DAAU

Interview de DAAU
Date : 24/03/2010
Lieu : Epicerie Moderne
Par : Dahu, David

Pour la sortie de leur dernier album, Shepherd's Land, Daau était de passage à l'Épicerie Moderne de Feyzin. Après leur collaboration avec Ezekiel sur l'album Barb4ry et sur leur « Versus Tour Live 2004 », les 4 belges parcourent l'Europe pour la promotion de leur sixième opus, résolument acoustique.

ZYVA : Qu'est-ce que ça veut dire les initiales D.A.A.U?


Han Stubbe : Ça veut dire en allemand Die Anarchistische Abendunterhaltung, et en français la traduction, c'est « le divertissement nocturne anarchiste ».


ZYVA : C'est comme ça que vous vous décririez?


H.S : Si tu veux! On a choisi ce titre il y a plus de 15 ans. On l'a trouvé dans un livre, Steppenwolf de Hermann Hesse, qui est un écrivain allemand. Et à l'époque, on trouvait que c'était une chouette manière d'annoncer notre petit groupe musical. Et le titre est resté...


ZYVA : Et le groupe en lui-même, comment il est né?


H.S : On se connaît depuis très longtemps, depuis le lycée exactement. On avait tous entre 13 et 15 ans et on habitait dans la même ville. Buni (violon) et moi, on était dans la même classe. Buni et Simon (violoncelle) sont frères, et on a juste commencé à jouer comme ça pour le plaisir, pas avec l'idée de faire des concerts directement. On a beaucoup joué dans les rues d'Anvers et dans les petits cafés. Et peu à peu, on a commencé à faire des scènes et à enregistrer un premier album en 1995. Et aujourd'hui, on en est au sixième... sans compter les E.P et la musique qu'on a faite pour des spectacles de danse!


ZYVA : Vous avez eu des débuts difficiles avec des maisons de disques...


H.S : Au tout début, c'était facile parce qu'on était avec un tout petit label, mais avec qui on a super bien vendu en Belgique, donc ça a attiré l'attention de toutes les majors. Surtout que dans les années 90, il y avait encore l'argent et de l'espoir pour l'industrie... Donc c'était un petit peu la chasse, et nous, on était le gibier! Et on a choisi le chasseur le plus riche : Sony Music Entertainment. On a fait deux albums avec eux, ils nous ont promis une grande sortie internationale, mais malheureusement, on a changé radicalement de style entre le premier et le deuxième album, donc le résultat n'était pas du tout ce qu'ils attendaient... Là où le premier album était très acoustique, on a beaucoup plus utilisé l'électro sur le deuxième, on a invité plein de musiciens et de chanteurs, et ils n'ont pas aimé. C'était une histoire difficile. Après deux albums avec Sony, on a décidé d'arrêter de travailler avec eux et de monter notre propre label, ce qu'on a fait en 2000. A partir de là, on était indépendants, et ça marche plutôt bien comme ça!


ZYVA : Comment vous qualifieriez votre musique?


H.S : C'est Simon qui va vous expliquer!

Simon Lenski : Non non, vas-y, tu t'en sors très bien...

H.S : On n’essaie pas de jouer un style, on n’essaie même pas de faire un mélange de styles.

S.L : C'est aussi suivant les envies qu'on a sur le moment.

H.S : Certes, avec Ezekiel, il y avait une grande influence dub. Mais dans ce que le groupe fait, il n'y a pas vraiment de style, il y a des influences mais c'est notre style à nous qu'on cherche à inventer. C'est d'ailleurs pour ça que notre musique n’est pas classifiable.


ZYVA : Et vos influences justement, quelles sont-elles?


H.S : Ça va de la musique contemporaine classique à Sonic Youth ou au jazz, c'est très varié.

 

ZYVA : Il y a une chanson que vous avez jouée en live, qui est la B.O d'un film...


S.L : “Requiem For A Dream”!


ZYVA : Oui, et tout le monde pense que vous l'avez écrite. C'est vrai ou pas?


H.S : Non, pas du tout, sinon on serait riches!

S.L : On l'a juste reprise ensemble avec Ezekiel. C'est Corner Stone Cues qui a fait l'original.


ZYVA : Quelle est la part d'électronique que vous ajoutez?


H.S : Ça dépend! Au début, quand on a expérimenté avec l'électronique, on utilisait des samples de nous-mêmes, mais aussi des samples pour des beats, des loops, etc. Mais on a progressivement abandonné pour maintenant produire de façon organique, avec nos instruments. Les influences et les idées sur le son restent les mêmes, mais on préfère le faire nous-mêmes. Artisanal, tu vois!


ZYVA : Le nouvel album s'appelle Shepherd's Dream. Il rêve de quoi, le berger?


H.S : Ça, c'est à chacun de se l'imaginer...

S.L : Il rêve d'un cube...

H.S : ...un cul?

S.L : Non, un cuBE...(Rires)... qui flotte! C'est très calme, comme musique, par rapport à d'autres trucs qu'on a pu faire. Parce qu'on a abandonné l'idée de l'électronique, on tente de recréer cette féerie avec les instruments acoustiques pour que ça soit plus...rural (Rires), l'idée étant vraiment de retourner vers la nature. Quand tu joues avec des instruments en acoustique, tu as une réaction très rapide et très fluide entre les musiciens, la communication est beaucoup plus efficace. Quand tu travailles avec l'électronique, ça devient un peu plus carré parce que les sons sont programmés. Le rêve du berger, c'est une idylle qui est effacée, mais dont on garde un souvenir.

H.S : On a rien contre l'électro! C'est même pas dit que dans le futur on ne refera pas un projet électro, d'ailleurs.


Titre d'une chanson qui pourrait vous représenter vous ou vous votre musique :


Sonic Youth - Diamond Sea

parce que c'est un des groupes qui nous inspire le plus. Ce qu'ils font avec leur guitare, on essaie de le faire avec des instruments.

 

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