KARIMOUCHE

Interview de KARIMOUCHE
Date : 29/08/2008
Lieu : Woodstower 2008
Par : HMK, Jagunk, Kymmo

Rencontre avec Karimouche en fin de soirée, dans les loges du festival Woodstower. La voix des jeux vidéos de Burnout Paradise, Arthur et les Minimoys ou encore Harry Potter nous parle de ce petit phénomène Lyonnais, entre hip hop et chanson française.

Karimouche : Je ne sais pas faire les interviews-discussion alors à toi de rythmer la discussion !

 

ZYVA : En tout cas merci de nous consacrer du temps, ça fait plaisir et on a beaucoup aimé ta prestation tout à l’heure.

 

Karimouche : T’es venu à l’heure !

 

ZYVA : Je suis arrivé vers 19h10…

 

Karimouche : Ah t’es un pro’ toi, je t’aime, d’ailleurs j’adore ta veste !

 

ZYVA : On se demandait si Edith Piaf était revenue sur scène ?

 

Karimouche : Aïcha Piaf est revenue sur scène. (Rire)

 

ZYVA : Oui d’ailleurs tu nous disais que tu étais comédienne, alors pourquoi la musique ?

 

Karimouche : Pourquoi la musique ? Car la musique c’est un truc que j’ai depuis le début pour lequel j’écris.  J’aime vraiment chanter, depuis toute petite. Je n’ai pas fait d’étude de musique tel que le conservatoire… ou autre, j’y connais rien aux notes. J’aime beaucoup la rythmique donc du coup j’ai joué du balafon, du djumbé… un truc de baba cool le djumbé. J’ai commencé à être baba cool ! Non mais vraiment le rythme et tout ça, la rythmique c’est mon point fort on va dire. J’aime les grosses basses.

 

ZYVA : Alors pourquoi t’as pas fait cela depuis le début ?

 

Karimouche : Parce que j’étais comédienne et que je gagnais bien ma vie avec les gens avec qui je travaillais et parce que j’étais comédienne et costumière.

 

Petite interruption de la discussion, Jérôme (Beat box) quitte la discussion…..  

 

ZYVA : Et comment t’es passée du rythme de comédienne au rythme musical ?

 

Karimouche : J’ai commencé à faire des « woman show », à jouer toute seule et puis j’ai joué avec des gens et là ça a commencé à être plus chaud. « Oulala il y a des gens ! » Et puis je chantais et j’écrivais à coté de tout cela. Et puis c’était un tout, j’étais costumière aussi et pour être intermittent et pour gagner sa vie c’est pas un secret il faut avoir plusieurs cordes à son arc. Parce que sinon t’es mort franchement. En tout cas c’est ma vision des choses. Donc du coup j’étais comédienne, j’ai eu le choix à un moment de ma vie où j’ai pu faire les Cours Florent et ESMOD des cours de mode. Et puis je jouais depuis pas mal de temps et j’ai choisi ESMOD. On m’a offert les études dans cet établissement en temps que styliste/modéliste et avec une spécialisation cosmétique. Et puis j’ai travaillé comme Käfig… vous connaissez Käfig ? Non parce qu’en fait c’est un peu le tournant de ma vie. Moi ça fait huit ans que je fais des créations Käfig; c’est tout ce qui est marionnette, costume, le visuel etc... Donc je participe beaucoup à ces créations là. Et puis en Juin j’ai arrêté car j’ai joué dans la dernière création Käfig. J’étais costumière et j’ai basculé car j’étais costumière et comédienne sauf qu’il ne fallait pas que je parle. Car le chorégraphe a vraiment aimé, il est venu me voir 15 fois mais en même temps je parlais, ce qui lui a vraiment plu c’était la gestuelle et puis ce truc un peu méditerranéen, très rythmé. Et puis dans le théâtre le truc qui fait qu’on est un bon comédien c’est sa gestion du rythme. Si t’as pas le sens du rythme c’est mort. Et puis on m’a pris vraiment la tête pendant plusieurs années à devoir choisir entre comédienne, costumière, marionnettiste, chanteuse ou voix car je fais beaucoup de voix dans des jeux PES par exemple!

 

ZYVA : Ah bon mais lesquels ?

 

Karimouche : Burnout Paradise, la voix de la fille c’est moi, Need for speed, Arthur Et Les Minimoys, Harry Potter, je fais 3 personnages dedans, mais je n’y joue jamais ! De ce fait je ne m’entends jamais. Et puis je fais aussi les voix pour une marque de jouet.

 

ZYVA : Tu crois que c’est lié le fait que ça soit aussi diversifié au niveau de ton chant ?

 

Karimouche : Oui je le crois car quand j’ai monté le projet au début je chantais sur des instru’ comme un peu un rappeur et en fait ça m’a saoulé. Dr Dre, Imhotep d’Iam j’adore, je suis super fan. Mais ce n’était pas ce qu’il me fallait. Mais je posais quand même sur ces instru’. Et puis quand je posais ces voix sur ces instru hip hop très droit très linéaire tout le long tu sentais le décalage en fait. Et puis moi ça m’a saoulé car j’adore le hip hop et la chanson française. J’aime ce truc qu’est le mélange. Mais en même temps c’est hard car en même temps tu t’appelles Karima/Karimouche. La première chose qu’on te demande c’est : « tu fais du RN’B ? » Oui quelque part mais j’ai pas le look oui, mais en même temps j’ai fait sans ça et j’insiste. J’ai été élevé dans un quartier, je le dis et je l’assume car j’en suis très fière. Mais les enfants des quartiers ne s’arrêtent pas au RN’B et au Hip Hop.

 

ZYVA : Non mais t’inquiète on le sait !

 

Karimouche : Oui je m’inquiète. Toi tu penses ça et c’est très bien mais ce n’est pas évident pour tout le monde. Donc quand toi t’es une « rebeu », que t’arrives et que tu chantes de la chanson française avec de l’accordéon et que tu fais la grosse pute des années 60, il y a un décalage. Mais se sont des personnages que j’aime comme les filles de joie de l’époque, les prostituées, ce sont des femmes que je respecte profondément. Je suis musulmane, pratiquante et très croyante. Et du coup t’es là brassée avec des gens qui n’ont rien à voir. Et quand on me demande quel est le style de ma musique je dis que c’est le choc des cultures.

 

ZYVA : Sur scène en tout cas ça se ressent vraiment. Mais peut-être que c’est dommage que ça se ressente moins sur l’album tout du moins sur ce que l’on a pu écouter.

 

Karimouche : En fait les morceaux que vous avez entendus sur Myspace se sont des maquettes. Moi aussi j’aurais beaucoup de choses à dire sur ces maquettes. Par exemple musicalement c’est très recherché. Les gens qui ont bossé sur ce projet se sont vraiment souciés de l’équilibre du truc. En même temps je fais pas de la musique donc ma façon de m’exprimer avec ces gens là est très bizarre car je suis pas là pour leur dire de faire ça comme ça et ça autrement ou leur dire que je veux un mélange de Missy Eliot et de Jacques Brel etc… donc du coup on en est qu’au début.

 

ZYVA : Mais sur scène s’est finalisé ?

 

Karimouche : Oui s’est finalisé mais il y a encore beaucoup des choses qui ne sont pas au point. C’est mon but. On est là à Woodstower avec une grande scène, de la pelouse en veux-tu en voila c’est de la balle. En même temps je me disais que si il n’y avait personne, je m’en foutais en fait. Car on est sur une grosse scène et que ça va nous permettre de savoir ce que cela donne au niveau des balances… Et d’ailleurs pendant les balances moi j’y connais rien et je demande plus de ça et de ça et en fait pendant le concert je me retrouve dans la merde !

 

ZYVA : C’est ta plus grande scène ce soir car tu es quand même bien demandée dans le secteur ?

 

Karimouche : Oui je suis bien demandée mais j’aime bien l’intimité, sentir les gens. D’où la grande difficulté pour moi ce soir de venir, de jouer en plein jour et de voir les gens. Parce que moi comme je suis comédienne à la base tu jouais, tu parlais mais tu voyais jamais le public. Dans le café théâtre tu vois le public très très proche mais tu fais abstraction de l’entourage. Là ce soir t’es là, t’as des fils, des baffes de la place des gens qui sont là pour t’aider etc… c’est tout simplement ahurissant. Et en même temps j’essaie de donner le maximum de ce que je peux donner. Et le truc c’est que pendant les concerts je suis très mal à l’aise entre les chansons. Comme ce soir où il n’y a pas de lumière c’est délimité. Quand il fait nuit t’as les jeux de lumière, la fumée etc… donc tu peux te permettre de cacher ce moment de solitude ! En tout cas rien à voir avec le spectacle et le théâtre.

 

ZYVA : En tout cas c’est une super expérience ?

 

Karimouche : C’est super, c’est génial. En même temps on n’est pas content sur certains trucs et ils me disent que je veux que ça soit au top et qu’ils me demandent qu’est ce que je pourrais bien faire de mieux que ce que j’ai fait. Ils disent que je suis trop perfectionniste. Je le sais et j’y peux rien. En même temps j’y connais rien à la musique. J’ai juste le sens du rythme c’est tout ce que j’ai. J’ai envie de raconter des histoires. Je suis allée voir les Svinkels et ça me ferait vraiment chier d’aller à un concert, à mon concert en l’occurrence où tu ne comprendrais pas les textes. C’est vraiment important. C’est pour cela qu’on travaille le son, la diction et quand t’es comédien ça vient plus facilement. Je travaille beaucoup toute seule sans les musiciens avec le métronome pour rentrer les phrases, les mots pour que ça soit le plus visible possible. Pour moi quand tu chantes en français en France c’est indispensable que ça soit audible et pas seulement chanté sur le bout des lèvres et incompréhensible. Moi j’écoute beaucoup la radio et ce qui me saoule en ce moment le plus dans la chanson française c’est qu’ils viennent tous avec leurs guitares. Et moi je n’ai pas de guitare ! Je sais jouer mais je ne veux pas. J’ai vu Christophe Maé au Francofolies super quoi ! Tu pourras couper ça ? (rire)

 

ZYVA : Non on t’a dit qu’on coupait rien !

 

Karimouche : Ah oui. Non vraiment Christophe Maé c’est une bête de scène. Il déchire. Qu’est ce que j’aurais aimé écrire cette chanson « on s’attache nananan… ».

 

ZYVA : Il arrive tellement bien à se parodier lui-même que tu n’arrives même pas à le faire !

 

Karimouche : Non mais c’est un beau gosse. Non mais c’est pas de la merde ce qu’il fait ce mec. Non mais ce qui a fait remonter sa cote auprès de moi c’est Gad Elmaleh. Gad Elmaleh adore Christophe Maé.

 

Arrivée de Jérôme…

 

Karimouche : Voila Jérôme, Buster Flash, il fait la basse, l’accordéon, la trompette la guitare électrique, la batterie, je sais c’est dur mais il y arrive. Enfin voila le beau gosse avec sa sexy attitude, non parce qu’il est beau gosse quand même ?! D’ailleurs on voudrait savoir ce que t’en penses de cette expérience, de cette Karimouche, manouche, maghrébine ou je ne sais guère d’où elle vient d’ailleurs.

Jérôme : Une arabe quoi !

Karimouche : Sang maghrébine quand même ! Alors comment tu les vis les choses ?

Jérôme : Moi super. Quand tu sens le truc c’est super ! Tu vois ce que je veux dire ?

Karimouche : Oui et toi tu l’as senti ce soir ?

Jérôme : Oui ce soir je l’ai senti….

 

Rire collectif….

 

ZYVA: Simplement pour rappel tout ce qui est dit ou suggéré sera retranscrit !

 

Jérôme : Mais oui retranscrit, retranscrit !

 

Titre d’un autre artiste ou d'un groupe qui pourrait la représenter elle ou sa musique :

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