BATES MOTEL
La mèche rebelle, le pantalon près du corps et le col en V, les quatre jeunes hommes du groupe de Rock, Bates Motel, arrivent. Ces quatre potes âgés de 19 à 21 ans squattent sans vergogne les scènes lyonnaises et avec leur premier EP en poche, espèrent bien voir plus loin. Mais en attendant, ils misent le plus gros de leur carrière … sur leurs études. Aucun ne se voit lâcher sa carrière professionnelle pour vivre de la musique.
ZYVA : Pour commencer, d’où vient votre nom ?
Alan : D’un de mes films préférés, que Cyril aime beaucoup et les autres … je sais pas. C’est à dire Psychose, d’Alfred Hitchcock. Le motel dans lequel se passe toute l’intrigue est celui de Norman Bates et il s’appelle donc le Bates motel.
ZYVA : Mais pourquoi avoir choisi de s’appeler comme un motel ?
Thomas : Déjà, ça sonne bien !
Alan : Euh … ouais ! Référence à Tokyo Hotel aussi ! (Rires) Nan c’est surtout par rapport à tout l’univers qu’il y a autour, cette sorte de schizophrénie, qu’on retrouve d’ailleurs un peu dans nos textes et une certaine ambiguïté aussi parfois. C’est surtout l’univers du film entier en fait …
Thomas : C’est surtout une référence au cinéma d’Hitchcock qui nous intéresse.
ZYVA : Et qu’est-ce qui vous plaît tant dans ce cinéma-là ?
Cyril : Déjà c’est l’univers du personnage que j’aime beaucoup. Celui qui me vient à l’esprit c’est « Fenêtre sur cour » que j’aime vraiment beaucoup.
Alan : Il fait semblant d’être cultivé ! (Rires)
Cyril. : C’est vraiment un univers de film qui me tient vraiment à cœur. Au départ, faut savoir que j’étais pas tout de suite dans le groupe et ils avaient déjà choisi ce nom-là. J’suis arrivé et j’leur ai dit : « Faut qu’on choisisse un autre nom vu que j’étais pas là avant ! ». Et après avoir fait le tour de la question, on s’est rendu compte que c’était pas mal.
ZYVA : Comment est né le groupe ? Qui était là à la base ?
Clément : C’était moi le premier à la base …
ZYVA : Tu faisais un groupe à toi tout seul ? La classe ! (Rires)
Clément : Nan mais au départ j’étais avec un ami de ma classe. Et ensuite y’a Allan qui était dans le même lycée que nous, qui a commencé à venir en tant qu’ingénieur du son.
Alan : Un terme pompeux pour dire que je ne faisais rien ! (Rires)
Clément : Ensuite il s’est mis à vouloir faire du piano dans le groupe, alors il s’est mis à faire des sonorités, qui servait à rien, qui étaient juste en fond derrière … (Rires) Après, il a commencé à se mettre à la guitare. Assez tard quand même ! Finalement il a progressé ultra rapidement. Après on s’est dit que ce serait bien d’avoir un bassiste, donc après avoir fait tournée pas mal de bassistes différents, on est tombés sur internet sur Thomas.
Thomas : D’ailleurs, la première fois vous m’avez fait peur, hein ! J’étais pas resté !
Clément : On a commencé par faire une répèt’ ensemble. Lors de cette première répèt’ il s’est avéré que le guitariste qui était mon ami n’était pas vraiment au niveau. Finalement, il nous a lâché, vu qu’il faisait vraiment que pour déconner. Nous on s’est dit qu’on pouvait ptèt faire quelque chose de sympa avec tout ça. Après j’ai commencé à connaître Cyril en soirées, par le biais d’amis. Dans un narguilé, il a commencé à me dire qu’il chantait dans un groupe. J’lui ai dit qu’on cherchait un chanteur et que ça pouvait être sympa de tester. On a fait une première répèt’ … Même pas ! On a fait un premier concert !
Cyril : Parce qu’il faut dire que quand j’ai dit que j’avais un groupe, c’était une coïncidence. On a commencé à parler musique et je leur ai dit que j’avais un groupe, alors qu’on faisait un concert tous les 36 du mois et des répèt’ à peu près à la même échéance. Du coup, on a fait une première répèt avec Clément, Allan et moi qui s’était plutôt très bien passée. Après, on a eu l’excellente idée de faire un concert caritatif et Thomas est venu à ce concert, mais je l’ai pas rencontré. On n’avait pas arrêté et du coup c’était … une insulte musicale ! On peut le dire ! On était chacun dans une tonalité différente à chaque chanson.
A. : Vous allez vraiment écrire tout ça ?
ZYVA : Oui !
Alan : Ben vous avez pas fini hein !
Clément : Après, on a commencé à faire des répèt et on était vraiment tous dans la même ambiance ! Au départ, c’est vraiment allé très vite au niveau des compositions. Vu qu’on s’entendait quand même bien, ça a suivi son chemin.
ZYVA : Qui compose d’ailleurs ?
Thomas : C’est toujours une grande question ! Ça dépend des morceaux … Mais c’est vrai qu’au début, c’était souvent Allan. Il trouvait quelques riffs à la guitare et après on se retrouvait en répèt pour arranger les morceaux.
Alan : Après je donnais aussi des idées de chant à améliorer, notamment par Cyril. Ce qui a donné nos premiers morceaux type Satisfy me.
Cyril : Mais aujourd’hui, on part d’un riff trouvé et on brode tous autour. C’est-à-dire qu’on essaye plein plein de choses chacun de notre côté et on dit ce qui nous plaît, ce qui ne nous plaît pas. Une fois qu’on s’est mis d’accord sur l’idée du morceau, on le fait tourner, on le fait tourner jusqu’à avoir un résultat final.
Clément : Au départ, c’était vraiment trouver un riff, Cyril Ça lait un chant et Thomas et moi on s’occupait de la partie rythmique. Maintenant, on essaye de faire les choses un peu ensemble.
Alan : Là on est plus cohérent.
Thomas : D’ailleurs, ça se sent que c’est beaucoup moins Blues.
ZYVA : Mais comment vous vous organisez par rapport aux cours ? Comment vous arrivez à vous dégager du temps ?
Thomas : C’est une bonne question ça !
Clément : Alors, bizarrement, ce qui est assez étonnant, c’est qu’en faisant très peu de répèt’, d’ailleurs, souvent on fait plus de concerts que de répèt’, on arrive quand même à se retrouver à peu près. C’est vrai que depuis quelques mois on n’a pas énormément composé, donc à force de rejouer à chaque fois les mêmes compos, on a l’habitude.
ZYVA : Et pour les paroles, ça se passe comment ?
Alan : Ça dépend. Parfois c’est un travail en commun, parfois c’est l’un de nous deux (ndlr : Cyril ou lui) qui écrit. Au départ, c’est moi qui arrivait avec des textes tout fait, une idée de chant, quelques riffs et après on s’arrangeait autour de ça. Au fur et à mesure, on s’est portés vers quelque chose de plus cohérent ; chacun apporte ce qu’il a à apporter.
Cyril : AU niveau des paroles, s’il y a quelque chose que je ne sens pas, je ne le chante pas. Je préfère chercher quelque chose d’autre. Vraiment, moi j’ai besoin de le sentir !
ZYVA : J’ai vu que vous aviez notamment fait une chanson en hommage à Jack Torrance. Pourquoi ce personnage-là ? (ndlr : Jack Torrance étant le personnage principal du film Shining)
Alan : Encore quelque chose de très récurrent : les références à l’univers cinématographique. De Shining à Alfred Hitchcock, en passant par Sin City, qui à la base est un film, on a souvent un rapport au cinéma. On essaye d’avoir une musique cinématographique. Au niveau des textes, dans Jack Torrance, c’est pas vraiment fondé. Enfin si ! Enfin, j’veux dire qu’on ne raconte pas le film dans notre chanson. On s’en inspire. On en tire quelque chose d’autre parfois.
Cyril : Jack Torrance c’est le personnage de Shining de Kubrick. C’est un personnage fascinant, déjà dans le livre, mais aussi dans l’interprétation de Jack Nicholson. C’est vraiment un personnage intéressant.
Alan : C’est plus par rapport au film quand même.
ZYVA : Donc vous avez autant d’influences musicales les que cinématographiques, en fait…
Thomas : Ben ça dépend !
Cyril : Pour Allan et moi, peut-être. Même si pour moi, la musique c’est quand même vachement, vachement important !
Clément : Pour la musique, ce qui est sûr, c’est qu’on écoute tous des styles de musique différents. J’sais que du côté … Enfin, j’veux pas parler pour toi, Cyril, mais t’es quand même un gros fana des Beatles !
Cyril : Ouééé !!! J’suis plutôt rock, des années 50 à aujourd’hui.
Thomas : C’est vrai qu’au début, toi (ndlr : Clément), t’es plutôt Jazz, moi plutôt Funk, lui (ndlr : Cyril) Rock et Allan, plutôt Blues.
Cyril : C’est vrai qu’au début, c’était hyper difficile de trouver un point où on soit tous d’accord. Parce qu’on est tous vraiment, vraiment, différent !
Clément : Moi à la batterie, à la base, c’était vraiment sur du Jazz ou du Funk que je me faisais vraiment plaisir. Au départ, le but c’est de se faire plaisir. On a vite vu que si on veut garder ça et être cohérent, fallait qu’on se dirige vers un univers plutôt Rock. Faut faire quelques concessions et se mettre dans le sens du groupe, et non pas uniquement, dans son sens personnel !
Alan : C’est un peu ce qu’on fait plein de grands groupes : tirer quelque chose de nouveau, bon à la base, eux, c’était plutôt du Blues. Mais c’est se dire, j’vais prendre un peu de Blues, un peu de Folk, du Jazz et du Funk… On a de grosses influences, enfin j’parle pour moi, Classique, Electro, Hip-hop. Clément écoute énormément d’Electro. Ça se ressent pas au final, mais y’a toujours…
Cyril : (lui coupant la parole) Voilà ! On peut aussi bien être influencé par Outkast, que Daft Punk ou les Stones, que plein d’autres quoi !
Cyril : Ouais !
ZYVA : Mais pourquoi n’écrire qu’en anglais ?
Thomas : Déjà Allan est Anglais ! Mais c’est une question de sonorités aussi !
Clément : Dans la langue anglaise, y’a des sonorités qu’on n’a pas forcément dans la langue française. Nous, par rapport à tout l’univers que l’on recherchait, c’est vrai que les sonorités anglaises nous correspondaient plus.
Thomas : Les influences c’est vachement important aussi !
Clément : Y’a pas un groupe français qu’on a mis dans nos influences. Y’a que des groupes anglophones !
Thomas : C’est vrai que c’est plus compliqué en français aussi ! En France, les gens sont vraiment beaucoup beaucoup attachés au texte. Et c’est gênant !
Alan : Mais ça ne nous empêche pas de pousser nos textes !
ZYVA : C’est ça, rattrape-les un peu ! (rires)
Thomas : C’est vrai que c’est un critère qui est aussi important que la musique, presque.
Cyril : Ça vient plus facilement pour moi d’écrire en anglais. Même, on préfère tous écrire en anglais.
ZYVA : Est-ce que pour vous, ce serait le kiffe suprême de faire la B. O. d’un film ?
Thomas : Ça dépend du film…
Clément : Si c’est pas un film commercial. Si ça peut carrément être un film culte, c’est cool.
Thomas : Perso, même faire une merde commerciale, ça m’irait !
Cyril : Nan mais carrément ! Ce serait génial ! Ce serait l'occasion justement de tester plein plein plein d’horizons musicaux différents ! Ce serait génial !
Thomas : Pis c’est bien de se baser sur un film pour essayer de trouver une musique.
Cyril : Ouais, ce serait un truc génial à faire !
Alan : Ça dépend aussi, si c’est filer une de nos musiques pour un film ou faire une musique spécialement pour un film. J’pense à Johnny Greenwoods qui a fait … euh … euh … Comment il s’appelle ? …Je ne sais plus ! … Bon, vous changerez ça dans l’interview par le nom correct, hein ! (rires) Qui est parti dans un trip totalement différent de ce qu’il fait avec son groupe, Radiohead. Ça dépend donc de quel type de musique on parle !
Thomas : En fait, pour recadrer le truc, c’étaient des votes sur internet pour gagner un tremplin au marché de la mode Vintage, à Lyon. Un évènement qui rassemble plus de 30 000 personnes sur deux jours. On a été élu par les internautes pour y jouer. Y’avait cinq groupes là-bas. On a gagné le tremplin au marché, contre les cinq autres groupes. Ce qui nous a permis de jouer le soir même à la Marquise.
Alan : La consécration ! (rires)
Cyril : C’était vraiment une expérience inoubliable ! (rires) On a joué avec des groupes qu’on apprécie vraiment.
Alan : On a découvert avec un groupe qu’on ne connaissait pas, Ça r ils ne sont pas le « microcosme lyonnais ».
Thomas : Ils viennent de Tarare !
Alan : Ils ont bien envoyé ! C’était l’occasion de faire autre chose que ce qu’on fait d’habitude, à savoir, jouer avec des groupes lyonnais.
Cyril : Et de partager la scène avec des groupes qu’on aime vraiment !
Thomas : Yeasty Kids, White Beans, Transgunner et Welling Walrus.
ZYVA : Vraiment que du local de local quoi ! C’est une fierté quand même d’avoir gagné ?
Clément : Oui. Ça nous fait de la publicité. Se dire que les gens nous ont élu par rapport aux autres, ben …
Cyril : C’est toujours gratifiant !
Thomas : Oui, faut savoir que c’était une élection par applaudimètre, après le concert.
Thomas : On a un festival en Ardèche le 25 juillet où on retrouvera les mêmes groupes qu’au tremplin et qu’à la Marquise.
Alan : Et sur notre myspace, un nouveau morceau sera mis en ligne cet été !
Thomas : Y’en a un qui est déjà mis au point, mais faudrait ptèt qu’on en trouve un deuxième à mettre en ligne.
Cyril : L’objectif sera de les enregistrer dans les mêmes conditions que celle pour l’EP. Ça c’était super bien passé !
Alan : Chez une prod’ à Saint Paul. C’est géré, plus ou moins, j’espère que je ne dis pas de connerie, par Jérémy des PM’s Better, donc le chanteur du groupe.
Thomas : Qui est en relation avec Xavier Desprat du label Honey Pie Records de Lyon.
Alan : On avait donc pu faire ça dans une bonne ambiance, dans de bonnes conditions … mis à part les moisissures ! (rires)
Cyril : Voilà, l’enregistrement s’était super bien passé. Et Xavier nous avait fait le mastering de notre EP. On aimerait donc pouvoir continuer à bosser avec ces mêmes personnes.
ZYVA : Et justement, sortir cet EP, c’était une envie ou un besoin pour pouvoir tourner davantage ?
Clément : L’envie d’avoir une base pour nos tournées, d’avoir quelque chose à envoyer à des personnes qui s’occupent d’organiser des concerts. Ça nous donne aussi une certaine visibilité.
Thomas : Ça nous permet aussi d’avoir un produit fini.
Cyril : D’avoir une concrétisation de notre boulot. Pour certaines personnes, sortir un CD veut dire qu’on est productif. Et ce que disait Clément, ça a deux utilités. Là on l’a diffusé à 1 000 exemplaires. C’est donc une possibilité d’écoute pour les gens, un moyen de nous faire connaître mais aussi un moyen de démarcher des gens, des salles de concerts, …
ZYVA : Oui, parce que là vous avez beaucoup tourné sur Lyon, mais est-ce que vous aspirez à tourner un peu plus loin ? Vous m’avez dit que vous allez aller en Ardèche, mais avez-vous d’autres projets qui ne soient pas à Lyon ?
Clément : Déjà, au niveau du Myspace, on commence à avoir des retours autres que sur Lyon. On commence à avoir envie de s’exporter dans d’autres villes.
Thomas : Comme Valence par exemple.
Thomas : Ben, parce que c’est pas très loin, qu’on peut aller y faire une date et revenir sur Lyon après.
Cyril : Ouais, voilà.
Alan : Et surtout parce qu’on nous avait dit qu’il y avait un très très bon public là-bas, très réceptif. Les Rolling Rones ont joué là-bas et nous ont dit que c’était top !
Cyril : Ouais, voilà.
Clément : Ouais, parce qu’on commence à avoir fait le tour à Lyon. On a fait beaucoup de concerts. Au niveau du public, c’est vrai qu’on a souvent les mêmes personnes qui viennent. C’est vrai que pour enchaîner quatre, cinq concerts, faut aller ailleurs.
Thomas : A la sortie de l’EP, c’est vrai qu’on a fait quatre concerts en deux mois et demi.
Clément : Cinq !
Thomas : Ouais, ‘fin beaucoup quoi ! Donc faut aller voir ailleurs quoi !
Alan : Étant donné qu’on a des retours de Marseille, de Paris et d’ailleurs, qui nous disent qu’ils seront là si on vient, ben voilà quoi …
Thomas : Ça va se faire quoi !
ZYVA : Là, vous étudiez les quatre encore, est-ce que vous seriez prêts, chacun, à lâcher vos études pour ce projet-là ?
Thomas : Wow ! Pas facile comme question !
Cyril : Assez difficile, même ! (rires)
Clément : Moi, personnellement, j’te réponds. Non ! Non, parce que le métier d’artiste c’est … ‘fin on est tous dans des projets professionnels assez concrets entre l’école d’architecture, les écoles de commerce et celle de communication. On a chacun des projets professionnels bien tracés. Pour nous, le groupe c’est avant tout de se faire plaisir et tant que ça marche, on continue. Derrière on a quand même nos études. On fait toujours en sorte de mêler les deux. On sait qu’être dans un groupe, après quand on est plus âgés, il peut y avoir plein d’évènements qui changent tout. On veut quand même garder nos études en priorité !
Thomas : Ce serait un trop grand risque !
ZYVA : Vous faites donc plus ça pour le loisir, que pour l’éventualité où ça devienne un « métier passion » ?
Thomas : Moi, je pense qu’il y aura toujours moyen d’allier les deux. Après, c’est sûr qu’on ne pourra pas tourner partout !
Clément : Jusque là, on a toujours réussi à allier les deux. Alors même si après, certains d’entre nous partiront à l’étranger pour étudier, on essaiera de se revoir. Là, on a bien vu que pour être à l’aise en concert, on n’a pas eu besoin de répéter énormément. Et que finalement, jusque là on arrive à mêler les deux. Tant que ça pourra continuer, ce sera nickel. On continuera comme ça !
Cyril : Pour moi, c’est surtout avoir une garantie. Je ferai quelque chose dans ma vie, j’aurai un projet professionnel. Même si voilà, la musique ça représente énormément dans ma vie ! C’est toujours important d’avoir une sorte de ceinture de sécurité.
Thomas : Nan, pis c’est vrai qu’on n’est pas non plus à sécher des cours pour faire des concerts !
Alan : Nan, pis John Lennon bossait dans les égouts en parallèle de sa carrière avec les Beatles ! C’est donc la preuve qu’on peut avoir un vrai métier, et faire de la musique à côté !
Clément : Jusque là, on a déjà eu des concerts qui sont tombés la veille d’un partiel, on l’a fait quand même ! Ça s’est bien passé.
Thomas : La sortie de l’EP était en plein milieu de ma semaine de partiels !
Cyril : Là, par exemple, j’suis en partiels et j’ai fait le concert samedi !
ZYVA : Oui, mais c’était un week-end ! A l’avenir, vous privilégierez plus votre travail, à la musique …
Thomas : J’ai envie qu’on s’organise pour arriver à tout faire.
Cyril : C’est sur qu’il y aura des concessions, des choix à faire.
Clément : Nous, tant qu’on arrive à se faire plaisir, à faire des dates mais sans négliger notre boulot, ce sera cool ! Là on commence à gagner un peu d’argent avec le groupe, ça commence donc à devenir intéressant à ce niveau là…
Thomas : Ça y’est ! Lui et l’argent ! (rires)
Clément : Nan, mais dans ce métier là, c’est quand même super dur de gagner sa vie. Alors si tu ne fais que ça, pour manger c’est pas simple !
ZYVA : Après, ce sera aussi à vous de vous démerder pour tourner un max et tenter de vendre des CD. D’ailleurs, votre CD est vendu où ?
Cyril : Sur le site bathasard.com. On tient à remercier Benoît, notre nounou spirituelle. C’est lui qui vend notre EP sur son site. On peut l’acheter après chacun de nos concerts. On essaie aussi de trouver d’autres points de vente, qui n’aient pas forcément de rapport à la musique. Mais un point de vente reste un point de vente.
Clément : Ça marche beaucoup par le bouche-à-oreilles, soit par des gens qui nous connaissent directement nous, soit qui connaissent nos potes. Et à chaque fin de concert, on passe dans le public pour vendre quelques CD. Mais pour l’instant ça reste surtout le bouche-à-oreilles.
Thomas : C’est très local !
ZYVA : Pour en revenir à votre choix de garder un « vrai » métier en parallèle de la musique, c’est en rapport avec vos parents ? Ce sont eux qui ne considèrent pas la musique comme un « vrai » métier ?
Thomas : Moi, à la base, je faisais des études pour être ingénieur son, donc j’avais déjà un pied dans le milieu. Mais c’est moi qui ai choisi de changer de voie, je me suis rendu compte que ce n’était pas pour moi, que c’était de pire en pire. J’me suis orienté vers le commerce, où il y a plus de débouchés.
Cyril : En général, nos parents sont vachement derrière nous. Ils nous soutiennent.
Clément : A part pour Alan, nos parents sont bien derrière nous. Ils viennent à nos concerts, ils nous aident à vendre nos EP, etc. Eux savent que si on était prêts à partir uniquement sur le groupe, ils seraient là pour nous recadrer et j’pense qu’ils auraient raison de le faire !
Cyril : J’en parlais avec ma mère y’a peu, elle me disait que pour que j’arrête les études, il fallait quand même que le groupe soit à un niveau supérieur.
Clément : Je regarde par rapport à internet, y’a des groupes qui sont montés super, super vite et nous, ça fait deux ans qu’on fait des concerts. En deux ans, on a bien investi la scène lyonnaise, alors on peut marcher ailleurs. Mais c’est sûr que par rapport à de gros groupes commerciaux, on est vachement derrière !
Thomas : En même temps, la musique qu’on fait n’est pas très commerciale !
Alan : J’pense pas que ça puisse nous nuire…
ZYVA : Mais est-ce que pour autant vous seriez prêts à faire plus de sacrifices, plus de concessions pour vendre plus de CD et être plus médiatisé ?
Thomas : On est en train.
Clément : On l’a déjà fait. On a déjà fait en sorte de moins se faire plaisir sur nos instruments personnel pour privilégier la cohésion du groupe et l’accessibilité !
Alan : On ne se vulgarise pas non plus. On garde nos influences, notamment les miennes, qui sont très peu accessibles.
Cyril : On parle d’accessible dans le sens indé. Enfin pas dans le sens Rock indé, plutôt dans le sens où on ne se donne pas de limites. Je ne dis pas qu’on fera que du Rock, que du Blues ou que du Jazz. Depuis le début, on touche à tout, mais on cherche à toujours garder une accessibilité et unicité.
Clément : Pendant un moment, on a essayé l’Electro. On aimerait pouvoir faire une reprise d’un groupe Electro qu’on aime. On n’a pas encore arrêté notre choix, même si on a plusieurs idées.
Alan : A une époque, c’était un peu pour le show time ! Le slow, l’aérodynamique, … C’était une sorte de medley qu’on remixe à la fin d’un morceau. On a eu plusieurs idées : reprendre du Justice ou du We Are Terrorists, qui est un groupe absolument génial ! Et au final, même si on aimerait le faire, c’est pas notre priorité ! Ça fait même un peu cliché de reprendre un morceau Electro !
Cyril : On touche à tout, mais on essaye de garder une unicité et une accessibilité, c’est super important. On l’avait ptèt pas forcément au départ, mais maintenant on essaye de garder cette ligne directrice.
Titre d'un artiste ou d'un groupe qui pourrait te représenter toi ou ta musique :
The White Stripes – Blue Orchid


