LA PHAZE
C'est presque la fin de la tournée pour les Angevins (habitants d'Angers) de La Phaze, qui ont écumé la France et peu ailleurs aussi, avec leurs centaines de dates. Le trio de Pungle (mélange de punk et jungle) revendique leur côté engagé, et pour eux la lutte continue. Sur scène ça pulse à mort, et dans les loges c'est pas mal non plus. Compte rendu.
Zyva : Merci à vous de nous recevoir, vous êtes en pleine tournée.
Arnaud : Bah, on arrive vers la fin là, on a commencé le 28 mars et on termine le 22 décembre, donc il nous reste un petit mois. Donc voilà une grosse tournée de 90 concerts. Il nous en reste une petite dizaine.
Zyva : Donc vous avez commencé la tournée avant la sortie de l'album.
Arnaud : Oui, un mois avant. L'album est sorti le 6 mai, on a commencé le 28 mars avec une date de chauffe, et en avril on a vraiment commencé les dates, histoire de chauffer le set, de jouer les nouveaux morceaux.
Zyva : Et vous n'avez pas fait que la France.
Arnaud : On a fait France, Allemagne et puis des dates au Québec.
Zyva : Et comment ça se passe en Allemagne ?
Arnaud : En Allemagne, c'est bien. Tous les ans, on fait notre tournée allemande, il commence à y avoir un buzz. Sans promo et sans distribution vraiment officielle, on arrive à faire autant de monde qu'en France. C'est un peu grâce à un super festival, qui s'appelle le Fusion Festival, et qu'on a fait trois fois en quatre ans.
Zyva : C'est situé où ?
Arnaud : Entre Berlin et Rostock. Et ça fait 35000 personnes par soir, sans service d'ordre, sans subventions et sans réelle tête d'affiche ! T'auras pas du Queen of the Stone Age, du Chemical Brothers, les têtes d'affiches ça sera des petits groupes comme nous, High Tone, Ez3kiel, pour les groupes français qui y vont. Donc pas des trucs de mastodonte, mais ça fait du monde au final parce qu'il y a 15 scènes du jeudi soir au lundi matin non-stop, c'est un truc mytique.
Zyva : Et vous allez retourner dans des pays plus lointains comme en Amérique du Sud ?
Arnaud : Bah, on essaie, mais c'est plus souvent des occasions ; on a déjà fait le Brésil et le Mexique, mais de toi-même, c'est très difficile à mettre en place. Si tu n'as pas les contacts, la distribution, un peu de blé de côté, c'est dur. Ou alors, il faut des partenaires comme le bureau export ou l'Alliance Française, qui te financent les billets d'avion. En général, on fait une grosse tournée en France quand l'album sort et après on essaie de s'exporter à l'étranger, donc l'année prochaine on fera pas mal de concerts à l'étranger. Il y a quinze jours de prévus au Québec, parce que l'album sort là-bas chez Indica (ndlr : label québécois alternatif). On va réessayer de faire les pays slaves, un peu d'Allemagne et on espère refaire un peu de Scandinavie aussi parce qu'on aime bien y aller. Après, il y a toujours des dates qui tombent en Espagne, en Suisse, en Italie...
Zyva : Vous êtes un groupe international, en fait !
Arnaud : À notre petit niveau... disons, depuis 2005 et la sortie de l'album Fin de cycle. Avant, on avait déjà fait la Bosnie avec Jarring Effects, les traditionnelles dates en Belgique et en Suisse. Mais depuis 2005, c'est vrai qu'on tourne pas mal à l'étranger : l'année dernière, on a fait environ 50 dates à l'étranger. Mais c'est bien parce que comme ça, le public se repose. Peut-être que de temps en temps, ils en ont un peu marre de voir ta gueule ! Du coup, tu te fais un peu oublier et puis, en même temps, tu continues à jouer, à te roder et puis à découvrir d'autres cultures, d'autres gens.
Zyva : Pour vous, ça doit être énorme !
Arnaud : Pour nous, c'est bien parce que souvent tu te confrontes à un public qui ne te connait pas. Ca fait 9 ans que le public suit La Phaze en France, tu vois grandir le groupe, alors que, quand tu arrives dans un pays vierge, t'es inconnu, tu fais la première partie d'un groupe « ricain » ou autre ; et bien, eux, ils ne sont pas attirés par ta gueule. T'es sur scène, ils s'en battent les couilles, donc c'est à toi d'envoyer tout de suite pour les agripper et les serrer jusqu'au bout. Généralement, c'est un petit exercice de style qu'on aime assez.
Zyva : Oui, et puis, vous ne devez pas avoir la même approche, parce que nous, en France, on écoute vos textes, on comprend les paroles, on comprend que vous êtes engagés.
Arnaud : Oui, c'est vrai. Après, il y a quelques titres en anglais qui sont pratiques. Et on s'est rendu compte au Brésil que par l'attitude qu'on développait sur scène, les gens comprenaient de quoi on causait sans comprendre les mots, le sens. On voyait souvent des poing levés, et des gens nous ont dit : « on a compris que c'était quelque chose de contestataire ». Donc par l'attitude, comment tu manipules ton corps sur scène, je pense que tu peux faire passer un message de ce que tu racontes. Les gens savent qu'on ne fait pas des histoires d'amour et qu'on ne fait pas non plus du dixième degrés.
Zyva : Vous avez commencé avec Jarring Effects, comment s'est arrivé ?
Arnaud : L'histoire c'est que Damny et moi on s'était rencontrés à Angers, on avait un premier 6 titres en stock, on devait le sortir sur un label de Jungle parisien, qui s'est cassé la gueule juste au moment de le sortir, ensuite sur un label nantais qui s'est lui aussi cassé la gueule. Et en fait, Angel, notre manageuse, était aussi celle de Meï Teï Shô à Lyon, et moi je jouais dans autre groupe qui s'appelle Hint, donc je connaissais bien toute la bande de Jarring Effects. Donc on a appelé, on est tombés sur Rico, qui gérait le label à l'époque. Il a dit oui, sans même écouter le projet, je pense, parce que ça l'intéressait de par les bonhommes. Donc on a sorti ce premier 6 titres chez eux, et après, on a fait plein de trucs ensemble, comme le Riddim Collision, la tournée en Bosnie, le maxi avec Lab° : TensionI. Les quelques années où on était chez eux, on en a un très bon souvenir, et puis j'ai toujours de très bons rapports avec eux. Et puis, c'est un label qui mérite et qui force le respect.
Zyva : Et maintenant, vous êtes indépendants ?
Arnaud : Entre temps, on est passés chez Small Axe de Tripsichord qui s'est depuis cassé la geule. Chez eux, on a fait un album et un album de remix. Et donc après, on a un peu tout recommencé à zéro, parce qu'on a changé de DJ, de management et on est passés chez Because Music, qui est un label indépendant, mais avec les moyens et le fonctionnement d'une grosse multinationale on va dire, ce qui a ses avantages et ses inconvénients.
Zyva : Et vous voyez comment le futur au niveau de la distribution ? Parce que vous utilisez pas mal le média internet, vous êtes assez présents.
Damny : J'y passe beaucoup de temps. Mais parfois, tu te demandes un peu dans quelles proportions tu as les retombées. En fin de compte, c'est ce qu'ils appellent du marketing viral, c'est-à-dire que tu touches les gens parce que tu diffuses beaucoup une musique ou une photo. Mais après, je ne crois pas trop à la distribution physique par le net.
Arnaud : Je vais parler comme un vieux con qui a passé la trentaine et qui se dirige tranquillement vers la quarantaine (rires), mais je crois que culturellement, la jeune génération a pris l'habitude que la musique soit gratuite. Comme nous, avant, on allait se faire une cassette audio d'un disque, après moi, quand j'avais un peu de sous, j'achetais le disque. Aujourd'hui encore, j'achète des disques, moins qu'avant parce que moins de sous. Pour revenir sur les jeunes, par exemple, lors d'un concert à Grenoble, 2 semaines avant la sortie du disque, les gens connaissaient déjà les paroles par cœur !! Moi j'étais là à dire « Mais comment vous connaissez ? », leur réponse était « Bah, la mule... » !! Moi je connais pas, vu que je ne télécharge pas. C'est pour ça que tu ne peux pas lutter contre, il faut faire avec, c'est à nous de nous adapter à l'évolution du marché. Les artistes, on a la chance d'avoir les concerts : c'est toujours dur de ne pas vendre de CD, mais les concerts sont là. Ceux qui se « bouffent les couilles », c'est les grosses maisons de disques qui ont creusé elles-mêmes leur propre tombe. Elles n'ont rien vu venir, elles ont voulu faire du fric jusqu'au bout en dépensant de l'argent n'importe comment. Voilà, donc pas de pitié pour elles.
Zyva : On rencontre pas mal d'artistes qui nous disent que leur prochain album sera disponible sur le net et que de toute façon, ils gagneront leur vie avec les concerts.
Arnaud : On va un peu vers ça, c'est sûr. Après, il y aura toujours un petit tirage pour ceux qui veulent un objet. Moi, je ne crois pas à la mort totale du CD, mais pour la distribution du CD telle qu'elle existe aujourd'hui, c'est clair que là, c'est mort !! Il n'y a qu'à voir les rayons de disques dans les grands magasins, ils ont diminué. Pour un groupe comme nous, même avec un bon plan promo comme on a eu sur cet album, on vend moins de disques que le précédent. Et je ne pense pas que ce soit parce que l'album est moins bon, il y a toujours autant de monde aux concerts, c'est juste que les gens, ils sont passés à autre chose. Là, j'ai vu l'album, il est à 18 € en magasin, bah c'est cher !! Surtout quand tu connais le prix de revient d'un disque, ça fait mal au cul !! Après, tu peux refaire le monde, mais avec moins de marge de la maison de disque, moins de marge du distributeur, et surtout une TVA à 5,5% comme sur les livres, tu pourrais passer le CD à 10-12 €. Maintenant, nous, on a décidé que tous les CD et T-Shirts sont à 10 € sur le stand. Parce que les gens, ils ont déjà mis 17€ pour venir nous voir, c'est déjà assez cher, alors après, si tu veux t'acheter un disque, bah la soirée, t'en fais pas une par semaine comme ça.
Zyva : Et encore, à 17€, vous restez abordables, les prix sont plus souvent aux alentours de 20€ et plus.
Arnaud : Bah merci (rires). C'est con, parce qu'après, les programmateurs et les tourneurs se plaignent qu'il y ait moins d'entrées payantes. Mais c'est vrai qu'en ce moment, il y a une récession sur le spectacle. Comme tu disais, les artistes aujourd'hui vivent par la scène, donc il y a aussi une augmentation du cachet des artistes. Le problème peut se voir dans ce sens aussi. Au final, c'est un tout qui fait que c'est pas évident.
Damny : Et personne ne veut lâcher, chacun veut faire sa marge, c'est aussi ça un peu, le problème. Après, pour ce qui est des Majors, il faut gratter sous la croûte. On les entend pleurer sur les bénéfices qu'ils ne font pas, mais derrière ils se font plein de fric, et ils s'en feront encore plus dans les 10 ans à venir, sur les fournisseurs d'accès, NRJ « machin », Orange « bidule », SFR.com ou je sais pas quoi !! Et ça, c'est de l'argent qui ne tombe pas dans les poches des artistes, parce qu'il n'y a pas de législation à ce propos. Ils sont en tain d'essayer de trouver des trucs. Donc moi, ce que je crois, c'est que le produit CD ou Vinyl va devenir un produit de « luxe », uniquement pour des personnes qui souhaitent avoir l'objet. Et d'un autre coté, les gens vont se faire couilloner avec leurs abonnements de portable ou ils vont en plus acheter des titres un par un en petite quantité et au final, ça va faire des chiffres énormes. On paie tous notre abonnement 40€, multiplié par mettons... 15 millions de personnes, ça fait des chiffres vraiment énormes !! Et là-dessus, les maisons de disques, elles sont placées. Il faut aller voir sur internet, il y a plein d'infos là-dessus. Et pour nous, les artistes, il y a un flou complet sur nos rétributions, aussi bien avec la SACEM, l'ADAMI, ils ne se mettent pas d'accord et personne ne nous demande notre avis. Par contre, pour aller faire de la promo, jouer les hommes-sandwiches, on nous a envoyés au turbin, quand il s'agit de sortir le disque.
Zyva : Et il n'y a pas de syndicat d'artistes qui pourrait prendre les choses en main ?
Damny : Excellente idée, mais c'est marrant, parce que les syndicats d'artistes existaient au début du siècle dernier, il y avait des gros syndicats aussi bien dans le cinéma que dans la musique avec des mecs très connus comme Jean Gabin. Et les mecs, ils ne se laissaient pas faire. Et, à un moment, ça a disparu, aux alentours de 1968, parce que les mecs, ils disaient « ouais, ça fait petit bourgeois, il vaut mieux être poète maudit, ça a plus de classe !! » Et aujourd'hui, c'est une question qu'il faut que l'on se pose sincèrement au niveau du tour. Je pense que si on veut essayer de tirer notre épingle du jeu, par rapport à la mainmise de gros tourneurs aussi bien français qu'étrangers, je ne vois pas d'autre solution que de former un syndicat d'artistes indépendant. Je parle là pour les artistes qui tournent toute l'année hors des circuits Zénith. Parce que dans ces artistes-là, certains vont s'en sortir et sortir du lot, et d'autres comme nous vont continuer à tourner en plus underground et dans des salles comme celle-là. Donc pour moi, c'est la seule solution en France. Mais ça va être dur parce que déjà quand il y avait eu la crise des intermittents, on avait essayé de se connecter avec des gens. Et finalement, ça ne s'est jamais fait.
Arnaud : C'est surtout plein de corps de métiers qui ne se côtoient pas du tout. Dans le théâtre, c'est déjà plus organisé, mais après, il faut qu'ils soient d'accord entre eux. Après, moi, je me souviens d'être allé à des réunions pendant la crise des intermittents : je n'y trouvais pas mon compte. Chacun flippait pour son petit truc perso, mais il n'y avait pas de vision global du truc. Et je pense que là, ça va encore se corser pour certainement tuer le système au final.
Damny : Mais déjà, juste au niveau de la musique, il y a un réel problème. Je le vois avec tous les groupes que l'on croise depuis 10 ans, c'est des sujets qu'on n'aborde jamais ; c'est bien gentil, on se bourre la geule à 2h du matin, c'est tout ce qu'on fait !!
Zyva : Et pourquoi, à ton avis ?
Damny : Parce qu'il y a une vraie concurrence, une vraie compétition qui se joue entre les artistes. Il y à un moment où c'est des problèmes de fond qui mériteraient d'être abordés. On devrait pouvoir se dire qu'on galère tous à notre niveau, « combien vous touchez, vous ? » Qu'on se mette un peu à poil ! Mais ça ne se fait pas parce qu'il y a ce coté compétition qui est là ! Donc voilà, moi, c'est ce que je crois vraiment.
Zyva : J'éspere pour vous que ce n'est pas trop tard.
Damny : Pour nous non, parce qu'on est des endurants, on a cette longévité. Maintenant, on fait aussi des concessions de cachets, c'est normal. Mais par contre ce que je me dis, c'est plus d'un point de vue général en terme de culture, est-ce qu'on va laisser les choses se faire ? Parce que là, c'est la mort de petites salles de concerts, de cafés-concerts. Chaque année, c'est la mort de grosses associations, des gros festivals, des salles comme celle où on est ce soir, ça commence à craindre aussi !! Donc voilà, moi je m'adresse à tous les groupes qui tournent, qui font des centaines de concerts par an et qu'on ne voit pas à la télé ou ailleurs, j'aimerais bien qu'on se coordonne et qu'on se dise : « est-ce qu'on a pas quelque chose à faire tous ensemble ? » On représente une force économique, donc je pense que c'est un appel qui va se renouveler. Si il doit y avoir un « appel du 18 juin » sur la culture, ça va être pour bientôt.
Arnaud : C'est possible.
Damny : Mais moi, j'aimerais bien qu'on dépasse les paroles. Parce que quand tu en parles aux gens autour de toi, même à des potes, c'est pas qu'on te tourne le dos, mais c'est qu'il n'y a pas urgence. Mais ça, en France, on est toujours comme ça. Et puis, quand il y a urgence, on sort dehors et on casse tout, c'est ridicule.
Zyva : Et vous allez encore acheter des CD en magasin ?
Damny : Moi, non, par manque de temps. Mais par contre, je suis connecté à donf sur les radios internet, tout le temps.
Zyva : Et qu'est-ce que tu as découvert ces derniers temps ?
Damny : Là, il y a le dernier album d'un groupe franco-germanique qui s'appel Shaka Ponk, que je trouve vraiment bien. Il y a aussi le dernier Block Party, et dernièrement, on a découvert un groupe qui s'appelle Ace Out : c'est des jeunes mecs de Lille, c'est vachement bien.
Arnaud : Sinon, sur la route, on continue de se faire découvrir des choses dans le camion. Moi, je continue à aller chez les disquaires, moins souvent du fait de l'argent, mais par contre, j'offre beaucoup de disques et on m'en offre beaucoup aussi. En fait, j'en offre plus que j'en achète pour moi, quasiment !! (rires). Et aussi, en ce moment, je fais un gros retour aux fanzines, donc là, dans mon sac, je dois avoir une quinzaine de fanzines papier. Je lis les chroniques, et quand je vois un groupe qui est bien chroniqué deux ou trois fois, là je vais jeter une oreille, et si j'ai les sous je l'achète. Je suis très sensible au Live aussi, j'y crois à ce truc-là, à l'achat compulsif d'une bonne claque en concert !! Genre « Ouah ! C'est quoi ce groupe, il me faut le disque ! » Et là, tu files direct à la table de merchandising et tu l'achètes. En plus, dans un cas comme ça, tu achètes en direct, donc toi, tu paies moins cher qu'en magasin, et le groupe se fait plus dessus, le label aussi, c'est tout bénèf pour tout le monde !!
Damny : Moi, c'est ce que j'ai fait hier, alors que j'avais pas vraiment prévu le budget là-dessus. J'ai pris une claque, j'ai acheté !
Zyva : Tu as vu quoi, hier ?
Damny : Flogging Molly, un groupe américain. Heureusement que le Live est encore là ! Sinon, par internet aussi avec les Myspace, les Deezer et compagnie, tu peux découvrir pas mal de choses.
Arnaud : Myspace pour ça c'est bien, tu navigues de pages en pages et tu écoutes un son qu'un « ami » a mis en fond, du coup tu vas voir sur le Myspace du groupe. Du coup, tu peux créer vraiment du réseau par Myspace. Ca, c'est une vraie révolution, internet a vraiment changé les choses.
Titre d’un artiste ou d’un groupe qui pourrait vous représenter vous ou votre musique :
Les Béruriers Noirs - Petit Agité







