LA ROUX

Interview de LA ROUX
Date : 04/07/2009
Lieu : Eurockéennes de Belfort
Par : HMK

Bien qu’il soit dignement représenté par sa chanteuse, La Roux est un duo créé par Elly Jackson (la rouquine, en l’occurrence), et le co-producteur Ben Langmaid. Tout est allé très vite pour eux. Leur musique, qui est souvent évoquée par nos confrères comme un résidu des influences majeures des années 1980 (Yazoo, The Human League, Heaven 17 ou Blancmange), a commencé à se faire remarquer, suffisamment pour atterrir sur une des scènes du Festival des Eurockéennes 2009. Elly nous explique.

ZYVA : Merci pour le temps que tu nous accordes. Tu as l’air d’être assez sollicitée, il y a beaucoup de gens qui aiment ta musique et qui veulent te voir. Et puis, première fois aux Eurock...


La Roux / Elly Jackson : Oui. Première fois aux Eurockéennes, mais je connais bien la France. Ma grand-mère habitait en France, en Normandie. Elle est décédée il y a dix ans maintenant, et nous avons récupéré sa maison. Donc je viens en France chaque année depuis que je suis petite. Je me sens bien ici, j’ai l’impression d’être à la maison.


ZYVA : Ok, alors on va parler en Français ?!


Elly Jackson : Non non (rires), je parle pas en français (rires). Non, en fait je ne sais pas, puisque les français ne parlent pas souvent l’anglais.


ZYVA : C’est vrai qu’ils essaient plus qu’autre chose !


Elly Jackson : Oui, je te dis ça aussi parce que je ne pense pas que les gens font l’effort de parler la langue de l’autre quand ils vont dans leur pays. C’est mon cas, je ne peux vraiment pas parler français, même si tout le reste de ma famille parle en français aussi !


ZYVA : Ne t’inquiète pas, on ne t’en tiendra pas rigueur ! C’est allé assez vite pour vous deux, tu peux l’expliquer ?


Elly Jackson : Je ne peux pas trop l’expliquer, je pense que c’est allé vite mais je ne le ressens pas comme on peut souvent le présenter. Je veux dire que les six derniers mois ont été assez dingues, mais pour nous c’est plus une construction qui s’est établie en cinq ans. Et puis, un jour, tu te retrouves à faire un album, à te faire accoster par des labels et tout ça, tu commences à faire des dates et ça s’enchaîne très vite. Tu ne peux pas te préparer à ce genre de choses, même si tu joues pendant dix ans et que tu as l’habitude de faire de la scène depuis un moment. Quand les retours te parviennent, ils arrivent toujours très vite. Une fois que les gens te connaissent, ils te connaissent. Ce n’est plus comme avant, où il fallait plus de temps, maintenant en trois jours ton nom fait le tour de la planète. Finalement, peu importe qui tu es, ce que tu fais ou combien de temps ça va durer, une fois que ton travail est reconnu tout va très vite.


ZYVA : Ok. Et pourquoi avoir signer avec Kitsuné (NDLR : son label français), parce que tu as un rapport particulier avec la France ?


Elly Jackson : Non, ça n’a rien à voir avec le fait de connaître la France. En fait j’ai entendu parler de Kitsuné par les mêmes personnes qui m’ont introduite à la musique électronique. Je suis allée dans pas mal d’endroits, de clubs, pour voir aussi comment les choses se passent et par exemple, ED Banger, c’est souvent la même chose. Pour ce qui est de Kitsuné, c’est vraiment reconnu en Angleterre. Il se trouve aussi que la connexion s’est faite par l’intermédiaire de mon manager ? Kitsuné a travaillé avec les Klaxons et je suis avec la même boite de prod, ça a donc agrandi la famille. On a bossé avec Kitsuné mais c’était pour une petite réalisation. On n’aurait pas pu faire ça pour la sortie de l’album, même si je pense que c’est aussi bien d’avoir sorti quelque chose sur un petit label indépendant, c’est un autre angle.


ZYVA : Alors pourquoi avoir continué avec Polydor ? Il est donc possible que tu choisisses de changer de label ?


Elly Jackson : Je ne pense pas. Je pense que les gens avec qui je suis actuellement sont simplement les meilleurs au monde. Je pense qu’en ce moment, pas depuis toujours mais actuellement, Polydor est le meilleur label. Avec par exemple, EMI, c’est toujours plus compliqué, et puis ça dépend aussi du lien que tu instaures avec ces gens. Je pense que c’est eux qui m’ont le plus comprise et qui ont le mieux compris ma musique. Pour te dire, certains m’ont dit : « Ah non ! On ne devrait pas appeler ça La Roux... »... Mais va te faire foutre ! Tu dois être en mesure de savoir ce qui est bon pour ta musique et c’est le cas avec Polydor.


ZYVA : Bon, ça a l’air de commencer à marcher pour toi en France, même si ce n’est que le début...


Elly Jackson : Oh, c’est aussi le début en Angleterre, tu sais. Oui, c’est encore trop tôt, l’album est sorti il y a à peine deux semaines, même si les gens nous connaissent de nom. En fait, les gens ont commencé à entendre parler de nous en Angleterre depuis Noël dernier, donc finalement c’est il n’y a pas si longtemps que ça. « Quicksand » est sorti chez Kitsuné en Octobre et on a commencé à faire des concerts en Février 2009, donc oui, c’est allé très vite.


ZYVA : On parle souvent de la musique des années 80 pour évoquer ta musique, ça ne te gène pas trop que l’on te présente sous cet angle ?


Elly Jackson : Non, pas du tout, parce que je pense que les gens voient les années 80 partout. Je ne peux pas te dire que l’on est orienté vers un artiste ou un autre, mais la musique des années 80 est un repère comme un autre. Je ne pense pas que ça soit l’idéal pour nous décrire, c’est peut-être trop léger, ou trop caricatural. J’espère surtout que le public saura se faire sa propre idée, avec un peu de chance (rires).



Titre d’un artiste ou d’un groupe qui pourrait te représenter, toi ou ta musique :


The Knife (N’importe quel titre)

« C’est mon groupe préféré, on a beaucoup de sonorités communes et ce n’est absolument pas de la musique des années 80 ! »



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