LAETITIA SHERIFF
Après 4 ans d’absence, Laëtitia Sheriff revient avec un nouvel album « Games Over » et s’arrête par chez nous, plus précisément à l’Epicerie Moderne de Feyzin afin de nous faire découvrir son univers en live.
ZYVA : C’est pas la première fois que tu passes à Lyon ?
Laëtitia Sheriff : A Feyzin si !
ZYVA : Oui mais pas à Lyon, la dernière fois c’était au Transbordeur y’a 4 ans à peu près ?
Laëtitia Sheriff : C’est ça ! Avec Pierre Bondu et Mobiil !
ZYVA : Et ça s’était bien passé ?
Laëtitia Sheriff : Ouais ! Carrément ! C’est bien chouette quand une salle peut proposer deux façons…euh enfin y’a la grande salle et le petit club, et nous on était dans le petit ! Et je me souviens y’avait un cinglé, qui est un ami à nous maintenant, qui distribuait des petites tiges lumineuses...Vous savez celles qu’on fait brûler pendant les anniversaires ! Donc on s’est retrouvé avec une quarantaine de personnes qui avaient ça dans la main ! Donc voilà c’est le souvenir que j’en ai.
ZYVA : Y’a un truc qui nous a interloqué quand on est allé se renseigner sur toi, c’est qu’au final tu as fait 2 albums avec 4 ans d’écart, pourquoi tu as attendu si longtemps ?
Laëtitia Sheriff : Bah finalement j’ai pas attendu parce que j’ai fait d’autres choses à côté, de façon un peu plus régionale car maintenant j’habite en Bretagne. J’ai un autre groupe. On a sorti un disque l’année dernière mais on a mis pas mal de temps à le faire, du style 2 ans, et en plus c’est un autoproduit ! On n’est pas forcément aussi bien distribué que les 2 albums que j’ai pu faire. Il se passe plein de choses entre ces périodes là en fait mais on n’a pas les moyens d’informer les gens et puis je suis très très loin du cliché des personnes qui ont besoin de s’enfermer, se concentrer pour préparer un deuxième album ! On m’a souvent posé la question ! Le monde est vaste, y’a des rencontres qui sont à un endroit…Y’a des petits groupuscules…Après si je vous parle de Rennes, c’est pas un petit groupe au contraire, il se passe beaucoup de choses ! C’est un vivier qui grouille de gens qui ont des choses à proposer, à partager,…
ZYVA : Et justement, cette scène dont tu parles, on a l’impression qu’elle ne s’exprime pas forcément à Paris mais on la retrouve plus peut-être en Province non ?
Laëtitia Sheriff : Si, si c’est vrai ! Bah c’est vrai que Paris reste le centre du monde concernant la diffusion,…La portée médiatique est souvent plus dense quand on a fait quelques dates à Paris ! Mais après, il se passe des choses partout aussi. C’est un peu comme dire que le monde est pourri ! Non il se passe plein de belles choses partout, faut essayer d’éviter les concentrations d’idées…!
ZYVA : Vous faites une belle tournée d’ailleurs ! Vous êtes loin d’être « Game Over » (le deuxième album de L.Sheriff s’appelle Games Over) sans mauvais jeu de mots ! (rires)
Laëtitia Sheriff : Oui (rires), on va retrouver des gens qu’on a pu rencontrer lors du premier disque même avant car on avait fait une trentaine de dates en trio, et moi j’en avais fait aussi avant, quand j’étais toute seule ! Après je pense qu’il y a beaucoup de changements, actuellement, concernant la situation de certains programmateurs, acteurs culturels, salles,…Ils se retrouvent sclérosés car au niveau des subventions, et avec la politique culturelle mise en place…
ZYVA :…On leur coupe l’herbe sous le pied…
Laëtitia Sheriff : Ouais ! J’ai un peu de mal avec cette politique là et je sens vraiment une différence entre le premier disque et le deuxième ! Après faut vivre avec son temps mais je pense plutôt aux autres qui ont besoin de pourvoir jouer, exercer leur métier…de passer du statut d’amateur à professionnel ! En sachant que je ne sais pas qu’est-ce qui définit un artiste professionnel ?!
ZYVA : Et sinon le fait que tu chantes en anglais, ça ne t’ouvres pas plus de portes pour t’exporter à l’étranger ?
Laëtitia Sheriff : Si, bah petit à petit, c’est vrai que j’en parle au tourneur avec qui je bosse, qui lui est un peu restreint en terme de réseau à l’étranger…On a joué beaucoup en Suisse, en Belgique, en Italie mais après je sais que j’ai des envies, même si j’ai pas la prétention de plaire à l’étranger. C’est un peu compliqué, mais il faut trouver les rencontres au bon moment. Y’a pas longtemps j’ai rencontré l’ex-chanteur de Girls Against Boys, qui maintenant a un groupe qui s’appelle Paramount Style, on a fait une date commune et après le concert on n’a pas arrêté de parler. On s’est dit que ce serait bien qu’on associe les gens qui s’occupent de nous…De toute façon, Scott McCloud m’a bien prévenu que New York c’est pas ce qu’on croit ! En Europe, les gens ont une vision des Etats Unis vachement grandiloquente alors que quand tu vas là-bas, c’est pour jouer dans des petits clubs ! Après moi je suis prête à faire ça ! En Angleterre, c’est la même chose ! Alors qu’en France, finalement on est bien lotis, c’est paradoxal ! On a de belles salles, de belles infrastructures,… Il faut défendre notre système culturel qui est unique en Europe. Moi, ça me fait rager qu’on puisse faire des économies dans ce domaine là, qui représente uniquement 1% du budget national ! 1% !! Et après on parle de rentabilité…
ZYVA : Surtout actuellement…
Laëtitia Sheriff : On voulait une politique culturelle claire et limpide, on l’a !!! Remplir les salles…Il me reste, j’espère, quelques années encore devant moi, je vais devoir me spécialiser en économie, pour pouvoir comprendre comment fonctionne un lieu de diffusion, les institutions…Mais c’est clair que, entre guillemets, on a de la chance en France !
ZYVA : Tu arrives à vivre de ta musique ?
Laëtitia Sheriff : Oui je ne suis plus intermittente ! Ca c’est encore un sujet intéressant ! Après on est obligé de faire de la promo pour l’album, tout ça…Battre le fer tant qu’il est chaud ! Surtout que l’album a pris du retard car il devait sortir normalement en septembre-octobre 2007…
ZYVA : Comment ça se fait ?
Laëtitia Sheriff : C’est très compliqué ! Euh… Pour des raisons de communication et d’organisation…
ZYVA : Tu n’es pas obligée de te justifier, y’a pas de souci…
Laëtitia Sheriff : Non non c’est pas ça mais c’est un peu long à expliquer. Quand y’a plusieurs interlocuteurs ça peut un peu cafouiller. Et puis comme les gens avec qui je travaille essaient vraiment de trouver une façon de fonctionner qui n’est pas ordinaire, du coup c’est encore plus compliqué. Il faut se gratter la tête !
ZYVA : Sinon tu as le temps d’acheter des cds, d’aller voir ce que les autres artistes peuvent faire ?
Laëtitia Sheriff : Totalement ! C’est pas possible que je fasse sans et ce depuis toujours quasiment ! Là j’attendais à Rennes la rentrée des concerts. Je suis déjà allée voir 2 concerts en 4 jours. Sinon niveau disque, on a notre disquaire qui a fermé…grande tristesse…Sinon on est obligés d’aller au Virgin ! Mais bon ça va les vendeurs restent assez connaisseurs et ils savent te renseigner. Et puis là, j’achète beaucoup de vinyles, en braderie, brocante…enfin beaucoup…je commence juste.
ZYVA : Ah bon ?! Ca t’est venu comme ça ?
Laëtitia Sheriff : C’est assez anecdotique ! J’ai retrouvé un de mes parents qui se trouvait être un grand collectionneur de vinyles et quand je suis repartie de chez lui y’a pas longtemps, je suis revenue avec 15 disques ! Voilà ! Et puis plein de gens autour de moi aussi qui sont amoureux de l’objet comme moi ! Sinon je suis assez bonne spectatrice…quand je n’aime pas, je m’en vais !
ZYVA : On sera prévenus ! Merci !
Laëtitia Sheriff : De rien !
Titre d’un artiste ou d’un groupe qui te représente toi ou ta musique :
Beauty Pill – Goodnight for real





