DAN BLACK

Interview de DAN BLACK
Date : 25/11/2009
Lieu : Marché Gare
Par : HMK, Mélo

Rencontre, dans les loges du Marché gare, avec Dan Black, Ex-leader de The Servant.

ZYVA : Tu préfères qu’on parle en anglais ou en français ?

Dan Black :
(hésitant) Pfouu on peut essayer en français…mais je vais dire « heu je comprends pas » ou peut-être que c’est vous qui allez dire « je comprends pas » (rires).

ZYVA : (rires)Mais si tu vas t’en tirer ! Il y a beaucoup de choses qui ont changées depuis qu’on s’est vu la dernière fois, maintenant tu es sous ton nom ?

D.B :
Ouais exact.

ZYVA : Avant tu apparaissais avec The Servant, ça fait combien de temps déjà ?

D.B :
Depuis que j’ai fini avec The Servant ? Deux ans.

ZYVA : Ah quand même ! On a difficilement de recul en fait parce qu’on entend encore un peu The Servant en radio,  et on s’en rend pas forcément compte que ça fait deux ans.

D.B :
C’est à la fin de l’été 2007.

ZYVA : D’accord . Et on te retrouve avec un autre projet qui est très différent finalement ?

D.B :
Différent de The Servant à la fin mais The Servant au début c’est un peu similaire.

ZYVA : Oui, à l’époque de Mathematics (1999) et tout ça…

D.B :
En fait c’était moi avec un ordinateur et avec un peu la même inspiration, hip-hop, électronique, musique de cinéma, des choses comme ça.
En fait,  peut-être que maintenant j’ai juste pris l’expérience, plus d’idées, j’espère ; quand j’étais jeune j’avais vraiment un désir de faire des choses créatives mais à la fin, j’avais pas beaucoup de choses à dire.
Donc tu sais, après beaucoup de choses horribles (rires) j’ai réussi à créer à peu près.

ZYVA : (rires) Et donc maintenant tu travailles comment, seul ?

D.B :
Seul. En fait tu sais, le nom de l’album c’est Un et en fait, ouais, j’étais complètement seul.

ZYVA : Ok, pour la créa' c’est complètement toi. Et par contre sur scène… ?

D.B :
Malheureusement il faut que je prenne euh… (rire : le bassiste du groupe passe juste derrière nous et Dan le désigne de la tête) des autres .(l’air innocent au bassiste) Oh ? nothing…
Non, avant j’avais plus de musiciens, avant cette tournée en Angleterre, mais maintenant je veux faire quelque chose de plus efficace, avant je chantais juste sur scène mais maintenant je joue, vous allez voir, j’ai deux ordinateurs, des choses avec la lumière !  kchi ! (il fait un bruit du style le laser de Dark Vador). Et donc deux autres musiciens.

ZYVA : Ok !

D.B :
Oui un anglais et un français en fait.

ZYVA : Comment ça se fait ?

D.B :
Le bassiste, c’est un ami de Paris…

ZYVA : Oui, parce que tu vis à Paris maintenant !  Ça fait longtemps ?

D.B :
Oui exact, ça fait un an, un an et demi.

ZYVA : Ah c’est récent en fait, on pensait plus.
  D.B : J’ai pas passé beaucoup de temps à Paris, mais officiellement c’est la que je vis.

 

ZYVA : Donc tu découvres un peu ce que c’est que de vivre en France.

 D.B : C’est dur ! Parce que j’ai l’impression tout le temps que je suis un touriste, j’ai pas commencé à trouver les choses trop familières encore. C’est bizarre, les choses entre Paris et la France étaient un peu bizarres parce que au début j’étais parti, heu tu sais, quand j’ai pris l’Eurostar vers Paris, j’étais parti de chez moi, un jour, soudain et maintenant chez moi c’est là.

ZYVA : C’est toi seul qui a pris la décision de partir à Paris ?

D.B :
Hum… ouais, ouais !

ZYVA : Et pourquoi Paris ? Tu y étais déjà venu ?

D.B :
Parce que oui, je suis venu de plus en plus et en fait, j’ai l’impression que c’est Paris qui m’a choisi moi, donc j’accepte, il faut que je vive là ! (rires)

ZYVA : Et justement, tu disais que tu crées tout, à partir de l’ordinateur et c’est pas plus compliqué finalement ?

D.B :
(hésitant) Oui, mais pour moi, j’ai pas de différence entre… pour les chansons c’est toutes les choses, c’est pas juste les paroles ou juste les sons pour les voix, ou juste… Tu sais pour moi l’importance entre le petit détail ou le grand show c’est la même chose.

(Le bassiste du groupe passe derrière nous et rigole en entendant Dan répondre)

ZYVA : (rires) Je vois qu’on se moque derrière !

D.B :
Ouais !

(Le bassiste hoche la tête dès que Dan le regarde, d’un air entendu)


ZYVA : En tout cas c’est réussi

D.B :
Oui donc pour moi, je suis un peu fou, et je veux, j’adore toujours les détails,  c’est intéressant pour moi.

ZYVA : Oui et on a pas été surpris de retrouver IAMX sur ta page Myspace, dans tes amis il me semble ?

D.B :
IAMX ? Oui, oui quelque fois oui, Chris (Corner) .

ZYVA : On a eu l’occasion de rencontrer Chris il y a quelques temps aussi, donc vous travaillez toujours ensemble ?

D.B :
Pas encore non, on a parlé de ça tu sais, souvent, bourrés dans un hôtel souvent on se dit « we should do something » (on devrait faire quelque chose) mais jamais on ne fait ça (rires) …Avant on a fait ça ouais.

ZYVA : Ah bon, on croyait que vous travailliez encore ensemble sur ce projet là aussi !

D.B :
Non, avant quand il était dans Sneaker Pimps, avec le premier disque de The Servant c’était avec son album en Angleterre, qui s’appelait Splinter, mais ça fait longtemps.

ZYVA : En France, il y a quand même eu un gros retour sur « Yours » , gros gros retour même…

D.B :
Cool !

ZYVA : Et on se demandait comment ça avait fonctionné pour toi, la distribution de l’album en Europe, un peu partout ?

D.B :
Donc, j’ai signé en Angleterre, après The Servant, parcequ’avec The Servant j’ai pas eu beaucoup de succès en Angleterre, j’ai dis « ok, c’est la dernière fois que je vais essayer de tuer les anglais avec quelque chose de différent » .
Donc au début j’ai signé le premier contrat avec Universal en Angleterre, ça , c’est pour le mondial, mais avec eux je peux choisir les boîtes dans chaque pays si ils sont d’accord. En fait en France, heureusement j’ai l’impression de travailler avec la même boîte, les mêmes gens avec qui je travaillais pour The Servant, en fait avant c’était Recall, ça a changé mais gardé le même chef et fait une maison de disque qui s’appelle The Hours, mais c’est dans Universal donc tac tac, c’est cool parce qu’on se connaît bien, on peut commander directement, un simple « ok on y va », il ne faut pas leur expliquer ou réexpliquer ma vision ou des choses comme ça…

ZYVA : Et en France, on a vu qu’il y avait quelques dates encore, elles sont annoncées, t’en as peut-être quelques autres qui ne sont pas annoncées sur ton Myspace ?

D.B :
Eh ben demain par exemple, on va jouer à Strasbourg, on a un concert à Paris le 17 Décembre je crois, et après ça normalement il y a une tournée en avril, un plus grand tour.

ZYVA : Ah en avril vous revenez ? Comment ça se fait que vous reveniez deux fois, là c’était une petite tournée pour vous échauffer ?

D.B :
Non mais en fait on a fait des choses avec Les Inrocks et après on s’est dit ok, pourquoi pas on fait quelques dates en plus, mais c’est juste pour le délire.

ZYVA : Ok, au moins tu poses les bases pour Avril. Et les Inrocks ça s’est bien passé ?

D.B :
Oui, oui on a joué dans des villes un peu bizarres, à Tourcoing ? bizarre ! (rires) mais oui, c’était cool ça faisait longtemps que j’avais pas joué en France depuis The Servant, donc je n’avais pas d’attente, je ne savais pas qui allait venir en France, mais pour l’instant ça marche bien oui, c’est cool. Parce que c’est un peu différent donc j’avais un peu peur qu’on dise « ah non, c’est pas comme The Servant » !  

ZYVA : Oui, la différence de style. Et tu penses que tu as des fans de The Servant qui t’ont suivi ?

D.B :
Je crois, je crois, mais maintenant c’est vrai que c’est rare que les gens disent « j’aime juste le rock » ou…

ZYVA : Oui, les gens sont plus ouverts à différents styles. Et en plus ça a le mérite d’être bien fait, donc y a de fortes chances que les gens qui aimaient The Servant se disent « ben tiens, je vais découvrir, voir ce que c’est ».
Et on a vu aussi que tu reprenais des samples hip-hop dans tes nouvelles musiques, il paraît que tu as des petits problèmes à cause de ça ?

D.B :
Oui, avec Symphonies, c’est une longue histoire, mais au début j’ai utilisé les paroles de Hypnotise, une chanson de Notorious Big, et on a pensé, c’est cool pour les droits, mais littéralement, le soir avant le shooting pour le clip on a reçu un appel des « estates » (propriétaires des droits), c’est à dire que Notorious Big il est mort mais heu…

ZYVA : Oui, les personnes qui s’occupent de ses droits en fait.

D.B :
Voilà, qui nous ont dit : « Non, tu peux pas , vous n’avez pas le droit d’utiliser ça » donc c’était chiant, donc immédiatement je me suis dit « ok , c’est ma musique donc je vais enregistrer des paroles écrites par moi et enregistrer encore » donc voilà, ça, ça a été un vrai cauchemar . J’ai pensé « oh fuckers » …

ZYVA : Oui tu m’étonnes ! Et finalement le clip il va se faire ?

D.B :
Maintenant qu’on a changé, oui, c’est un clip avec beaucoup de trucs de cinéma.

ZYVA : Ah oui, finalement tu l’as fait le clip ! Effectivement ! On avait aussi pensé à la batterie…

D.B :
Oui, tout à fait la batterie, parce que en fait au début de l’album , j’ai fait beaucoup d’expériences, j’ai fais des chansons où je prends des samples, et en fait j’adore ça, j’adore ça, est ce qu’il y a la possibilité que les deux marchent bien ensemble, avec des paroles tout ça.
Parce que normalement on fait une chanson, avec l’inspiration, mais là j’ai pensé non, je veux voir vraiment si ça marche ensemble, et en fait j’en ai fait plusieurs comme ça, et après j’ai trouvé que deux ou trois rendaient plus juste, rendaient quelque chose vraiment.
Et donc Symphonies j’ai pris la batterie de Umbrella (Rihanna) et le thème d’un film des années 80 qui s’appelle Starman et à la fin, je pensais que ça allait être dur à cause des droits pour le beat de Rihanna mais en fait c’est quelque chose de gratuit, sur Garage Band (logiciel sur macintosh) donc ! D’ailleurs j’ai ça ici peut-être…

(Il regarde sur son ordinateur et cherche le sample pour nous le faire écouter et il nous donne la référence)

ZYVA : D’accord ! Donc tu l’as pris, tu as coupé la fin et tu l’as mis en boucle, énorme ! Mais au moins là dessus on peut rien te demander, pour ça t’es tranquille.

D.B :
Ouais, exactement !

ZYVA : Ce soir, tu sais un peu à quoi t’attendre, tu sais s’il y a des pré-ventes déjà ?

D.B :
Normalement je crois, j’espère !

Titre d'une chanson d'un artiste qui pourrait te représenter toi ou ta musique :

John Lee Hooker -Dimples


D.B :
Il n’y en a pas mais, s’il y avait un alien, un extra-terrestre qui arriverait et qui me dirait « ok expliquez moi sa chanson »… mais ok, pour le jeu, je dis heu… Dimples by John Lee Hooker.


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