SHOTU

Interview de SHOTU
Date : 04/10/2008
Lieu : Eurexpo
Par : HMK, Jagunk

Rencontre avec le Dj trance/Psychédélique Shotu. Le Frenchy est de retour à Lyon apres un passage aux soirée hypnotik il y a deux ans et un passage plus récent  il y a quelques mois au Reperkusound.

Zyva : On a de la chance de se croiser car ça risque d’être blindé, il y a pas mal de monde.

 

Shotu : Oui, 5000 personnes. Il y a une capacité de 5000 personnes. J’étais venu ici au mois d’Avril et il devait y avoir 4000 personnes et c’était déjà bien plein. C’était pour le ReperkuSound avec Mediatone.

 

Zyva : Et ça s‘est bien passé ?

 

Shotu : Oui bien. J’étais le seul artiste français de la soirée et je me suis retrouvé au milieu du breakbeat, drum’n bass. Au début les gens étaient un peu statiques et au bout de 20 minutes les gens se sont mis dedans et c’était génial. C’était cool !

 

Zyva : Et tu viens souvent sur Lyon ?

 

Shotu : A la base je suis originaire de Bretagne et ça fait 4 ans que je suis installé à Grenoble et en fait c’est l’association Hadra qui m’a attirée, l’association française à mon avis la plus sérieuse ; Donc ça m’a attiré. Je fais de la trance/psychédélique. Je suis venu ici, je les ai rencontrés et je me suis de plus en plus investi. Je suis donc implanté là bas et je viens régulièrement à Lyon. Je fais des allés retours. En une heure de route ça va vite.

 

Zyva : Et sinon pour toi c’est quoi la différence entre la trance et la trance/psychédélique ?

 

Shotu : Globalement c’est la même chose. Après il y a de la trance plus progressive qui va se rapprocher un peu de la techno minimale qu’on peut avoir dans la grande salle qui n’a pas d’effet hypnotique vraiment. Et t’as la trance/psychédélique qui a des sons psychédéliques qui sont difficiles à expliquer. On peut comparer le rock psychédélique comme par exemple les Doors, Pink Floyd qui ont des sons qui font planer les gens, entre guillemets, et le rock pur et dur. C’est la différence que j’ai trouvé entre la trance simple et la trance/psychédélique. Moi je dis que je fais de la trance par exemple, plus psyché de nuit !

 

Zyva : Et t’en fais depuis longtemps ?

 

Shotu : En fait moi j’étais dans le hard techno/hardcore en Bretagne et j’ai fait ma première trance/psychédélique en 98 à Ibiza. Et là je suis tombé amoureux direct des couleurs, du sourire des gens et de la musique comparé au milieu hard tech/technival qui devenait glauque, trop kaki, top dark, malsain. Trop malsain pour moi. Et avec la trance j’ai trouvé des gens plus sérieux, organisés, de la musique positive avec des gens qui viennent faire la fête et qui s’amusent et ça, ça m’a vraiment attiré. Et dans les technivals il y avait trop de gens la tête dans les capuches à regarder par terre limite à t’agresser si tu lui fais un sourire. Je ne veux pas généraliser mais la trance c’est ce qui m’a attiré le plus avant tout. C’est pour ça que ma trance est une trance bien marquée car mes racines sont quand même hard tech/hardcore et donc j’ai quand même une réputation à avoir un style assez pêchu.

 

Zyva : Et t’as déjà joué dans d’autres pays ?

 

Shotu : Oui et paradoxalement, sauf pour cette année, je joue plus à l’étranger qu’en France. A part l’Hadra, la plus sérieuse il n’y a pas beaucoup d’organisations en France présentes. Maintenant c’est aussi devenu tellement difficile d’organiser des évènements légaux en France, que les gens soit ils ont laissé tomber, soit ils sont tombés dans la free party donc dans la technival il n’y a aucune organisation et c’est le bordel. Ce n’est pas l’esprit France. Des fêtes organisées il n’y en a pas tant que ça. L’argent vient des subventions de l’Etat qui nous sauvent car on est reconnu, on montre que l’on est organisé, que l’on peut monter un évènement sérieux avec les normes de sécurité. C’est pour ça qu’à l’étranger c’est pas pareil.

 

Zyva : Quels pays ?

 

Shotu : Au Brésil, au Japon mais c’est en train de s’éteindre un petit peu, c’était la folie là bas, mais au Brésil c’est le boom, il y a des fêtes tous les week end avec 10 000 personnes. J’y suis allé régulièrement. Mon premier séjour au Brésil c’était il y a 3 ans. Et là j’y suis retourné cette année deux fois pour un festival pour le nouvel an qui se passe chaque année sur la plage, et au mois de Juin c’était juste une soirée dans un club et il y avait 5000 personnes donc ça va ! En tout cas là bas ça cartonne. Le public est un peu différent qu’en France. Là bas on va dire que c’est le phénomène de mode des 16-18 ans qui écoutent de la trance. Voila là bas la trance, c’est le boom. On écoute çà dans les bars, dans les restaurants.

 

Zyva : Donc ils appréhendent le truc différemment.

 

Shotu : Oui complètement différemment. Le public est différent, je vais critiquer mais le public brésilien ressemble au public du « dance machine », très jeune, très commercial entre guillemets. Le public européen est plus free, un peu plus teufeur, camion, différent quoi. Mais bon on s’amuse bien, j’aime beaucoup le Brésil, la bouffe là bas c’est excellent. Sinon dans d’autres pays je me suis rendu à San Francisco l’année dernière aussi et autrement en Europe j’ai fait toutes les capitales de Norvège, Danemark, Angleterre de manière régulière mais aussi l’Italie, le Portugal où ça bouge énormément, Hongrie, Tchéquie, Allemagne.

 

Zyva : Et au festival en Ukraine qui devait durer 3-4 semaines?

 

Shotu : En Ukraine j’y suis pas allé cet été mais je devais y aller en septembre mais ça été annulé au dernier moment mais j’irais bientôt. Mais de ce festival j’en ai entendu parler.

 

Zyva : C’est un truc énorme il y a tout le monde qui débarque en masse c’est vraiment phénoménal.

 

Shotu : Donc voilà la trance c’est ma passion, je fais que ça.

 

Zyva : Que ça, tu fais rien à coté ?

 

Shotu : Je n’ai pas trop le temps en fait. En fait à la base j’ai commencé à être DJ trance. En 98 j’ai fait mon premier set trance, en 2000 j’ai fait mon premier festival  trance, et là j’ai pris ma claque et là j’ai décidé de devenir DJ et j’ai commencé à apprendre le mixing en 2000, j’ai réellement commencé la création en 2003-2004 et j’ai fait mon premier live ici pour Hypnotik il y a 2 ans.

 

Zyva : T’arrives à en vivre ?

 

Shotu : Non je n’arrive pas à en vivre. C’est très difficile. Je bosse en intérim à coté l’hiver pendant 6 mois et je garde l’été pour faire de la musique. Et pour en revenir à ça, depuis que je fais de la musique et du live j’ai même plus trop le temps d’écouter de la trance pour faire mes DJ set tellement je suis sur mon ordinateur à faire mes sons, propre à moi de la création et donc j’ai même plus le temps d’écouter le reste donc de là à écouter d’autres styles de musique…non j’ai même pas le temps. Je connais rien de ce qui se passe à la radio. Je suis complètement perdu, je suis dans mon monde à moi, dans ma bulle psychédélique. J’espère en vivre un jour mais c’est très difficile. J’essaye d’être intermittent du spectacle comme j’ai la chance de faire partie de l’asso. C’est une rare structure dans laquelle je peux déclarer tous les cachets malgré l’endroit où je vais jouer dans le monde ou en France même si c’est pas une soirée déclarée, moi je leur donne une facture après ils en font ce qu’ils veulent, ils la déclarent ou pas. Nous on est réglo et je leur fais un bulletin de salaire derrière ça. Le problème : sur un caché de 400€ je récupère 180€ donc c’est un peu difficile mais le but c’est d’être intermittent du spectacle. Si j’arrive en gros à me faire 8000 ou 9000€ dans l’année là t’es intermittent du spectacle. Si t’arrive pas à les faire t’as perdu tes cachets que tu t’es fait dans l’année. Pour l’instant je n’y suis pas arrivé et ça fait 3 ans que je déclare et je n’y arrive pas. J’y arriverais peut être un jour. J’ai sorti un album et ça m’a bien poussé sur la scène internationale et là je vais sortir un 2éme album et j’espère que ça va être encore un plus. J’ai envie de vivre de cette passion mais ce n’est pas facile.

 

Zyva : C’est sûr, surtout si tu dois convaincre à l’étranger car en France ce n’est pas aussi simple que ça.

 

Shotu : Non non c’est sûr surtout c’est pas évident du tout quand on voit le peu d’organisations sérieuses qu’on a. Il y a combien de plans foireux où on revient sans argent, limite on s’est payé soi-même sur le trajet. Non mais des fois la soirée se plante complètement ; c’est des organisations pas sérieuses. Des fois c’est sérieux comme ce soir où il pourrait y avoir plantage, l’asso elle paye, il y a une sécurité mais c’est pas partout comme ça.

 

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