ZITA SWOON
Le soleil vient de se coucher sur le Parc de Miribel Jonage, la nuit accueillant les Belges de Zita Swoon, tout juste arrivés sur le site de Woodstower. Stef Kamil Carlens, (Ancien bassiste et seconde voix du groupe dEUS) fondateur et chanteur de la formation, nous rejoint avec le sourire. Nous nous installons vers la petite scène du festival pour une petite discussion avant leurs balances.
Zyva : Bonjour, merci de nous recevoir. Vous êtes arrivés il y a longtemps ?
Stef Kamil Carlens : non, aujourd'hui, hier on a joué à Beauvais.
Zyva : C'était dans le cadre d'un festival aussi ?
Stef Kamil Carlens : C'est un festival gratuit sur une petite place, qui dure tout l'été je crois. Il devait y avoir 400 personnes. Et demain, on part pour l'Italie où on a deux dates. Après, on rentre pour repartir pour de nombreuses dates jusqu'en mars à peu près.
Zyva : On a déjà eu l'occasion de vous voir en concert, et je me demandais si ce soir vous alliez jouer en cercle avec le public autour ?
Stef Kamil Carlens : Non, pas ce soir, on va jouer sur scène. Sur les festivals, c'est un peu compliqué de jouer en cercle. Le son est très bas et il y a souvent d'autres scènes, tout le monde n'écoute pas. En plein air, l'acoustique n'est pas très bonne. Sauf quand il y a des arbres, là ça créé une certaine acoustique. Je ne sais pas pourquoi mais avec les feuilles le son est cassé d'une façon très particulière. En général, on joue en cercle uniquement en salle. Mais par exemple, en Italie, pour les deux dates à Ravenne et près de Rome, on devrait jouer en cercle sur la plage. C'est dans un bar sur la plage mais je ne sais pas trop où ils vont nous mettre. (rires) (ndlr : le 2 septembre, sur la terrasse de l'HanaBi, un bar qui donne sur la plage, le public italien a salué une bonne performance)
Zyva : Vous êtes assez reconnu pour ce que vous faites, mais j'ai l'impression qu'on ne vous voit pas souvent en France.
Stef Kamil Carlens : On joue assez régulièrement en France. Là, en octobre, on a une tournée de dix dates. On essaie de faire des festivals mais c'est pas toujours facile. On a un tourneur en France qui travaille beaucoup. Après, on ne fait plus n'importe quoi, on essaie d'avoir des concerts intéressants. En fait, on essaie surtout de ne plus faire de concerts où on perd de l'argent. On a fait ça pendant deux ou trois années, assez souvent, ça devient difficile à la fin. Donc, il faut au moins, si l'on ne gagne pas d'argent, surtout qu'on aille pas en perdre. Il y a le bus qui coute cher, il faut que je paie les musiciens...
Zyva : parce que c'est toi qui gères ?
Stef Kamil Carlens : oui.
Zyva : Et la formation, elle a changée ?
Stef Kamil Carlens : non, pas beaucoup. Il y un musicien qui est parti maintenant. Mais, dans cette formation, on est tous là depuis cinq ans. Avant, il y avait une autre formation qui a aussi duré dix ans. Mais je garde les mêmes musiciens sur un projet.
Zyva : Et, à votre avis, pourquoi il y a ce manque de diffusion en France ?
Stef Kamil Carlens : Je pense qu'on a pas toujours fait une musique très évidente, ou des titres faits pour passer à la radio. J'espère que ça va évoluer.
Zyva : Depuis le temps, vous avez pas mal évolué, qu'est-ce que tu peux nous en dire ?
Stef Kamil Carlens : Chaque disque, chaque tournée est une sorte d'évolution. Quand j'étais plus jeune, pour le premier disque que j'ai fait quand j'avais 24 ans, j'avais plein d'influences, des disques à digérer, avec aussi les expériences des autres musiciens. Maintenant, j'approche des 40 ans, j'ai digéré beaucoup de choses, donc je suis un peu plus stable. J'ai l'impression que ce qu'on fait est beaucoup plus stable.
Zyva : Il y a quelque temps on parlait beaucoup de la « scène Belge », ce n'est plus trop le cas maintenant...
Stef Kamil Carlens : et tant mieux !
Zyva : Pourquoi ?
Stef Kamil Carlens : Je trouve que c'est une drôle d'expression. Je n'ai jamais vu quelqu'un parler de « scène Française » en Belgique, c'est trop large. Il y a tellement de trucs différents. Je ne pense pas que les frontières d'un pays puissent déterminer les styles de musique. Sauf si il y a une école particulière avec des groupes qui se retrouvent. Par exemple, j'aime beaucoup Girls In Hawaï, je me sens assez proche de ce qu'ils font, même si je ne les connais pas.
Zyva : Et il y a d'autre groupes que tu écoutes en ce moment ?
Stef Kamil Carlens : Oui, il y a un groupe, mais il n'est pas très connu en France, c'est Donkey Diesel. Sinon il y a trop de groupes Pop qui font de la musique pour la radio. Ça me semble très vide tout ça.
Zyva : Après est-ce qu'il y a un public pour aller voir plus loin que ces groupes là ?
Stef Kamil Carlens : Je pense que des groupes comme dEUS ou comme nous, le fait qu'on ait eu un grand succès en Belgique, ça prouve que le public est très ouvert. Le problème c'est que les radios ont peur de l'avouer, elles ont peur de perdre du public. C'est pour ça qu'ils gardent une sécurité. On a prouvé dans les années 90 que c'était possible, et même encore aujourd'hui, dEUS est le plus grand groupe de Belgique, et c'était pas du tout évident. Il faut juste éduquer les radios. Le public il est ouvert.
Titre d'un artiste ou d'un groupe qui pourrait vous représenter, vous ou votre musique :
Turbulent indigo – Joni Mitchell







