[T]ÉKËL

Interview de [T]ÉKËL
Date : 04/10/2008
Lieu : Eurexpo
Par : HMK, Jagunk

Après leur set apprécié par le dancefloor de la soirée Hypnotic (Elektro system) à Eurexpo (Lyon), nous retrouvons les deux parisiens de [T]ÉKËL, jamais avares de bonnes phrases. Le duo prépare de son côté son nouvel album et il faudra donc s’attendre à entendre parler de lui en 2009…

ZYVA : Vous êtes contents de votre prestation ?

 

Loïc Le Guillou : Ouais, ouais c’est cool, c’était bien de jouer dans des conditions comme ça, avec un grand public, du bon son, une bonne scène,… C’est toujours agréable quoi !

 

ZYVA : C’est clair que ce soir y’a du monde ! Sinon ça fait combien temps maintenant que vous faites ça ?

 

Julien Briffaz : 4 ans !! On a commencé par faire de la musique instrumentale, on était batteur et guitariste dans un groupe de rock et puis on a dérivé sur ça ! Ça nous a bien plu car on n’a pas besoin de motiver 5 personnes pour faire de la musique, tu peux le faire à 2 et tu contrôles ton emploi du temps comme tu veux !

Loïc Le Guillou : Après il y avait un cheminement un peu logique dans le fait qu’on faisait du rock avec beaucoup d’effets, donc on a acheté des machines et voilà !

 

ZYVA : Et vous venez d’où déjà ?

 

Loïc Le Guillou : Comment ça ?

 

ZYVA : De quelle ville ?

 

Julien Briffaz : Ah !! De Paris ! On habite le même quartier, à 200 mètres l’un de l’autre. On se sépare jamais ! (rires)

 

ZYVA : (rires) Le duo inséparable !! Vous vous êtes connus comme ça, car vous étiez du même quartier ?

 

Julien Briffaz : Non non, on s’est connus par petites annonces ! (rires)

Loïc Le Guillou : Je cherchais une chienne en chaleur et…

Julien Briffaz : Et c’était moi !!! (rires) Vous l’écrirez texto, ça !!!!

 

ZYVA : (rires) Fais-nous confiance !!!

 

Julien Briffaz : Non c’est vrai que des fois on tombe sur des relous par petites annonces et là tout s’est bien passé !! (rires)

 

ZYVA : (rires) C’est l’exception qui confirme la règle ! Et vous faites d’autres dates sinon après ?

 

Julien Briffaz : On en fait une à Paris bientôt, dans un endroit marrant, pour ceux qui connaissent Paris, c’est au pied de la Seine…dans le Pied du pont en fait !

 

ZYVA : C’est à l’extérieur ?

 

Julien Briffaz : Non c’est un pied en pierre, qui est super gros et y’a une salle dedans ! C’est très bizarre ! On a déjà joué là-bas au nouvel an, c’était cool ! Et après on va s’arrêter un peu car maintenant on va se produire nous-mêmes. On veut changer le live, mettre des nouveaux morceaux,…donc ça va prendre un peu de temps.

 

ZYVA : Là, ce soir, ce que vous avez joué, c’était que des anciens morceaux ?

 

Julien Briffaz : Euh, y’avait que des trucs qui ont plus d’un an ! Mais on veut aussi changer la manière de faire, donc voilà !

 

ZYVA : Mais en quatre ans, vous avez sorti combien d’albums ? 1 ? 2 ?

 

Julien Briffaz : 1 ! En 2006 ! On a fait une tournée derrière, et ensuite on a quitté notre maison de disque ! On a mis du temps à en retrouver une, tant et si bien qu’on a décidé de s’autoproduire finalement ! Et puis le marché est tellement désastreux qu’on va prendre les choses en mains afin de faire les choses nous-mêmes ! En fait on va créer un site…attention c’est une exclu qu’on vous donne, on a décidé ça hier !

 

ZYVA : Yeah !!!  

 

Julien Briffaz : En fait, on va donner notre musique ! Elle sera gratuite !

 

ZYVA : Vous allez vivre que de vos lives en fait ?!

 

Julien Briffaz : Voilà exactement !  Ou alors de l’argent généré autrement, mais pas par les ventes parce qu’il faut plus compter là-dessus et puis de toute façon ça fait chier donc…

Loïc Le Guillou : De toute façon il faut partir du constat que tout le monde télécharge, donc à un moment donné tu vas gagner 3 sous avec 2 disques d’un côté mais en perdre beaucoup de l’autre…quitte à perdre, vaut mieux donner !! C’est comme les producteurs de fruits et légumes, au lieu de vendre leurs produits dans les supermarchés pour rien du tout, ils préféreraient les donner non ? Bah nous c’est pareil ! Maintenant la musique tu la trouves partout, t’as plus besoin d’acheter de disques…

Julien Briffaz : L’autre jour, je cherchais [T]ÉKËL sur internet comme je le fais parfois, et je suis tombé sur des morceaux que j’avais même oubliés ! On trouve ce que tu veux ! C’est assez flippant parfois.

 

ZYVA : Et vous arrivez à en vivre ?

 

Julien Briffaz : Bah oui, tant bien que mal !

 

ZYVA : En tant qu’intermittent ?

 

Julien Briffaz : Non non, nous on a choisi de faire une société donc de nous payer directement ! C’est un choix comme un autre. De tout façon, on pensait que l’intermittence allait sauter dans pas longtemps donc à préférer anticiper…Avec Tonton Nico tout est possible…

Loïc Le Guillou : Puis dans le milieu électro, c’est rare de voir des mecs qui veulent te payer en cachets d’intermittence, ils préfèrent rémunérer une structure plutôt.

 

ZYVA : Et vous faites des dates un peu à l’étranger ?

 

Julien Briffaz : Ouais on a fait l’Espagne, l’Angleterre, l’Allemagne, la Belgique,…Les USA c’est dur d’y accéder et puis en plus je prends pas l’avion… J’ai peur en avion !

 

ZYVA : Forcément c’est pas évident ! Sinon vous écoutez quoi en ce moment ?

 

Julien Briffaz : Bah ça va paraître un peu prétentieux mais quand tu fais de la musique pendant 8 heures par jour, t’as pas forcément envie d’en écouter quand tu rentres le soir !

 

ZYVA : C’est un avis tellement différent en fonction des artistes… Y’en a qui ne s’en passent jamais et ont besoin d’aller écouter ce que font les autres…

 

Julien Briffaz : Oui c’est sûr ! Après, nous, on partage notre studio avec pleins de gens dont Cosmo Vitelli, qui est un bon pote à nous, et lui c’est une encyclopédie du vinyle, donc toute la journée, il nous fait écouter plein de trucs. Mais ce n’est pas une démarche personnelle ! Je connais mes classiques, on écoute un peu ce qui se fait pour être au courant mais on n’est pas des bouffeurs de musique comme peuvent l’être certaines personnes !

 

ZYVA : Donc qu’est-ce qui vous a fait passer du statut de musicien au statut de live électro ?

 

Julien Briffaz : Bah c’est ce qu’on disait un peu au début. On avait envie d’expérimenter. C’est des machines rigolotes au final, c’est marrant tous ces effets, les sampleurs,… !

 

ZYVA : Oui, y’a pas un artiste qui vous a donné envie d’aller vers un milieu plus électro ?

 

Julien Briffaz : Si, nous on sort un peu du début de la minimale. On a commencé en 97, c’était le début de la House, tous ces trucs là, on aimait bien. Aujourd’hui on écoute ce qui se fait, y’a des trucs supers biens comme des supers nuls, faut savoir faire son tri…! Oula, y’a un mort là, prends-le en photo !! (rires)

(À ce moment-là, il y a une personne sur une civière qui passe, apparemment  mal en point…)

 

ZYVA : Pour l’anecdote, pour ceux qui verront les photos de l’interview, tu peux peut-être expliquer le pourquoi de tes lunettes cassées ?

 

Julien Briffaz : Je remercie Juliette, mon amie avec qui je partage ma vie, qui m’a cassé mes lunettes en marchant dessus au réveil, maintenant j’ai l’air con, merci Juliette ! (rires)

 

ZYVA : (rires) Merci à vous !

 

Titre d’un artiste ou d’un groupe qui pourrait vous représenter vous ou votre musique :

Head – Prince (Julien Briffaz)

« Moi j’aurais plutôt dit Marvin Gaye » (Loïc Le Guillou)

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