BILLY TALENT
Rencontrés à Rock En Seine avant leur passage sur scène, les Canadiens de Billy Talent étaient prêts à en découdre avec le public du festival ! Détendus et turbulents, ils ont l’air à peine fatigués après une tournée d’été bien remplie et un passage la veille au mythique Reading Festival. Après un démontage en règle des frères Gallagher, ils nous font partager quelques anecdotes croustillantes, démontent un mythe du rock… sans oublier de parler musique !
Billy Talent : Ça va ? (En français)
ZYVA : Ça va ! Vous parlez français ?
Billy Talent : Mal mais j'essaye ! Asseyez vous, relax !
ZYVA : Vous avez aimé Oasis hier ?
Billy Talent : (Rires) J’ai entendu dire qu’ils se sont battus à coups de poings dans leur loge avant de monter sur scène. Apparemment c'est déjà sur You Tube !
ZYVA : Ah Bon ?!
Billy Talent : Ouais, je me demande si leur mère leur a déjà passé un coup de fil genre « les garçons arrêtez vos conneries ! » (Rires)
ZYVA : Première fois à Paris pour vous ?
Billy Talent : Non, en fait c’est la cinquième fois. La première fois c’était au Batofar, une vraie tuerie. On a fait le Château Montmartre aussi...
ZYVA : Mais première fois à Rock En Seine.
Billy Talent : Oui, c’est superbe. On en avait fait un autre comme ça, dans les bois, une espèce de parc d’attractions. Plutôt cool.
ZYVA : Et hier, vous étiez à Reading.
Billy Talent : Reading, ouais, c’était génial. Vraiment très fun ! C’était bizarre, vu qu’on jouait en face de Faith No More et Kings Of Leon (Rires) On était un peu nerveux de monter sur scène en face des deux plus gros groupes du moment ! Mais on s’en est sorti, super show.
ZYVA : Vous êtes arrivés à Paris il y a longtemps ?
Billy Talent : Il y a quatre heures.
ZYVA : Pas le temps de faire du shopping alors !
Billy Talent : (Rires) On aurait bien aimé ! Surtout à Paris !
ZYVA : Certains groupes ont du mal à nommer leurs albums, on dirait que vous avez trouvé la solution ! (Les albums de Billy Talent sont numérotés)
Billy Talent : (Rires) On n’a jamais essayé de trouver de vrais titres ! On s’est dit, 3 ça fait trilogie, alors pourquoi pas. Après, pour être honnête on n’y a pas vraiment pensé, on s’est juste dit « c’est le troisième album, on l’appelle 3, rien à battre ! » On est trop fainéants pour être créatifs avec le titre de nos albums. On est juste des idiots de Canadiens (rires). On laisse la musique parler pour le disque.
ZYVA : Si vous deviez décrire votre dernier album en quelques mots ?
Billy Talent : Incroyable !
ZYVA : On a dit en quelques mots !
Billy Talent : Vraiment, vraiment incroyable ! (Rires) On en est très fiers ! Je peux dire que c’est notre meilleur jusqu’à présent, il reflète bien où on en est dans notre maturité. Et c’est le genre de son qu’on a toujours voulu. Et maintenant on a la chance de pouvoir jouer nos chansons live, c’est le moment de les faire découvrir au public. On a joué deux inédits à Reading, c’était fun, vraiment fun.
ZYVA : Vous avez une préférence entre l’enregistrement, l’écriture et le live ?
Billy Talent : J’aime enregistrer, on adore jouer live !
ZYVA : J’imagine que c’est très différent pour vous entre un festival et votre propre concert, il y en a un que vous préférez ?
Billy Talent : Le truc le mieux quand tu joues ton propre show, c’est que tout le monde connaît tes chansons et que les gens viennent te voir toi. Le public est souvent plus agréable et interactif. Mais dans les festivals t’as une foule immense et c’est fun aussi. C’est plus un challenge en fait, vu que t’essayes de gagner de nouveaux fans, tu t’adresses à ceux qui existent et à beaucoup de fans potentiels.
ZYVA : Et niveau trac, avec votre expérience vous devez gérer !
Billy Talent : C’est toujours dans le fond de notre tête. Le disque, c’est une version, le live ajoute une personnalité. C’est excitant de voir la direction que ça va prendre.
ZYVA : Niveau influences vous pensez à qui ou à quoi au moment de l’écriture ?
Billy Talent : Tout ! La vie, les gens, les humains, les amis, les bons mots, les bons sons… ça vient de partout !
ZYVA : On a remarqué que vous êtes membres de la Canadian Recording Industry Association, vous pouvez nous en parler ?
Billy Talent : Ha ouais…c’est le truc pour le téléchargement ? En fait, je ne sais même pas pourquoi on est dedans ! (Rires) C’est un peu pour protester contre le fait qu’une gamine de 14 ans puisse se prendre un procès et 200 000 dollars d’amende pour avoir téléchargé quatre chansons. On considère que télécharger c’est… vous savez, l’industrie de la musique est baisée, y’a pas d’autres mots, et tu ne peux pas contrôler les gosses. On n’approuve pas, parce qu’on essaye de gagner notre vie, mais tu ne peux pas isoler quelques individus et leur faire porter le chapeau. Et les labels sont responsables aussi : ils auraient dû prendre les devants dans le monde digital bien avant que tout ça arrive, ils auraient dû se protéger. Donc ouais, on fait partie de ce truc !
ZYVA : Pour vous c’est quoi la meilleure partie d’un live ?
Billy Talent : J’aime le moment, être là, impliqué. La nuit dernière, c’était vraiment spécial. On était dans les tentes, on allait monter sur scène et la foule s’est mise à crier « fuck Kings Of Leon » encore et encore et encore ! (Rires) Et ça a tourné en espèce de Jam Session entre nous qui jouions et le public qui gueulait sur Kings Of Leon. Maintenant tout le monde va penser qu’on a quelque chose contre eux ! Mais vraiment pas, on est fan ! Et d’ailleurs j’ai dis « Ecoutez, c’est pas très gentil ! Si vous le sentez comme ça, très bien mais vous ne nous représentez pas ! »
ZYVA : Il y a quelque chose en particulier qu’un fan a fait qui vous a marqué, un truc fou ou con ?
Billy Talent : Y’avait ce gosse qui a retiré son œil de son orbite, un œil de verre hein, en plein concert… (Rires) Il était debout au premier rang et entre deux chansons il a enlevé son œil, il était genre « tiens, prends le ! »…wow.
ZYVA : Content de faire un festival en France ?
Billy Talent : Carrément, on espère que ça plaira ! On vient, on joue, ça plaît tant mieux, ça plaît pas, allez vous faire foutre ! (Rires)
ZYVA : Est-ce qu’il y a un artiste avec lequel vous aimeriez collaborer ?
Billy Talent : On a fait un truc avec Anti Flag l’an passé, c’était plutôt fun. Ils sont venus jouer sur scène avec nous hier soir, plutôt sympa. Ce n’est pas vraiment un truc qu’on recherche, quand c’est spontané c’est le mieux.
ZYVA : Vous faites quoi après vos concerts en général ?
Billy Talent : On se fait tendrement l’amour les uns les autres. (Rires). Non, on parle du live, juste nous, notre crew et parfois un autre groupe qu’on connaît, c’est tout. On est très chiants ! On ne connaît pas beaucoup d’autres groupes ici, aucun en fait (Rires). On va boire tout seuls. Mais c’est ça qui est cool, dans les festivals on découvre aussi.
ZYVA : Vous avez des exigences particulières pour ou après le concert ?
Billy Talent : De l’eau, de l’eau, de l’eau, de la crème solaire, de la bière, des serviettes, du savon pour la douche qu’on n’a jamais ! Et du PQ ouais ! Hier à Reading c’était recherché, tout le monde en demandait en loge. J’ai vu un mec se trimballer avec un rouleau attaché à une ficelle autour de son cou, je le surnommais Nuque Merdeuse (rires).
ZYVA : Et alors les fameuses groupies, mythe ou réalité ?
Billy Talent : C’est un mythe ! Vraiment, ça n’arrive plus. Peut-être qu’à la fin des années 90 c’était encore la réalité, mais c’est carrément fini ! A notre époque c’est politiquement incorrect de se conduire comme ça, certains groupes sont toujours dans ce trip, mais on n’est pas dans ce registre là ! C’est juste un mythe !
Titre d’un artiste ou d'un groupe qui pourrait représenter vous ou votre musique :
Fugazi - Waiting Room


