BENOIT DOREMUS
Rencontre avec Benoît DORÉMUS sur la péniche du Sirius à Lyon quelques heures avant son concert.
ZYVA : Alors comment s'est passé le forum de la Fnac ?
Benoît Doremus : Bien bien. J'étais accompagné par un guitariste qui ne joue pas sur scène avec nous.
ZYVA : Et ça fait combien de temps que tu es en tournée ?
Benoît Doremus : Je me suis jamais vraiment arrêté depuis que j'ai commencé à faire des petits concerts à droite à gauche. On jouait cet été, on a joué toute l'année dernière... Mais c'est vrai que la tournée prend une autre dimension parce que l'album vient de sortir. Donc c'est un peu la tournée de l'album. L'équipe a changé aussi cet été : le batteur et le bassiste sont des nouveaux gars. On en est à notre dixième concert ensemble. Par contre l'accordéoniste est avec moi depuis le tout début quand on jouait dans les tout petits bars.
ZYVA : J'imagine que maintenant ça a changé avec le public, il y a un peu plus de personnes qui s'intéressent à ce que tu fais.
Benoît Doremus : Ouais bah j'espère !! (rires) Non mais c'est vrai qu'il y a un peu plus de soutien, on est un peu plus médiatisés, on passe en radio nationale. Parce qu'avant on passait sur des petites radios locales, donc c'est un pas en avant, quand même. On suit une petite pente douce... tranquille.
ZYVA : Et tu es de Paris toi ?
Benoît Doremus : Ouais.
ZYVA : J'imagine que c'est un peu plus facile pour commencer, pour faire des petites dates, tu peux plus facilement aligner les concerts.
Benoît Doremus : Ah ouais ça c'est sur ! Si tu veux faire un concert à Paris et que t'es pas regardant sur les conditions, tu peux jouer tout les soirs. Après voilà c'est dans les bars, tu pousses une chaise, une table et tu t'installes. Après au bout d'un moment, c'est une ville vachement hard pour les conditions. Les mecs des cafés ils en ont rien a branler de savoir si ce que tu fais c'est bien artistiquement. Ce qu'ils veulent c'est que tu ramènes le plus de potes possibles pour qu'ils gagnent leur soirée. Donc c'est clair que le petit bar c'est super mais c'est pas la fête, quoi !! C'est une période que j'ai vraiment adoré la première année, j'étais tout content de jouer devant dix poivrots au bar, j'étais le roi du pétrole !! Après quand tu commences à vouloir juste gagner ta vie un tout petit peu, à vouloir payer tes musiciens, ça commence à être dur les petits bars. Après pour moi heureusement les choses se sont accélérées, on joue devant un peu plus de monde...
ZYVA : T'en vis pas encore ?
Benoît Doremus : Si, j'en vis. Parce que je fais des concerts, que j'ai signé dans une maison de disque ... Maintenant pour combien de temps je n'en sais rien, mais j'en vis.
ZYVA : Tu dois être plutôt content d'en être arrivé là ?
Benoît Doremus : Clairement oui, moi j'ai réalisé un rêve en sortant un vrai album. Et c'est un rêve que je suis allé pécho. J'ai travaillé dur, j'ai eu de la chance, mais je suis allé la chercher cette chance. Mais c'est vrai que j'ai beaucoup de chansons qui racontent ça, j'aime bien parler d'un chanteur en étant chanteur. J'aime bien parler de moi en fait. Ca me fait penser au ciné quand tu as des regards caméras, le mec se retourne vers la caméra et il te parle. Et voilà dans la chanson c'est ma façon à moi de suggérer ça. De parler aux gens de moi, de mon aventure de chanteur. Et comme ça se passe plutôt bien j'aime bien le raconter.
ZYVA : Et comment tu te vends musicalement ? Parce que beaucoup de médias utilisent la même formule en disant que tu es la rencontre entre Eminem et Renaud. Ca te saoule cette formule, ou ça te fais rire ?
Benoît Doremus : Moi quand on me pose la question je dis que « c'est de la chanson française, mais bien quand même ». (rires)
ZYVA : Parce que t'aimes pas la chanson française...?
Benoît Doremus : Non pas vraiment, mais c'est surtout que j'aime pas le « poum chak poum chak ». En fait je ne suis pas venu à la chanson par l'amour de la chanson. Je suis venu à la chanson par l'amour de l'écriture. Et Renaud et Eminem c'est une petite formule journalistique, ça me fait bien marrer. Renaud on est tous d'accord mais Eminem il faut quand même aller le trouver. Mais c'est vrai que l'influence des deux est très très forte.
ZYVA : Tu parlais d'écriture, t'aurais pu écrire un livre ?
Benoît Doremus : J'ai voulu faire ça. J'ai écris un roman l'année de mes 2O ans. Je fantasmais assez là-dessus. Je voulais faire de la musique, je voulais tout faire, mais par dessus tout je voulais être écrivain. Donc j'ai écris un roman que j'ai fait lire à mes potes. Il m'ont dit « ouais c'est bien » mais c'était pas terrible. Moi j'ai quand même essayer de me faire éditer. Pas longtemps parce que je me suis vite rendu compte qu'il manquait quelque chose. Mais ça m'a appris plein de trucs, la rigueur, achever un projet... Ca m'a appris à bosser un peu. Et puis plus tard j'ai commencé à faire écouter mes premières chansons à mes potes et là ils me demandaient de les rejouer, alors qu'ils ne me demandaient pas de leur refiler le bouquin.
ZYVA : Tu as tout de suite senti qu'il y avait quelque chose de différent...
Benoît Doremus : Ouais j'ai senti que j'étais vachement plus à l'aise dans l'écriture en vers.
ZYVA : Et tu t'y es essayé après l'écriture de ton bouquin ou déjà avant tu écrivais des chansons ?
Benoît Doremus : Déjà avant, j'écrivais toujours des textes, j'ai commencé par des poèmes depuis tout petit. Donc j'ai toujours kiffé écrire en rime, j'écrivais des trucs en alexandrin qui duraient des plombes... Après j'ai toujours été fasciné par les écrivains, c'est un monde qui me fascinait un peu plus que la musique. Mais j'ai vite changé de bord quand j'ai compris que j'étais vachement plus à l'aise pour écrire quand il y a un cadrage, une chanson. Tu sais que si ça fait plus de quatre minutes, ça commence à être casse-couille. Donc ça m'a évité de partir dans tous les sens, ce qui était un peu le cas dans mon roman. Mais j'espère que j'écrirai un bouquin un jour, un vrai qui tient debout.
ZYVA : Et ça serait quoi ton profil d'écrivain ?
Benoît Doremus : Je pense que ça ressemblerait un peu à mes chansons. Dans l'énergie en tout cas. Ce serait sûrement autobiographique, il y aurait toujours des gros mots... Il y a un mec que j'aime beaucoup, c'est Philippe Djian, c'est lui qui a écrit 37°2 le matin. Voilà c'est mon Eminem de la littérature (rires).
ZYVA : Et tu disais que tu n'étais pas très fan de la chanson française, qu'est-ce que t'écoutes, en ce moment ? Tes dernières découvertes ?
Benoît Doremus : J'écoute de la chansons française, mais je n'écoute pas énormément de musique, c'est un défaut que je traine depuis un moment. Je ne le change pas, volontairement, parce que je me dis que si j'arrive à écrire, à faire des chansons, c'est peut-être parce que j'en ai pas écouté plus que ça non plus. Il y a plein de gens quand ils vont voir un concert qu'ils ont adoré, ils rentrent chez eux, ils écrivent, ça les motive. Moi quand je vais voir un concert qui me scie les jambes, je rentre, j'ai envie de pleurer et de mourir... je suis juste admiratif mais ça ne me motive pas. En ce moment j'essaie de me mettre au Hip Hop français, parce que j'ai pas une grande culture et j'aimerais bien rattraper ça. J'ai un copain qui s'est débarrassé de 40 Cd de Hip Hop français des années 90.
ZYVA : Et comment tu en est venu à mettre des scratchs sur ton album ?
Benoît Doremus : Parce que je suis pas un « Teubé » (bête) non plus !! (rires)
ZYVA : Je dis ça parce que ça apporte une couleur particulière à l'album.
Benoît Doremus : Le Hip Hop m'a toujours fasciné, mais je l'ai écouté à petites doses. Je ne suis pas calé en Hip Hop. Mais les ingredients du Hip Hop, la manière de placer les mots, même si c'est pas ma culture, je m'y retrouve là-dedans. Mais j'ai pas dis que j'allais faire du Rap ni que j'allais faire de la Chanson, pour moi c'est des chansons qui sont comme ça, c'est naturel. J'aime bien quand ça va vite, quand c'est à moitié parlé, à moitié chanté... je sais pas du tout si je réponds à la question !!(rires)
ZYVA : Si, si, mais justement, ça me fait penser au fait que je t'ai découvert en entendant ta reprise de NTM. Et en écoutant ton album j'étais un peu surpris de ne pas l'entendre.
Benoît Doremus : Bah en fait la reprise est venue cet été, l'album était déjà sorti. C'est une chanson que je kiffe depuis que je suis petit.
ZYVA : Et elle sera sur le prochain album ?
Benoît Doremus : Peut-être...
ZYVA : Tu y penses déjà au 2ème album ?
Benoît Doremus : Oui, j'y pense un peu, parce que je sais déjà ce qu'il va y avoir, ce que vous ne savez pas, donc je suis impatient. Et puis il y a la scène pour tester les nouvelles chansons.
ZYVA : Et tu penses que Benoît Dorémus peut s'exporter vers l'étranger ?
Benoît Doremus : C'est déjà fait pour la francophonie. Je suis allé en Suisse, en Belgique, au Québec. Pour le reste bah il faudrait que ça arrive entre les oreilles d'Eminem !!! (rires)
Titre d'un artiste ou d'un groupe qui pourrait vous représenter, vous ou votre musique :
La grosse bite a Dudule !! Parce que ça me représente bien !! (rires)
Sarclo-Quand tu te tires
Citation : « Quand tu te tires, est ce que tu peux me dire qui tu veux que je tire ? »


