JUST ROCK ?
Le festival "Just Rock ?" ouvre sa deuxième édition cette semaine ! A l'affiche, sept concerts réunissant Rock, Pop, Folk et Indé tout au long du mois de novembre. Eric, programmateur et administrateur de Médiatone nous accueille pour en parler autour d'un café.
ZYVA : Alors Eric, pour présenter rapidement Médiatone, vous participez depuis plus de dix ans au développement de la vie culturelle lyonnaise et vous êtes assurément l’une des associations qui organise le plus de concerts et autres programmations alternatives...
Eric : Eh bien oui, on a la particularité d’être une association. Bien sûr il y a beaucoup de lieux qui ont une orientation assez activiste dans la scène lyonnaise, comme le Ninkasi, le Marché Gare et l’Epicerie Moderne, sans oublier les cafés concerts. C’est vrai que l’ on a une formule assez particulière en tant qu’ association qui existe depuis douze ans. On a une grosse programmation, on essaie d’aller dans tous les lieux, de travailler avec tout le monde . On essaie aussi de faire de l’émergence de groupes et puis des gros concerts, histoire de pouvoir financer l’activité de l’association. Il existe d‘autres associations dans notre style en France. Par contre je me demande si on n’ est pas la seule association à être dans cette position. On a un statut assez bâtard : on a pas envie d’être un lieu, on nous a déjà proposé d’être un lieu. C’est pas ce que l’on désire même si c’est ce que l’on voulait quand on a commencé au début. Finalement on aime bien être nomade, venir dans un lieu et amener notre ambiance, notre style et notre programmation. Du coup, ça nous permet d’aller faire connaître le petit groupe dans un café concert ou de faire un projet dans une halle d’exposition énorme. On essaie d’aller de l’avant, après c’est pas évident du tout. Les salles sont à louer à chaque fois, donc ça implique des coûts importants, et puis des fois on organise trois concerts en trois jours d’affilé, ça veut aussi dire s’installer trois fois et niveau logistique c’est assez compliqué...
ZYVA : vous avez une grosse équipe maintenant...
Eric : Au sein de Médiatone on est sept à être plus ou moins payé pour faire ce que l’on fait. Ce que l’on appelle des “permittents” entre permanents et intermittents (rire), et puis une trentaine de bénévoles qui sont super fidèles et des nouveaux qui arrivent chaque année. Des jeunes qui sont hyper dynamiques et qui nous aident, sans qui on ne pourrait pas exister.
ZYVA : Et vous en aurez besoin de tout ce beau monde pour la deuxième édition de « Just Rock ? » Comment le festival a débuté ?
Eric : « Just Rock ? », c’est avant tout une rencontre humaine entre les Birdy Birdy Partners avec qui on a fait plein de concerts pop et Indé principalement, et puis Chris du Sirius avec qui on a fait plein de concerts. On partage ce même goût pour la musique Indé, Rock ou Folk. C’est pas un truc que l’on faisait énormément avec Médiatone, c’est risqué à programmer même si c’est un des styles de musique que je préfère et que je suis frustré de ne pas en faire assez. Alors on s’est dit, pourquoi ne pas unir nos forces et faire un festival qui s’appellerait « Just Rock ? » et qui réunirait tous ces styles de musique. Faire un Festival qui ait de la gueule et faire jouer des têtes d’affiches et des groupes plus indépendants, plus difficiles à faire connaître actuellement et qui pourraient bénéficier de l’image d’un tel événement. On est aussi parti du principe qu’il n’y a pas de gros festival Rock à Lyon. Sur la première édition, on a fait cinq dates de suite dans pas mal de lieux différents. Cette année on s’est dit que l’on pourrait aller plus loin et labelliser le Festival sur tout un mois. C’est un peu particulier, ça perd un peu le côté Festival. On commence le 5 novembre et on finit le 23 novembre avec sept dates en tout. On s’est dit aussi que par les temps qui courent aussi, c’était plus facile de proposer un, deux voire trois concerts par semaine sur le mois de novembre, labellisés « Just Rock ? », plutôt que de prendre cinq soirées en une semaine. On voulait étaler tout ça sur un mois. La première édition a perdu un tout petit peu d’argent mais ça nous a permis de continuer et je suis super fier de la programmation de notre deuxième édition. Après on verra si ça parle aux gens autant qu’à moi (rire). Sinon, l’année dernière on avait un plateau au Transbordeur aussi, mais ça ne se fait pas cette année pour des raisons de dates et de disponibilité des groupes aux dates prévues. On s’est donc replié sur des jauges plus petites. Le concert de Bensé qui était prévu au C.C.O. marchait moyen en terme de préventes, on a donc basculé au Sirius. Sur ces sept dates, il y a quatre dates au Sirius avec plus ou moins des découvertes, Herman Dune au Ninkasi Kao qui présente le quatrième album , une soirée au C.C.O. avec Thee silver mount zion et A place to bury strangers ...
ZYVA : Enorme !
Eric : (rire) oui c’est aussi la soirée que je trouve également énorme et puis euh ....
ZYVA : ... l’Epicerie Moderne ?
Eric : Oui l’Epicerie Moderne carrément. On avait jamais fait de concerts à l’épicerie depuis que ça a changé d’équipe, il y a un an et demi à peu près et c’est un lieu qui est carrément dans cette esthétique musicale, avec tout ce qui est un peu Indé. Ils arrivent à faire des trucs excellents et puis du coup c’était un peu logique de travailler avec cette équipe là sur cette édition de « Just Rock ? ». C’est toujours dans une dynamique d’ouverture, unir nos forces pour faire de la découverte. Bon, là en l’occurrence c’est moins de la découverte. On fait passer Foals à l’Epicerie sur lesquels il y a un gros buzz en ce moment, Friendly Fires également. Quand on a décidé de faire Foals il y a quatre mois, Friendly Fires était le groupe support que l’on nous obligeait à prendre avec les Foals et on grognait un peu, on ne connaissait pas. On se disait c’est quoi ce truc et tout (rire) ,et puis entre temps on a écouté et adoré. On a vu ce qu’il se passait pour eux, l’engouement des médias . Il y a aussi le même soir Alister qui est un espèce d’hurluberlu au milieu de tout ça ...
ZYVA : On connaît moins...
Eric : Ben, je dirais que c’est un espèce de Philippe Katherine, complètement déglingué et provoque, dont l’album s’appelle « Aucun mal ne vous sera fait ». Il chante en français, c’est assez dansant, un peu Gainsbourg dans l’attitude dandy qui fume des clopes avec une barbe de sept jours systématique et puis des morceaux aussi super folk, super tristes...
ZYVA : ... et cette programmation, qui en a décidé, comment vous avez procédé ?
Eric : On se réuni autour d’une table, en général dans un bar. Quand je dis « on », c’est les Birdy Birdy Partners, le Sirius et Médiatone. On regarde toutes les sorties et on prend un artiste par ici, un artiste par là. Il y a plein de choses que l’on aurait voulu faire. On a essuyé pas mal d’échecs aussi, pas mal de refus et au final on se retrouve avec une programmation qui a bien de la gueule et dont on est super content.
ZYVA : Oui une belle programmation et l’idée d’étaler tout ça dans le mois de novembre est un bonne idée...
Eric : On avait décidé de faire le festival au début du mois de novembre et on voulait faire tout ça à la suite et puis on s’est aperçu que la plupart des groupes n’étaient disponibles que vers le milieu ou la fin novembre. Il faut aussi savoir que pour les groupes internationaux, le tourneur va caler par exemple dix dates de suite pour la France et nous on s’arrachait les cheveux pour tout caler en une semaine. On s’est dit que le mieux serait de l’étaler sur le mois. L’objectif aussi étant que le concert fait partie de « Just rock ? » donc le public va peut être aussi s’intéresser aux autres concerts en se disant, tient ce concert m’a plu, pourquoi j’irai pas découvrir d’autres dates du festival. C’est aussi plus facile d’avoir des partenariats sur un festival avec des médias. On fait beaucoup de dates sur le mois de novembre, je crois que l’on a 25 dates de prévues en deux mois et demi, ce qui est quand même assez énorme ...
ZYVA : ....Clair !
Eric : ...et pour intéresser les médias aussi en leur disant que c’est sept dates d’un coup. Finalement on aide surtout les groupes en organisant tout cela à plusieurs, avec plusieurs structures organisatrices sous un nom commun, c’est fédérateur.
Titre d’un artiste ou d’un groupe qui pourrait représenter Just Rock ? 2008 : Radiohead - Paranoid Android
Pour le côté à la fois atmosphérique pop, progressif et métallique . Comme il y a pas mal d’ambiances dans ce morceau, ça représente bien la diversité, la douceur, la complexité et le coté Rock de ce que l’on veut faire dans ce festival ... là j’ai presque fait une phrase à la Inrock, non ? (rire)
Eric : Eh bien oui, on a la particularité d’être une association. Bien sûr il y a beaucoup de lieux qui ont une orientation assez activiste dans la scène lyonnaise, comme le Ninkasi, le Marché Gare et l’Epicerie Moderne, sans oublier les cafés concerts. C’est vrai que l’ on a une formule assez particulière en tant qu’ association qui existe depuis douze ans. On a une grosse programmation, on essaie d’aller dans tous les lieux, de travailler avec tout le monde . On essaie aussi de faire de l’émergence de groupes et puis des gros concerts, histoire de pouvoir financer l’activité de l’association. Il existe d‘autres associations dans notre style en France. Par contre je me demande si on n’ est pas la seule association à être dans cette position. On a un statut assez bâtard : on a pas envie d’être un lieu, on nous a déjà proposé d’être un lieu. C’est pas ce que l’on désire même si c’est ce que l’on voulait quand on a commencé au début. Finalement on aime bien être nomade, venir dans un lieu et amener notre ambiance, notre style et notre programmation. Du coup, ça nous permet d’aller faire connaître le petit groupe dans un café concert ou de faire un projet dans une halle d’exposition énorme. On essaie d’aller de l’avant, après c’est pas évident du tout. Les salles sont à louer à chaque fois, donc ça implique des coûts importants, et puis des fois on organise trois concerts en trois jours d’affilé, ça veut aussi dire s’installer trois fois et niveau logistique c’est assez compliqué...
ZYVA : vous avez une grosse équipe maintenant...
Eric : Au sein de Médiatone on est sept à être plus ou moins payé pour faire ce que l’on fait. Ce que l’on appelle des “permittents” entre permanents et intermittents (rire), et puis une trentaine de bénévoles qui sont super fidèles et des nouveaux qui arrivent chaque année. Des jeunes qui sont hyper dynamiques et qui nous aident, sans qui on ne pourrait pas exister.
ZYVA : Et vous en aurez besoin de tout ce beau monde pour la deuxième édition de « Just Rock ? » Comment le festival a débuté ?
Eric : « Just Rock ? », c’est avant tout une rencontre humaine entre les Birdy Birdy Partners avec qui on a fait plein de concerts pop et Indé principalement, et puis Chris du Sirius avec qui on a fait plein de concerts. On partage ce même goût pour la musique Indé, Rock ou Folk. C’est pas un truc que l’on faisait énormément avec Médiatone, c’est risqué à programmer même si c’est un des styles de musique que je préfère et que je suis frustré de ne pas en faire assez. Alors on s’est dit, pourquoi ne pas unir nos forces et faire un festival qui s’appellerait « Just Rock ? » et qui réunirait tous ces styles de musique. Faire un Festival qui ait de la gueule et faire jouer des têtes d’affiches et des groupes plus indépendants, plus difficiles à faire connaître actuellement et qui pourraient bénéficier de l’image d’un tel événement. On est aussi parti du principe qu’il n’y a pas de gros festival Rock à Lyon. Sur la première édition, on a fait cinq dates de suite dans pas mal de lieux différents. Cette année on s’est dit que l’on pourrait aller plus loin et labelliser le Festival sur tout un mois. C’est un peu particulier, ça perd un peu le côté Festival. On commence le 5 novembre et on finit le 23 novembre avec sept dates en tout. On s’est dit aussi que par les temps qui courent aussi, c’était plus facile de proposer un, deux voire trois concerts par semaine sur le mois de novembre, labellisés « Just Rock ? », plutôt que de prendre cinq soirées en une semaine. On voulait étaler tout ça sur un mois. La première édition a perdu un tout petit peu d’argent mais ça nous a permis de continuer et je suis super fier de la programmation de notre deuxième édition. Après on verra si ça parle aux gens autant qu’à moi (rire). Sinon, l’année dernière on avait un plateau au Transbordeur aussi, mais ça ne se fait pas cette année pour des raisons de dates et de disponibilité des groupes aux dates prévues. On s’est donc replié sur des jauges plus petites. Le concert de Bensé qui était prévu au C.C.O. marchait moyen en terme de préventes, on a donc basculé au Sirius. Sur ces sept dates, il y a quatre dates au Sirius avec plus ou moins des découvertes, Herman Dune au Ninkasi Kao qui présente le quatrième album , une soirée au C.C.O. avec Thee silver mount zion et A place to bury strangers ...
ZYVA : Enorme !
Eric : (rire) oui c’est aussi la soirée que je trouve également énorme et puis euh ....
ZYVA : ... l’Epicerie Moderne ?
Eric : Oui l’Epicerie Moderne carrément. On avait jamais fait de concerts à l’épicerie depuis que ça a changé d’équipe, il y a un an et demi à peu près et c’est un lieu qui est carrément dans cette esthétique musicale, avec tout ce qui est un peu Indé. Ils arrivent à faire des trucs excellents et puis du coup c’était un peu logique de travailler avec cette équipe là sur cette édition de « Just Rock ? ». C’est toujours dans une dynamique d’ouverture, unir nos forces pour faire de la découverte. Bon, là en l’occurrence c’est moins de la découverte. On fait passer Foals à l’Epicerie sur lesquels il y a un gros buzz en ce moment, Friendly Fires également. Quand on a décidé de faire Foals il y a quatre mois, Friendly Fires était le groupe support que l’on nous obligeait à prendre avec les Foals et on grognait un peu, on ne connaissait pas. On se disait c’est quoi ce truc et tout (rire) ,et puis entre temps on a écouté et adoré. On a vu ce qu’il se passait pour eux, l’engouement des médias . Il y a aussi le même soir Alister qui est un espèce d’hurluberlu au milieu de tout ça ...
ZYVA : On connaît moins...
Eric : Ben, je dirais que c’est un espèce de Philippe Katherine, complètement déglingué et provoque, dont l’album s’appelle « Aucun mal ne vous sera fait ». Il chante en français, c’est assez dansant, un peu Gainsbourg dans l’attitude dandy qui fume des clopes avec une barbe de sept jours systématique et puis des morceaux aussi super folk, super tristes...
ZYVA : ... et cette programmation, qui en a décidé, comment vous avez procédé ?
Eric : On se réuni autour d’une table, en général dans un bar. Quand je dis « on », c’est les Birdy Birdy Partners, le Sirius et Médiatone. On regarde toutes les sorties et on prend un artiste par ici, un artiste par là. Il y a plein de choses que l’on aurait voulu faire. On a essuyé pas mal d’échecs aussi, pas mal de refus et au final on se retrouve avec une programmation qui a bien de la gueule et dont on est super content.
ZYVA : Oui une belle programmation et l’idée d’étaler tout ça dans le mois de novembre est un bonne idée...
Eric : On avait décidé de faire le festival au début du mois de novembre et on voulait faire tout ça à la suite et puis on s’est aperçu que la plupart des groupes n’étaient disponibles que vers le milieu ou la fin novembre. Il faut aussi savoir que pour les groupes internationaux, le tourneur va caler par exemple dix dates de suite pour la France et nous on s’arrachait les cheveux pour tout caler en une semaine. On s’est dit que le mieux serait de l’étaler sur le mois. L’objectif aussi étant que le concert fait partie de « Just rock ? » donc le public va peut être aussi s’intéresser aux autres concerts en se disant, tient ce concert m’a plu, pourquoi j’irai pas découvrir d’autres dates du festival. C’est aussi plus facile d’avoir des partenariats sur un festival avec des médias. On fait beaucoup de dates sur le mois de novembre, je crois que l’on a 25 dates de prévues en deux mois et demi, ce qui est quand même assez énorme ...
ZYVA : ....Clair !
Eric : ...et pour intéresser les médias aussi en leur disant que c’est sept dates d’un coup. Finalement on aide surtout les groupes en organisant tout cela à plusieurs, avec plusieurs structures organisatrices sous un nom commun, c’est fédérateur.
Titre d’un artiste ou d’un groupe qui pourrait représenter Just Rock ? 2008 : Radiohead - Paranoid Android
Pour le côté à la fois atmosphérique pop, progressif et métallique . Comme il y a pas mal d’ambiances dans ce morceau, ça représente bien la diversité, la douceur, la complexité et le coté Rock de ce que l’on veut faire dans ce festival ... là j’ai presque fait une phrase à la Inrock, non ? (rire)


