LA CASA
Rencontre avec les deux membres fondateurs de La Casa, Pierro et Jef. Une petite discussion, histoire d'en savoir un peu plus sur le fonctionnement du groupe.
ZYVA : Merci de nous accorder un peu de votre temps, j'imagine que vous êtes contents d'être ici.
Pierro : Oui contents, parce qu'on a pas mal de festivals, de gros rendez-vous. Donc on est contents d'être là.
Journaliste 1 : Surtout que vous jouez dans un théâtre à l'italienne.
Pierro : Tout à fait et puis, la pluie aussi (rires) ! On vient de jouer à Montpellier et à Toulouse, il faisait méga beau ! Mais je crois qu'il faisait beau ici aussi. Mais le Théâtre est super joli en effet.
Jef : C'est toujours bizarre de jouer devant un public assis, c'est différent, parce qu'on est habitués à avoir un public debout. Quand tu rentres dans le concert il faut te mettre dans une autre ambiance. Il faut te dire que les gens ils peuvent bouger mais que tu ne vas pas les voir dandiner des fesses tout le temps.
ZYVA : Le but du jeu ça peut être de les faire se lever.
Jef : Ouai, mais il ne faut pas que ça devienne un challenge non plus.
Journaliste 1 : Émilie les a fait lever. (ndlr : Émilie Loizeau)
Jef : Ahhh, si Émilie les fait lever ... nous les ferons se coucher ! (rires)
Pierro : Elle les a peut-être fait s'envoler ! (rires)
ZYVA : Vous êtes chez 3ème Bureau, ils s'occupent aussi d'Orelsan, vous connaissez un petit peu ?
Jef : On l'a rencontré dans les bureaux, c'est un garçon super sympathique.
Pierro : On n'a jamais vraiment discuté avec lui, parlé musique ou autre, mais c'est vrai qu'il est plutôt gentil.
Jef : Moi j'ai écouté son album quatre, cinq fois sans problème, il a des bons petits “punch line” comme on dit.
ZYVA : Et sur la polémique qu'il y a autour de lui, tu penses que ça reste acceptable ce qu'il dit ?
Jef : Sur ce quoi il a été attaqué (ndlr : les paroles du titre “Sale pute” qui n'est pas présent sur son album), il est peut-être allé un petit peu loin, mais sur ce que moi j'entends sur l'album, il n'y a pas grand chose qui me dérange. Après, du vulgaire, il y en a bien ailleurs. Dénoncer du vulgaire chez ce mec-là, je trouve ça un peu abusé par rapport à toute la connerie que l'on nous met dans la gueule.
ZYVA : Pour revenir à votre musique, on a du mal à se rendre compte à quel point vous êtes connus ou reconnus en France.
Jef : Il y a un truc qu'on nous a dit dernièrement, c'est « Tiens, c'est les Go Go Go !! » Parce qu'en fait on nous a beaucoup connu par ce single qui passe à la radio. Au moment où le morceau passait en radio, on a bénéficié d'une grande médiatisation au niveau de ce titre-là. Mais après, on n'est pas encore identifiés, parce que c'est notre premier album.
Pierro : Tout vient en même temps. Même nous, on ne sait pas trop, parce qu'il y a des salles avec du monde, d'autres avec moins de monde. Après, on fait pas mal de concerts, la scène est un vrai truc qu'on exploite et qu'on travaille. C'est vrai que pour un premier album on est plutôt contents. Le but du jeu ça reste de continuer à bien faire notre travail et revenir ici l'année prochaine.
ZYVA : On a vu que vous aviez d'autres dates à l'étranger, au Québec notamment.
Jef : Oui, on joue dans les pays francophones : Suisse, Belgique. Du coup, on a des dates dans des gros festivals comme le Paleo. Et c'est marrant parce qu'il y a de ça quelques années, quand on essayait de se faire tourner, on envoyait des maquettes dans les gros festivals, avec les Cds, les stickers. Et là, quand on se dit toute la démarche qu'il faut avoir pour y arriver, on a mis cinq ans mais on y est.
ZYVA : Ça fait cinq ans que le groupe existe ?
Jef : Avec Pierre, ça fait 15 ans qu'on fait de la musique ensemble, 10 ans qu'on a créé notre première formation qui a évolué à travers différents styles. Et à un moment, plus personne ne se retrouvait dedans, donc on l'a splitté et avec Pierre on a créé La Casa sur les cendres de ce groupe. Au lieu de faire un groupe collectif, ou tout le monde fait le groupe, là on a décidé que c'était les idées de tous les deux qui allaient faire le groupe. Les musiciens qui nous encadrent, ils amènent leurs idées, mais ils savent que c'est nous qui ferons la ligne directrice.
ZYVA : Vous semez la graine tous les deux et ensuite vous arrosez tous ensemble.
Jef : Voilà, c'est ça, c'est beau ! (rires) Il faut les mettre, tes phrases, aussi (rires).
ZYVA : Et c'est quelque chose qui va changer sur le prochain album ?
Pierro : Je ne pense pas, non. On va vraiment rester à deux. Les autres vont nous apporter leurs compétences. Un trompettiste reste un trompettiste, je ne sais pas jouer de trompette. Pour l'instant on réfléchit au deuxième, on en est encore loin. On veut garder une main sur le projet. Plus tu mets d'idées de gens, plus tu peux perdre ton identité. On a mis tellement de temps à trouver notre identité artistique qu'on préfère rester à deux.
ZYVA : Vous restez à Bourges ce soir pour aller voir des concerts ?
Jef : Non, on prend la route, on a un hôtel à Vierzon. Le but, c'est de prendre quelques bières et de se faire un petit débriefing tous ensemble une fois arrivés à l'hôtel.
ZYVA : Vous faites un débriefing après chaque concert ?
Jef : C'est là où tu vois qu'on a une vielle histoire de groupe. Même si tous les deux on tient à tenir le groupe au niveau de l'album, sur scène tout le monde parle. On ne peut pas se permettre de laisser un trompettiste qui n'a pas kiffé son concert, il faut en parler. Sinon ça ne sert à rien qu'il reste.
Journaliste 1 : Et la formation se compose comment sur scène ?
Pierro : Tu as Jef, à la guitare électrique et aux chœurs. Moi je suis à la guitare Folk et au chant. Jef joue du clavier aussi et après il y a une basse, une batterie et deux trompettes. Mais la formation a pas mal évolué depuis le début. C'est pour ça qu'on débrife souvent pour savoir où on va. Là, le fait d'avoir une deuxième trompette en ce moment c'est... ça chauffe quoi.
Titre d’un artiste qui pourrait vous représenter vous ou votre musique :
La Mano Negra – Mala Vida


