BURIDANE
L'ayant découverte l'année lors de la conférence de presse du festival les Chants de Mars, Buridane a gravit petit à petit les marches et a fait mûrir son projet musical. Toujours la tignasse blonde ébouriffée, la demoiselle enchaîne les dates depuis son passage aux Francofolies cet été et conquit peu à peu son public. Rencontre donc avec elle au Ninkasi Kao à Gerland.
ZYVA : Nous, on t'a découvert pendant la conférence de presse de Chants de Mars l'année dernière, c'était pas mal du tout ! Depuis je pense qu'il a dû se passer pas mal de choses pour toi, et ce soir, tu te retrouves au Ninkasi Kao, pour une soirée un peu spéciale, raconte-nous un peu. Ce sont les organisateurs qui sont venus vers toi pour cet événement ou au contraire c'est toi qui es venu vers eux ?
Buridane : Bah tu sais, moi, j'ai un tourneur et il ne me contacte pas directement...
ZYVA : Même pour une cause comme celle-là ?
Buridane : Non, non !
ZYVA : En gros, tu n'as pas ton mot à dire ?
Buridane : Bah non... enfin si j'ai le droit de dire oui ou non, si je veux participer ou pas, mais je ne suis pas en contact direct avec les gens qui organisent ça.
ZYVA : Et tu te sens investie par cette date-là, malgré le fait que tu n'ais pas de contact direct avec les organisateurs ?
Buridane : Oui, bien sûr, d'autant plus qu'il y a deux trois chansons, qui vont bien dans la thématique. Et puis je suis une femme, donc oui forcément je me sens investie. Ça me touche !
ZYVA : Et on a vu que tu étais en train de préparer ton album, ça en est où ?
Buridane : Alors attends, parce que là on va sortir un deuxième maxi en décembre, en attendant l'album en fait. C'est surtout un outil pour continuer à démarcher les salles, à faire développer le projet, pour vendre sur les concerts car il y a de la demande et comme le précédent maxi est épuisé, on sort du coup un nouveau maxi. Je dis souvent que c'est une sorte de polaroid car le premier maxi, c'était guitare-voix, et c'était à l'image en 2008 de ce que j'étais sur scène, et du coup, c'était important de réactualiser le truc...
ZYVA : Ce n'est plus le cas ?
Buridane : Bah on est deux ! Si tu nous a vus en mars, tu as dû voir qu'il y avait Francis avec moi !
ZYVA : Ok, je pensais qu'il t'accompagnait juste comme ça, occasionnellement !
Buridane : Alors en fait, Francis m'a rejoint en janvier-février, et en mars quand vous nous aviez vus, c'était notre premier concert en fait ! On a beaucoup beaucoup bossé depuis, et il est mon partenaire de scène. On fait toutes les dates ensemble... voilà ! J'ai fait une digression ! Je ne sais plus ce que je disais...
ZYVA : L'album !
Buridane : Oui, donc voilà, on sort un cinq titres pour montrer où on va maintenant avec Buridane, car aujourd'hui y'a un peu de guitare électrique dans Buridane par exemple. Et du coup, oui, on commence à réfléchir à l'album... dans un an sûrement.
ZYVA : Et Francis, il rentre dans la phase de composition où tu t'en occupes toute seule ?
Buridane : Non, en fait, il rentre plutôt dans la partie arrangement. Moi, je fais comme depuis le début, texte et musique et après on travaille ensemble les arrangements.
ZYVA : Et au final, le fait de ne pas avoir eu d'album, ça ne t'a pas empêché de caler des tonnes de dates et partout en France !
Buridane : Non, non c'est vrai. Aujourd'hui, c'est un projet qui se développe grâce à la scène, et moins forcément par le cd. C'est un peu le cas d'ailleurs pour beaucoup de gens aujourd'hui, je pense. Puis il y a eu les Francofolies cet été, qui a quand même favorisé le développement du projet.
ZYVA : T'arrives à toucher les radios aussi ?
Buridane : Pas les radios nationales ! On a fait radio Néo, le radio sur Paris, et on était en haut du top pendant plusieurs semaines, et puis des radios locales surtout.
ZYVA : Vous n'avez pas encore tapé à des portes comme le Mouv', ou autres ?
Buridane : Je pense que ça, ça se fait étape par étape. Tu ne peux pas te permettre de donner un titre que tu ne penses pas réellement abouti à une grosse radio comme ça.
ZYVA : Tu ne penses pas que tu as un titre qui se dégage des autres et qui pourrait donner la « couleur » Buridane ?
Buridane : Si si carrément, mais je pense qu'on a entrepris un développement qui n'est pas forcément lent mais qui prend son temps, et donc être sur le Mouv' par exemple aujourd'hui, ça n'aurait pas forcément du sens, dans six mois peut être !
ZYVA : Et tu as réussi à aller plus loin que les limites du territoire français ? A exporter ta musique ?
Buridane : L'année dernière, on avait réussi à toucher la radio Suisse Romande...
ZYVA : Couleur 3 !
Buridane : Oui, c'est ça ! Mais on n'a pas fait de concert là-bas. Par contre, on sort de France, au mois de février et on va jouer à Dwala en Afrique... au Cameroun ! (Rires)
ZYVA : C'est cool ça, comment ça se fait ?
Buridane : Y'a un festival de chansons féminines françaises qui se déroulent là-bas et du coup, on part trois quatre jours en Afrique cet hiver ! (Rires) Ça va être une bonne expérience !
ZYVA : Oui j'en suis sûr ! Et puis il y a le Printemps de Bourges aussi ! C'est moins exotique mais c'est important !
Buridane : Oui enfin, c'est pas sûr encore, on fait les présélections ce week end ! C'est bizarre ! Enfin, non c'est pas bizarre, c'est surprenant parce qu'il n'y a pas beaucoup de projets chanson qui sont sélectionnés. D'ailleurs aujourd'hui il n'y a que des groupes électro, des groupes euh... du coup...
ZYVA : Ces dernières années, il y a quand même eu Koumekiam, Karimouche... qui sont des projets un peu chanson non ? Les textes sont mis en avant...
Buridane : Disons que j'y crois un peu moins, car on dira que c'est plus underground que les Francofolies mais si les Francos... euh je suis en train de dire n'importe quoi ! (Rires) Les Francos disons que c'est un festival aussi important que Bourges mais qui sont totalement différentes au niveau de la programmation, de l'ambiance... donc si on y va, je trouverais ça hyper cool ! (Rires)
ZYVA : Là par contre, tu ne penses pas que c'est un peu tôt ? (Rires)
Buridane : Je pense que c'est le bon timing ! (Rires) Et puis ce n'est pas une fin en soit le Printemps de Bourges, après il y encore tout un chemin à faire !
ZYVA : Tu mets en avant pas mal d'influences très diverses (Arno, Why?, Adrienne Pauly, Feist, Koumekiam, Syd Matters, The Do, Mathieu Boogaerts, CocoRosie, PJ Harvey, Cat Power, Gotan Project...) sur ton myspace, aujourd'hui, encore tu as quelques artistes comme ça qui te plaisent vraiment ?
Buridane : Oui carrément ! J'ai découvert Babx dernièrement. C'est un type qui a fait son album pratiquement de A à Z. C'est très bien écrit. Je trouve que c'est très différent de ce qu'on entend actuellement, et j'ai découvert, bien après tout le monde, cette année, Archive ! Il était temps ! (Rires)
ZYVA : Mieux vaut tard que jamais comme on dit ! (Rires)
Buridane : Ouais ! (Rires) Et je commence vraiment à être intéressé par une certaine partie de l'electro, on va dire.
ZYVA : Tu les a vus dernièrement à Lyon au Transbordeur ?
Buridane : Non, mais je compte y aller en début d'année, je crois qu'il repasse ! Et oui, c'est quelque chose qui fait son chemin dans ma tête.
ZYVA : Tu parles des nappes musicales qui accompagnent Archive par exemple ?
Buridane : Oui des nappes, des ambiances, et aussi de la rythmique, du groove qui est derrière. Sinon, dans un univers totalement différent, j'ai découvert cette année, le rappeur Orelsan ! J'ai découvert son album il y a peu de temps et y'a surtout deux morceaux qui m'ont bien plu : Le changement, et La peur de l'échec ! Je trouve ça mortel ! J'adore le phrasé du rap en fait.
ZYVA : Tu vas te faire taper sur les doigts, tu sais ?
Buridane : Ah bon ? Pourquoi ?
ZYVA : Il a fait partie cette année des artistes infréquentables, attention !! (Rires)
Buridane : Ah oui surtout ce soir !! (Rires)
ZYVA : (Rires) En tout cas, c'est cool que tu sois passée outre le lynchage médiatique qu'il a subi, et que tu es allée voir par toi-même.
Buridane : Oui, c'est vrai qu'on a dit beaucoup de choses sur lui alors que la chanson qui lui a porté préjudice n'était pas sur son album et qu'il ne la jouait pas sur scène... Ça reste que du rap ! Enfin c'est un milieu, un univers où c'est violent et dès fois, effectivement, il y a du 27ème degré.
ZYVA : C'est le seul type de rap que tu peux écouter où il y en a d'autres ?
Buridane : En fait, je ne suis pas très calée en rap donc... sinon j'aime bien Koumekiam, je trouve que des fois, il rappe et ça j'adore. Du coup, il m'a fait découvrir la Rumeur que j'aime pas mal aussi. Il y a un artiste aussi que j'aime déjà depuis plus longtemps qui s'appelle Batlik, je te le conseille, car il a vraiment un phrasé qui groove. Il a le rythme des mots, et je pense que j'ai une forte de paternité avec le rap car mes phrases ont un rythme, un certain flow comme ils disent.
Titre d'un artiste ou d'un groupe qui pourrait représenter ta musique :
Orelsan - La peur de l'échec
Pour ce qu'il raconte dans sa chanson et pour le phrasé, la façon de poser les mots.


