A STATE OF MIND

Interview de A STATE OF MIND
Date : 18/11/2011
Lieu : Marché Gare
Par : Jagunk

A State Of Mind est un groupe qui porte vraiment bien son nom. Composé de trois personnes d'origines différentes : Canadienne, Anglaise, et Allemande, le combo fait partie de ces groupes avec une philosophie musicale plutôt cool. Entre Rap, Funk, Disco et ambiance années 90, on passe un bon moment lors de leur live mais aussi en coulisse. Petite discussion avec le groupe lancé en France par la collaboration, sur le deuxième, de Wax Tailor, Hope & Sorrow. Au programme : leur nouvel album, leur message, et musique bien entendu.

ZYVA : C'est bien qu'on puisse se voir en début de tournée car c'est encore tout frais pour vous. Ça c'est bien passé les premières dates pour vous ?


Green T : Oui oui carrément ! On était en Angleterre pour 4 dates et c'était vraiment cool et juste avant ça, on a joué à Saint Nazaire, Annecy, Niort... Donc oui c'est le début mais toujours le plus intéressant, le plus intéressant car on commence quelque chose de nouveau, tu vois ?


ZYVA : C'est marrant parce qu'il y a beaucoup de groupes qui préfèrent la fin de tournée car c'est le moment où tout roule correctement et tout le monde est rodé.


G. T. : Oui mais là on n'a pas changé beaucoup de choses par rapport à la tournée de l'album d'avant : "Platypus Funk" qui est sorti en mars 2010 et on a enchaîné les dates jusqu'à maintenant. On a commencé à intégrer les nouveaux morceaux et les visuels du nouvel album il y a peu. On ne part pas de rien.

En plus, nous trois, on se connaît depuis que l'on a 12 ans. On fait de la musique ensemble depuis longtemps donc c'est toujours une évolution « organique » du projet, c'est naturel.


ZYVA : Et vous vous supportez toujours après tant d'années ? (Rires)


G. T. : Hmm pas vraiment non ! (Rires) Non mais on est vraiment des amis d'enfance. C'est la base de notre projet avant tout. On achetait nos disques ensemble. On allait dans les magasins chercher des disques de Funk, trouver de nouveaux samples... On a commencé au début dans les années 90 à écouter du Rap comme A Tribe Called Quest, De La Soul... des groupes de ce genre et on a commencé à découvrir le sampling, pouvoir couper les morceaux et utiliser les beats à partir d'originaux qui pouvaient être du Jazz ou de la Soul. En trouvant tous ces samples, on a découvert plein de nouveaux sons qui avaient des origines plus Roots. La musique c'est aussi ça, ça s'inspire de tout ce qui a autour de toi.


ZYVA : Et au niveau de l'écriture des textes, ça se passe comment chez vous ? Qui écrit ?


G. T. : C'est nous deux ! (Ndlr: il montre Funk.E Poet, le deuxième Mc du groupe) Chacun écrit son texte mais de temps en temps, on s'intègre mutuellement dans le texte de l'autre. On a toujours fait ça ensemble donc on a la même approche. C'est naturel.


ZYVA : Et vous parlez de quoi dans vos textes ?


G. T. : De conneries ! (Rires) De tout ce qui est important pour nous dans la vie, ce qu'on observe dans la société, dans la culture, de ce qu'on ressent, parfois de politique mais aussi de blagues ! Ça dépend de l'humeur du jour !

C'est notre mode d'expression comme certains pourraient jouer du trombone, faire des beats Electro ou encore de la flûte ! (Rires)


ZYVA : Ok ! Ça explique les images fortes qu'il peut y avoir dans le clip Say Yes par exemple : l'écharpe tricolore, le gars qui a un tee-shirt où il y a marqué : « Casse-toi pauvre con » en l'hommage à notre cher président, le Tibet et le Dalaï Lama, la Maison Blanche et Obama...


G. T. : Oui c'est politique mais ce sont justes des rimes, de la poésie. Après on pense que c'est important de parler de ces choses là qui sont pour nous primordiales. En plus, on s'adresse à des gens qui ont la même façon de voir les choses. Mais bon on n'a jamais voulu être politique à fond !


ZYVA : En France, on vous a découverts grâce à Wax Tailor mais je me demandais dans quel pays au final vous étiez le plus connu, vu que vous venez tous de pays différents (Ndlr: Canada, d'Allemagne et d'Angleterre) ?


G. T. : En France, c'est sûr, justement grâce à Wax Tailor ! Au début, on jouait uniquement en Allemagne, en Angleterre et très peu de dates en France. Ensuite, quand on a fait le morceau sur le deuxième album de Wax, Positively Inclined, il nous a pris avec lui pour faire sa première partie toute sa tournée ce qui nous a permis de nous faire connaître. On jouait devant 500, 1 000 voire 2 000 personnes.

Aujourd'hui, on habite à Paris car c'est plus facile pour nous. On n'a plus besoin de faire des allers-retours en avion ou en train jusqu'en Angleterre où on habitait avant. En plus, on a notre label principal ici ainsi que notre bookeur donc ça rend les choses plus faciles.


ZYVA : Votre album, Crown Yard, est sorti il y a peu de temps, tu as pu avoir des retours déjà ou pas ?


G. T. : Ça fait seulement deux semaines donc c'est un peu dur de savoir mais le truc le plus important c'est qu'on est vraiment content du résultat. Si les gens sont contents c'est cool sinon tant pis mais on n'aura pas de regret.


ZYVA : Et il est distribué dans d'autres pays ?


G. T. : Oui oui, mais pour l'instant le marché principal c'est la France, la Belgique, la Suisse, et on est en train de négocier pour pouvoir être présent dans d'autres pays.

Fade : C’est plus facile quand tu es un groupe indépendant et que tu n’as pas de gros labels, le marketing… de te concentrer sur un pays, donc plus tard, l’année prochaine, on devrait aller au Japon, en Australie, au Canada…Venir sur place, faire des interviews, des concerts, c’est plus facile pour faire ressentir des émotions aux gens. Aujourd'hui on se concentre sur la France, l’Angleterre et l’année prochaine, on verra.

G. T. : Ça ne sert à rien de sortir l'album dans un pays où il n'y a pas de date de prévue ou de grande campagne de promotion derrière.


ZYVA : Et donc après la France vous savez où vous allez ?


G. T. : Pour l'instant, on sait qu'on va en Suisse, en Angleterre, en Allemagne, en Grèce, en Bulgarie... et peut être en 2012 en Australie et au Japon !


ZYVA : Cool ! Sinon au niveau musical, que pourriez-vous conseiller à nos oreilles en ce moment ?


G. T. : The Step Kids, un groupe signé chez Stones Throw Records en Californie, nos amis de la Fine Équipe dont notre ingénieur du son fait partie ainsi que Mr Gib qui a mixé notre album à Paris, à part ça... on écoute beaucoup de vieux trucs, des trucs des années 70, ou du Hip-hop des années 90. On n'est pas vraiment dans le monde actuel. Et puis je n'ai pas assez le temps pour filtrer ce qui est bon ou mauvais de nos jours... Peut-être aussi que je suis trop vieux... (Rires) J'aime le Jazz, Funk, Roots, Reggae, et Hip-hop « old school » !

J'ai toujours des amis qui me disent : « tiens écoutes ceci, écoutes cela ! » mais je ne cherche plus comme avant les nouveautés... De temps en temps, j'écoute de bonnes émissions de radio et ça me suffit...


ZYVA : De bonnes émissions de radio ? En France ? Tu es sûr ? (Rires)


G. T. : Yeah ! Radio Nova !


ZYVA : Ok je te l'accorde !


G. T. : Oui mais en général, tu as raison, la radio c'est insupportable ! (Rires)



Titre d’un artiste ou d’un groupe qui pourrait te représenter toi et ta musique :


The Brand New Heavies featuring The PharcydeSoul Flower


Il y a un message très positif, une grande énergie et ça veut toujours dire quelque chose. Il y a des bases Funk, Hip-hop comme The Roots. On a beaucoup d’influences de ce genre là, avec des MC’s positifs qui ne parlent pas de « poufiasses » et d’armes, mais de choses qui ont un sens. On a un esprit très positif où il faut s’amuser, pas un message négatif où on te rappelle tout le temps que la vie est pourrie. Il y a trop de choses négatives dans le monde, on n’a pas besoin d’en rajouter. On aime la vie, on s’amuse, donc on veut l’exprimer dans notre musique.


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