CURRY AND COCO
Nous assistons au concert des Pony Pony Run Run dans cette salle du Transbordeur bien remplie avec en première partie, un duo qui donne le ton, Curry and Coco, une formation assez originale sur scène, batteur contre clavier (ou plutôt « avec » comme vous le verrez) , qui nous redonnent le goût de l’époque vintage.
Discussion décontractée avec ces deux amis plus que complices !
ZYVA : C’est parti.
Curry : Attends, moi je vais commencer par boire une coup, est ce que tu veux boire un coup ?
ZYVA : Oui , je veux bien !
Curry : Tu veux quoi, bières, coca, rhum, vin, jus d’orange, red bull ?
ZYVA : Ils sont gentils Curry and Coco ! Eh bien on va être sage, je vais prendre un Red Bull si possible.
Curry : Tenez Madame.
ZYVA : Alors première question : qui est Curry qui est Coco ?
Coco : Heu je sais pas du tout quelle date on est, on est quel jour ?
ZYVA : On est le 10 mais heu, quel rapport ?
Coco : On est le 10 tout à fait, donc aujourd’hui Coco c’est moi Curry c’est toi.
Curry : Ouais en fait ça change tout le temps, c’est de l’algèbre universel.
ZYVA : Et rien à voir avec un éventuel plat antillais ? (rires)
Coco : Absolument pas. En fait le nom Curry and Coco il nous vient depuis très longtemps, en fait on se connaît depuis très longtemps, quand on était gamins, très très jeunes en fait, nos familles respectives après l’époque de la crèche et tout ça, ont décidées de nous faire garder le soir par la même nounou.
(entre-temps Curry me présente à l’ingé-son et le tour man qui entrent dans la pièce)
Coco : Et donc elle était fille au pair, et elle nous appelait comme ça et c’est resté.
ZYVA : D’accord, j’ai même lu que vous étiez frères mais maintenant que je vous vois à coté je me dis qu’il y a eu erreur quand même.
Curry : En fait on est très proches, on est presque frères.
ZYVA : Ok. Et vous venez de Lille donc, comment on en vient à faire la première partie de Pony Pony Run Run ?
Coco : Ben parce qu’on est hyper balaises !
Curry : Et qu’on est super beaux !
Coco : Ouais donc on est dans le top five mondial à l’heure actuelle je pense qu’on peut dire ça, donc Michel Sardou, Patrick Aznavour (?) , Kanye West et Johnny Clegg qui revient aussi donc avec nous ça fait cinq donc en toute logique on se retrouve à jouer avec Pony Pony Run Run.
Curry : Encore une fois, algèbre universel, la conclusion se fait d’elle-même. Moi je suis d’accord avec toi, (il s’adresse à son comparse).
Coco : Moi aussi je suis d’accord avec toi.
ZYVA : C’est bien je suis ravie de voir une belle entente comme ça, c’est beau. Nan sérieux les gars il me faudrait un peu de, comment dire, de contenu, parce que je peux délirer longtemps comme ça avec vous ! (rires)
Curry : C’est vrai ! Donc on existe depuis 4 ans, et c’était une évidence de jouer à deux.
ZYVA : D’accord et d’ailleurs c’est vrai, vous avez une formation assez spécifique, plutôt originale.
Coco : C’est vrai.
Curry : Batterie, claviers, voix, pas de boucle, pas de bande, tout en live tout est vrai...
ZYVA : Attends, pas de bande c’est à dire ?
Coco : On joue sans boucle derrière, y a pas d’ordinateur, tout est joué à la main.
ZYVA : Y a pas de samples derrière ?!
Curry : Aucun sample.
ZYVA : Ah ouais ! Alors ça j’aurais pas cru !
Coco : (s’adressant à Curry) Faudrait qu’on le dise ça en fait !
ZYVA : Ah ouais hésitez pas à le préciser !(rires) Donc en fait c’est quoi, c’est tout au synthé ?
Coco : Ah ben deux synthés pour moi , une batterie et des micros, à l’ancienne en fait. C’est comme ça qu’on écrit aussi en fait, on n’utilise pas du tout les technologies actuelles.
Curry : Oui c’est d’ailleurs cette vérité qui manque un peu aujourd’hui, trouver vraiment que ce que tu vois, c’est un truc qui est vraiment vécu par les deux mecs, et tout est vrai, tout est là quoi. Et nous on ne se l’est pas dit c’était une évidence de jouer comme ça.
ZYVA : De ne pas reprendre des choses qui existaient déjà par exemple ?
Curry : Entre autres, mais surtout qu’il n’y ait pas quelque chose derrière nous, que ça puisse changer selon les concerts, selon l’état, quelque chose qui vibre et qui puisse évoluer aussi.
Coco : Ouais, quand on est en forme c’est bien, quand on est pas en forme c’est moins bien, enfin... qui diffère en tout cas, et nous ce qu’on veut c’est que ça vive quoi. Parce que aujourd’hui t’as quand même les trois quarts des groupes qui balancent des trucs avec leurs ordis et puis qui jouent un peu dessus, nous on n’a pas de jugement de valeurs par rapport à ça, toutes les musiques sont potentiellement chouettes mais par contre à jouer, nous ça nous ennuie, parce que y a plus la place à l’accident, plus de place pour le non maîtrisé quoi et y a plus la magie qui peut opérer quand tu te laisses prendre par un tempo ou par le public qui chante par exemple.
Tu vois si les gens chantent et qu’on a envie de les laisser chanter pendant deux minutes de plus on peut le faire.
ZYVA : Oui vous voulez maîtriser vraiment vos lives, votre musique.
Curry : Oui et c’est aussi parce qu’on a un rapport vraiment physique avec la musique, on a besoin de la sentir et que les gens la ressentent, c’est un truc qu’on défend aussi beaucoup, une sorte de vérité en fait comme on t’en parlait tout à l’heure, il faut que tu la ressentes ta musique physiquement, il faut qu’elle évolue dans ton corps, que les os la sentent quoi. C’est hyper important pour nous ça. Du coup c’est pour ça aussi qu’on joue sans support derrière, que tout est sans filet.
ZYVA : Ouais, eh ben c’est une bonne chose à savoir ça parce qu’en vous écoutant sur scène j’aurais quand même pensé qu’il y avait appel à l’extérieur entre guillemets. Et vous avez jamais pensé à prendre d’autres musiciens ?
Coco : La chose s’impose à nous à deux en fait. Si tu veux nous on a des projets, des envies ensuite, par exemple on a vraiment une vraie envie, c’est de pouvoir un jour arranger nos morceaux en live avec par exemple un orchestre de chambre tu vois.
ZYVA : Ah oui ?
Coco : Un quatuor à cordes ou une chorale, ça, ça nous fait vraiment triper . Mais par contre en ce qui concerne le groupe, le noyau dur, ça restera toujours nous deux.
Curry : Parce que quand on se met à deux, il se passe un truc, on se sent intouchables et je pense qu’on est intouchables, parce que sur scène c’est live qui nous porte et qui fait qu’on se sent bien, on est addict au live et à cette vie là, cette vie qu’on retrouve sur scène, du coup pour nous c’est à deux, ça s’impose.
ZYVA : Et justement, pour en revenir au live, c’est la question que je vous posais tout à l’heure mais vous en êtes venus comment à faire de la scène en commençant par vos débuts à Lille par exemple, on arrive pas par hasard jusqu’ici non plus ?
Coco : Ben c’était une envie depuis hyper longtemps, on a toujours été passionnés de musique, on en a toujours fait et donc je crois qu’on avait l’envie de le faire vraiment, c’était un peu une sorte de fantasme, jusqu’au jour où on l’a fait, ou simplement on s’est foutu dans un bar et on a joué à deux et on s’est rendu compte que voilà, c’était parti...
Nous sommes interrompus par des cris venant de l’extérieur du Transbordeur
Curry : Ça tu vois c’est l’effet Curry and Coco (rires)
ZYVA : (rires)
Coco : ...et donc ça c’était il y a 4 ans et depuis on a fait 150 concerts, on a compté et y a pas très longtemps on a fait 30 000 kilomètres en tout.
ZYVA : Oui d’ailleurs vous avez joué en Angleterre non ? Vous êtes signés en Angleterre ?
Coco : On compte les heures d’avion oui !
Curry : On n’est pas signés en Angleterre encore mais c’est en cours, ça avance petit à petit. On fait une tournée là-bas en mai, une mini tournée de sept, huit dates qui, va nous éclater à fond.
Coco : Mais par contre l’album a été produit par un anglais David Kosten , qui a produit Bat For Lashes et d’autres choses qui sont moins connues du public français comme Chew Lips, Everything everything qui sont des groupes anglais qui commencent à émerger vraiment. Et en fait on est parti enregistrer l’album en Angleterre ce qui était pour nous d’une un fantasme, parce qu’on adore l’Angleterre en terme de culture musicale quand on discute avec des anglais on est tout de suite vraiment en phase, et d’autant plus avec David avec qui y a eu une rencontre presque amoureuse, humainement et musicalement.
Grosso modo on l’a contacté par mail, le lendemain il était dans notre salle de répète à Lille pour écouter ce qu’on faisait, par rapport à ce qu’on lui avait envoyé qui lui avait vraiment plu, et une semaine plus tard on était à Londres.
ZYVA : D’accord ! Donc c’est allé très vite quand même
Curry : C’est vraiment allé hyper vite, et y a eu une espèce de « crush » entre nous trois...
Coco : C’est hyper beau ce que tu dis...
Curry : Je sais pas, je me sens bien là, j’ai envie de... de faire du cerf volant...
ZYVA : (entre deux rires) Tu te sens amoureux !
Coco : Vas-y, fais un peu de cerf-volant le dimanche.
ZYVA : (toujours en train de rire) Non mais ça ne va pas le faire si je ris tout du long !
Curry : Tu retranscris les « ahahahah » ?
ZYVA : Non, je vais mettre « rires » entre parenthèses si tu veux! Ou « LOL » !
Coco : Expdr !
ZYVA : Ok ! Et au niveau de vos influences, j’ai envie de dire que bon...
Coco : Ben il faut dire qu’on a un rapport assez gourmand avec la musique, même si on sélectionne vraiment les artistes qui nous touchent, mais ça va aussi bien d’AC/DC à Blondie, de trucs ailleurs que la musique c’est à dire de BukowskiWarhol, de la musique classique, des musiques de films, etc... (écrivain allemand) à
Enfin bon on a vraiment des espèces de rapport comme ça où on va chercher ce qui nous touche, alors beaucoup dans des trucs assez...assez vieux mais on a vraiment une sorte de spectre hyper large de la musique.
ZYVA : Ouais, parce que quand on vous écoute, bon mon impression à moi c’est que vous êtes quand même bien inspirés années 80, ce qui revient assez en force en ce moment. Est-ce que c’est un genre de musique que vous découvrez ou que vous écoutez depuis des années au fond ?
Coco : En fait y a deux trucs, déjà le son qu’on a est quand même plus années 70 encore, mais enfin peu importe, nous on est nés dans ces années là en fait, et y a quelque chose qui continue à nous toucher quoiqu’il arrive, t’es quand même un peu baigné dedans même si tu t’en souviens pas et du coup on s’est rendu compte, notamment pour l’album, qu’on avait deux grandes directions qui ressortaient et qui finalement ont aussi un rapport avec les années 80 , c’est la disco et la New Wave et du coup on a vraiment ce mélange d’énergie tu vois.
La musique des années 80 en elle-même à la limite peu importe, par contre c’était vraiment ces deux énergies là, la disco, ou y a cette émotion très physique, très sensuelle voire sexuelle et la New Wave qui est vachement en tension et rigide (rires) et je pense que l’album il mélange bien ces deux choses là.
Curry : Il a raison.
ZYVA : C’est vrai ? T’es d’accord ? Et l’album va sortir quand ?
Curry and Coco : Le 12 avril.
ZYVA : D’accord . Vous avez quand même mis quatre ans avant de le sortir finalement ?
Coco : Oui parce que c’était hyper important pour nous !
Curry : C’est notre façon de faire en fait. En fait si tu veux, je veux pas schématiser mais aujourd’hui, pour moi y a vraiment deux types de groupes en France en tout cas : y a les gens qui font de la musique dans leur chambre avec leur ordinateur, ce qui finalement est très réalisable, pour 150 € tu te fais ton album chez toi , t’as du talent, t’en as pas, mais tu peux le faire et ensuite derrière tu vas faire du live.
Nous en trois ans, grosso modo 150 concerts on a joué en première partie de 150 groupes différents, mais on a vu les gens qui viennent du studio et ceux qui viennent du live comme nous et qui ont acquis toute cette expérience là et qui ont envie de faire un album. Et d’ailleurs nous l’album a été écrit en live en fait !
Coco : Il a raison.
ZYVA : Il a été écrit en live ??
Coco : Oui ben en partie, en fait c’est un espèce de mix comme on disait tout à l’heure c’est vivant donc quand on est tout le temps en train d’écrire des trucs, de penser à des choses et du coup ça se fait aussi beaucoup sur la route quoi.
Et juste ça fait trois quatre ans qu’on tourne parce qu’on aime vraiment ça, et on a une vision du travail où on se relève les manches et l’émotion on va la chercher, quand on travaille en studio c’est différent, c’est une émotion vachement plus créative, plus en échange et en partage d’idées, c’était vachement intéressant et du coup ça donne encore plus envie de retourner ensuite sur scène, mais ça fait du bien de passer par le studio pour revenir sur scène.
ZYVA : Oui mais justement j’allais dire, ça doit être dur de figer une musique qui finalement est assez libre et qui vit en live ?
Coco : Ben justement, là c’était hyper bien, ça s’est fait avec une espèce de créativité incroyable, où chacun balançait une idée, un espèce de ping-pong à trois, c’était juste fou quoi !
Curry : On avait cette maîtrise de nos instruments aussi je crois , de part le live, de la voix aussi, etc on était simplement dans le plus, on jouait nos titres et ensuite on se regardait tout et on se disait « qu’est ce qu’on peut rajouter de plus pour aller vers ce qu’on veut vraiment » donc on est vraiment parti d’une base live, on a plutot fait le chemin dans ce sens là.
ZYVA : D’accord je vois.
Curry : Lui en fait quand il est venu nous voir à Lille, il a un studio de la mort à Londres mais il voulait faire des prises dans notre cave pourrie, humide au troisième sous-sol parce que c’est là qu’il voyait la vérité de ce qu’on fait. Alors ça s’est pas fait là, finalement on est vraiment partis dans son studio, mais on a quand même eu ce truc live, on jouait en même temps en face à face en se regardant et après bon y a eu des effets, y a eu de la production, des machines énormes mais entre eux deux y a trois ans de concerts, trois ans de maturation de ce qu’on avait envie de faire quoi.
Et d’ailleurs nos influences sont un peu inconscientes mais sont issues des années 80 et c’est une période où il y a eu un vrai revival de la danse avec la disco les clubs etc parce que c’était peut-être une période un peu sombre au niveau sociologique et la musique réagit à la sociologie et donc à ce qui se passe.
Les gens avaient vraiment envie de s’amuser quoi !
Et c’est là qu’y a eu vraiment une culture de la danse qui s’est mise en place et je crois qu’on est en train de rentrer un petit peu dans le même cercle en ce moment...
ZYVA : Oui, et vu qu’ on est là pour discuter, mon avis perso c’est qu’en effet, certaines musiques reviennent telles que le rock , notamment le rock grunge, les mouvances indépendantes reviennent, cet état d’esprit et derrière ça de bonnes valeurs pour le milieu musical.
Coco : Tout à fait, des valeurs, c’est ce qu’on défend mais ce qu’on défend et c’est pour ça qu’on se sent aussi bien dans cette époque, c’est cet espèce de mix entre savoir que c’est dur et en même temps pas se prendre la tête et le ressentir physiquement même avec une sorte violence parfois. On a besoin de ces deux trucs là je pense, pas être naïf et en même temps pas se prendre trop la tête... Je pense que les années 80 c’était un peu ça et je pense qu’aujourd’hui on est aussi entre la joie et la décadence et donc je pense que donner une vérité, nous on y croit on pense que c’est hyper important que les gens voient ça.
ZYVA : Oui je suis tout à fait d’accord. Mais vous parlez souvent de vérité, vous trouvez donc qu’il y a du faux en ce moment dans la musique, peut-être beaucoup de faux-semblants sans même citer les télés-réalités ? Parce que des groupes y en a quand même des millions en ce moment quoi, je trouve que c’est presque facile d’être connu et de réussir.
Coco : Peut-être mais nous ce qu’on défend c’est l’artisanat.
Curry : C’est exactement ça, l’artisanat. C’est à dire que nous, on a rien à gagner à se pointer sur scène sans machine, etc dans l’absolu tu te dis que y a pleins de mecs qui cartonnent, ou en tout cas qui gagnent des tonnes de blés en étant juste derrière un espèce de mur en faisant à moitié les DJs et les gens les acclament alors que y a rien qui est réellement fait devant eux tu vois ?
ZYVA : Oui, oui tout à fait.
Curry : Moi je respecte ce truc, je vais voir ce genre de choses aussi mais simplement, dans notre envie à nous, on est pas du tout là dedans quoi...
ZYVA : On peut quand même sentir une certaine critique de l’électro ?
Coco : Je pense que ça peut partir dans des travers comme dans tout. Nous l’important c’est de défendre cette vérité tu vois. Mais après on est pas débiles on sait aussi reconnaître le talent...
Curry : ...et on est fans d’électro ! Par exemple on est ultra fan des Kraftwerk, les Kraftwerk c’est le premier vrai groupe d’électro, c’est avant les années 80, ils jouaient avec de vrais instruments et juste ils se débrouillaient pour que toutes leurs boucles se calent en même temps et c’était une sorte de fragilité incroyable.
Y a une différence entre ça et avoir un ordi qui balance tout et pfff, toi t’es juste un visage quoi.
ZYVA : Ah mais je suis tout à fait d’accord, même pour l’énergie sur scène, à voir et à sentir c’est sûr que c’est beaucoup plus sympa et beaucoup plus prenant de voir les gens faire en direct. Et c’est vrai que le coté trop propre de l’ordinateur est trop facile.
Curry : Voilà, après c’est comme tout, je comprends qu’y ai des gens qui puissent triper dessus mais tu peux comparer ça à tout mais le sexe avec des machines par exemple c’est quand même vachement moins drôle que le sexe avec une personne en vrai.
ZYVA : C’est certain. Bon et là vous en êtes où, vous commencez la tournée ?
Curry : Ben en fait là c’est la première date du Spring Tour.
ZYVA : Oui, c’est ce que j’ai vu sur votre Facebook, où d’ailleurs vous ne parlez qu’en anglais ! Comment ça se fait ?
Curry : On parle beaucoup en anglais parce qu’on a notre public anglais aussi à qui on veut s’adresser.
Et puis nous on fait tout en anglais, on a des ambitions internationales donc on considère que les français sont pas débiles et que quand on écrit des trucs en français ils le comprennent très bien.
C’est vrai si on écrivait en français, les français nous comprendraient mais les gens au Mexique, en Grèce et en Angleterre ils capteraient rien...
ZYVA : Parce que la tournée elle est française pour le moment ou elle s’étend déjà ?
Curry : Là on a pas mal de dates en France, on part à Moscou samedi, on a huit dates en mai en Angleterre, on a des dates à Berlin aussi qui se calent en ce moment.
ZYVA : C’est pas mal tout ça !
Coco : Ouais ça commence à prendre c’est clair. Et puis tu vois comme on disait, c’est vraiment ce qu’on aime faire, c’est se barrer de partout, c’est vivre notre rêve.
ZYVA : Eh ouais, j’imagine ouais... emmenez moi ! (rires)
Curry : Alors là faut que tu te dépêches de faire ton visa très très vite, l’avion décolle de Bruxelles à 13 h samedi !
ZYVA : Ah c’est gentil... si j’avais su avant ! (rires) On parlait de l’international, j’ai une question, que je pose à beaucoup de personnes en ce moment parce que je trouve que c’est particulier en France, au niveau des labels et par rapport au fait que vous chantez en anglais, vous avez trouvé facilement ?
Curry : On est signé par un label qui s’appelle Peermusic France, qui a la base est un éditeur, et qui aimaient tellement le projet qu’ils ont décidé de monter une branche label pour nous produire en fait...
ZYVA : Ah ouais ! Donc vous êtes un peu les V.I.P du truc !
Coco : Ouais , c’est fait avec passion et on travaille tous autour de ce projet avec cette passion là. C’est une rencontre humaine avant tout, ils nous suivaient pratiquement depuis notre premier concert, l’histoire avançait avec ses déboires etc, et là où y avait besoin d’un renouveau ils sont arrivés et voilà ça s’est fait comme ça, du coup c’était vraiment mortel.
ZYVA : Ok. Parce que vous trouvez pas qu’au niveau des labels français il y a encore une peur de prendre le risque de faire signer un groupe qui chante en anglais ?
Coco : Ah si, ça c’est évident ! Mais même, au delà du fait que ça chante en anglais, c’est surtout que les mecs ils ont besoin que ça rentabilise le plus possible et qu’en ce moment ils sont perdus parce qu’aujourd’hui c’est un peu la merdasse pour l’industrie du disque, donc voilà...
Curry : Moi pour moi ce truc là c’est fini, ça s’est arrêté en mai 2010 à peu près...
ZYVA : Quel « truc là » ?
Curry : Ben ce truc de chanter en anglais, faut quand même pas déconner, le premier album de Phoenix il date de quoi, y a dix ans maintenant et ils leur aura fallu quand même cinq albums environ pour être enfin reconnus en France alors que ça fait pleins d’années qu’ils sont des stars finies au Japon, aux Etats Unis et partout quoi.
Cette année Pony Pony sortent leur premier album, ils ont un tube énorme chanté en anglais, ils ont une Victoire de la musique bon ben voilà, ça veut dire que ça s’ouvre.
ZYVA : Ca s’ouvre mais justement, on est peut-être un peu plus lent que les autres pays !
Coco : Ouais, et moi je pense que ce sera encore un peu long.
ZYVA : Ah ouais, personnellement moi je trouve ça long, ce qui est bizarre pourtant, parce que beaucoup de français aiment l’anglais, notamment dans la musique.
Curry : ... ouais nan en fait tout à l’heure je disais ça pour être sympa mais j suis d’accord avec vous ! (rires)
ZYVA : (rires)
Coco : Y a une espèce de complexe entre rester français , la culture française, la chanson française qui est très ancrée et en même temps l’ouverture est un peu difficile pour pas mal de gens... Après on s’en fout, ça fait un défi de plus on le relèvera.
ZYVA : Alors il y a peu de temps j’en parlais à quelqu’un qui a bossé longtemps dans le milieu de la zic et du disque notamment et il m’a dit : « C’est normal, pour un label entre faire signer un groupe d’origine anglaise ou américaine et un groupe français qui va faire la même chose mais peut-être en moins bien, au niveau de l’accent par exemple etc, le choix est vite fait ».
Vous en pensez quoi ?
Coco : Ah c’est clair que tu te mets sur un terrain quoi quand tu te lances là dedans.
Curry : Mais nous on essaye pas de copier de la musique anglo-saxonne, on est français mais on fait de la musique simplement chantée en anglais, parce que la musicalité de la langue nous intéresse et surtout, qu’on a une vraie ambition internationale.
ZYVA : D’accord donc c’est peut-être même la première raison en fait ?
Curry and coco : Ah oui, très clairement, on veut que les gens comprennent les paroles qu’on chante.
ZYVA : Alors justement, de quoi parlez-vous dans vos textes ?
Curry : Hum, énormément de nuit, d’amusement, de joie, de décadence, de sexe, d’amusement encore, de trips paranoïaques sous acides, et je crois que ça finit par un petit truc sur...
Coco :...la nuit... et la décadence... avec du sexe.
ZYVA : (rires)
Curry : Ah oui nan et aussi le fait que l’homme à tendance à se féminiser.
ZYVA : (rires) Ah ? Et c’est bien ou pas ?
Curry : Non mais en fait c’est une sorte de truc scientifique, à cause de tout ce qu’on bouffe et de plein de saloperie, de pollution etc, les hommes produisent moins de testostérone, et de plus en plus de nouveaux- nés masculins naissent sans zizi, ou très peu, c’est un truc hyper grave.
ZYVA : (rires) Je trouve ça excellent !
Curry : La race est juste en train de s’éteindre !!
ZYVA : D’accord, vous allez devenir des femmes comme nous quoi ! L’homme est une femme comme les autres de toute façon.
Coco : Voilà, c’est hyper bien ça !
Titre d'une chanson qui pourrait vous représenter vous ou vous votre musique :
Eddy Mitchell - Toujours un coin qui me rappelle.
C’est juste le plus beau titre au monde.


