LES TIT NASSELS
Aurélien Mathot (guitare), dit Axl et Sophie Perrin-Signoret (chant) forment à eux deux depuis une dizaine d'années (déjà) les TiT NASSELS. Ils se présentent ce soir au Ninkasi Kao de Lyon avec leur dernier Opus en date "deux trois truc " (produit par Kent, s'il vous plaît) et nous accueillent avec le sourire pour une petite discussion dans leurs loges. Fin d'après midi, session apéro, tiens, tu me passes les cahouètes Alx ?
Axl : Hum hum j’ai des cahouètes plein la bouche...
Sophie : T’es allergique je te signale...
ZYVA : ...Tu es allergique aux cahouètes... et tu en manges...
Axl : Ouais, on part sur de bonnes bases ?! C’est dingue hein ! (rire)
Sophie : Et il en mange quand même !
ZYVA : Mais ça te fait quoi ? Tu réagis comment ?
Axl : Ben je gonfle, j’ai les yeux qui gonflent et ça me gratte quoi...
ZYVA : Ah merde...
Sophie : Moi j’en ai beaucoup mangé tu vois (rire)
ZYVA : Mais c’est du masochisme ou quoi ???
Axl : Non, c’est que j’aime trop les cacahouètes !! Attend avec une bière quoi...(rire)
ZYVA : Oui, et puis vous en faîtes des dates...si à chaque fois tu bouffes des cacahouètes...
Sophie : A chaque fois c’est la même, il a les yeux rouges et il gonfle...
Axl : Alors après on croit que je me drogue et tout ...ça fait Rock Star !
Sophie : Il se drogue à la cacahouète, c’est moins fun...
ZYVA : Ca fait pas top glamour mais après, je dirais que c’est pas trop votre truc le glamour non plus...
Sophie : Pas vraiment ... nous c’est plutôt cool ...naturel
ZYVA : J’aime bien naturel, ça vous correspond bien.
Sophie : Oui oui !
Axl : On essaye... Enfin, c’est même pas on essaye, ça se fait naturellement, on est sur scène comme on est un peu dans la vie quoi. On est forcément un peu différent parce que tu as du stress, un peu le trac tout ça. Mais sinon, une fois que c’est parti, le spectacle, on est vraiment chez nous.
ZYVA : Ca reste un spectacle mais après vous donnez ce que vous êtes, vous n'allez pas créer un univers comme d’autres le font.
Sophie : Oui et puis on n’aime pas trop jouer la comédie. Jouer le personnage super triste quand c’est une chanson super triste, moi, c’est ce qui m’agace chez certains. Quand le texte parle de lui même c’est pas la peine d’en rajouter, d’avoir une tête genre...
ZYVA : D’enterrement qui va avec ?
Sophie : Voilà oui. Des fois je trouve que c’est un peu trop, comme dans le joyeux aussi, au bout d’un moment, sauter partout c’est pas euh...
ZYVA : ça peut être fatiguant pour le spectateur...(rire)
Sophie : Oui (rire) je trouve moi, oui mais c’est mon avis. Du coup je ne le fais pas parce que j’aime pas le voir et puis je ne suis pas comme ça aussi...toi aussi Axl, non?
Axl: Oui, moi je suis plus terne comme mec! (Fou rire)Non, mais quand j’écris une chanson, tout est dit dans la chanson donc après le reste n’est qu’apparat quoi
ZYVA : et l’interprétation peut être...
Axl : Oui et l’interprétation.
Sophie : Ben le fait que tu la chantes, qu’elle sorte de ton corps et de ta bouche, c’est déjà une interprétation en soi. Suffit de penser fort et d’y croire. On y pense et on y croit, on est impliqué dans notre interprétation.
ZYVA Oui je pense que vous y croyez et ça fait quand même une petite dizaine d’années que vous chantez et puis vous êtes assez productifs, déjà plusieurs albums...
Axl : On est en permanence en création. On ne fait pas une tournée et on s’arrête pour écrire. Nous, on tourne tout le temps, donc du coup on écrit tout le temps parce que sinon on n’écrit jamais. Ça a toujours été comme cela c’est un peu notre croisière. On n’organise pas de session d’écritures ou de choses comme ça, c’est plutôt : "tiens j’ai écris un nouveau truc et hop on en parle dans le bus, on le regarde aux balances. C’est comme ça que l’on avance.
ZYVA : Oui ça se construit à tout moment quoi... alors vous devez squatter souvent ensemble...
Axl : Ben on est beaucoup ensemble par la force des choses sinon pfff, on essaye de moins se voir mais c’est pas évident quoi (Rire)
Sophie : C’est simplement alimentaire tout ça, on est bien d’accord
Axl : On est le gagne pain respectif de l’autre...
Sophie : ...Sinon on ne peut pas se blairer quoi.
ZYVA : Oui j’imagine bien ... bien sûr...
Axl : Quand je pense que l’on est parti des cacahouètes quand même !
Sophie : Oui ben on y revient tu vois, l’alimentaire quoi.(rire) Oui c' est vrai que l’on est plus ensemble qu’avec nos conjoints respectifs...
ZYVA : Vous arrivez à gérer la vie de famille et gagner votre vie tout ça...
Sophie : Oui depuis plusieurs années déjà...
Axl : C’est un peu comme infirmière ou routier. Bon je prends des métiers de nuit où tu te tapes beaucoup de bornes, d’ailleurs des fois on a un peu l’impression d’être des routiers aussi. On passe plus de temps dans le bus que sur scène finalement. Bon on a aussi des temps de pause, c’est vachement agréable...
ZYVA : Là ça fait quelques mois que vous tournez pas mal.
Axl : Oui, on a commencé fin Avril début mai, c’est récent.
ZYVA : et des festivals cet été... et puis faire tourner l’album...
Axl : Oui on a quelques festivals de prévu. L’album doit tourner pendant au moins deux ans, jusqu’au prochain.
ZYVA : Bien, on voulait aborder la scène française avec vous, c’est toujours délicat de parler de notre scène. Elle devient de plus en plus plurielle, ça va dans tout les sens et de plus en plus. Il y a des mélodies qui vous touchent plus ?
Sophie : On est toujours plus attaché aux textes, pas d’artistes en particulier et puis maintenant, il y a une multitude de groupes avec des trucs comme Myspace et tout ça. Je pense que tout le monde a droit à son petit plan promo, chacun peut montrer ce qu’il fait et avant c’était pas forcément le cas.
ZYVA : Oui et vous avez connu les deux époques, si je peux dire.
Sophie : Oui oui c’est sûr, mais c’est vraiment bien pour ça.
Axl : C’est bien mais ça a aussi des inconvénients. Bon on l’utilise tout ça mais le souci c’est qu’il y en a tellement. Moi franchement, quand je vais sur Myspace je me perds. Il y tellement de groupes que tu peux pas t’arrêter et puis il n’y a rien de tel que le bouche à oreille, le vrai contact humain, « écoutes ce groupe c’est vraiment bien », enfin tu vois quoi. Bon c’est super bien Myspace, tu peux écouter les titres directs, ça a bien fait avancer les choses mais c’est une vraie fourmilière. Tu passes beaucoup de temps à chercher des choses. Et puis il y a vraiment tout et n’importe quoi et c’est difficile de cerner le truc, ça va du groupe de lycéens qui a fait une maquette juste pour délirer comme ça à des artistes très connus ... ceci dit c’est drôle.
ZYVA : Oui et ça met le gars qui a bossé cinq à dix ans son projet et le lycéen dont tu parles dans le même panier...
Sophie : Et en même temps, pour revenir à la scène française, je pense qu’il y avait un effet de mode aussi, enfin nous on l’a vécu comme ça. Là ces cinq dernières années, non quatre...
Axl : Oui quatre, une fois que sont arrivés....bon il y a eu deux périodes, la périodes Têtes Raides, Ogres de Barback...
Sophie : ...les vieux machins ! (rire)
Axl : Nous on a commencé juste après cette période quand les Têtes Raides ont commencé à être reconnus mais d’une manière toujours un peu Underground tu vois. C’est genre, c’est de la bonne chanson française mais ça passe pas à la radio parce que c’est pas de la merde non plus. Il y avait cet esprit là à l’époque et puis sont arrivés ensuite les Bénabar, les Sanseverino et tout ça, et là eux on été placés dans la variété. Et en fait si on regarde bien aujourd’hui, les Bénabar et Olivia Ruiz sont un peu les Cabrel ou les Goldman d’hier, euh...pas au niveau artistique hein...
ZYVA : ... tu me rassures !
Axl : Au niveau de la place qu’ils ont dans le paysage musical en France. Non mais la variété, si elle est bonne, c’est vachement bien.
ZYVA : Oui , bon perso on est plutôt allergique dans ZYVA, après tout dépend qui encore une fois...
Sophie : Si on considère Bénabar comme de la variété ?
ZYVA : Oui, encore que (rire)...
Axl : C’est quand même vachement mieux que Michel Sardou non ? (rire)
ZYVA : J’ai envie de te dire, c’est une autre époque (rire) mais oui c’est clair !
Axl : Et puis clairement le propos de la variété d’aujourd’hui est bien plus intéressant que celui de l’époque des années 80 ou 90.
ZYVA : Ok alors si Bénabar c’est le Michel Sardou de l’époque... qui est le Brel d’aujourd’hui selon vous ?
Sophie : C’est peut être un Grand Corps Malade...
Axl : ou Loic Lantoine mais bon (rire). Peut être que c’est pas la bonne période pour qu’il y ait un nouveau Jacques Brel... autre question ? (rire)
Sophie : Oui en plus ça me fait rire parce que l’on dit « nouvelle scène française » ou « chanson » pour ne pas dire « variété » parce que ça a encore un côté un peu ringard alors que non. C’est sympa de la bonne variété, ça peut exister. Pour moi par exemple Bénabar c’est de la bonne variété et c’est aussi de la chanson française, variété au sens où c’est très populaire.
Axl : On parlait de Brel, c’était aussi l’époque de Sheila ou Claude François, Brassens, ils étaient tous dans le même panier. Ces artistes là passaient sur les mêmes radios !
Sophie : Moi si on me dit vous faîtes de la variété, ça ne me choque pas, ça veut dire varié et populaire pour moi, donc pourquoi pas.
Titre d’un titre ou d’un groupe qui pourrait vous représenter vous ou votre musique :
"Kent, ça représente un peu notre histoire, on a commencé en jouant son répertoire et puis là le dernier album c’est lui qui l’a réalisé donc ça fait une jolie boucle".
Kent - Juste quelqu’un de bien


