FRANCOIS AND THE ATLAS MOUNTAIN

Interview de FRANCOIS AND THE ATLAS MOUNTAIN
Date : 01/12/2011
Lieu : Marché Gare
Par : Alizée

Amateurs de rock primitif ou de Trash Metal s’abstenir, ce groupe n’est pas fait pour vous. Frànçois And The Atlas Mountain, c’est un nom à coucher dehors, de la délicatesse, des violons, et quatre mecs qui ont l’air calmes comme ça, mais sont en fait de vrais excités du bocal (surtout lorsqu’ils jouent au baby foot). Rencontre avec François Marry, (chanteur et tête pensante), Amaury Ranger (batterie), Pierre Loustaunau (claviers) et Gérard Black (basse), pour une discussion autour de l’océan, des charentais, et du partage.

ZYVA : Mon petit doigt m’a dit que vous aviez voulu arrêter la musique en 2008, mais visiblement ça n’a pas très bien marché puisque vous êtes encore là ! (rires) Qu’est ce qui s’est passé ?


François Marry : Mon petit doigt m’a dit de reprendre ! (rires) C’était un besoin du moment, ça a fait du bien de s’arrêter, jusqu’à ce que le besoin de refaire de la musique se fasse sentir, et puis ça c’est remis sur les rails avec le temps, par le biais de rencontres, quand j’ai passé beaucoup de temps en Charente Maritime. C’est là que j’ai rencontré Amaury et son groupe, Archipel. Il avait un studio, des musiciens talentueux… ça a créé un environnement qui nous a donné envie de faire des trucs ensemble.


ZYVA : J’ai appris que vous veniez de Charente seulement après avoir écouté votre album, et c’est drôle car votre musique me fait penser exactement au genre de paysages que l’on trouve en Charente. Ça fait partie de vos inspirations ?


François Marry : Carrément ouais ! C’est d’ailleurs super que ça t’ai fait penser à ça !


ZYVA : Dans quelle mesure est ce que ça vous inspire ?


Gérard Black : J’ai plutôt été inspiré par les gens, que par le lieu, en ce qui me concerne.

François Marry : Ce qui est pratique, c’est qu’il y a vraiment des lieux particuliers comme la chapelle Chavagne, où on a enregistré l’album, qui présentent vraiment un bon confort, pour pas trop cher en plus. C’est pareil pour le studio d’Amaury. Je pense que la région et le mode de vie là-bas crée chez les gens un style particulier. C’est assez lent.

Amaury Ranger : C’est le quart d’heure charentais ! Et puis plus tu vas dans le sud, plus tu traînes (rires).


ZYVA : Certains artistes racontent que pour créer ils ont besoin d’urgence, de souffrance… mais vous avez l’air plutôt paisibles, vous.


François Marry : Ah oui, nous on a besoin de temps ! Surtout moi, j’ai vraiment besoin de temps. Je n’ai jamais enregistré dans un studio professionnel, parce que je n’aime pas du tout avoir la contrainte de voir un cadrant tourner et savoir que chaque minute qui passe c’est de l’argent… Non, je n’aime pas du tout cette relation à la musique, j’ai besoin de me sentir chez moi. « Plaine Inondable », on l’a enregistré chez Amaury, et comme j’y ai passé énormément de temps c’était presque devenu chez moi. « E Volo Love », on l’a enregistré principalement à la chapelle Chavagne. On l’avait entièrement à nous 24H/24, pendant deux semaines. C’est un coin de Saintes que je connais bien, c’est là où je répétais quand j’avais des groupes et que j’étais ado. Voilà, on créé un environnement familial, et puis après on rajoute des violons, des voix…

Pierre Loustaunau : Et puis il y a l’océan juste à côté, ça joue beaucoup ! Ce n’est pas donné à tout le monde de pouvoir aller se rafraîchir l’esprit après avoir passé des heures et des heures en studio.


ZYVA : Pourquoi avoir choisi la montagne alors, au final ?


François Marry : (rires) C’est vrai que c’est peut être un peu plus laborieux… Peut être parce qu’on a l’impression qu’il faut déplacer des montagnes pour apporter notre musique au public, car elle peut être un peu étrange pour certaines oreilles.


ZYVA : Etrange ? Ce n’est pas le mot qui me vient à l’esprit quand j’écoute Frànçois And The Atlas Mountain.


François Marry : Cool, qu’est ce qui te vient à l’esprit alors?


ZYVA : Apaisante ? Inspirante ? Votre musique me donne envie de prendre mon temps, justement.


François Marry : Tu peux l’écouter en faisant des trucs à côté ?


ZYVA : Oui bien sûr, mais j’arrive à faire des trucs à côté en écoutant à peu près n’importe quoi donc je ne suis pas sûre d’être la mieux placée pour répondre à ta question.


François Marry : Non mais c’est plutôt bon signe en fait, que la musique ne t’accapare pas complètement et te laisse faire ta vie à côté. C’est plutôt cool. Enfin, je ne dis pas que c’est mal de se laisser accaparer par la musique, mais je n’aime pas la musique qui a trop d’intentions, ou qui se fait trop remarquer. Sauf, bien sur, si c’est dans un club ou si tu vas faire exprès d’écouter un truc exceptionnel. Pour me faire du bien, je préfère écouter de la musique qui se glisse dans ma vie.


ZYVA : L’image, le visuel d’un groupe, est ce que c’est quelque chose d’important pour vous ?


François Marry : Disons qu’on s’en fout pas, mais ce n’est pas non plus obsessionnel, on n’a pas de concept. On s’emmerde pas, mais on ne fait pas de concessions parce qu’on n’en a pas à faire non plus. Sur scène on n’a pas vraiment de visuel avec un jeu de lumières ou quoi, on préfère que ça soit naturel et épuré.

Amaury Ranger : C’est sûr qu’on aimerait bien travailler avec un show de lumières, mais pour l’instant on se concentre sur l’énergie.

Gérard Black : C’est déjà assez fort sur scène, de toute façon. Moi, je viens de Glasgow, en Ecosse, et là-bas beaucoup de groupes jouent en regardant leurs pieds, alors que dans Frànçois And The Atlas Mountain, il y a du partage. C’est notre truc, je pense.

François Marry : On fait attention, mais on n’est pas obsédés par cette idée.


ZYVA : Vous avez enregistré un album, « Brothers », en 2008, qui n’a jamais vraiment vu le jour ensuite. Qu’est ce qui s’est passé ?


François Marry : Il était téléchargeable pendant un ou deux ans sur mon site, mais je l’ai enlevé parce que je ne m’y reconnais pas. Il y a un double quarante cinq tours qui a été édité avec seulement quatre chansons. Je l’avais laissé tel quel parce que sur le moment j’avais envie d’arrêter, j’étais vide. Il avait trouvé une forme pas mal, ceci dit, je l’ai réécouté récemment et il était bien. Ça allait pour un truc gratuit sur internet mais c’est tout. J’aime bien aussi l’idée que nos albums aient des formes différentes : sur internet, en CD-R… J’aime bien l’idée de ne pas se cantonner à un catalogue !



Titre d’un artiste ou d’un groupe qui pourrait vous représenter vous et/ou votre musique :

Léo Ferré, - Les Chevaux D’La Mer

pour ses textes très beaux, très romantiques. Il y a de la harpe aussi… c’est très atmosphérique et en même temps ça abrite une histoire qui est narrée en français, c’est très beau.

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