ORELSAN
Rendez-vous 16h15 au Ninkasi Kao à Lyon. Je dois rencontrer Orelsan, le rappeur français le plus controversé de 2009, selon une partie « bien-pensante » de notre bonne vieille France, suite à une de ses chansons, « sale pute » (qui n'est sur aucun album, qu'il a faite il y a déjà quelques temps et qu'il ne joue même plus en concert), offensante et encourageant la violence envers les femmes. Laissant ces préjugés de côté, je retrouve le Caennais qui, en guise de bienvenue, m'offre une bière sur la terrasse de l'établissement.
ZYVA : Merci à toi de m'accorder un peu de ton temps aujourd'hui, car tu es quand même l'ennemi public numéro 1 en France !!!
Orelsan : C'est clair ! (Rires)
ZYVA : Tu sais qu'on n'a même pas pu te voir au Printemps de Bourges à cause de ça, car ils avaient bloqué l'accès à la salle pour certaines accréditations, craignant le trop plein de spectateurs venus voir la « bête de foire » !!
Orelsan : (Rires) Oui, je sais le bordel !
ZYVA : T'as l'air de bien le vivre, en tout cas.
Orelsan : Ouais, bah, c'est pas que c'est fini mais c'est quand même plus sur la fin. Au début, j'avoue, ça m'a fait chelou (ndlr : louche). J'étais en concert à Roubaix et le lendemain, j'arrive à la maison de disque, et y'avait 30 journalistes, style « journaux de 20h »,... et je me dis : « qu'est-ce qui se passe ? ». Je savais qu'il y avait Marie-George Buffet qui avait fait un communiqué du truc (ndlr : la polémique sur sa chanson) dans la journée, mais j'étais pas préparé à faire les journaux de 20h et des trucs comme ça. Bon, après, oui, je le vis bien, mais c'est un peu chiant. Depuis cette histoire-là, je ne fais que parler de ça, donc je répète mille fois la même chose ! C'est jamais agréable d'avoir à se justifier, et puis il y a eu des manifs, des concerts qui ont été annulés,...
ZYVA : J'ai vu sur Rue89 (ndlr : site d'information sur internet) que ton avocat avait envoyé un communiqué, pour ces problèmes justement !
Orelsan : Ouais, ouais ! D'ailleurs, il l'a fait sans me demander, mais bon !
ZYVA : Ah d'accord !
Orelsan : C'est un truc de mise en demeure. En gros, on a fait un concert à Rennes, y'a trois semaines, et il y avait une manif de 70 personnes, alors qu'on ne faisait que la première partie, c'était Zone Libre la tête d'affiche, et ils ont fait un blocage devant la salle, ils empêchaient les gens de rentrer. Ils ont même tagué sur les murs : « Orelsan, on va te péter les dents et te couper les couilles ! » Ils sont allés trop loin dans le délire. Donc l'avocat a fait la mise en demeure pour ça, car ce qui est relou (ndlr : lourd), c'est que les concerts ne sont plus annulés maintenant, mais pour reprogrammer des concerts, les gens se disent : « bon, ça va être chiant ». Donc ils ne se posent même pas la question de savoir s'ils aiment ou non le concert. Puis maintenant, quand je suis en concert, je dois faire des débats, tout ça,... j'en ai un à 17 h d'ailleurs, aujourd'hui. C'est cool, je rencontre des gens, et je peux me défendre, mais à la fin c'est crevant !
ZYVA : Oui, c'est sûr. Et tu n'as pas peur que ça te bouffe un peu au final, que les gens retiennent que ça de toi, et qu'ils n'aillent pas écouter le reste de l'album ?
Orelsan : Ouais, bah de toute façon, ils ne vont pas voir plus loin, ça c'est sûr ! Après, ça dépend des gens. Tu sais, déjà, la plupart des gens qui manifestent, ils veulent interdire le concert, alors qu'il n'y en a pas un qui l'a vu ! Ça veut dire que si je faisais un concert pour l'égalité du droit de la femme, y'en a pas un qui serait au courant ! (Rires) Je le fais pas, mais bon. Donc y'en a plein qui ont pas écouté une seule chanson de l'album, qui ont même pas vu la chanson « Sale Pute », et qui ont juste vu les paroles de la chanson sur internet. Ça marche beaucoup par réseau. Y'a une association qui a vu le truc, qui l'envoie à l'autre,... C'est nul !
ZYVA : Le seul qui te défend, c'est quand même François Bayrou !
Orelsan : Ouais (Rires) En plus, j'ai jamais voté, donc je crois que je vais voter pour lui, je vais être obligé.
ZYVA : Ok (Rires) Bon bah, c'est noté !
Orelsan : Tu parles, j'ai la flemme. Le jour où je devrai aller prendre la carte, j'aurai un autre truc à faire, je vais jamais y aller.
ZYVA : Tu n'as jamais voté ?
Orelsan : Non, jamais.
ZYVA : Pourtant tu as 26 ans, non ?
Orelsan : Oui, 26 ! Chaque fois, je me dis « allez, cette année, je le fais »... Bahhh, j'ai la flemme !
ZYVA : C'est vraiment par pure fainéantise ?
Orelsan : Ouais ouais, et aussi parce que j'ai aucune opinion, je n'y connais rien. En fait, quand je vais regarder un discours de Sarkozy à la télé, je vais me dire : « Ouais il a trop raison ! », après je vais regarder un discours de SégolèneRoyal : « Ouais elle a trop raison ! ». Je vais regarder Olivier Besancenot : « Ouais c'est vrai ce qu'il dit ! » (Rires) Ils sont trop forts pour moi. Je n'y connais rien, du coup je pourrais aller voter blanc. Mais bon, tu vois le genre de motivation que c'est.
ZYVA : Ok ! Sinon, bon, on a écouté ton album, et on se demandait dans quelles proportions les choses que tu racontes sont vraies, et lesquelles font partie vraiment de ta vie ?
Orelsan : Bah en fait, quand tu écris... Bon, si on prend la chanson « Sale Pute », pour en finir avec la polémique, ça c'est une fiction, ça ne m'est jamais arrivé comme ça, mais je connais un peu. J'ai déjà eu des copines qui m'ont trompé. Je connais un peu le genre de sentiments que tu peux ressentir, mais j'ai jamais été jusqu'à envoyer des messages d'insultes sur internet, heureusement. Après, ce que je peux raconter dans l'album, franchement, 98% des choses que je raconte c'est vrai ! Après c'est romancé, y'a des trucs c'est trop gros. Y'a des trucs c'est abusé, y'a des fois où je vais me faire passer pour plus méchant ou alors plus gentil...Par exemple pour « Soirée Ratée »... euhhh, je pense que tu as du passer le même genre de soirée que moi ?
ZYVA : (Rires) Oui bien sûr, je me suis retrouvé totalement dans cette chanson, c'est sûr !
Orelsan : (Rires) Oui donc ça, c'est moi et plein de gens, d'ailleurs ! Dans 50% des cas, c'est une histoire qui m'est déjà arrivé, mais bon tu te doutes bien que je n'ai pas dit ça comme ça à la meuf. J'ai pas parlé au poupon, ni rien. Dans « Perdu d'avance », ce que je raconte en règle générale, c'est vrai...
ZYVA : T'es vraiment un looser dans la vie ?
Orelsan : Nonnn, mais... pas plus que quelqu'un d'autre, mais c'est des trucs dont on n’a jamais vraiment parlé. Moi, j'ai plein de potes qui sont comme moi ! Je suis pas comme un looser style...euh...comment dire...looser, looser, looser. Je sais pas comment dire. En fait ce que je raconte dans l'album, ça correspond plus à la période entre mes 15 et mes 25 ans, donc c'est la période de doutes, de remises en question. Tu crois que tu vas tout niquer, mais en fait, rien. Tu tombes amoureux, et tu te rends compte que l'amour c'est pourri ; tu veux sortir t'éclater, et ça marche pas ; tu veux rentrer sur le marché du travail, et tu ne trouves pas de taf, donc du coup, ça correspond plus à la période.
ZYVA : Et Claude (personne dont Orelsan parle dans le titre numéro 8 – « Gros poissons dans une petite mare »), il existe vraiment ?
Orelsan : Oui, oui, il existe vraiment ! (petit sourire)
ZYVA : Et il a entendu la chanson ou pas ?
Orelsan : Bah en fait, je sais pas. Tu as vu la vidéo « Mon dernier jour de taf » sur mon Myspace ?
ZYVA : Oui !
Orelsan : Et ben c'était vraiment mon dernier jour de taf, et j'étais vraiment à l'hôtel. Je me suis barré, j'ai écrit ensuite la chanson, et Gringe, avec qui j'ai un groupe, Casseurs Flowters, et qui rappe sur « St Valentin », a repris mon taf. Donc il bossait encore avec le Claude en question. Et tous nos collègues qui bossaient avec moi avant, à l'hôtel, ont entendu la chanson et disaient : « Ça va pas de dire des trucs comme ça, tu le traites de nazi !! » (Rires) Et Gringe, chaque jour, s'attendait à ce qu'il vienne le voir en disant : « Mais qu'est-ce que vous avez fait ? ». Donc en fait, on ne sait pas s'il l'a entendu. Juste un jour, il est venu super gentil, donc on se dit qu'il l'a peut-être écoutée... ou pas.
ZYVA : (Rires) Y'a beaucoup de gens qui ont du vivre la même chose que toi.
Orelsan : Oui, surtout si tu travailles dans l'hôtellerie, la restauration, voire même ailleurs. Dans tous les petits boulots que j'ai faits, j'ai du en rencontrer au moins cinq ou six !
ZYVA : J'imagine que tu dois apprécier, maintenant, le fait de pouvoir faire vraiment ce que tu aimes.
Orelsan : Oui, carrément ! Après, c'est un autre truc, ça reste quand même un travail, je ne suis pas en train de m'éclater tous les soirs. Maintenant je kiffe, et je vais essayer de continuer de pouvoir en vivre tranquillement.
ZYVA : Tu as déjà réfléchi au prochain album ?
Orelsan : J'y réfléchis déjà depuis un mois ! J'ai rien écrit du tout, parce que quand j'ai fini d'avoir écrit l'album, je me suis senti vide à mort. D'ailleurs, c'est pourquoi je dis dans l'album qu’il n'y aura pas de deuxième.
ZYVA : Oui, surtout si tu me dis que celui-là porte sur la période 15-25 ans. Aujourd'hui, tu en as 26, tu vas parler de quoi ? De ce qui se passera demain ?
Orelsan : Je sais pas trop. Je vais rester dans le même délire, mais pas tout à fait pareil. Je vais essayer d'évoluer un peu. Déjà, je ne ferai pas « Perdu d'avance 2 »... Le premier a un peu marché, c'est pas le succès commercial non plus, mais il n'est pas perdu.... Maintenant je sais pas, y'a plein de trucs à dire mais il faut juste trouver quoi ! En fait, l'inspiration je la trouve un peu de partout, je pourrais raconter plein de trucs...
ZYVA : Et c'est vraiment comme ça que tu as écris ton album : le soir en regardant la pluie tomber ? (passage dans le titre « Étoiles Invisibles »)
Orelsan : Ouais ouais, le truc d' « Etoiles Invisibles », ça c'est vrai ! J'étais veilleur de nuit pendant 3 ans, je faisais 20h-7h ou 22h-7h, donc c'est clair que tu as le temps de réfléchir à des conneries. Après, ça dépend, j'ai écrit trois- quatre morceaux quand j'ai arrêté de bosser. Y'a des morceaux, j'ai mis trois ans à les écrire. Pour le deuxième album, le challenge sera d'écrire des morceaux plus instinctivement.
ZYVA : Quand tu parles de TTC (ndlr : groupe de rap parisien) et que tu dis que tu en as marre de te faire comparer à eux, c'est une chose qui s'est souvent produite ?
Orelsan : Ouais, en fait quand j'ai mis le morceau « St Valentin » sur Internet, tout le monde disait : « C'est du sous-TTCTTC ! Blablabla», et moi TTC, j'ai écouté quelques morceaux et j'aimais bien au début ce qu'ils faisaient. Après, c'est pas un groupe que je connaissais vraiment, et pour moi, c'était le groupe de rap qui n'aime pas le rap... pour les gens qui n'aiment pas le rap. Je voulais pas qu'on me compare à ça, à ce mouvement qui ne représente pas le rap. Je les trouve vachement élitistes dans le délire. Le groupe concerne une certaine scène parisienne. Mais mes potes à Caen, à part un, personne connaît TTC, donc j'ai fait le gamin, j'en avais marre, et voilà je me suis dit qu'il fallait que je le dise. ! Ils ont copié
ZYVA : C'est vrai qu'il y a pas mal de gens qui pensent pareil, il me semble.
Orelsan : Ouais, mais tu vois, c'est ça ! Du genre, c'est pas mal, on dirait à la base que c'est fait pour les gens comme nous, les gens normaux et tout d'un coup, voilà on est des nazes !!! Rhaa, je sais pas, il y a un truc que j'aime pas dans ce groupe là ! Et y'a un truc aussi que j'aime pas, c'est les groupes de rap qui font de l'expérimental et qui ne maîtrisent pas les bases. Pour moi, tu peux partir dans l'expérimental, à condition de pouvoir faire un single, et de pouvoir faire le truc le plus simple possible. C'est pourquoi j'essaye de faire des chansons assez bateaux : 16 (ndlr : vers), refrains, 16, parce que pour moi, pour faire de l'expérimental, faut maîtriser le truc de base. Je veux dire, tu ne peux pas cracher sur les groupes commerciaux si tu n'arrives pas à en faire. C'est une question de point de vue. C'est IAM aussi à l'époque qui disait : « Ouais, ça reste Underground !! ». Les gens représentaient trop l'underground, alors que tu sentais qu'il y avait un fond de jalousie. Ils ont envie de monter, mais ils n'y arrivent pas. Je suis pas trop pour les clivages. Les sous-cultures c'est cool, tu vois, mais quand ça devient de l'élitisme, genre « nous on est cool et pas vous », ça c'est relou.
ZYVA : Et un autre truc dans l'album, le délire Jimmy Punchline, ça vient d'où ?
Orelsan : En fait, au début, quand j'ai commencé le rap et jusqu'à un certain moment, j'écrivais jamais de chansons à thèmes, je faisais que des égo-trips, du style « je suis plus fort que toi, t'es nul »,...Du coup, dans l'album, je suis plus parti dans des thèmes personnels et ça manquait de rap égo-trip. Je me suis fait une sorte d'alter-égo et mon pseudo Jimmy Punchline, c'était pour ça. C'est un délire de rappeur américain à la base, comme par exemple Method Man, c'est Johnny Blaze machin machin... Même les rappeurs français le font. Du coup, sur l'album je me suis dit : « maintenant c'est pas Orelsan, c'est Jimmy Punchline !! » Après, c'est pas un dédoublement de la personnalité !! (Rires)
ZYVA : Est-ce que tu prends le temps d'aller d'écouter ce que font les autres, découvrir des nouveaux groupes ? T'achètes beaucoup de disques, ou tu as comme ce que tu dis dans la chanson « 40 giga de sons que tu écoutes même pas »?
Orelsan : Oui c'est ça ! En fait, je n'ai même plus de lecteurs cd chez moi, ou alors si, dans mon ordi. Après, si je le mets dans mon ordi, c'est pour le foutre en MP3. Même en voiture, j'ai un autoradio I-Pod. Je télécharge des trucs sur I-Tune mais comme tout le monde, je vais toujours voir les clips, les dernières nouveautés,... Après, sinon, ça dépend, en ce moment, j'écoute pas mal de rap américain : Kanye West, Lil Wayne, Lupe Fiasco, Clipse,...C'est sûr que sur les 40 giga de MP3, je remets souvent les classiques. Ça dépend aussi du moment de la journée. Par exemple, après le concert ce soir, je serai tout seul dans ma chambre, et je vais me mettre de la pop, ou des ballades, Led Zeppelin, ou je sais pas quoi !
ZYVA : D'accord, donc tu écoutes un peu de rock alors, aussi ?
Orelsan : Ouais, carrément. Beaucoup de pop aussi : Elton John, Mickael Jackson, Prince,...Un de mes groupes préférés est Queen sans aucun problème ! A la base, j'écoutais des trucs comme Nirvana, Guns Roses, Iron maiden, ACDC,...après, j'ai fait du basket, et mes potes ils n'écoutaient que du rap. Il y a toujours eu un rapprochement entre le rap et le basket, et du coup je me suis mis à écouter du rap. Après un moment, le rap, tu vois, ça me plaisait toujours, mais j'avais besoin de m'identifier à une sorte de culture et d'écouter du Limp Bizkit, Korn, Deftones, System of a Down,... Aujourd'hui, j'écoute encore des classiques, comme le premier et le deuxième de System of a Down, le premier et le deuxième Deftones, le premier de Limp Bizkit,... mais j'ai pas trop suivi le rock. En fait, en rock, j'écoute vraiment les classiques. Le dernier groupe que j'ai bien aimé en rock, c'est les White Stripes, donc bon, ça date un peu.
ZYVA : Pourtant il y a pas mal de trucs qui sortent, et quelques fois aussi au niveau de la fusion. Tu parlais de Zone Libre tout à l'heure, par exemple !
Orelsan : Ouais, j'ai bien aimé sur scène, après je connais pas l'album. Je kiffe vraiment Casey comme rappeuse, elle est super forte.
ZYVA : Tu savais qu'ils se sont fait huer lors de leur concert au Printemps de Bourges ?
Orelsan : Ah ouais !?
ZYVA : Ils étaient programmés sur la soirée rap française avec Médine, Rhoff et Kery James, et le public n'était pas là pour eux, apparemment...
Orelsan : C'est normal, quand tu mets des gens qui n'ont pas les mêmes codes sur une même scène, on peut arriver à ça.
ZYVA : Pourtant il y a Casey et Hamé. C'est des rappeurs qui ont de la bouteille et qui parlent des mêmes choses que Rhoff, par exemple... Après, c'est sûr, ils ne le disent peut-être pas de la même façon.
Orelsan : Oui c'est sûr. Je l'ai vu avec ma polémique, et c'est le problème de la France entière. Tu as des gens qui ne pensent pas forcément différemment mais qui ont des codes différents, donc il n'arrivent pas à s'entendre. C'est pour la même raison que des gens comme Valérie Letard, les personnes de plus de 50-60 ans,... ne comprennent pas que ma chanson soit une fiction, parce que les codes ont changé. Ils ne maitrisent pas les codes du second degré comme nous, ils ne maitrisent pas internet,... c'est le problème de la France. Moi, j’écoute beaucoup de rap par exemple, et quand je fais des interviews sur les magazines par exemple, on me dit : « je kiffe ce que tu fais car tu fais pas du rap Bling-bling, tu n'es pas comme les autres,... » mais en fait, en France, il n'y a pas beaucoup de rap Bling-bling, alors que c'est ceux qui sont le plus mis en avant. Les gens ne comprennent pas ce que disent les rappeurs, ça leur fait un peu peur. On nous dit que les rappeurs ne font pas d'humour, alors que si tu écoutes les textes de Rohff, il y a certains passages humoristiques, à sa façon. Tu mets une personne de 50-60 ans devant le film La Haine, sans faire de généralités, mais elle ne va pas forcément comprendre les passages humoristiques du film par exemple, comme pour C'est arrivé près de chez vous, ils vont être horrifié.
ZYVA : C'est clair ! C'est bizarre parce qu'on a l'impression que les mélanges de styles sont plus fréquents et ont plus d'impacts aux Etats-Unis par exemple ou en Angleterre qu'en France ?
Orelsan : Ouais grave. Tu sais, c'est nul...mais j'ai appris un truc, il n'y a pas longtemps et qui m'a fait réagir, c'est que l'émission la plus regardée en France, en terme d'audience et tout, c'est Joséphine, ange gardien ! En disant ça, tu te dis, entre toi et moi, c'est impossible qu'on regarde ça !! (Rires) Les gens qui achètent mon album, ils ne peuvent pas regarder Joséphine, ange gardien.
ZYVA : (Rires) Ça dépend, peut être à trois heures du mat, un peu bourré, ça peut le faire pour triper !
Orelsan : Ok, j'avoue ! (Rires) Alors je me dis : « Mais qui regarde Joséphine, ange gardien ? » Comment c'est nul, les vieilles morales, les machins,... ! (Rires) Après, je comprends, c'est leur truc. C'est pour la ménagère de plus de 50 ans et tout ça. Mais les gens, ils ne peuvent pas communiquer enntre eux, et je comprends pourquoi mon truc a fait polémique ! Bref ! La théorie de Joséphine, ange gardien, elle explique beaucoup de choses, je crois. (Rires)
Titre d'un artiste ou d'un groupe qui pourrait te représenter toi ou ta musique :
Gorillaz - Clint Eastwood
C'est une chanson que je me kiffe à mort et qui me représente bien. J'aurais adoré la faire. J'adore le côté rock de Blur (Damon Albarn), et le côté rap de Del tha Funkee Homosapien. En plus, le refrain est trop efficace. C'est un truc à la fois nonchalant et cool, avec un clip en dessin animé, et j'adore les mangas. Ça me répresente bien.


