PETER DIGITAL ORCHESTRA
Une mini moustache de deux jours, des grosses lunettes vissées sur le nez, des cheveux gominés, et un look vestimentaire de faux trader, voici Peter Digital Orchestra et son électro funky, bumpy et breaky... Un rien branleur, et beaucoup de second degré sur scène, on le retrouve au naturel pour une petite discussion à sa sortie de scène au festival de Dour.
ZYVA : C'est cool de pouvoir discuter avec toi ! Tu es arrivé à quelle heure à Dour ?
Peter Digital Orchestra : Euh, tout à l'heure, à midi, à Valenciennes et le temps d'arriver ici...
ZYVA : Et tu repars direct après ?
Peter Digital Orchestra : Non, je profite. En fait, je devais voir un pote à moi qui s'appelle Débruit qui passe samedi, et j'ai complètement craqué car j'ai demandé à mon tourneur de me prendre deux jours, et je pensais qu'il passait demain mais en fait il passe samedi. Du coup, je m'en vais quand il joue mais je vais rester ici et voir ce qui s'y passe. Je suis venu il y a quatre ans en tant que visiteur et j'avais trouvé ça génial. J'avais vu des trucs comme Battles... des trucs mortels qu'à l'époque personne d'autre ne faisait, car même s'il y a quelques groupes « mainstream », ça reste dans l'ensemble une programmation de qualité.
ZYVA : Et là tu viens de sortir de scène, et ça c'est bien passé, non ?
Peter Digital Orchestra : Oui quand même ! J'en suis tout chamboulé !
ZYVA : Nous, on était assez loin de la scène mais on a vu les gens arriver d'un coup, c'est dingue !
Peter Digital Orchestra : Oui, puis en plus c'était vide avant ! Mais c'est ça la force de Dour, c'est que ça communique assez vite. En plus, il y avait pas mal de trucs acoustiques, folk, rock avant donc moi avec mon électro, ça s'est vite entendu. Après ça m'a fait bizarre de jouer à 15 heures, surtout que c'était le premier jour de festival donc voilà...et puis petit à petit j'ai vu que ça se remplissait, que les gens bougeaient, que les filles se frottaient... (Rires) Non c'était vraiment très bien, limite trop court, j'ai même pas eu le temps de calculer.
ZYVA : Nous, on ne s'attendait pas à une performance live pareille. Tu as quand même pas mal d'instruments sur scène !
Peter Digital Orchestra : Ouais c'est bizarre, parce que j'ai toujours eu au départ des projets un peu plus électro hiphop, groovy, c'est ma passion, et puis ensuite j'ai aimé la House et les trucs comme ça, et quand j'ai vu qu'un seul de mes projets me prenait du temps, et qui était trop spécifique, je me suis dit : « vaz'y reviens à la Dance Music et lâche toi ! ». J'ai fait quelques morceaux comme ça mais il me fallait quelque chose de plus. Il faut un personnage comme Gonzales ou Katerine dont je suis fan. Il faut un peu de charisme, un truc en plus sur scène, la musique ne suffit pas. Au début, je ne l'avais pas, j'étais un peu branle, c'est normal mais petit à petit je me suis lâché quand j'ai vu que la provoc', parce que c'est beaucoup ça, marchait sur le public. Après j'ai toujours bien travaillé sur la musique, parce que des groupes comme Peaches, c'est cool j'adore mais du coup, les sons derrière sont un peu basique, c'est punk, du Bérurier Noir à l'anglaise. Moi, je voulais le juste équilibre entre les deux, et ce qui est récurent dans mes projets, c'est mon envie d'improviser sur scène. C'est à dire prendre autant de plaisir que le public limite. Même dès fois, je me retrouve tout seul à être à fond ! (Rires)
ZYVA : Ok d'accord, en même temps tu as assez de machines sur scène pour à la fois balancer des boucles de son, et pendant ce temps te lâcher sur d'autres trucs !
Peter Digital Orchestra : Oui, c'est exactement ça. Quand je compose, je pense déjà aux parties que je vais pouvoir enlever de la boucle pour pouvoir les jouer « live ». Je trouve ça très important parce que quand je vois certains artistes, que je ne citerais pas pour ne pas balancer, j'ai vraiment l'impression qu'il y a un truc qui défile quoi ! C'est cool mais il faut y mettre un peu de soi. Si tu fais du live, tu fais du live. Les mecs, ils font du live et ils jouent des morceaux d'autres gens ! Moi, ça me... je suis un peu extrême dans ce cas là. Après c'est ma vision des choses. Moi, j'ai été bassiste avant, j'ai jamais été assez bon pour pouvoir continuer, mais au moins en tant qu'artiste électro, alors que je peux contrôler plus de choses, je me dis : « il faut que je fasse plus ! ». Et ça revient de plus en plus dans la musique électro, c'est ça qui est bien.
ZYVA : Oui et puis toi en plus de tout ça, tu as ton « personnage » sur scène !
Peter Digital Orchestra : Oui c'est vrai ! C'est un personnage un peu branleur, un peu second degré.
ZYVA : Oui, à la limite de la provocation même !
Peter Digital Orchestra : Oui c'est sûr. Dès fois il y a des publics qui ne prennent pas d'ailleurs. Après j'essaye de mesurer un peu le truc car avant j'en faisais un peu trop. Y'a des mecs qui m'ont dit même que j'étais le Elmer Food Beat (groupe de rock nantais aux textes humoristiques et égrillards, fondé dans les années 80 dont un de leur fameux tubes s'appelle Daniela) de l'électro ! (Rires) Alors que non, il n'y a pas que ça ! Écoute le son qu'il y a derrière. Même si c'est vrai que dès fois quand t'es un peu bourré, tu craques un peu.
ZYVA : Et comment ça se passe pour toi après le reste de l'été ?
Peter Digital Orchestra : J'enchaîne dimanche la Love Box, un festival en plein Londres. Ce qui est bien avec ce plan, c'est que je commence à avoir pas mal de connections dans ce milieu via aussi mes autres projets. J'ai d'ailleurs fait une tournée avec Hot Chip, le groupe anglais d'Electro-Pop que j'adore, qui est maintenant plus un groupe de live qu'un dj set. J'ai joué aussi une fois en dj set avec un des mecs du groupe qui s'appelle Joe Goddard. On a bien parlé. Il voulait avoir plus de mes sons, et il m'a même conseillé pour ma tournée française. Donc voilà, je reste très connecté avec ces gens, car ça me correspond vachement ce côté un peu pop-électro. Je vais d'ailleurs faire un maxi sur leur label qui s'appelle Greco-Roman. Après ça se calme un peu, et ça reprend à la rentrée avec un de mes autres projets qui s'appelle Fulgeance plus hiphop et mon label qui s'appelle Musique Large.
Titre d'un artiste ou d'un groupe qui pourrait représenter ta musique :
Jackson & His Computer Band – Rock On
car c'est le tube parfait, ça a un grain hip-hop, un grain house, et y'a du rock dedans.







