pas totalement non plus hein, je compte pas passer sur NRJ, mais ça sera un peu plus large. Je reviens un peu aux sources, ça sera plus Hip-Hop.



ZYVA : Tu bosses dur alors en ce moment ; ce soir tu joues à deux endroits à la fois !



Missil : J’enchaîne oui. Je joue maintenant, après je joue à Grenoble. Demain je prends un train à neuf heures du mat et je file à Nancy jouer pour des enfants de dix ans. J’ai encore jamais fait ça mais c’est le challenge qui m’intéresse. En fait, le tourneur m’a appelée quand j’étais à New York pour un featuring qui m’a coûté pas mal d’argent, donc j’ai pas trop eu le choix pour ce soir. Je vais essayer de pas faire les mêmes sets entre Lyon et Grenoble. J'en ai jamais fait deux d'affilée, même si en général je les finis dans le train avant d'arriver (rires).



ZYVA : Tu fais beaucoup de remix sur scène ?



Missill : Oui pas mal, en fait j'édite tous mes morceaux. Et je ne passe pas que mes titres, étant donné que je passe 90 tracks en 1 h 30 heures. Je préfère les tester sur scène, comme ça je peux finir le morceau selon la réaction du public. Après, je me lasse vite si je passe trop les mêmes morceaux. Et puis en tant que DJ on est des sur-consommateurs. On achète les titres par cinquantaines chaque semaine.



ZYVA : Et ça ne t'oppresse pas un peu de tout le temps devoir être au fil de l'actualité comme ça ?



Missill : Si justement, des fois t'as vraiment des gros coups de pression. T'as toujours besoin de nouveauté et après tu tombes dans des périodes où tu ne trouves plus rien qui te ressemble ou que tu aimes.



ZYVA : Finalement tu as le temps d'écouter ce que tu aimes vraiment ?

Missill : Oui quand même, pendant les trajets surtout, merci le iPod ! En ce moment, je suis plus fifties, sixties. Enfin, ça dépend beaucoup des périodes.



ZYVA : Ce n'est pas la première fois que tu joues à Lyon...



Missill : Oh non, j'y ai joué peut-être une dizaine de fois, j'étais résidente au Ninkasi il y a trois ans. J'aimais bien cette salle mais maintenant je sais pas ce que ça donne au niveau du public. En tous cas, je sais qu'à Paris j'ai carrément la pression, plus qu'ailleurs, vu que c'est chez moi. J'essaye d'arriver avec du neuf et je me prends vraiment la tête pour mes sets. Après, je pense que c'est une question de moment et pas d'endroit.



ZYVA : En tous cas, ça fonctionne plutôt pas mal pour toi en ce moment. Comment est-ce que tu le vis ?



Missill : T'as la pression, constamment. Tu te dis pas que t'es connue À aucun moment je me suis dis « Ok ça va, c'est cool, je peux me reposer sur mes lauriers ». Des fois je me dis « Imagine demain tu fais un taf normal ».... NO FUCKING WAY ! (rires). En fait ça se finit jamais. T'es constamment obligée de te renouveler, tout ça avec une pression constante. Vu que tu fais ce que t'aimes, t'as pas d'autres solutions, donc tu fais tout pour rester là-dedans. T'essayes toujours de trouver des alternatives même avec les hauts et les très bas... Ça me plaît tellement que j'ai vraiment peur que ça s'arrête. Si je me pose deux jours, je vais culpabiliser. Je vais me dire que pendant ce temps quelqu'un d'autre m'a devancé, a trouvé d'autres sons à ma place. Je me donne pas vraiment de moment de détente.



ZYVA : Logiquement tu devrais pas trop avoir de quoi t'inquiéter vu la vitesse à laquelle ça va pour toi !



Missill : Ouais, ben j'ai fait 600 dates dans 35 pays différents. C'est d'ailleurs toujours cool de jouer à l'étranger. En, la musique c'est assez basée sur les rencontres, les échanges. D'ailleurs c'est comme ça que j'ai rencontré des gens, que j'ai réalisé mes featurings... Ou même en soirées où je vais juste pour écouter du son.



ZYVA : Tu trouves le temps d'en faire de temps en temps ?



Missill : C'est important d'aller voir ce qui se passe ailleurs, de pas rester dans ton truc, si non t'avances jamais. J'aime bien faire des petits concerts, des expos... Puis à Paris il y a de quoi faire. Au bout d'un moment, t'es dedans, c'est plus toi qui va aux événements mais l'inverse.



Titre d’un artiste ou d’un groupe qui pourrait te représenter, toi et ta musique :

Tu m'aurais dis un style je t'aurais dit l'Urban Dance Music mais là … Il y a un truc que j'ai écouté un millier de fois, pas forcément récent, c'est Strange Behaviour de Feed Me. Je l'écoute en boucle, surtout quand je suis déprimée (rires).



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