AZRAEL
Cachez Les Schtroumpfs, Azraël débarque ! Ok désolé je ne la referai plus.
Azraël n'est donc pas seulement un prénom de chat belge, c'est aussi un groupe, et lyonnais qui est plus est. Après l'arrêt du groupe de rock XX Mariani (et on ne le répétera jamais assez : c'est vraiment dommage !!), Victor et Olivier, respectivement chanteur et batteur du groupe se concentre sur un projet encore assez rock flirtant avec le métal, aux sonorités sombres et industrielles mêlées à une ambiance poétique très prononcé. Rencontre à la sortie de leur concert au Marché Gare.
Olivier : Il paraîtrait que Mike Patton aurait entendu notre E.P. et qu'il aurait apprécié. Apparemment, Ipecac (label dont Mike Patton est le copropriétaire et cofondateur) recherche un groupe pour son catalogue électro-rock, mais la distrib' ne se fera pas tout de suite aux États-Unis, mais plutôt en Europe dans un premier temps...
Victor : Quoi ?? Qu’est-ce que tu racontes ?
Olivier : Je parlais d'Ipecac, le label de Patton qui serait sûrement intéressé par nous...
Victor : Putain, je leur ai dit qu'on ne parlait pas de bite, couille ou autres dans Azraël ! Je leur disais qu'on était moins cons que quand on était dans XX Mariani !! (Rires)
ZYVA : Vous savez que tout ce qui est enregistré est retranscrit à l'identique !
Olivier : ZYVA, c'est vraiment des gros connards ! On les déteste ! Ils sont moches !
ZYVA : Ok !! (Rires) En tout cas, ce soir, c'était vraiment bien ! On voit vraiment l'évolution depuis qu'on vous avait vu au Bar des Capuçins à Lyon, il y a quelques mois.
Victor : C'est cool ! C'est vrai qu'on a des nouveaux morceaux maintenant. Pierre (Vjay) a vachement avancé sur la partie vidéo...
ZYVA : Et là, vous sortez de résidence au Marché Gare, c'est ça ?
Victor : Oui, on a passé trois jours ici...disons avec 2 jours de travail vraiment ! C'est cool car on a bien pu travailler la vidéo, par contre pour moi, j'étais vraiment mort après ça.
ZYVA : Et cette configuration là, avec les écrans de télé, c'est venu avec la résidence ?
Victor : Non, ça, on l'avait déjà ! C'est venu pratiquement tout de suite, car quand tu joues dans des petits bars, ou salles, généralement c'est bas de plafond, donc pour que les gens voient mieux la vidéo, on avait mis ça.
ZYVA : Et donc la vidéo, c'est toi qui gère, Pierre ? Comment ça se passe ? Tu soumets tes idées au groupe ou vous travaillez tous ensemble ?
Pierre : À la base, on a commencé à bosser ensemble depuis un an maintenant. On s'est posé autour d'une bière, et je leur ai posé pleins de questions sur ce qu'ils véhiculaient dans leur musique, qu'est-ce qu'ils voulaient raconter ? Alors ils m'ont sorti pleins de trucs bourrés de pathos, de psychologie,... et je me suis dit : « Comment je vais faire ?! » (Rires) Donc l'idée, ça a été de partir sur ce petit conte. Du coup, pendant un mois, j'ai cogité, j'ai fait des dessins, puis je suis revenu les voir, et voilà ! Et depuis, petit à petit, à chaque fois qu'ils font un nouveau morceau, ils me l'envoient, et je travaille dessus. J'essaye de savoir où le morceau se placera, car il y a une chronologie dans la narration, et du coup, quand ils changent le set, ils foutent tout en l'air et il faut que je recommence ! (Rires)
Victor : Après, dans l'idée aussi, on s'était dit que de partir de la vidéo pour faire des morceaux, ça pourrait le faire aussi, mais on n'en est pas encore là.
ZYVA : Et ce thème de l'enfance, c'est venu du fait que vous avez eu une enfance difficile ?
Pierre : C'est vraiment venu du fait qu'on ait une musique super industrielle, avec une couche poétique qui est vraiment présente, et moi, j'avais pas envie de renforcer l'univers déjà sombre d'Azrael. Je voulais plus faire sortir ce côté poétique avec ce thème de l'enfance...d'où les gamins, ces êtres un peu bizarres, ces chenilles, mouches volantes,...
Victor : Oui, puis même sans parler d'enfance difficile...enfin pas plus que n'importe qui, le monde de l'enfance, on est tous à fond dedans : les contes, les trucs féériques, les trucs d’Alice aux Pays des Merveilles, les ambiances un petit peu « Tim Burtonesque ». Ça nous inspire beaucoup et c'est un truc dans lequel on se rejoint tous, donc c'est un truc qu'on a fait naturellement.
ZYVA : Et c'est pas trop dur à vendre comme concept ? Oui, parce que vous êtes peut-être trop indus pour un public rock, et inversement ?
Victor : Oui, c'est vrai, on a du mal à cibler un public défini. On ne touche pas un public métal, un public pop,...après, on ne cherche rien du tout. On ne voulait pas se mettre en marge, et on a plusieurs influences dans lesquelles les gens peuvent se reconnaître, et donc accessibles. On ne voit pas du tout ça comme un truc intello, on fait un truc qu'on aime, et j'ose espérer que cela peut toucher des gens. On verra bien.
ZYVA : Et l'album, dans tout ça ?
Victor : Et bien, ça y'est, on va s'y mettre ! On a déjà fait un 4 titres, parce qu'on n’avait que 4 titres, mais maintenant, ça y'est, on peut faire un album entier.
Pierre : Objectif précis : Printemps 2010 ! Ce ne sera pas seulement un cd, il y a aura aussi un dvd, où on retrouvera aussi l'ambiance que l'on a sur scène.
ZYVA : Ce qui est énorme sur scène, c'est qu'on a vraiment l'impression que tout le monde a sa place, et Azrael forme vraiment un collectif de personnes qui ne se marchent pas dessus. Vous avez, en l'absence d'album pour l'instant, une grosse carte à jouer grâce à votre live !
Victor : Oui, on a vraiment la volonté de faire beaucoup de dates et de développer cet univers à chaud. On a tellement été éblouis par ce qu'on a pu voir sur scène avec d'autres d'artistes comme Tool, Pink Floyd,...et donc c'est ce qu'on a envie de faire avec nos petits moyens et sans prétention.
ZYVA : Et les trucs avec lesquels Valentin (synthé & co) joue sur scène, c'est quoi exactement?
Victor : Alors ça, c'est la particularité de Valentin, c'est notre petit geek à nous. Il a inventé plein de trucs. Alors ça, c'est le coup de « boule-val ». C'est une planche en métal qui est reliée à son ordinateur, il met des gros coups de boules dedans, et ça fait du son. Il a aussi un gant avec des capteurs de flexions et de mouvements, donc quand il bouge son coude, quand il bouge son pouce,... ça fait des sons car ils sont reliés à des synthétiseurs.
ZYVA : Et il a aussi une sorte de tige sur laquelle il joue, non ?
Victor : Ça, en fait, c'est une latte de lit avec deux capteurs : un de pression, un de mouvement. Il y a un capteur qui fait que, quand il se déplace de droite à gauche, ça change de paramètre, et un de pression qui fait que, quand tu appuie fort ou doucement, ça change le son. Voilà, il fabrique tout lui-même, c'est sa spécialité !
ZYVA : C'est vraiment énorme ! Sinon, vous allez encore chez les disquaires acheter des cds ou pas ? Qu'est-ce qui vous a bien plu ces derniers temps ?
Victor : Moi, dernièrement, c'est Modern Guilt de Beck, c'est plus tout jeune, mais ça m'a vraiment bien scotché.
Olivier : Moi, j'ai pas trop pris de claque récemment, mais autrement non, je ne vais plus chez les disquaires car généralement j'achète des trucs qui ne sont pas distribués...
Victor : Oui, sinon autrement moi, c'est MGMT et Justice ! (Rires) Si, ça m'a troué le cul !
Titre d'un artiste ou d'un groupe qui pourrait vous représenter, vous ou votre musique :
Nine Inch Nails - Right Where It Belongs


