IDEM
Rencontre avec Idem dans l'une des salles alternative de la region Lyonnaise, Le Clacson. Une fois les balances terminées, nous prenons un moment avec Vincent Bazille (Batteur) afin d'aborder la carrière du groupe et ses diverse experiences sonores qui font d'Idem un groupe a part.
Zyva : Bonjour, vous avez maintenant dix ans de carrière derrière vous, tu peux peut-être nous la résumer.
Vincent Bazille : Bah c'est une aventure à la base de collégiens. On a commencé à faire de la musique, on était en fin de troisième. Ca remonte parce que maintenant on a tous 30, 31 ans. Du coup la formule a beaucoup évolué, on a commencé par faire des reprises comme tous les groupes. Petit à petit ça a évolué, l'arrivée des machines a beaucoup changé les choses. Je pense qu'on a un peu la même histoire que pas mal de groupes. Donc on a eu ce petit penchant vers l'électro qui nous a amené à sortir notre premier maxi en 1999, sur un label qui s'appelait Shoshin Sounds avec des groupes comme Sweet Back d'Angers. On a commencé à pas mal muter sur Angers. En fait les musiciens sont plus basés sur Nantes et l’équipe technique sur Angers.
Zyva : Parce que l'équipe technique vous suit depuis le début.
Vincent Bazille : On a le même ingénieur son Bru, la même personne au retour, Tonio, et la même personne aux lumières, Steph.
Zyva : Vous êtes une grande famille !
Vincent Bazille : Oui carrément. On se connaît super bien. Ensuite après ce maxi on a sorti Absent Without Leave distribué par Mosaic. Après on s'est lancé dans une trilogie. On voulait sortir trois disques en un an et demi avec un thème visuel identique. On a donc commencé par sortir un premier maxi qu'on a appelé Waterglasscolor, qui contenait trois morceaux de nous, plus des remix de groupes comme Ez3kiel ou encore Lab°. Ensuite on a sorti l'album central de cette trilogie Aérobiose, qui est notre deuxième album, et on a fini par Out Immer, sur le même principe avec cette fois cinq morceaux inédits de nous plus encore des remix de groupes comme Shane Cough, Fragile, et encore un d’Ez3kiel. C'est que des gens avec qui on a des atomes crochus.
Donc voilà on a sorti cette trilogie et maintenant on arrive à notre dernier album The Sixth Aspiration Museum Overview, sorti le 6 octobre en coproduction avec Jarring Effects.
Zyva : Vous sortez d'une année 2008 assez chargée.
Vincent Bazille : Oui, dès le mois de mars on a fait une résidence en coproduction régionale avec trois salles de chez nous pour préparer ce nouveau projet. Après ça on est parti trois semaines dans les Balkans avec deux groupes parisiens. Ensuite quand on est revenu on est parti au Canada.
Zyva : Vous avez travaillé sur une collaboration avec un groupe canadien.
Vincent Bazille : C'était vraiment un projet d'échange Québec / France. L’acteur principal c'était Jeff du 6 par 4 (SMAC de Laval) qui organise aussi le Festival des 3 éléphants, et au Québec le Festival des Musiques Emergentes (FME). Donc c'est cet acteur là qui nous a permis de partir deux semaines là-bas. Le rythme était un peu plus cool qu'aux Balkans où on jouait tous les jours, puisqu'on a fait cinq concerts en treize jours, ça nous a permis de faire pas mal de tourisme.
Zyva : Et cette collaboration ?
Vincent Bazille : C’était avec le groupe Pawa Up First. Le principe c'était de proposer un set commun d'une heure et demi pour le FME et aussi au 6 par 4. Les autres concerts étaient simplement des plateaux communs. On a donc fait une tournée avec eux au Canada et après en France dans certaines dates de notre tournée. Tournée durant laquelle on a également joué avec Revo.
Zyva : Vous travaillez ensemble depuis longtemps avec Revo ?
Vincent Bazille : Non on se connaît depuis quelques temps, mais notre premier plateau commun date de septembre.
Zyva : Toujours concernant les collaborations, vous enchaînez sur une autre à partir du mois de février avec un groupe bosniaque. Tu peux nous en parler un peu plus.
Vincent Bazille : Le groupe c'est Vuneny, c'est une sorte de Lab° en beaucoup plus électro, c'est très froid, ça envoie le boulet grave. Du coup avec eux il y a toute une tournée qui se monte pour février/mars/avril. On va commencer avec le Festival des Hivernautes à Quimper. Pour eux ça va être pour leur sortie d'album sur Jarring Effects. D'ailleurs ils devraient être là ce soir puisqu'ils sont au studio Jarring en ce moment. Donc là on calle les dates pour la rentrée 2009 et au mois d'octobre on repart avec eux dans les Balkans. Entre les deux, vu que notre Cd va être distribué au Québec, on devrait y retourner avec les Pawa Up First. Humainement on commencé à prendre goût à se partager des scènes avec des groupes étrangers. On a été pas mal aidé par une association qui s'appelle AOLF sur Paris. Elle fait depuis longtemps tourner des groupes étrangers en France et inversement.
Zyva : Et vous avez le temps de vous reposer parce que là le programme a l'air bien chargé !
Vincent Bazille : Ouai là on va se reposer ! (rires). Parcequ'on est tous à un âge où on a une vie de famille, on est tous parents. On a deux concerts en décembre et après on va se reposer. Mais on a plein de projets, on ne va peut-être pas tous s'arrêter, on a un projet avec les Gong Gong pour faire les festivals. On aimerait bien tourner et faire un plateau. On avait joué ensemble à Nantes, au Zénith. C'est le plus gros de France et le plus récent. Et en fait pour permettre aux groupes Nantais d'y jouer et au public d'y aller parce que c'est quand même assez cher, ils font une soirée Nantes au Zénith. C'est la deuxième semaine de janvier chaque année. Du coup on avait monté un plateau commun avec eux et Ezra un Beatboxer. Donc si on a le temps on va essayer de monter un set complètement fusionné avec Gong Gong que pour les festivals. Mais ça c'est ce qu'il y a de moins sûr. On en parle beaucoup mais pour l'instant rien n’est fait.
Zyva : C'est surtout quelque chose d'assez long à mettre en place, non ?
Vincent Bazille : Pour faire un truc bien, c'est clair qu'il faut du temps. Surtout que sur le concert de Nantes on jouait des morceaux d'eux ou de nous, et on se rajoutait sur les morceaux. Il n'y avait pas de composition commune.
Zyva : Donc en fait vous passez de collaborations en collaborations, de rencontres en rencontres, c'est votre façon d'avancer.
Vincent Bazille : On essaie d'avancer comme ça ouai. En tout cas l'engrenage dans lequel on est rentré, d'échanges avec des groupes de l'Est, canadiens, c'est vraiment quelque chose qu'on a envie de cultiver. Et encore une fois c'est parcequ'on a eu la chance de rencontrer cette association AOLF qui a déjà tout les contacts. On avait une chance sur un million de les rencontrer et heureusement pour nous c'est arrivé. En plus humainement ça se passe super bien.
Zyva : Du coup vous rencontrez des groupes qui vous correspondent.
Vincent Bazille : Ah ouai carrément. Les Vuneny ça rentre vraiment dans notre truc. C'est très froid, ça te prend un peu aux tripes. En plus ils rajoutent de la vidéo sur scène.
Zyva : En dehors des styles, vous vous retrouvez avec des groupes qui ont une vision assez alternative de la musique.
Vincent Bazille : C'est sûr que c'est avant tout ce qui nous regroupe. Après ce qui était marrant par exemples avec les Pawa Up First, c'était tout l'aspect cinématographique de la musique qui nous regroupait. Eux ils sont plus Jazz, plus posés, plus le genre musique de film d'Enzo Morricone mais avec toujours la petite touche Dub. Même si le Dub aujourd'hui a beaucoup évolué, nous par exemple, on a encore cette étiquette.
Zyva : Oui un groupe comme Ez3kiel aussi alors que leur dernier album s'en est vraiment éloigné.
Vincent Bazille : C'est clair, mais c'est devenu très large le Dub. Dès qu'on met une grosse ligne de basse et des effets, ça devient tout de suite du Dub. Sinon c'est clair que humainement ça été des rencontres intéressantes. On a pu aussi voir comment ça se passait dans les autres pays. Au Canada ils n'ont pas l'intermittence, ils ont tous 4 ou 5 groupes, ils tournent toute l'année pour pouvoir bouffer. Et en Bosnie c'est la démerde !! (rires)
Zyva : Tout se fait au « black » ?
Vincent Bazille : Ah ouai c'est incroyable, c'est la démerde totale. Et pourtant ce n’est pas très loin de chez nous. On s'est vraiment pris une grosse claque là-bas. On avait tous suivi ce qui s'y est passé et quand tu le vois en vrai, que tout est resté tel quel, ça fait peur. Il y a des endroits où ils ne vont pas parce que c'est miné. Et les gens, tu sens qu'ils ont un passé qu'ils ont du mal à digérer. C'est tellement près de chez nous en plus, c'est incroyable qu'il ait pu se passer des choses aussi graves. Tu vois un pays comme la Croatie, tu as la côte qui est touristique mais dès que tu fais 100 kms dans les terres c'est la galère. Tout le monde essaie de survivre comme il peut. Il n'y a pas vraiment d'industrie à part le bois. Quand tu passes dans ces coins, tu vois des cimetières énormes, des villages totalement détruits.
Zyva : La tournée a changé, ce n'était plus que des concerts.
Vincent Bazille : Après, vu qu'on enchaînait les concerts, on a pas pu trop visiter non plus. Mostar on y est resté un jour de plus, mais il y a plein de villes comme Sarajevo, où on a rien pu voir. Du coup ça serait bien de le refaire en ayant un peu plus de temps pour nous. Mais c'était mortel quand même, vu que c'était la première fois qu'on partait jouer trois semaines de suite. L'expérience en tant que musicien était assez énorme, on devait tout le temps s'adapter. La plupart du temps c'était « line check » et hop on joue. Là-bas ils sont speed parcequ'il y a des couvres feux, si il y a un problème c'est l'armée qui vient. Ils sont vraiment enfermés chez eux, les demandes de Visa prennent deux ou trois ans et en plus ils ne veulent pas qu'ils sortent.
Après quand tu arrives d'un pays comme la France, tu ne vois que les chose négatives, mais il y en a plein de positives. Il y a une convivialité énorme, les gens sont en recherche d'infos tout le temps. Ils veulent savoir comment ça se passe chez nous parce que les medias sont contrôlés, ils ne leur montrent que ce qu'ils veulent.
Zyva : Et du coup ça doit jouer sur leur façon d'aborder les concerts, ça doit encore plus être un défouloir.
Vincent Bazille : Grave, les gens ils sont à fond. Il y a tellement peu de choses qui passent là-bas. Il y a eu les tournées de Jarring Effects, mais tu vois dans une ville comme Mostar il doit y avoir 10 concerts dans l'année. Et pourtant à Mostar ils ont une salle vraiment bien équipée. Du coup quand il y a un évènement c'est assez monstrueux. A Sarajevo c'était totalement fou. Je crois qu'on aurait pu leur proposer, pas n'importe quoi mais presque, et ils auraient suivi. En même temps pour eux c'est des gens de l'étranger qui viennent chez eux du coup c'est positif. Ils ont l'impression de revenir vers une vie normal.
Titre d’un artiste ou d’un groupe qui pourrait vous représenter vous ou votre musique :
Hint - Flexible


