POOR BOY
C'est au détour d'une scène découverte des Transmusicales de Rennes que nous tombons sur Poor Boy, dont le nom décrit bien l'ambiance de sa musique : mélancolique, mais sans pour autant être dépourvue de caractère. Et le breton a bien conquis le public, puisque c'est après une file de journalistes que nous pouvons enfin le coincer pour une petite discussion.
ZYVA : C'est la folie aujourd'hui pour toi ! Apparemment, beaucoup de monde souhaite te rencontrer !
Poor Boy : Oui, mais là, ça va mieux. Vous êtes les derniers, je crois. C'est le jeu de toute façon, et puis tant que tout le monde est sympa, il n'y a pas de problème.
ZYVA : Ça s'est bien passé sur scène pour toi tout à l'heure ?
Poor Boy : Oui, très bien ! Début de concert difficile, dû à une montée de stress juste avant... C'est comme ça, ça ne se contrôle pas ! Puis après, ça a été très bien. On s'est amusé. D'ailleurs, c'est l'essentiel sur scène. On est là pour s'amuser. Pourtant, le milieu d'après-midi comme ça pour un concert, c'est pas facile, c'est inhabituel, malgré ça il y avait du monde. C'est super bien quand ça se passe comme ça.
ZYVA : Comment ça se passe pour toi la suite après les Transmusicales ?
Poor Boy : J'ai quelques scènes prévues dans les prochains jours, mais c'est assez compliqué car la semaine prochaine, je déménage de ma Bretagne natale pour aller vivre à Bruxelles.
ZYVA : Pourquoi ?
Poor Boy : Un choix de vie, et aussi parce que c'est plus facile de s'y produire. Moi, je suis à Morlaix, et c'est quand même très excentré comme endroit. Pour bouger, c'est tout de suite plus difficile. Et depuis que je sais que je pars à Bruxelles, y'a que des dates en Bretagne. (Rires) J'avais rien, et puis là... Mais c'est bien, c'est des bonnes salles : la Carène à Brest, le festival les Hivernautes à Quimper en février,... et sinon demain je fais mes adieux à la France, dans la ville où j'habite en ce moment qui s'appelle Roscoff, la ville du Brittany Ferries, ferry qui va jusqu'à Plymouth, avec des potes pour faire la fête ! Voilà, il y a quelques dates comme ça qui se dessinent, même si ça reste grand-ouest. Après il y en a d'autres, mais c'est assez compliqué, comme à Paris par exemple, où certains proposent des plans à 150 euros... bah non désolé. On est 4, 150 euros c'est à peine le trajet en train, donc...Nous, maintenant, on joue que dans des conditions normales, même si on peut s'arranger bien sûr selon les conditions... mais les salles parisiennes qui te proposent des plans comme ça, non merci ! Au début, t'es flatté, normal, d'ailleurs ils jouent sur ça, sur l'affectif, et puis derrière, tu as rien.
ZYVA : C'est pour ça la Belgique ?
Poor Boy : Oui, entre autres, et puis je suis super fan de la scène là-bas, même si les derniers trucs, je connais moins bien. Je suis resté sur Ghinzu dernièrement. Ah si, y'a aussi My Little Cheap Dictaphone, je sais pas si vous connaissez ?
ZYVA : Non !
Poor Boy : C'est super bien, c'est un peu dans le même esprit que ce que l'on fait. Et puis dEUS, bien sûr !
ZYVA : Et Soldout ?
Poor Boy : Non, je ne connais pas.
ZYVA : Ils ont fait la première partie de Ghinzu cette année. Après, c'est dans un registre plus électro.
Poor Boy : Ok, et puis la Belgique c'est aussi un choix de vie !
ZYVA : Ah bon, pourquoi ? Tu kiffes les frites, c'est ça ? (Rires)
Poor Boy : (Rires) Oui, exact, c'est ça ! Oui, en plus, ma mère m'a offert une vraie friteuse pour mon anniversaire. Les Belges, ils vont pleurer !! (Rires) Donc, si la musique ça ne marche pas, on fera une friterie à Bruxelles, plutôt qu'une crêperie pour un breton ! (Rires)
ZYVA : Et ça fait combien de temps que tu as commencé ?
Poor Boy : Au niveau des concerts, parce qu'un projet ne débute que quand il est exposé aux autres, c'est 2004 pour un festival à Morlaix qui s'appelait Panorama. A cette époque, je ne faisais pas beaucoup de lives et j'avais une équipe très réduite. Pour les compos, ça fait 10 ans... Quand j'étais étudiant et que je n'allais pas en cours.
ZYVA : Toujours en anglais ?
Poor Boy : Oui, toujours en anglais ! D'une, je n'écoute pas beaucoup de choses en français, et de deux, je trouve que ce n'est pas bien ce que je fais en français ! (Rires) Au début, ce n'était pas très heureux, l'accent et tout ça, et puis avec beaucoup de conseils et un peu de voyages, en Irlande notamment, j'ai pu m'améliorer. Donc oui, que de l'anglais, ou alors du « yaourt anglophone » ! (Rires) D'ailleurs, le premier morceau aujourd'hui, c'était du gros yaourt...à part peut-être le refrain. (Rires)
ZYVA : Et d'ailleurs, qu’est-ce que tu évoques dans tes chansons ?
Poor Boy : Beaucoup de thèmes très personnels : l'angoisse, la détresse, les faillites, et des choses plus gaies aussi, comme l'amour ! La vie en fait. La vie sous toutes ses facettes, au niveau personnel, au niveau du cœur, en gros. Et il y a aussi des textes plus globaux, plus politiques, comme Not My Caesar, un pamphlet anti...mais comment s'appelle t'il déjà ? (Rires) D'ailleurs, cette chanson a été écrite rapidement le 8 mai 2007 ! C'est bon pour l'inspiration, et très mauvais pour le reste. (Rires)
ZYVA : Il y a quelque chose de très années 90 dans ta musique, comment t'expliques ça ?
Poor Boy : Oui, c'est vrai, vous n'êtes pas les premiers à me dire ça. Ce n'est pas voulu. Bon, c'est vrai que quand j'ai commencé à écouter de la musique, c'était dans les années 90, j'ai 32 ans. J'étais un grand fan de Morphine, de Beck, d'Eels, entre autres...
ZYVA : Et ça s'entend beaucoup !
Poor Boy : C'est vrai ? Bah, c'est sûr que j'ai du mal à me reconnaître dans la scène des années 2000. C'est sûr que la musique de Poor Boy, c'est pas la musique du moment; c'est pas du disco-rock ! Quoi que...
ZYVA : C'est peut-être la musique de demain ?
Poor Boy : Eh ouais !! Les Nineties vont revenir en 2010 !
ZYVA : Qui sait ?!
Poor Boy : Oh non, au secours ! Les Smashing Pumpkins, Garbage, tout ça ! « I'm only happy when it's rains » (il commence à chanter) On en rigolait de ça, justement, il n'y a pas longtemps. On se remémorait toutes les grosses merdes des années 90, que tout le monde adorait. Moi j'avoue, j'écoutais Garbage !
ZYVA : Ce ne sont plus des trucs que tu écoutes maintenant ?
Poor Boy : Non non ! J'écoute pas mal de chouettes projets français qui ne sont pas assez mis en avant, comme Jerry, Angil qui est de St-Etienne, Deschannel,... vous ne connaissez pas ? Il faut que vous alliez écouter. C'est des projets qui devraient être aux Transmusicales cette année par rapport à d'autres groupes ici, je pense ! C'est mon avis, après je ne suis pas programmateur. Y'a vraiment des trucs bien dans la scène française aujourd'hui. Y'a Sébastien Schuller par exemple. Disons que je préfère ça à certains projets américains ou anglais, par exemple.
Titre d'un artiste ou d'un groupe qui pourrait représenter ta musique :
Beck - Asshole


