PORCUPINE TREE
Suite une tournée Américaine qui s’est déroulée à guichet fermé, l’arbre à porc-épic prend racine au Transbordeur. Porcupine Tree fractionne son concert : une première partie dédiée à leur nouvel album « The Incident » sorti en septembre dernier, puis une seconde partie plus rétro. Quelques minutes avant le concert de Porcupine Tree au Transbordeur, Colin Edwin (bassiste) présent au sein du groupe depuis sa création (1993), nous reçoit dans sa loge.
ZYVA : Merci pour ton temps, tu peux te présenter ?
Colin Edwin : Je suis le bassiste de Porcupine Tree et on existe depuis 1993, on est à la fin de notre tournée Européenne, on a commencé en Septembre dernier aux USA.
ZYVA : Merci pour ton temps, tu peux te présenter ?
Colin Edwin : Je suis le bassiste de Porcupine Tree et on existe depuis 1993, on est à la fin de notre tournée européenne, on a commencé en Septembre dernier aux USA.
ZYVA : Et alors, comment était la tournée ?
Colin Edwin : Très bien, ça s'est vraiment bien passé ! On a fait les USA pendant un mois et il nous reste une semaine et demie pour faire des dates en Angleterre, en Allemagne et au Luxembourg aussi.
ZYVA : Vous avez des jours de repos ?
Colin Edwin : Pas tellement, on a eu une journée de libre en Suisse l'autre jour.
ZYVA : Vous avez visité un peu ?
Colin Edwin : Je n'y ai jamais été en tant que touriste, c'était la première fois.
ZYVA : (rires) Tu y as apprécié le chocolat ?
Colin Edwin : ben oui ! Je suis allé me balader en ville surtout, c'est une petite ville qui s'appelle Baden, c'était bien ! On a eu des journées de libre dans différents endroits, parfois on se retrouve sur un parking au milieu de nulle part et d’autres fois c'est dans une ville, ça c'est vraiment agréable et là c'était une des meilleures !
ZYVA : A propos de ce soir, il y a déjà des gens qui attendent devant la salle... Ils vous attendent ...
Colin Edwin : Ah déjà ? C’est bon signe ! On a déjà joué ici, deux fois, mais pas depuis des années, je crois qu'on avait joué dans la petite salle devant... Je crois que c'était il y a neuf ans et une autre fois il y a sept ans. On avait déjà une journée libre sur Lyon, mais ça fait un bail qu'on n’est pas venus ! On ne joue pas tellement en France en fait...
ZYVA : Pourquoi ?
Colin Edwin : Je ne sais pas, on se débrouille plutôt bien à Paris, il y a toujours une bonne foule, mais en dehors de Paris c'est plus petit et plus dur...
ZYVA : En général, les groupes vont directement dans le Sud. Ils ne restent pas vraiment à Lyon...
Colin Edwin : Je ne sais pas, en tout cas jouer ici c'est sympa et en France en général, les concerts sont toujours bon et l'audience est bonne aussi... et la nourriture aussi (rires) et le vin bien sûr ! Il faudrait qu'on parle à notre tourneur pour revenir plus souvent !
ZYVA : (rires) Ça serait bien ! À propos de la musique, ça faisait longtemps que vous jouiez, on appelle toujours votre musique « progressive » ?
Colin Edwin : Ouais ouais...
ZYVA : « progressif » c'est un peu dur à ...
Colin Edwin : ... définir ! (rires) Je pense que le mot a une légère différente connotation en France qu'en Angleterre, pour moi, enfin... quand on nous décrivait, il y a quelques années, de groupe de « Rock Progressif », ça m'ennuyait un peu. Il y avait un côté « rétro », les gens qui se disaient « progressifs », ils se comparaient à un âge d'or des années 70, qui n'a sûrement pas existé en plus. C'est presque une sorte de « tribute »... et c'est pour cette raison que je n’aimais pas trop quand on nous décrivait ainsi...
Je ne crois pas que ça ait le même sens ici... Maintenant en Angleterre ce n'est plus tellement un sale mot. Il y a des gens qui n'ont plus peur de l'utiliser. C'est peut-être plus intéressant maintenant, on pense moins aux années 70. Ça ne m'embête plus maintenant, je suis ok avec ça.
Mais on s'est senti un peu comme ça, on était toujours accroché à des choses auxquelles on ne voulait pas être associé avec. Et ça c'est une chose, une fois que l’on t’a enfermé dans une case, quand on te catégorise, c'est très dur d'en sortir. C'est assez frustrant, mais bon, on s'en est libéré maintenant.
ZYVA : Dans un sens on peut parler de différents groupes qui semblent être progressifs mais qui font vraiment de la musique différente...
Colin Edwin : Ouais, toute l'industrie de la musique a changé, maintenant ce qui importe c'est de jouer live! Et c'est une grosse partie de l’industrie. Tu vois, ce genre de produits manufacturés sont de moins en moins importants, bien sûr il aura toujours sa place et sera toujours là. Il y a beaucoup plus de crédibilité pour les gens qui peuvent jouer Live et partir en tournée, et je pense qu'on récolte les bénéfices de notre expérience, en un sens, mais on ne vend plus d'album. (rires)
ZYVA : Oui vous avez quand même eu un peu d'expérience de tout ça ?
Colin Edwin : Oui, tu sais c'est bizarre, le téléchargement et la culture Internet changent tout...
ZYVA : Ouais, il y a mois, on parlait avec Marillion, et ils nous ont raconté qu'ils étaient les premiers à faire une page Web pour que les fans financent leur tournée américaine.
Colin Edwin : Ouais ça c’est cool, je sais qu'il y a beaucoup de monde qui connaissent Porcupine Tree grâce à Internet, et ils ne le connaîtraient pas autrement. Il y a une chose qui m'embête aussi, surtout en Amérique, c'est que des gens viennent te voir et disent « oh génial, j'ai téléchargé l'album l'autre jour... » donc a priori gratuitement ! Super, et je me disais « Ah pourquoi, il me dit ça en pleine figure ? » mais d'un autre côté, je me dis que le mec est venu au concert, il a acheté son ticket, il va sûrement acheter un T-shirt. Il y a toujours quelqu'un qui est là et qui est vraiment dedans...
ZYVA : ... Qui vient avec des amis.
Colin Edwin : Exactement, et ça aide vraiment à diffuser les mots bien plus que n'importe quoi d'autre. On n’a jamais eu beaucoup de médias, de Tv, et de presse plus particulièrement, donc ça a vraiment fait une différence pour nous, et on ne serait jamais allé aussi loin qu’où nous sommes aujourd'hui sans Internet. Et le truc du téléchargement a vraiment affecté tout le monde, les maisons de disques disparaissent... c'est comme ça que les choses se passent et tu ne peux pas faire grand chose.
ZYVA : Et c'est pour ça que vous tournez autant ?
Colin Edwin : Non, pas vraiment, deux choses l'une, on voulait vraiment tourner plus mais au début on n’avait pas forcément les bonnes ressources pour le faire, alors maintenant on peut aller et venir dans pleins d'endroits même des lieux comme Mexico. On est allé en Russie pour la première fois l'an dernier, en Australie... toutes sortes de lieux pour lesquels on ne savait même pas qu'on avait un public, donc on est international maintenant. (rires) On a même joué devant 2 000 sièges dans des endroits où on n’était jamais venu auparavant. Donc c'est vraiment génial. On a toujours été intéressé de rencontrer des nouvelles personnes.
ZYVA : C'est génial que vous soyez reconnus pour ce que vous faites et pas forcément connus particulièrement...
Colin Edwin : Je pense que c'était comme un culte pendant un moment, on avait cette sorte de public Hardcore et qui s'est étendu bien au delà, et on a tourné pendant si longtemps... Je pense qu'on est venu il y a dix ans, ça devait être en 2000 je pense... je me souviens qu'on était venu avec un « splitter » bus, mais il était tombé en panne et il a fallu qu'on conduise jusqu'à Lyon avec notre roady qui conduisait la voiture et les instruments dans un autre camion, je me souviens de ça. (rires) Je crois que quelqu'un avait mis du sans plomb dans un bus diesel (rires)
ZYVA : ohhh (rires) Ok ! Merci.
Titre d'un artiste qui pourrait vous représentez vous ou votre musique :
Led Zeppelin - Stairway to heaven
Le début est très calme et puis ça se construit vers quelque chose. Ça a sa propre vibration, son propre monde, j'aime penser que le meilleur de Porcupine Tree est quelque chose d'unique. Stairway to heaven, oublie la musique et les quatre gars qui jouent et tout... ce morceau est un monde complet !






