THE DODOZ

Interview de THE DODOZ
Date : 29/01/2010
Lieu : Marché Gare
Par : Mélo, Milk Allen Jones

Nous arrivons en trombe pour discuter avec The Dodoz !

Ce groupe de rock de jeunes toulousains est en tournée suite à la sortie de leur premier album éponyme, en Octobre 2009, album qui conclut déjà six années sur les routes et une ascension fulgurante ponctuée par des premières parties plus que respectables, Babyshambles, Stereophonics pour ne citer que celles-ci. ZYVA vous livre ce très bon moment passé en la compagnie d’un groupe qui a des choses à dire.

(après leur avoir présenté le mag ZYVA)


ZYVA : Vous avez donc déjà eu affaire à ZYVA par le passé ? (nous sommes deux nouveaux venus)


Jules : Oui ! D’ailleurs moi ma photo Facebook pendant presque plus de six mois, c’était moi avec un autocollant ZYVA sur ma bouche.


ZYVA : Mais c’est la classe ça !


Jules : Oui on m’avait donné des autocollants, j’m’en étais mis un sur la bouche et j’avais gardé la photo parce qu'elle était drôle.


ZYVA : Ah chouette ben tu la remets quand tu veux !

Donc on est super contents de faire cette interview avec vous, désolée pour le retard horrible, en plus c’est un peu nos débuts à tous les deux dans l’équipe.

Alors pour commencer : vous êtes en tournée en ce moment, vous faites pas mal de dates, tournée nationale ?


Jules : Ben hier on était à Lausanne en Suisse et demain on est à Marseille.


ZYVA : D’accord donc tournée principalement française et un petit peu de la Suisse et puis…


Jules : C’est France-Suisse-Belgique en fait et en Angleterre en juin.


ZYVA : Donc ça marche bien pour vous ! Et là ce sont principalement les retombées de l’album qui ont entraîné la tournée, ça s’est passé comment, c’est la suite logique ?


Jules : En fait ça fait deux ans qu’on tourne très régulièrement autant que cette année en fait, donc c’est pas vraiment l’album qui fait ça, mais grâce à l’album les gens connaissent plus les chansons, y a un peu plus de monde dans les salles aussi donc c’est ça que ça a apporté. Après, les concerts, on joue très régulièrement depuis deux ans.


ZYVA : Oui parce que vous avez été formés en quelle année exactement ?


Jules : 2004.


ZYVA : Ah ouais, donc ça fait déjà six ans quoi ! Et l’album est sorti juste l’année dernière, donc vous avez pris votre temps pour le faire en fait ?


Jules : Oui, mais c’était pas voulu en fait, on a sorti un EP y a un an ,enfin un an avant l’album , mais on aurait bien aimé sortir un album mais on trouvait pas de distributeur, les gens voulaient pas nous sortir parce qu'on chantait en anglais, on a un peu galéré, mais voilà maintenant qu’on a notre distributeur Discograph qui font un boulot super on va rester avec eux. Du coup le deuxième album ça va aller assez vite, normalement il sort en septembre 2010.


ZYVA : Oui, on a d’ailleurs vu que vous aviez fait un blog qui parlait de ça, c’était une idée de vous ?


Jules : Le blog ? Oui oui, à la base le label sur lequel on est c’est un label indépendant, c’est Peter Murray. En fait le label en gros, y a juste lui dedans et y a que nous comme groupe donc si tu veux c’est presque un cinquième membre du groupe, on se parle tous les jours au téléphone et c’est devenu un peu un ami aussi. Y'a pas tellement de stratégie, les trucs on les fait ensemble, nous on voulait faire un blog, c’est très bien pour tout le monde mais y a pas de…


ZYVA : Oui, c’est vous qui décidez un peu de ce que vous avez envie de faire et il vous laisse de la liberté.


Jules : Oui, on fait absolument ce qu’on veut , que ce soit au niveau des affiches, de la façon de fonctionner, des concerts et tout, c’est ce qu’on veut nous, mais on a pas besoin en fait d’imposer des trucs vu que lui il veut la même chose que nous. Il nous a signé parce qu'il trouvait qu’on était un peu différents des autres groupes, vu qu’on chantait pas en français. Lui, ça lui plaisait qu’on chante en anglais, c’était le seul à qui ça plaisait donc on va exactement dans la même direction, y a pas besoin de batailler si tu veux.


ZYVA : Parce que vous avez eu tant de mal que ça à trouver un label ?


Jules : Ah oui ! Ça fait deux ans qu’on est avec lui et on a mis quatre ans avant de le trouver quand même tu vois.


ZYVA : Et vous pensez que c’est dû à quoi, les labels français sont pas ouverts au rock anglophone?Parce que vous aviez pourtant déjà un public derrière?


Vincent : Oui les labels français sont pas toujours prêts à prendre le risque de signer un groupe qui chante en anglais.

Jules : Mais là ça commence à évoluer, depuis The Do, Moriarty, Cocoon tout ça, grâce à des musiques un peu plus calmes, qui peuvent passer pour tout le monde, s’écouter à l’apéro et tout, et c’est vrai que nous on combinait le fait de chanter en anglais et en plus on faisait pas du folk on a toujours fait un rock un peu punky sur les bords et c’est ça qui pour les maisons de disques était un peu du suicide à mon avis dans tous les cas.

Et voilà, Pete a pris le risque de faire ça parce qu'il aimait vraiment.


ZYVA : Oui, il a eu le coup de cœur apparemment.


Jules : Oui, il a eu un vrai coup de cœur et c’est pour ça aussi qu’on est content de l’avoir trouvé, c’est pas une question de thunes, enfin y a forcément un peu de ça, il va pas dépenser de la thune sans rien recevoir en échange mais ça part d’un truc artistique quoi et d’un vrai coup de cœur.


ZYVA : Oui c’est vrai que c’est lui qui est venu vous chercher donc ça c’est l’idéal pour un groupe assez émergeant en plus.


Jules : Oui et puis c’est agréable, on a juste à penser à la musique et pas penser à autre chose, pas se prendre la tête sur d’autres choses.


ZYVA : Oui c’est clair c’est bien. Et sinon justement, on parlait du rock en France, vous écoutez encore un peu ce qui passe actuellement ?


Jules : Carrément ouais. Mais après dans ce qui se chante en français, on a jamais écouté quoique ce soit de français.

À part du Bashung pour Géraldine, Adrien et moi car nos parents en écoutaient beaucoup donc on aime vraiment, mais à part ça y a rien de français dans ce qu’on écoute.

Adrien : Un peu Jean-Louis Murat aussi.


ZYVA : Ok. Et donc là quels sont les groupes un peu récents que vous écoutez ?


Jules : En France c’est en gros Stuck In The Sound, I am un chien et Neimo, ça c’est des amis à nous en fait.

Géraldine : En fait à la base on écoutait , et c’est devenu des amis à nous.

Jules : Ouais. Et sinon John & Jehn, Coming Soon et Kid Bombardos c’est trois groupes qu’on aime beaucoup, dans le style de musique qu’ils font dans ce qu’ils essayent d’apporter, ils sont adorables en plus !

Là t’as six groupes en fait, ouais c’est ça, on se reconnaît dans six groupes, musicalement et humainement.


ZYVA : Et puis vous avez l’air d’être tous du même avis ! Vous écoutez principalement du rock ?


Adrien : Non pas spécialement, ça dépend des périodes aussi. C’est une base mais c’est vrai que c’est rare que l’un de nous se mette à fond à écouter du jazz par exemple, c’est vrai que c’est toujours une base rock, pop , après ça peut être une pop psychédélique, une pop expérimentale, une pop comme Britney Spears, ça peut aller sur beaucoup de trucs mais y a toujours une base pop ou rock quoi.

On est rarement parti dans des trucs genre jazz, genre free jazz, genre musiques tu vois, africaines…


ZYVA : C’est normal et après quand on vous écoute, on sent vos influences derrière, mais j’ai pu voir que parmi ces influences, ça remontait aussi à vieux par exemple les Pixies ?


Jules : Oui aussi, ça c’est année 90 donc y a des trucs plus vieux encore.


ZYVA : Oui, donc vous avez une culture rock assez antérieure à ce qui se passe en ce moment aussi ?


Jules : Oui, oui aussi, à peu près depuis les années 60 jusqu’à maintenant, y a plein de trucs qu’on adore en fait, dans chaque décennie.


ZYVA : C’est sûr y a du bon dans chaque période. Et on parlait de l’album tout à l’heure, on s’est un peu éloigné du sujet mais vous avez donc sorti votre premier album qui s’appelle The Dodoz en octobre 2009, et on disait que vous avez prévu d'en sortir un autre assez rapidement, avec des titres déjà prêts que vous jouez ?


Géraldine : Oui, on joue déjà des nouveaux morceaux en live, on compose tout le temps, même quand on est en tournée on compose souvent, donc là on a une grande partie de l’album qui est finie, et donc on teste les morceaux en live parce qu'on aime bien avoir le ressenti, donc dès qu’on fait une chanson on aime bien la jouer en live, donc voilà, on fait tourner les nouveaux morceaux, et donc on va l’enregistrer en avril et on espère qu’il pourra sortir en septembre - octobre.


ZYVA : Et vous pensez que le public aura eu le temps de s’être fait à la première tournée, au premier CD ?


Jules : Oui, on voit déjà, même hier y a des gens qui m’ont dit « alors c’est quand le deuxième album » et à chaque concert y a au moins cinq personnes qui nous demandent quand c’est le prochain parce qu'ils ont vu sur le blog qu’il était en préparation. C’est des gens qui ont déjà écouté l’album depuis octobre, du coup quand tu écoutes déjà un album pendant trois quatre mois, naturellement s'ils voient qu’on a déjà composé d’autres chansons ils ont envie de les écouter.

C’est vrai que c’est pas tellement commun, je pense qu’en France il y a une habitude, les groupes prennent à chaque fois deux ans, trois ans entre leurs albums. Après, nous, on a toujours admiré l’aspect qui est de composer tout le temps et de pas forcément penser le truc en terme de plan de carrière en se disant « on en fait un tous les trois ans pour être bien attendu » et tout. Donc quand on a des trucs à dire, on a envie de les dire direct aux gens, et moi j’aimerais bien qu’un groupe que j’écoute sorte des trucs régulièrement, c’est un truc qui nous plaît.

Les Beatles parfois sortaient deux disques par an et ça posait de problème à personne, ils ont fait des super disques comme ça. C’est sur qu’après si t’as pas l’inspiration ça peut valoir le coup d’attendre, peut-être que pour le troisième album on aura envie de se poser mais là si on attend encore un an on va en faire trente de plus et ce sera moins spontané que ce qu’on a là, ce qu’on est maintenant.

Géraldine : C’est vrai qu’il y a beaucoup de groupes qui se prennent la tête un petit peu, pour leur deuxième album, les gens ils vont attendre etc, alors que là on réfléchit pas du tout, on fait les chansons qu’on a envie, on les teste en live, on les enregistre comme ça, ça permet d’être plus frais je pense.

Jules : Oui et ça permet de pas avoir de regrets aussi, là ce qu’on est en ce moment c’est ces chansons, on va les graver sur un CD comme une photo un peu, ça va sortir ça plaît, ça plaît pas et puis le troisième pareil, au moins y a pas de prise de tête.


ZYVA : Et puis vous faites de la musique aussi pour vous dans un sens, c’est spontané. Et les thèmes de votre musique d’ailleurs, pour ceux qui ne parlent pas forcément bien anglais, vous avez des sujets qui reviennent fréquemment ? Qui écrit pour commencer ?


Géraldine : La majorité c’est moi, et il nous arrive d’écrire des chansons avec Adrien.

Adrien : Oui on aime bien écrire ensemble aussi, parce qu'on voit les choses un peu de la même manière.

Géraldine : Oui, on aime bien que ce soit des trucs un peu imaginaires…

Adrien : Oui que ce soit un peu en rapport à l’inconscient, un peu des pensées abstraites. C’est pas mal sur des sentiments assez directs qui sortent comme ça donc ça donne des paroles parfois un peu barrées.

Ce ne sont pas des histoires du genre « j’étais à l’arrêt de bus, etc… »

Géraldine : Oui c’est vraiment sur un instant, et y a même des chansons où y a un bout que j’ai fait un moment, un bout que j’ai fait à un autre, ça parle pas forcément de la même chose mais c’est un sentiment qui se rejoint sur cette musique.


ZYVA : Oui évidemment, les thèmes mûrissent avec vous.


Jules : Après oui, pour les thèmes c’est vrai qu’en regardant le premier album, ça parlait souvent d’amour, enfin de relations.

Géraldine : Mais après en même temps comme c’est un album qu’on a fait sur très longtemps, puisque y avait des chansons qu’on avait faites un an, un an et demie avant de les enregistrer et en fait si on compte quand j’avais écrit « Do you like boys » j’avais 16 ans et maintenant j’en ai 21 donc forcément entre temps les thèmes auront évolués.

Jules : Oui c’est vrai que le thème du dernier album c’est plus angoissé que le premier.

Géraldine : C’est pas forcément plus angoissé, parce que le premier il l’était peut-être aussi mais c’est peut-être moins direct, plus imagé et un peu plus « profond » pour lâcher des mots (rires).

Jules : Les paroles sont quand même plus tristes dans le deuxième que dans le premier…


ZYVA : Et justement on parlait de « Do you like boys » et même si c’est une chanson que Géraldine a écrite à 16 ans, vous l’avez remise sur votre album, est ce que c’est parce que même si elle a été écrite il y a longtemps ça correspondait encore à ce que vous faites aujourd’hui ou est ce que c’est parce que c’est une des chansons les plus connue ?


Géraldine : Ben c’est aussi pour les gens, pour qu’ils puissent l’avoir parce que c’est la chanson bon, pas qui nous a lancés mais qui a rassemblé pas mal de public, et c’est vrai que tous ces gens là qui attendaient notre album ben si on la mettait pas dessus…ils allaient peut être être déçus, et ensuite c’est quand même une chanson dont on est fier même si on l’a faite y a longtemps, et qu’on assume totalement, on la joue encore même maintenant.

Jules : C’est la première chanson qui a un peu défini notre style, avant celle-là on tâtonnait un peu. C’est sur celle-là qu’on a pris cette direction là, ce style de riffs de guitares, ce style de voix, ce style de rythmique.

Même pour nous, quand on l’a faite, on a vraiment senti qu’on avait passé un cap et c’était important pour nous de la mettre dans l’album, de graver ça et que ça reste comme un point de départ, parce que les choses qu’on fait aujourd’hui sont quand même très différentes de « Do you like boys » donc c’était important qu’elle soit dans l’album.


ZYVA : Oui je comprends tout à fait. Avant la question finale qu’on pose à chaque fois, ce soir vous attendez du monde un peu ?


Jules : Alors le truc chiant, c’est que la place est à 21 euros.

Géraldine : Et nous on trouve ça un peu cher, on a une politique qui est de toujours faire que ce soit pas cher notre musique, donc par exemple on a tout fait pour que l’album soit le moins cher possible, et donc du coup en prix vert il est à 9,99 euros et même au maximum où il peut être vendu je crois que c’est aux alentours de 12 euros. On essaye toujours de faire en sorte que ce soit pas cher et accessible, parce que nous on a été frustrés par des milliers de CD, on arrivait on voyait 22 euros on faisait « arggh » et on allait le télécharger et voilà, et là on est vraiment déçus.

Jules : Oui là ce soir c’est 21 euros, alors que normalement les prix des places pour nos concerts tournent entre 12 et 16 euros maximum. Là le 21 euros nous a fait un peu mal parce que c’est super cher.

Géraldine : C’est vrai que c’est un prix que même nous on hésiterait à mettre pour des groupes énormes !


ZYVA : Et qui fixe les prix dans ces cas là ?


Adrien : C’est la salle, le promoteur local, mais on ne peut pas leur en vouloir parce que plus la salle est petite plus ils sont obligés de mettre le prix de la place cher parce qu’il y a moins de chance qu’ils rentabilisent leur investissement en fait. Là c’est une salle plutôt petite, ils sont un peu obligés de mettre 21 euros pour rentrer dans leurs frais, ils sont déjà super cool de nous programmer, ils prennent déjà un risque en faisant ça donc bon.


ZYVA : Bon après vous êtes pas non plus n’importe qui…


Adrien : Oui mais après on n’est pas les BB Brunes, on ramène pas des milliers de personnes, y a un peu ce coté indépendant, un peu obscur qui fait que forcément c’est plus risqué pour eux. Donc on leur jette pas la pierre du tout, on est super contents d’être là.

Jules : C’est vrai qu’en plus sur les prix là on a essayé d’en parler mais on n’a rien pu changer donc on est un peu déçu surtout dans une ville comme Lyon où on a beaucoup joué, où on aime quand même beaucoup le public. À chaque fois qu’on vient, c’est sympa et tout, c’est chiant de savoir que y a peut-être cinquante personnes qui viendront pas parce qu'ils avaient pas la thune.


ZYVA : On transmettra le message en tout cas, pour qu’ils sachent que c’était pas volontaire si ça a pu décourager certains fans, mais je pense que les fans de base seront là de toute façon !


Géraldine : Oui tout à fait, mais c’est vrai que y a des gens qui auraient pu nous découvrir etc…


Titre d’un artiste ou d'un groupe qui pourrait représenter votre musique :


Television - Marquee Moon


Grâce aux notes ils essayent d’atteindre une émotion particulière, c’est ce qu’on recherche, et ils enregistrent leurs albums tous ensemble comme nous sur le premier album et ce sera pareil pour le prochain.

 

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