LAOME

Interview de LAOME
Date : 25/06/2010
Lieu : La Marquise
Par : Mélo

Après avoir assisté quelques minutes à leurs balances groovy en préparation de leur concert de ce soir sur la péniche La Marquise, je retrouve Marion et Blaise, piliers du groupe fusion soul-hip hop lyonnais Laomé, et nous allons discuter bien tranquillement dans l’herbe des berges du Rhône de leur projet, leurs doutes, leurs convictions, etc... Un moment bien sympathique , une vraie discussion Zyva.

ZYVA : C’est parti ! Donc j’ai eu la chance de pouvoir écouter une partie de vos balances, ce qui m’a déjà donné un petit aperçu de Laomé, donc votre musique est apparemment une fusion de soul, hiphop, ça sent aussi beaucoup le jazz ?


Marion : Ouais, Blaise et moi on vient du jazz quand même, on a une formation on était au conservatoire, et Blaise a des influences très rap, hip-hop et moi j’ai pas mal écouté de soul des années 70, genre Donnie Hathaway, Gil Scott Heron...


ZYVA : Ok, et comment s’est passée la rencontre ?


Marion : C’était à l’E.N.M en fait.

Blaise : Ouais, c’était à l’E.N.M de Villeurbanne et ça s’est fait un peu comme ça en fait, au hasard d’un atelier où on a joué ensemble. C’était un peu un hasard qu’on se retrouve là mais j’ai kiffé comme elle chantait, du coup naturellement on s’est recroisé et puis on s’est retrouvé à monter un groupe ensemble parce que ça avait l’air naturel qu’on se rencontre là musicalement.


ZYVA : Et vous avez des influences musicales communes ou pas vraiment ?


Blaise : Quand même ouais !

Marion : Même si c’était un peu...En fait lui il écoutait pas trop de chanteuses en fait, bizarrement !

Blaise : C’est vrai !

Marion : Genre les chanteuses de jazz c’est un truc que bon...qui avait plutôt tendance à le gonfler, disons le !

Blaise : C’est clair.

Marion : Par contre t’écoutes pas mal ce qui est chanteuse de soul, new soul, Erikah Badu etc, hein ?

Blaise : Ouais, en fait ça a été ça le gros dénominateur commun parce que moi en plus je venais plus du monde du rap, RnB, je connaissais plus ça et j’aimais plus le jazz instrumental pour ma part quoi, des grands pianistes etc, ça ouais.


ZYVA : Ouais, parce que j’ai vu la « définition » Myspace du jazz que vous faites, c’est dit que c’est du « Nu-jazz » je crois et pourtant moi je trouve qu’il y a des airs de jazz rétro quand même.


Marion : Ah, alors sur la musique que tu as entendu en balance ?


ZYVA : Oui exactement ! Celle là, c’est limite jazz des années 20.


Marion : Oui en fait dans celle-ci il y a un sample en fait des Mills Brothers, c’était un groupe de chanteurs super vieux, et en fait ils font les trompettes à la voix et nous on a samplé un extrait de ça et la compo est partie de là, du coup c’est hyper rétro ouais, c’est Le morceaux rétro de l’album.

Blaise : Ouais avec des guitares manouches derrières etc...


ZYVA (à Marion) : Et j’ai cru te voir faire les trompettes à la voix , c’était bien toi ?


Marion : Non non c’est le sample. Mais oui je les fais aussi !


ZYVA : D’accord, c’est vraiment un mix de plein de choses alors. Et pour en revenir aux musiques un peu plus actuelles, vous aimez ces groupes comme Hocus Pocus par exemple, votre style m’a pas mal fait penser à eux dans l’esprit ? Est- ce que vous pensez que la musique est en train d’évoluer vers une fusion des genres en général ?


Blaise : Ben écoute par exemple en terme de rap, si tu regardes ce qu’ils font de plus en plus aux États-Unis, y a des zicos sur scène donc c’est cool, je trouve, ces musiques qui commencent un peu à ouvrir la composante des musiciens.

Marion : Ça reste quand même assez rare !

Blaise : Ça reste assez rare c’est vrai, après je sais pas si c’est pour des questions de budget ou des questions de rappeurs mais bon...et ouais forcément, Hocus Pocus en France ça a été les premiers à faire ça, moi j’ai bien kiffé le truc, après ce que je trouve dommage c’est qu’il y ait pas encore de groupes qui arrivent à mélanger, ce que j’aimais dans le rap c’est à dire un discours vraiment engagé, vraiment conscient, avec des zicos.

C’est toujours sclérosé, soit c’est très ghetto, soit c’est avec des zicos mais du coup c’est festif c’est sympa voir un peu trop gentil.


ZYVA : Après il y a des rappeurs comme Oxmo (Puccino) non, qui garde quand même ses textes sur un vrai son instrumental joué par des vrais zicos ?


Marion : Ouais carrément, d’ailleurs moi je préfère Oxmo à Hocus Pocus.


ZYVA : Et justement, vous dans vos textes (que je n’ai pas eu l’occasion de lire) c’est engagé, ça parle de quoi en général ? Et quelle est votre manière d’écrire ?


Marion : Alors c’est vachement co-écrit, parce que c’est Vincent, l’ancien bassiste du groupe, a écrit pas mal de textes que je chante en français.

Parce que moi j’écrivais facilement en anglais, mais en français c’était plus difficile...


ZYVA : Donc vous mélangez anglais-français donc pour que ce soit bien clair ?


Marion : Voilà. Le truc c’est que c’est vraiment mélangé, mais on va plus vers du français maintenant, car avant moi je chantais 80% des trucs en anglais. Donc toutes les parties rappées de Blaise, c’est lui-même qui les écrit et il a aussi écrit quelques textes en anglais.

Et les thèmes, ça change pas mal d’un morceau à l’autre...

Blaise : Oui en fait comme dans tous les groupes y a des chansons qui parlent de sentiments, des chansons d’amour, des trucs qui parlent de nos vies aussi, sans parler de sentiments mais des chansons qui sont personnelles, comme « Laisse moi rêver » ou « Sunshine » et puis aussi quelques thèmes qui nous tenaient à coeur, comme « Je saigne » par exemple, on ne la fait pas en live en fait mais c’est sur tous les sans-papiers qui se sont fait expulser...

Marion : Y a « Tu vois », au premier abord on se rend pas forcément compte parce qu’il est assez festif mais en fait c’est un morceau qui parle justement du fait de s’endormir et de regarder trop la télé et d’être complètement lobotomisés et de pas s’apercevoir qu’on est en train de devenir complètement sourds à tout ce qui se passe autour de nous. Et ce morceau c’est Vincent qui l’a écrit quand Sarkozy a été élu.

Blaise : Ouais c’est clairement ça ouais !

Marion : Il faut le lire un peu en fait pour...mais moi j’aime bien en fait les textes où on se rend pas forcément compte au premier abord du sens premier et où est obligé d’avoir une deuxième lecture.


ZYVA : Oui avec des sous-entendus et où il faut creuser un peu pour comprendre.


Blaise : Oui c’est pour ça, moi dans mon écriture j’ai du partir un peu vers ça parce que j’avais tendance à être très prosaïque enfin vachement concret et du coup avec Marion... Je pense qu’en fait si on écrivait pour nous dans des albums solos ce serait peut-être différent, mais dans Laomé on essaye de trouver une écriture qui soit vraiment celle de Laomé, qui soit pas Marion Blaise.


ZYVA : Oui surtout qu’en plus des textes il faut concilier tout ça avec la musique et à ce niveau là comment ça se passe avec les musiciens ? Ils improvisent sur vos textes, etc... ?


Marion : Nan alors la musique c’est Blaise qui écrit et moi...

Blaise : Oui c’est quand même bien majoritairement nous. Après les musiciens posent des choses à eux dessus.

Marion : Oui voilà. Mais la compo quand on arrive en répèt elle est quand même faite c’est à dire que les accords sont fait, la mélodie est faite, le texte est fait et après on bosse sur les arrangements en groupe.


ZYVA : Donc là le fait de sortir du conservatoire doit quand même bien aider pour composer.


Marion : Ah oui pour la composition en effet.


ZYVA : Et vous y aller toujours d’ailleurs au conservatoire ?


Blaise : Non, ça y est fini !


ZYVA : Parce que comment ça se passe pour vous, vous êtes dans Laomé à plein temps, c’est un loisir, un métier ?


Marion : Non non, c’est un métier ! On est intermittents en fait, mais on a d’autres groupes. Parce que si on comptait que sur Laomé, ça tourne pas encore assez, un jour viendra mais...

Blaise : On est tous intermittents ouais.


ZYVA : Ok, est ce que vous êtes signés déjà ?


Marion : On est pas signés dans un label, on est en autoprod’, par contre on a une distribution nationale.

Blaise : On est chez Abeille Musique pour la distrib’. Après en fait tout le reste, enfin le label c’est nous, on a donné un nom c’est Laomé Records mais en fait c’est notre assoc. On a une assoc qui nous permet de nous payer etc, mais en fait on gère vraiment tout nous même quoi. On fait tout tout seul et c’est pour ça quand tu demandais si c’était à plein temps ça me faisait rigoler parce qu’en fait ouais, moi j’y passe mes journées à faire énormément d’administratif, de démarchage, donc là ce qu’il nous faudrait vraiment maintenant c’est un tourneur.

Marion : Donc appel aux tourneurs ! (rires)


ZYVA : Ce sera dit ! Et quels sont vos projets concrètement pour cet été, des festivals, etc ?


Marion : Alors cet été c’est relativement calme, parce que vu qu’on était un peu dans d’autres trucs on a pas trop démarché pour cet été.

Blaise : Non, c’est clair.

Marion : Ouais, moi je fais pas mal de jazz à coté, traditionnel, je suis avec un batteur qui s’appelle Sangoma Evrett, et puis Blaise aussi donc voilà, y a pas que Laomé mais ça reste quand même notre projet principal.

Blaise : Ouais du coup en fait dans le groupe des gens qui sont là depuis le début y a nous deux et le batteur, Chris.

Marion : Et Lisa !

Blaise : Oui et Lisa !


ZYVA : Ah ben d’ailleurs, en parlant de Lisa ! (rires) J’ai lu votre B.D sur Myspace, qui m’a bien fait rire d’ailleurs, et comment ce fait-ce qu’à un moment donné il y soit fait mention d’une certaine dispute entre les deux choristes ? Ça m’a bien amusé.


Marion : Ahhh ouais ! C’était quoi déjà une dispute sur la rivalité ? Non mais en fait ça c’est parce que c’est le père d’une des choristes qui l’a faite la B.D ! Donc en fait il a mis des petites anecdotes comme le fait que le batteur et le bassiste ils buvaient de la bière sous un arbre, etc..


ZYVA : Oui c’est vrai !


Marion : Ce qui est un peu exagéré ! Mais je dirais que le coté rivalité des choristes c’est des trucs qu’on imagine facilement, c’est rigolo, mais non, y a une super ambiance entre nous, on est très très amis.


ZYVA : Ouais, en dehors du groupe par exemple ?


Marion : Ouais, c’est une équipe, c’est une famille même !


ZYVA : C’est bien, c’est important. Pour en revenir à vos dates, j’ai vu que vous aviez quand même fait Jazz à Vienne ?


Marion : Oui l’année dernière en effet.


ZYVA : Est ce que ça vous a ouvert des portes un peu parce que ça peut être un bon tremplin ?


Marion : Ben pas forcément non.


ZYVA : Ce qui doit être dur en fait dans votre musique, c’est justement cette fusion.


Blaise : Voilà ! C’est de se situer entre les musiques actuelles et le jazz !

Marion : Ouais si tu veux, on n'est pas assez jazz pour certains festivals de jazz et on est trop jazz pour certaines scènes musicales qui programme que du pop rock ! Donc qui veulent absolument pas prendre de risque à programmer autre chose que du pop rock.


ZYVA : Alors après une programmation pop rock est ce que ça veut encore dire quelque chose, quand tu vois qu’aux Eurockéennes de Belfort il y a en tête d’affiche Jay-Z, etc ?


Marion : Ouais, mais tu vois là tu parles des grosses structures.


ZYVA : C’est vrai.


Marion : Quand tu regardes les petites salles, enfin quand je dis petites salles, les scènes de musiques actuelles Marché Gare ou Ninkasi Kao même si maintenant y a plus de programmation, le Brise Glace, même tous les petits festivals d’été, la programmation, c’est que du rock quoi !

Blaise : En fait, je pense que comme on a été un peu catalogué jazz au début, parce que c’est vrai aussi que notre style a évolué, en fait je pense que y a une crainte des programmateurs que ça ne bouge pas. Alors que par exemple ce qu’on va faire ce soir à La Marquise à mon avis, faut passer et ça danse grave, Laomé y a de l’énergie !


ZYVA : Oui c’est vrai que de ce que j’ai entendu ça groovait !


Blaise : Ouais, donc je pense que c’est un a priori qui est plus « vraiment vrai » aujourd’hui.

Marion : Ouais en plus maintenant on fait plus des chansons. Avant on faisait vraiment de la soul, genre on était parti vraiment dans un truc new soul, moi je chantais beaucoup en anglais, et puis maintenant c’est... je sais pas c’est un peu plus... direct. On s’adresse pus facilement au public.


ZYVA : Ouais, il y a plus de place au texte. Et chanter en français et en anglais c’est un choix qui s’est fait comment ?


Marion : Alors moi, je détestais chanter en français y a 5 ans, disons le ! Enfin je n’y arrivais pas plutôt ! Parce que faut expliquer, et je sais pas si les gens qui ne chantent pas le savent, mais la langue anglaise groove ! Et la langue française est beaucoup plus difficile à faire groover !


ZYVA : Je suis bien d’accord !


Marion : Et même swinguer ! Et du coup c’est pour ça que moi j’avais vachement de mal à écrire en français. Puis il y a une deuxième chose c’est qu’en français on peut difficilement dire n’importe quoi. Enfin « n’importe quoi », je dis pas qu’en anglais je disais n’importe quoi, mais les tournures des phrases, la culture française veut que ce soit riche quoi dans le texte ! Et c’est ce qu’on a essayé de faire sur le disque et je trouve qu’on a quand même pas mal réussi, sur un morceau comme Les phares du jour par exemple, qui pour moi est un texte vraiment super beau. C’est pas moi qui l’ai écrit, enfin je l’ai coécrit avec Vincent...


ZYVA : Parce qu’en parlant de votre album, on peut donc le trouver partout en France ? C’est une bonne chose, on vous a fait confiance sur ce coup là ?


Marion : Ouais c’est clair que c’est une très bonne chose.


ZYVA : Et il s’est vendu un peu ?


Marion : On n’a pas les premiers retours pour le moment, il est sorti le 15 avril donc c’est assez récent. Nous on les vend aussi en sortie de concert et là ça se vend bien, mais pour la distribution on sait pas encore.

Blaise : Pareil pour le téléchargement en ligne, on a pas regardé, on sait pas du tout, y a des gens qui m’ont dit qu’ils l’avaient acheté en ligne, mais nous on a les relevés une fois par trimestre je crois.


ZYVA : Oui parce qu’on parlait de vos textes mais est ce qu’on peut trouver les paroles sur votre album ?


Blaise et Marion : Quand tu l’achètes en ligne il y a un livret PDF avec certaines paroles de quelques morceaux, mais c’est vrai qu’on devrait les mettre en ligne, certaines personnes aiment bien.


ZYVA : Oui, moi par exemple j’aime bien voir de quoi les morceaux parlent. Parce que je vous suis la dessus, la langue française notamment dans le rock pour ma part par exemple, j’ai beaucoup de mal, mais ce que j’ai apprécié à votre écoute, c’est que quand vous chantez on comprend pas forcément chaque mot, mais vous arrivez justement à le tourner pour que ça sonne . Par contre du coup je n’ai pas toujours saisi le sens des textes.


Marion : Oui et surtout on chante en français et on fait groover sans prendre un vieil accent anglais, parce qu’on en entend de plus en plus des chanteuses françaises qui font ça ! Mais par contre pour citer des gens qui, je trouve, font groover le français, je trouve qu’il y a Camille ou Tété tu vois...

Blaise : Et Akhénaton !

Marion : Oui, mais en rap là forcément ! Et en plus l’accent marseillais ça groove ! (rires)


ZYVA : (rires) Ouais et puis le rap y a plutôt intérêt à ce que ça groove parce que si le flow est plat, c’est plus du rap ! Et en ce qui concerne l’enregistrement de cet album, il s’est fait avec quels moyens ?


Marion : En fait on l’a fait en coproduction avec nos ingés-son qui ont des studios d’enregistrement à l’Arbresle qui s’appellent « Les studios de la ruche » et donc voilà on a tout fait là-bas.


ZYVA : Et vous avez enregistré ça comme en live, ça se passe comment ?


Blaise : On a fait basse-batterie en live, certains trucs au clavier aussi, et le reste ben c’était l’avantage d’avoir un studio en coprod’ avec eux c’est qu’on avait un temps illimité, donc on a pu y retourner, faire pas mal de post-prod et tout ça.


ZYVA : Oui en effet c’est un avantage ! Et avec tout ça, vous arrivez à tourner un peu en dehors de Lyon ou même de la région ?


Marion : Oui oui, on a fait des dates à Paris, etc mais , je sais pas si on peut en parler mais les tourneurs, l’argument c’est de dire, parce qu’on a récemment rencontré le tourneur d’André Manoukian, parce qu’on a fait la première partie d’André Manoukian il y a un mois, donc on a rencontré toute l’équipe, et le tourneur, qui fait tourner pas mal de soul justement, il nous a dit qu’il avait adoré, qu’il avait vraiment aimé, mais que financièrement, soit ils prennent des groupes qui sont encore plus avancés et en même temps on est déjà trop avancés pour d’autres trucs, alors bon c’est toujours un peu... tu vois quoi.


ZYVA : Je vois tout à fait. Quand tu tournes déjà depuis un moment, c’est le problème, soit tu as enfin quelqu’un qui prend le risque, soit tu as des gens craintifs. Mais je pense aussi qu’en ce moment il y a un retour aux musiques telles que la votre par exemple et que ça peut être le bon moment.


Marion : Ouais c’est vrai... Bon en même temps avec les Amy Winehouse on pensait déjà que ça allait être un retour à la soul et bon...


ZYVA : Ce que vous faites est encore différent je pense.


Marion : Ouais moi j’ai des doutes, je sais pas si ça va vraiment revenir.


ZYVA : Si, moi je pense, par exemple tout à l’heure on citait Hocus Pocus, il y a aussi Java dans le style.


Blaise : Ouais tout à fait.

Marion : Ouais mais tu vois Hocus Pocus par exemple est ce qu’ils sont réellement connus du grand grand public ?

Blaise : Oh là quand même, si !


ZYVA : Oui on les a quand même vus récemment au Printemps de Bourges, etc... après ce qui est difficile et on en revient encore à ça, pour des groupes de fusion hip-hop et autre, c’est qu’il n’y a pas encore beaucoup de festivals qui font jouer ce type de son. La on a eu l’Original à Lyon, c’est quand même assez rare encore.


Marion : Ouais d’ailleurs on avait fait le tremplin pour l’Original !

Blaise : Après voilà pour l’Original, Laomé c’est pas assez hip-hop ! (rires)

Marion : Ouais ! Donc tu vois c’est vraiment une richesse, comme certains programmateurs peuvent vraiment être frileux à cause de ça ! Mais nous on a jamais fléchit, on garde notre truc , moi j’ai pas envie de faire du hip-hop hip-hop heu...


ZYVA : Et puis c’est aussi l’originalité de votre projet...


Marion : Ben ouais ! C’est nous quoi.

Blaise : C’est clair, c’est nous.


ZYVA : Ouais, vous êtes pas dans l’idée de modifier un peu ce que vous faites pour plaire !


Blaise : Non, moi juste je suis pas contre aller vers plus de français encore...

Marion : Oui, parce que maintenant j’aime bien chanter en français !

Blaise : ...mais sinon même dans le dernier album on s’est encore plus ouverts, dans les sons qu’on utilise, y a des ambiances un peu plus trip-hop, parfois c’est plus rock enfin quand je dis rock, c’est rock à la Hendrix, enfin voilà.


Titre d’un artiste ou d’un groupe qui pourrait représenter votre musique : 


Donnie Hathaway - The Ghetto


(après dix minutes de réflexion) Mais version live ! Faut que t’écoutes ce morceau, il dure dix minutes, il est enregistré à Harlem, il est génial.





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