GIRLS IN HAWAII

Interview de GIRLS IN HAWAII
Date : 24/03/2008
Lieu : Ninkasi Kao
Par : HMK, Kymmo

En 2005 la France était tombée amoureuse de ce groupe indie pop venu tout droit de Belgique. Les six gars de Girls in Hawaï sont de retour avec Plan Your Escape. La tournée qui accompagne ce nouvel album vient de passer à Lyon et ZYVA ne pouvait rater cette occasion. Rencontre Brice, guitariste du goupe dans les loges du Ninkasi…
         

ZYVA : On va s”installer ici, merci de prendre le temps de nous rencontrer, vous venez de finir les balances pour le concert de ce soir, pas trop speed ? 

 

Brice :  Nous ça va, on est mieux ici; tout le monde prend le temps de se pauser avant le concert . C’est Hollywood Porn Star qui font leurs balances là, nous on a fini depuis un moment. On était là plus tôt.  

 

ZYVA : Ah bon... 

 

Brice : Oui on est là depuis hier en fait.  

 

ZYVA : Comment ça se fait ? 

 

Brice : Jour Off . On est en bus pour cette tournée donc on fait vite, on a eu un peu de temps, le gars connaît bien le trajet. Mais il fait froid ici , on était à Marseille là dernièrement donc... 

 

ZYVA : Donc vous sentez la différence. (rire) 

 

Brice : Oh oui. (rire) 

 

ZYVA : Mais vous allez sûrement affronter des températures bien pires, la tournée vous amène en Hollande et en Allemagne, dans les semaines à venir... 

 

Brice : Oui, et on a commencé au mois de février et puis le mois de mars était un mois assez chaud : content d’avoir été souvent Sold Out. Il y a du monde, de bonnes réactions. 

 

ZYVA :  Oui l’album a été bien accueilli.. 

 

Brice : Oui! Que demander de plus, ça fait plaisir. On est fort angoisser par rapport à ça. 

 

ZYVA : Pourquoi donc ? 

 

Brice : On est des angoissés de nature donc on remet facilement les choses en doute. Une fois que tu as mixé tes titres, que tu as passé du temps à écouter ces chansons ; à un moment tu te dis que ça peut être une merde pour le public comme un truc bien, et donc tu attends impatiemment les retours. Mais ça va , ça ce passe bien , c’est cool. 

 

ZYVA : C’est mieux que vous espériez ? 

 

Brice : En même temps on espère jamais vraiment grand chose. On est déjà content du statut que l’on a. On a pas de réelles ambitions à la base. Alors après c’est que du bonus... 

 

ZYVA : C’est clair que c’est déjà bien que l’on s’intéresse à votre musique, vous travailliez avant pour certains...  

 

Brice : Oui certains travaillaient, d’autres finissaient des études et c’était un petit rêve, un rêve de gosse, et pourquoi pas tenter ça chance, une envie aussi de faire découvrir notre musique. On se forçait dans notre coin au départ, et à un moment tu te dis : "allez hop, qu’est que les gens en penseraient" ? et tu sors ton truc. Après ça se met à fonctionner et voilà maintenant, pourquoi? mystère...   

 

ZYVA : Simplement parce que c’est bien je pense, d’ailleurs vous avez des fans qui se manifestent sur un blog. 

 

Brice : Oui, il y en a plusieurs en fait, dont un crée par des petits jeunes de Rennes avec qui on s’entend bien, on a un peu garder contact, on leur file les infos en avant premières. Ils font un travail d’archivage incroyable. Il y a même des photos, on se demande où est ce qu’ils sont allés les chercher ! Genre photos de famille... il y a peut être une fuite quelque part (rire) . Se sont des fans euh .. ils sont vraiment à fond dedans. C’est cool d’être en contact avec eux. Encore une fois on sait pas pourquoi on est en contact avec eux et pas avec d’autres mais vraiment, ils font ça bien, ils sont cool.  A chaque fois qu’ils viennent nous voir on fait une petite session polaroïd, et ils arrivent toujours les jours où on a bien fait la fête donc ça rend toujours bien. C’est important en fait, le contact avec le public. C’est une des choses importantes qui nous donne l’envie de tourner, de rencontrer des gens. C’est souvent un peu bizarre parce que c’est des contacts de 10 minutes ou parfois une heure et puis c’est jamais vraiment approfondi mais des fois il y a une petite étincelle, tu te dis "oh putain , une belle discussion!". Ca part un peu dans tous les sens et ...voila moi c’est une des choses pour lesquelles j’ai envie de partir en tournée.  

 

ZYVA : Et puis ça doit aussi dépendre des pays et des cultures... 

 

Brice : Oui carrément et puis de toi aussi , des fois t’as mal à la gorge , tu as trop fumé de clopes ou tu te sens mal...mais là ça va on s’amuse bien (rire) . A la première tournée on ne s’amusait pas autant, c’est assez récent en fait, ça veut pas dire qu’on s’emmerdait ou quoi mais ...(rire) 

 

ZYVA : D’ailleurs si tu te souviens de votre dernière date à Lyon... 

 

Brice : Oh oui , oui ...au Transbordeur.   

 

ZYVA : Exact . Le public était d’ailleurs monté sur scène. 

 

Brice : Oui.. Mauvaise idée ça finalement. ( Fou rire) Tout le monde qui marche sur tes câbles, tu te retrouves un peu bousculé sur scène. Oui c’était assez rigolo. C’est vrai que l’on prend plus de plaisir qu’avant. On est un bloc de six dans le groupe mais avant, il y en avait toujours un ou deux qui n'avaient pas vécu l’approche du concert de la même façon. 

 

ZYVA : Tu nous parlais de la première partie tout à l’heure Hollywood Porn Star, qui sont Belges eux aussi, une belle scène d’ailleurs ?  

 

On lui demande du feu...

 

Brice :  Attend j’ai du brûle dans ma poche , hop. Oui ben c’est bizarre, c’est d’abord des aventures humaines, c’est des rencontres, comme avec Flexa Lindo, des gens avec qui on vient de tourner une semaine, c’est un peu nos grands frères. Ils étaient avant nous sur notre maison de disque, on les a vu en concert très jeunes, c’est un peu bizarre, on les connaissaient pas très bien, mais il y a un respect mutuel. Oui c’est très humain en fait, de même avec Hollywood Porn Star, et puis il y a les accroches musicales évidemment. Sur la scène Belge, on est pas fan de tout non plus. Bon je veux pas citer de noms mais ...il y a eu un phénomène de mode, dans la presse Belge, on disait un peu trop facilement que tout était bien. Bon, ce n'est pas vraiment une critique, je veux dire... Du coté francophone, c’est surtout la scène flamande qui a explosée avec Deus; mais oui ça bouge et c’est plutôt une bonne chose, même si au niveau francophone ça suit pas toujours au niveau des subventions, il y a beaucoup de promesses mais... au niveau des réseaux de salles aussi. En France vous avez la Rolls Royce, au niveau des installations sonos et tout cela. C’est pas forcement le cas dans les autres pays dans lesquels on est allé tourner, ni en Belgique d’ailleurs. On a quelques chouettes salles , les plus grosses à Bruxelles , après quand tu vas un peu plus dans les régions, c’est difficile. Il faut vraiment se battre. Donc oui c’est bien que ça bouge, maintenant faut voir ce que ça va provoquer aussi. Au niveau politique, certains commencent à voir que cela a du succès, que ça s’exporte. C’est les premiers à venir te serrer la main, à te dire:" c’est bien ce que vous faîtes", mais ça suit pas. On a aussi la chance d’avoir un statut particulier, comme le statut d’ Intermittent ici en France, ce qui n’existe pas non plus dans tout les pays. On en discutait avec des petits groupes en Italie, ils avaient un peu du mal à concevoir la chose même si, en Belgique, ça reste un chômage...au niveau éthique c’est toujours un peu bizarre, de composer un album, de devoir te dire , je vie du chômage et d'un ou deux petits boulots que tu peux garder de temps en temps. Bon, on a la chance d’avoir ce système là, il faut aussi en profiter. On attend de voir la suite... 

 

ZYVA : Oui ben ça commence plutôt bien...  

 

Brice : Oui c’est bien plus difficile pour d’autres, on est content d’en arriver là. En même temps on n'est pas là à crier sur tous le toits : "ouais ça marche pour nous mais"... 

 

ZYVA : Vous n'avez pas à vous sentir responsable que ça marche pour vous et pas pour d’autres... 

 

Brice : Ca fait quelque chose. Au début on avait du mal avec ça, les gens qui critiquent dès que ça marche un peu. Il y a un moment où tu dis: "bon vous nous cassez la tête avec ça". 

 

ZYVA : Tu parlais des politiques et des financements, j’ai vu que vous bossez aussi avec des boîtes privées, Starbucks coffee... 

 

Brice : Ben c’est une histoire un peu folle : il y a déjà un bon moment, un avocat de Miami nous a contacté. Il a fait un petit label, il est venu carrément nous voir . Il était bien déjanté, il est arrivé avec ses sandales et son short et il faisait cinq degrés ! (rire) . Il nous a proposé d’essayer de développer le truc là bas, au USA. Bon encore une fois on avait aucune ambition, surtout là bas où il faut être présent à fond avec les radios universitaires tout ça ... 

 

ZYVA : ... Et il faut tourner aussi...  

 

Brice : ...Oui il faut tourner à fond ...donc on s’est dit : "ben écoute pourquoi pas" , on voyait le type hyper motivé « je suis sûr que vous allez vendre des millions d’albums ». Bon on a fait quelques dates là bas et un gros Festival mais c’était l’enfer : du style, dix groupes, un couvre feu hyper tôt et du retard à fond...deux minutes pour les balances et on t’arrête avant la fin du concert. Donc on a fait quelques concerts , on a eu quelques contacts, et cet avocat de Miami, il a pas mal de contacts dans le monde de la musique ; il a réussi à contacter le manager de Neil Young, pour une reprise. A la base c’est Lio, Anton et Deni qui sont partis faire toute une semaine de promotion à Los Angeles dans des petites radios et ils l'ont fait pour la radio KRCW. Ca nous a ouvert pas mal de portes et de la visibilité aussi. Et donc ils ont fait cette reprise de Neil Young et là c’est notre avocat de Miami qui s’est dit : "je vais essayer de contacter Neil Young"; qui a dit oui pour cette reprise sur une compilation Starbuck. Et puis ce contact, je ne me souviens pas trop comment il a fait... Je me demande encore comment il a fait (rire)...un petit label...on s’est retrouvé la dessus...Bon ben quand il nous a annoncé ça nous on était vraiment content. C’est complètement irréel quand tu vois la liste des noms des groupes qui y figure "Flying Lippes". Au final on ne sait pas trop si notre disque va sortir là bas ou pas, lui il aimerait bien le faire signer idéalement sur une plus grosse maison de disque. C’est de l’investissement, il nous disait qu’il aimerait bien nous avoir deux mois là bas aux Etats-Unis et on est encore en développement ici en Europe, ça coûte cher de faire venir un groupe là bas ... 

 

ZYVA : Tu m’étonnes ! 

 

Brice : Donc voila c’est une belle aventure , on se retrouve sur cette compile et c’est génial. On ne peut pas dire que ça nous a pas fait plaisir... 

 

ZYVA : Oui c’est une belle passerelle pour envisager quand vous aurez le temps et l’argent d’aller là bas et de vous faire connaître sur le terrain US. 

 

Brice : Oui une bonne opportunité pour une éventuelle suite là bas ...le Japon aussi, on  a vendu 4000 exemplaires du premier CD là-bas. 

 

ZYVA : Le Japon reste un pays friand de tout ce qui est un peu Rock aussi, Tahiti 80 cartonne aussi.. 

 

Brice : Oui c’est clair, donc on espère aussi y aller quelques semaines (rire) , c’est un petit rêve secret, c’est très dépaysant il paraît, on a des amis qui nous ont raconté... 

 

ZYVA : Oui mais vous auriez pas le temps de visiter. 

 

Brice : Oh je pense que l’on serait prêt à mettre de notre poche pour quelques jours , ça vaut sûrement le coup. (rire) 

 

ZYVA : Sur les anciennes tournées vous aviez toujours un peu de vidéos, pour la tournée  que vous avez fait avec Canal avec la musicale , vous travailler toujours avec la vidéo ? 

 

Brice : Oui oui on fait toujours ça c’est Lio qui fait aussi les photos de l’album qui travaille avec une équipe qui s’appelle Michigan Production, un petit bazar c’est des amis aussi. Il y avait aussi un projet plus ambitieux, tourner en format 16mm... 

 

ZYVA : Pour cette nouvelle tournée... 

 

Brice : Oui, on trouve que notre musique évoque pas mal d’images . On aime bien aussi ce qu'Olivier nous amène aussi au niveau des photos, des visuels. Là ça commence avec la photo du cerf de la pochette , on avait pas envie de retomber dans le paysage, là on a tous flashé sur la photo du cerf, pas spécialement pour provoquer ou quoi que ce soit, c'est quelque chose qui nous parlait de beau et triste à la fois. On reparlait travailler la vidéo, ça a été très laborieux, beaucoup de désaccord. Au final on voulait que ça soit un peu plus scénarisé et nous on aimait pas trop cet aspect là donc c’est aussi pour notre confort sur scène, de la lumière à contre-jour, ne pas être toujours très visible sur scène et que les gens ne soient pas toujours scotchés sur nous. ça nous aide pas mal on est pas super confiant dans notre charisme, (rire) c’est plus un truc de groupe qui se crée, offrir un peu plus que de la musique. Le visuel est très important.  

 

ZYVA : Oui c’est vrai que pour le public c’est un plus, c’est différent ... 

 

Brice : Oui et ça fait réagir aussi, le nombre de gens qui trouve que l’on ne nous voit pas assez, ou qui aime pas non plus les projectionS...après je ne sais pas par la suite ce que l’on va faire. Mais on est déjà impatient de s’y remettre un peu et de recomposer.. 

 

ZYVA: déjà , pourquoi si vite ? 

 

Brice : ben ça a été tellement laborieux pour faire le deuxième album, on a trop voulu directement s’y remettre après les tournées du premier et c’était une belle erreur parce que l’on s’est bien cassé les dents là dessus. Tu as besoin de six mois pour faire complètement autre chose et nourrir ton imagination, tu en arrives là, après la tournée et tu te rends compte que tu n'as pas vraiment grand chose à dire. Même avec tes potes :  à chaque fois que tu les vois tu reparles du groupe, même si effectivement ça fait partie de ta vie, tu te rends compte que tu aurais du faire un petit break. On aimerait bien faire le prochain en un an, moins se prendre la tête, avec des arrangements dans tous les sens , parce que le mixe ça a vraiment été ... 

 

ZYVA : La galère !  

 

Brice : Oh oui (Mort de Rire) En même temps on a envie de tourner, on ressent les retours directs, tu n’as pas de gars de ta maison de disque qui t’appellent (rire), ça fait du bien.  On a eu beaucoup de Presse aussi, on a accepté parfois beaucoup de choses, préparé des chansons en Live juste après le Mix . On était un peu sur les genoux, des fois dans un café à voir les gens défiler et là tu pars deux semaines à l’étranger pour la tournée et ouff. Bon on fait quelques interview mais c’est toujours plus cool à faire dans un cadre étranger, un peu loin de chez toi... 

 

ZYVA : Arrêter de faire chier les journalistes, arrêter !! Merci Brice.  

 

Brice : De rien de rien , merci.   

 

 

 

 

 

 

Titre d’un artiste ou d’un groupe qui pourrait te représenter toi ou ta musique :

Midlake / Balloon Maker                  

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