MADEMOISELLE K
Rencontre avec Mademoiselle K presque au complet dans leur loge, dans le cadre du festival Woodstower 2007.
Zyva: On vous a vu à Vienne dernièrement.
Katerine : Ah vous êtes venus à ce concert, c'est super !
ZYVA : On n'était pas bien nombreux sur la fin mais le concert s'est néanmoins bien passé. Je disais « groupe » au début, et à vrai dire au final Mademoiselle K c'est un groupe et pas Mademoiselle Katerine ?
Katerine : oui tout a fait.
David : À vrai dire c'est une force d'avoir une révélation comme ça sur scène, mais ce n'est pas si évident que ça, et ce n'est pas si bien communiqué que ça.
ZYVA : C'est ce que j'allais dire.
Katerine : C'est surtout d'un point de vu visuel car en interview ça fait pas mal de temps que je dis que c'est un groupe mais c'est pendant les « live » que se révèle pas mal de choses sur l'artiste ; si t'aime ou t'aime pas, c'est assez révélateur.
ZYVA : En même temps comme le disait ton collègue à juste titre ce n'est pas présenté comme un groupe quand même.
David : Non d'un point de vu marketing. Au moment où t'es signé les choses se sont faites à l'envers, tout a été super vite au départ. Ils ont signé Katerine donc ça s'est fait avec Katerine et le label. Mais en faisant de la scène il s'est avéré que tout le « groupe » s'est fait ressentir.
ZYVA : Sur scène ça se sent.
Katerine : Mais même en travaillant sur l'album il y avait une volonté claire. Je voulais qu'ils aient de la place et eux m'ont fait comprendre qu'ils la voulaient cette place aussi. C'est un truc pas vraiment habituel pour moi, car j'ai souvent voulu la donner à des musiciens qui ne l'ont pas vraiment prise au regard des derniers groupes dans lesquels j'ai travaillé. Et là eux ont été à la hauteur des attentes, et m'ont apporté beaucoup, ça a permit aussi de me remettre en question sur certains points.
ZYVA : Et la remise en question c'est bien aussi, ça permet d'avancer.
Katerine : Oui c'est ça on se dit qu'il y a une volonté d'être à égalité, par exemple, si j'écris le texte et que j'arrive avec quelque chose de bien avancé déjà, ils auront toujours leur mot à dire.
ZYVA : Vous travaillez ensemble sur les chansons ?
Katerine : Oui en fait sur le 1er j'étais compositeur et arrangeur et ça change pas mal de chose, car une chanson guitare - voix c'est pas la même chose qu'une chanson composée en groupe donc concrètement je suis auteur compositeur sur le 1er album et on est tous arrangeurs. Sur les nouvelles chansons on est tous compositeurs et sur le prochain album pareil. (Un téléphone sonne…)
ZYVA : Et là j'entends un téléphone qui sonne c'est « Nine Inch Nails » là comme ça. Mais c'est bien gentil tout ça mais on est en France, on fait du rock'n'roll et on met du Nine Inch Nails ; on balance pas plus fort plus loin car franchement sur scène vous êtes violents et sur cd beaucoup plus soft.
Katerine : Oui d'ailleurs on espère que sur le 2ème album on n'aura moins cette nuance là. Moi, je ne savais pas vraiment où placer ma voix dans la musique. La question était de savoir où mettre la voix et comment faire pour qu'elle sonne bien tout en laissant une place aux instruments. Il y a déjà un problème de langue et de fréquences, et comment la faire ressortir. Il y a aussi un problème de mix et je pense que j'ai pas mal évolué dans ma manière de placer ma voix vis-à-vis des instruments. Comme on compose tous, les chansons ont été faites instrumentalement en groupe donc ma voix se place déjà différemment avec les instruments c'est déjà quelque chose qui a évolué. Pour le prochain album on va essayer d'évoluer au niveau du mix en harmonisant peut être plus la voix avec les instruments. Je sais pas si c'est la voix qui est au dessus ou les guitares qui n'ont pas été exploitées à leur juste valeur. On a des guitares assez agressives...
ZYVA : D'ailleurs sur scène ça s'entend.
David : Mais d'ailleurs tu parles de NIN mais on va arriver à un truc de très brut et très vivant et ça nous empêche pas d'écouter NIN, j'adore ces groupes qui sont très agressifs. C'est vraiment très défini, c'est la machine de guerre et nous on veut vraiment garder quelque chose d'assez fragile. Ce n'est pas grave s'il y a des erreurs.
Karine : En faite ce qu'il veut dire c'est qu'on aime bien le gros son plutôt du genre indépendant. Tu vois d'ailleurs j'ai écouté le dernier Queen Of The Stone Age que je trouve énorme et je sais aussi qu'il y a une dynamique à laquelle j'adhère beaucoup et que j'aimerai beaucoup mettre sur notre album. A coté de ça, je sais qu'on a beaucoup moins un son « stoner », on a plus d aiguë…
ZYVA : Oui c'est ce que j'allais te dire, QOTSA si on parle de ça, ils ont un son particulier très gras qui se ressent tout de suite qui se perçoit vraiment vite.
Chez vous il y a aussi quand même cette dimension. Tu parlais de rock indépendant, je pense qu'il y a beaucoup de ça, on en a plus besoin en France.
Peter : D'ailleurs on écoute pas beaucoup de trucs français c'est important à dire car tu disais on fait du rock français, mais je n'aime pas le terme rock français car vraiment je ne me reconnais pas dans la famille rock français. Pour moi on fait du rock, c'est en français mais de là à dire rock français…
ZYVA : Zazie c'est du rock français ?
Peter : Ah ben non ce que je veux dire c'est ce que l'on classe dans rock français je m'y retrouve pas car c'est pas la musique que j'écoutais jusqu'à présent. Dans le rock français le problème c'est que ça vient à moitié de la chanson et c'est arrangé rock. Là dedans il y a quand même de très bons trucs. Et de l'autre coté tu as des groupes qui sont formés et qui finalement s'identifient beaucoup à la scène américaine et anglaise et qui pour moi font de la musique à travers des recettes mais pas en allant chercher des sons.
ZYVA : Et c'est comme ça que ça marche ?
Peter : Non justement je trouve que ça marche pas du tout faut mieux être ce que tu es même si tu as un son bien crade et pas le son de Radiohead.
ZYVA : Oui mais tu as aussi des contraintes.
Peter : Oui il y a des contraintes aussi…
ZYVA : On doit vous dire souvent que c'est un premier album qui est fantastique qui a bien marché qui a su séduire et en même temps être écouté et pas seulement entendu ?
Katerine : Oui on a rien inventé.
ZYVA : Non je n'ai pas dit ça, mais tu le penses ?
Katerine : Oui je pense qu'il y a quelque chose de beaucoup plus original à venir. L'originalité de cet album c'est d'avoir composé avec ce qu'on était et pas d'avoir essayé de faire autre chose qui ne nous correspond pas. En tous cas s'il fallait avoir de la prétention, si prétention il y a avoir pour cet album là, c'est justement de ne pas avoir révolutionné quoi que ce soit ; d'avoir fait quelque chose le plus personnel possible et d'être plus prêt d'un ressenti personnel avec des chansons comme « crève » ou « jalouse ».
ZYVA : On rentre dans l'intime avec des chansons comme ça je dirais.
Katerine : Apparemment c'est ce qui touche les gens aussi.
On commence à élaguer des trucs mais il y avait une grosse part d'inconnu là dedans et d'inexpérience. Du coup on a pas joué à faire les expérimentés c'est ça qui est bien et en même temps du coté de l aboutissement on avait certaines envies précises dans la tête mais on avait moins d'expérience. Il y a des choses qu'on a améliorées sur scène, dans l'écriture, dans le son, c'était un premier pas tu vois, le début de l aventure.
ZYVA : Un peu comme si tu apprenais à marcher.
Katerine : Oui. Oui il y a le deuxième album qu'on a commencé à travailler. On se pose beaucoup de questions sur la production, on sait qu'on va enregistrer en live tout ça mais voila c'est trouver un truc qui nous appartient, qui nous correspond et qui est intéressant dans la production. C'est vrai que dans le 1er album il n'y a pas vraiment de production, c'est posé comme ça.
C'est vrai qu'il y a peut être un truc qu'on regrette, c'est le fait qu'on a pas eu assez de parti pris…
ZYVA : Enfin je pense que c'est ce qui fait les bons et les mauvais groupes, sans désigner qui est bon et qui est mauvais sans en arriver là, mais vous avez une empreinte qui a su se démarquer. Vous pensez qu'en France il y a des personnes qui sont susceptibles de faire en sorte que le niveau de la musique soit un peu plus élevé que cela ?
Peter : Oui il y en a un mais il faut chercher et c'est des trucs qui sont pas forcément commerciaux.
ZYVA : Qui ne sont pas diffusés ?
Katerine : Donne des noms, des noms !
Peter : Ben j'ai un pote chanteur qui a fait un album, qui a été à moitié abandonné par son label, je trouve ça vraiment original et personnel et pour moi relativement futuriste dans l'approche du rock et de la chanson française. Après en musique électronique je connais autre chose, j'ai un pote qui a un groupe qui s appelle « électro-ménager »…
Karine : allez sur notre myspace dans nos liens et vous verrez,il y a tout un univers. Il a monté un collectif qui s'appelle « Arcan » et effectivement il y a plusieurs membres de ces différents groupes qui font partis de ce collectif là et c'est en fait toute une filière de musiciens. Il y a plein de trucs comme ça c'est vraiment filandreux et si tu rejoins les choses, Il y a vraiment des trucs qui sont super.
ZYVA : Ce n'est pas des groupes qui passeront chez Nagui !
Katerine : ouais !
David : Quand katerine a signé j'étais là : « non ! » j'y croyais pas pour moi c'est arrivé si vite.
ZYVA : C'est très vite monté haut, après c'est difficile de durer, faut se dire que le 2ème album c'est une étape pour avancer.
Katerine : On n'est pas là pour marquer le coup une fois voila, c'est notre vie depuis bien longtemps avant.
ZYVA : Ca fait combien de temps que vous jouez tous les 3 ensemble ?
Katerine : Ca fait 2 ans et demi.
Peter : En voyant le t-shirt de Scenario rock, je pensais à cette clique de zicos qui sont des réseaux de mecs qui sont super bien, qui jouent avec plein de monde, qui savent tout faire, qui sont de grands musiciens français et qui moi personnellement m'inspirent. Ils me rendent super fier du truc, avec un groupe que plusieurs d'entre eux ont monté ensemble…zut je retrouve pas le nom,c'est avec Vincent…… mais non tu vois pas cet autre groupe….
David : Poni Hoax ?
Peter : Poni Hoax voila ! C'est cool !
ZYVA : C'est clair, mais il y en a plein comme ça.
Peter : Mais on les verra pas tu vois chez Nagui !
ZYVA :Vous êtes allés chez Nagui ?
Katerine : Oui
ZYVA : Il est cool Nagui ?
Katerine : Moui ça va.
ZYVA : (rire !) Il y connaît quelque chose ou se sont ses fiches ?
Katerine : Oui c'est plus ça. Il a toujours des questions de base. C'est quelqu'un qui aime écouter de la musique, qui est mélomane mais qui ne va pas aller creuser. Il a pas le coté « indé », il va pas aller écouter énormément de truc. Il a son émission avec les artistes qui viennent.
Peter : Il « kiffe » faire son émission, il est là comme un grand enfant, il est comme un gosse.
ZYVA : Après tout c'est son métier !
Peter : Oui mais dans le sens où il poussera pas plus loin, non. Ce n'est pas un Antoine de Caune qui est plus éprit, qui va chercher les trucs. C'est un mec qui rassemble des idées, qui pousse à fond les choses, qui voit des directions ; que Nagui, il « surf » sur le truc. En fait il est vraiment trop content de se faire plaisir pour lâcher l'affaire, si tu vois ce que je veux dire….
ZYVA : Ouais !
Katerine : C'est déjà une qualité !
ZYVA : Et puis quand même grâce à lui, il y a pas mal de groupes comme vous qui ont pu s'exposer comme ça afin de permettre de mettre en avant ce qui font.
Katerine : C'était magique Taratata.
ZYVA : Mais j'allais dire, vous avez fait d'autres médias en France ? A part les radios j'imagine qui ont su tâter le terrain.
Katerine : Comment ça ? Qui ont fait quoi ? Des medias ?
ZYVA : Qui vous ont présenté, montré votre travail, ce que vous avez pu faire à part les radios.
Katerine : Oui on a fait France 5, TV 5.
David : Juste avant d'enregistrer l'album, juste le jour avant, on a enregistré une petite émission de télévision sur Arte qui était super sympathique, non c'était France 5 justement.
Katerine : C'était le truc qui se passait l'été, c'était en intérieur et c'était un mini concert et il y avait plein de groupes qui on fait ce truc là. Moi j'ai découvert des groupes comme ça. C'était cool qui fasse ça. Mais effectivement on manque clairement d'émissions qui font du rock, qui font découvrir comme l'émission avec De Caune à l'époque. Maintenant il n'y a pas d'émissions avec une visibilité comme ça à la télévision. Après tu as le câble, mais MTV c'est de la merde MTV2 faut que tu t'abonnes car sinon c'est que MTV. MCM c'est pareil, il y a tout le temps de la merde. On voit 50 fois le même clip toute la journée.
Peter : MTV c'est des morceaux tronqués à 3mins20 c'est horrible. On l'a fait mais c'est vrai qu'on a eu une pression médiatique. Au début tu te dis « non ». Après tu vois les enjeux : ça fait connaître ta musique et ça permet aux gens d'arriver à l'album. C'est comme des vases communiquants. Tu as des concessions à faire et d'autres pas (ça nous a fait un peu mal au cœur) mais en même temps ça aide quand même.
Katerine : « Jalouse » a quelque chose de beaucoup plus calme donc pour quelqu'un qui aime pas le rock et qui nous connaît pas du tout il peut adorer « jalouse » et va acheter l'album. Il y a beaucoup de gens qui m'ont dit, et c'est un truc qui revient, qu'ils n'aimaient pas le rock et qu'ils achetaient l'album quand même et au final ils adoraient. Ca c'est aussi un truc intéressant. Déjà j'allais dire les medias qu'on a fait c'est parce qu'il y a les maisons de disques derrière, limite. Car si ça avait été un label indépendant ça n'aurait pas été la même chose ; ça joue aussi beaucoup. Mais en tout cas EMI c'est une maison de disques qui respecte vraiment bien ses artistes. Maintenant on est chez Delabel, j'ai toujours aimé les remaniements. En fait avant on était chez Capitol, chez qui il y a aussi Raphaël que je n'aime pas du tout, Arno et tout ça et maintenant on est chez Delabel.
ZYVA :J'aime bien le «que j'aime pas du tout » !
Katerine : A non non ! Raphaël je n'aime pas du tout !
ZYVA : Pourquoi tu l'as rencontré ?
Katerine : A non je parle de la musique déjà. Non, humainement je fais pas de la calomnie à dire celui là c'est un con, non. Je parle déjà de la musique que j'aime pas et après bon il paraîtrait que c'est un con…mais bon je veux dire après il y a des personnes qui sont super sympas mais dont j'aime pas du tout leurs musiques. Par exemple la Grande Sophie a l'air cool mais je n'aime pas sa musique.
Peter : Il y a beaucoup de gens géniaux mais après musicalement on n'adhère pas.
Katerine : Mais bon ce qui est important en fait et on a eu souvent cette réflexion là avec Peter, le plus important c'est que si il y a plein de gens qui découvrent tant mieux, et qui aiment encore mieux mais aussi qu'ils aiment d'autres choses qu'on leur sert. Tu vois la soupe qu'ils se prennent pas mal dans la gueule et si nous on peut permettre de faire découvrir d'autres scènes sur le Myspace déjà. Je mets forcement les groupes que j'aime et c'est tant mieux si ça peut ouvrir, décrotter les oreilles des gens et plus les ouvrir justement. Enfin je me répète peut être mais les ouvrir à d'autres univers et peut être se dire qu'on peut chanter en français et avoir un autre son que la soupe qu'on nous sert habituellement, c'est important. C'est vrai quand on cherche des premières parties pour des dates parisiennes c'est compliqué finalement. C'est dur car t'as des tas de groupes qu'on nous propose et qui sonnent très « variète ».
Peter : En même temps j'aime bien le rock mais en ce moment limite il faudrait que j'arrête d'en écouter car je suis très sévère. En ce moment il y a une vague de rock fait à l'anglaise, même des français font ça. C'est vraiment la recette que t'applique tu fais des crêpes et t'as des chansons et voila les gens sont cool, t'as une bonne énergie, ils ont l'attitude, ils sont frais et tout quoi ; mais un moment donné c'est bon quoi on en peut plus, on a envie d'autres choses.
Katerine : Ils ont presque l'attitude avant d'avoir son…mais moi je pense aussi que tout le groupe là, on a envie de sortir d'un chemin tout tracé, on n'est pas limité au rock, on écoute, on aime.
ZYVA : Ca se sent, sur scène, mais sans vouloir être méchant, mais moi au début sans avoir encore entendu, j'avais une petite appréhension, j'étais sur le recul quand même. Et à Viennes, le live etc…J'ai quand même écouté et c'est là que tu te rends compte des choses, que véritablement c'est un groupe et pas seulement, toi, (katerine). Ca ne se transpire pas à travers les médias, mais sur scène vous prenez votre pied. J'espère que ça sera çà sur le second et que cette intensité perdurera dans le temps.
Katerine : Oui même encore plus ! On espère !
ZYVA : Je suis en train de penser, vous avez d'autres choses à faire, on va peut être arrêter là.
Katerine : Oui c'est bien, c'est le bon moment.
ZYVA :Mais avant la dernière question car on finit toujours par la même question : il nous faut une chanson d'un artiste qui représente Mademoiselle K.
Peter : oulla la ! C'est super dur. J'aurais tendance à me rapprocher d'un truc genre PJ Harvey avec « Dance hall at louse point »
Katerine : Plus de cet album là je dirais. Ouai ouai !
ZYVA : OK mais qu'une !
Katerine : ben sortez des trucs et on se met d'accord.
David : Ben moi ce que j'aime dans Mademoiselle k et qu'on retrouve pas dans PJ c'est parfois on se laisse porter par le truc, par la musique par le fait qu'on est tous les 4 sur scène et c'est un truc qui me tient vachement à cœur d'avoir un truc coloré.
Peter : Comme un peu chez les Doors qui peuvent se lancer dans des trucs qui ne s'arrêtent jamais, bien trippé et psychédélique.
ZYVA : Oui mais tu as toujours pas donné de morceaux !
Katerine : Oui……… c'est hyper dur comme question.
ZYVA : Après ça peut être un truc qui vous rassemble.
Katerine: Ben, « Life on mars » (David Bowie), c'est une chanson qu'on a beaucoup reprise et qu'on a donc intégrée au set. En fait il y a quelque chose de complètement barré dans le texte auquel je tends vachement à faire de la même façon que ça. Dans l'écriture il y a quelque chose que j'aime beaucoup. En plus il y a tout aussi, harmoniquement on va beaucoup dans ce sens là, c'est-à-dire ouvrir les chansons, sortir du carcan « couplet - refrain ». Plus des ouvertures harmoniques autres que ce que l'on entend très souvent dans le rock. Je vais dire au delà des groupes français, moi je sais que quand j'écoute du rock en ce moment ce qui m'embête c'est que j'entends un peu les mêmes clichés tout le temps dans les structures harmoniques et en ce moment je suis à la recherche d'un truc un peu plus spécial dans les structures.
ZYVA : Tout en restant brut.
Katerine : Oui c'est tout à fait ça ! Tout en restant brut et ça c'est un truc qui est sur le 1er et qui restera. C'est un peu la marque de « fabrique » et je veille à ça. Aussi complexe que soit la recherche et la chanson, la trame restera toujours simple. Je ne supporte pas de rajouter pour en rajouter. Genre tient on pourrait rajouter une cloche là sur la mesure 22. Et donc « life on mars » dans l'esprit, ça représente pas mal le groupe.
ZYVA : Merci.
Katerine : Merci, c'était tranquille.
Katerine : Ah vous êtes venus à ce concert, c'est super !
ZYVA : On n'était pas bien nombreux sur la fin mais le concert s'est néanmoins bien passé. Je disais « groupe » au début, et à vrai dire au final Mademoiselle K c'est un groupe et pas Mademoiselle Katerine ?
Katerine : oui tout a fait.
David : À vrai dire c'est une force d'avoir une révélation comme ça sur scène, mais ce n'est pas si évident que ça, et ce n'est pas si bien communiqué que ça.
ZYVA : C'est ce que j'allais dire.
Katerine : C'est surtout d'un point de vu visuel car en interview ça fait pas mal de temps que je dis que c'est un groupe mais c'est pendant les « live » que se révèle pas mal de choses sur l'artiste ; si t'aime ou t'aime pas, c'est assez révélateur.
ZYVA : En même temps comme le disait ton collègue à juste titre ce n'est pas présenté comme un groupe quand même.
David : Non d'un point de vu marketing. Au moment où t'es signé les choses se sont faites à l'envers, tout a été super vite au départ. Ils ont signé Katerine donc ça s'est fait avec Katerine et le label. Mais en faisant de la scène il s'est avéré que tout le « groupe » s'est fait ressentir.
ZYVA : Sur scène ça se sent.
Katerine : Mais même en travaillant sur l'album il y avait une volonté claire. Je voulais qu'ils aient de la place et eux m'ont fait comprendre qu'ils la voulaient cette place aussi. C'est un truc pas vraiment habituel pour moi, car j'ai souvent voulu la donner à des musiciens qui ne l'ont pas vraiment prise au regard des derniers groupes dans lesquels j'ai travaillé. Et là eux ont été à la hauteur des attentes, et m'ont apporté beaucoup, ça a permit aussi de me remettre en question sur certains points.
ZYVA : Et la remise en question c'est bien aussi, ça permet d'avancer.
Katerine : Oui c'est ça on se dit qu'il y a une volonté d'être à égalité, par exemple, si j'écris le texte et que j'arrive avec quelque chose de bien avancé déjà, ils auront toujours leur mot à dire.
ZYVA : Vous travaillez ensemble sur les chansons ?
Katerine : Oui en fait sur le 1er j'étais compositeur et arrangeur et ça change pas mal de chose, car une chanson guitare - voix c'est pas la même chose qu'une chanson composée en groupe donc concrètement je suis auteur compositeur sur le 1er album et on est tous arrangeurs. Sur les nouvelles chansons on est tous compositeurs et sur le prochain album pareil. (Un téléphone sonne…)
ZYVA : Et là j'entends un téléphone qui sonne c'est « Nine Inch Nails » là comme ça. Mais c'est bien gentil tout ça mais on est en France, on fait du rock'n'roll et on met du Nine Inch Nails ; on balance pas plus fort plus loin car franchement sur scène vous êtes violents et sur cd beaucoup plus soft.
Katerine : Oui d'ailleurs on espère que sur le 2ème album on n'aura moins cette nuance là. Moi, je ne savais pas vraiment où placer ma voix dans la musique. La question était de savoir où mettre la voix et comment faire pour qu'elle sonne bien tout en laissant une place aux instruments. Il y a déjà un problème de langue et de fréquences, et comment la faire ressortir. Il y a aussi un problème de mix et je pense que j'ai pas mal évolué dans ma manière de placer ma voix vis-à-vis des instruments. Comme on compose tous, les chansons ont été faites instrumentalement en groupe donc ma voix se place déjà différemment avec les instruments c'est déjà quelque chose qui a évolué. Pour le prochain album on va essayer d'évoluer au niveau du mix en harmonisant peut être plus la voix avec les instruments. Je sais pas si c'est la voix qui est au dessus ou les guitares qui n'ont pas été exploitées à leur juste valeur. On a des guitares assez agressives...
ZYVA : D'ailleurs sur scène ça s'entend.
David : Mais d'ailleurs tu parles de NIN mais on va arriver à un truc de très brut et très vivant et ça nous empêche pas d'écouter NIN, j'adore ces groupes qui sont très agressifs. C'est vraiment très défini, c'est la machine de guerre et nous on veut vraiment garder quelque chose d'assez fragile. Ce n'est pas grave s'il y a des erreurs.
Karine : En faite ce qu'il veut dire c'est qu'on aime bien le gros son plutôt du genre indépendant. Tu vois d'ailleurs j'ai écouté le dernier Queen Of The Stone Age que je trouve énorme et je sais aussi qu'il y a une dynamique à laquelle j'adhère beaucoup et que j'aimerai beaucoup mettre sur notre album. A coté de ça, je sais qu'on a beaucoup moins un son « stoner », on a plus d aiguë…
ZYVA : Oui c'est ce que j'allais te dire, QOTSA si on parle de ça, ils ont un son particulier très gras qui se ressent tout de suite qui se perçoit vraiment vite.
Chez vous il y a aussi quand même cette dimension. Tu parlais de rock indépendant, je pense qu'il y a beaucoup de ça, on en a plus besoin en France.
Peter : D'ailleurs on écoute pas beaucoup de trucs français c'est important à dire car tu disais on fait du rock français, mais je n'aime pas le terme rock français car vraiment je ne me reconnais pas dans la famille rock français. Pour moi on fait du rock, c'est en français mais de là à dire rock français…
ZYVA : Zazie c'est du rock français ?
Peter : Ah ben non ce que je veux dire c'est ce que l'on classe dans rock français je m'y retrouve pas car c'est pas la musique que j'écoutais jusqu'à présent. Dans le rock français le problème c'est que ça vient à moitié de la chanson et c'est arrangé rock. Là dedans il y a quand même de très bons trucs. Et de l'autre coté tu as des groupes qui sont formés et qui finalement s'identifient beaucoup à la scène américaine et anglaise et qui pour moi font de la musique à travers des recettes mais pas en allant chercher des sons.
ZYVA : Et c'est comme ça que ça marche ?
Peter : Non justement je trouve que ça marche pas du tout faut mieux être ce que tu es même si tu as un son bien crade et pas le son de Radiohead.
ZYVA : Oui mais tu as aussi des contraintes.
Peter : Oui il y a des contraintes aussi…
ZYVA : On doit vous dire souvent que c'est un premier album qui est fantastique qui a bien marché qui a su séduire et en même temps être écouté et pas seulement entendu ?
Katerine : Oui on a rien inventé.
ZYVA : Non je n'ai pas dit ça, mais tu le penses ?
Katerine : Oui je pense qu'il y a quelque chose de beaucoup plus original à venir. L'originalité de cet album c'est d'avoir composé avec ce qu'on était et pas d'avoir essayé de faire autre chose qui ne nous correspond pas. En tous cas s'il fallait avoir de la prétention, si prétention il y a avoir pour cet album là, c'est justement de ne pas avoir révolutionné quoi que ce soit ; d'avoir fait quelque chose le plus personnel possible et d'être plus prêt d'un ressenti personnel avec des chansons comme « crève » ou « jalouse ».
ZYVA : On rentre dans l'intime avec des chansons comme ça je dirais.
Katerine : Apparemment c'est ce qui touche les gens aussi.
On commence à élaguer des trucs mais il y avait une grosse part d'inconnu là dedans et d'inexpérience. Du coup on a pas joué à faire les expérimentés c'est ça qui est bien et en même temps du coté de l aboutissement on avait certaines envies précises dans la tête mais on avait moins d'expérience. Il y a des choses qu'on a améliorées sur scène, dans l'écriture, dans le son, c'était un premier pas tu vois, le début de l aventure.
ZYVA : Un peu comme si tu apprenais à marcher.
Katerine : Oui. Oui il y a le deuxième album qu'on a commencé à travailler. On se pose beaucoup de questions sur la production, on sait qu'on va enregistrer en live tout ça mais voila c'est trouver un truc qui nous appartient, qui nous correspond et qui est intéressant dans la production. C'est vrai que dans le 1er album il n'y a pas vraiment de production, c'est posé comme ça.
C'est vrai qu'il y a peut être un truc qu'on regrette, c'est le fait qu'on a pas eu assez de parti pris…
ZYVA : Enfin je pense que c'est ce qui fait les bons et les mauvais groupes, sans désigner qui est bon et qui est mauvais sans en arriver là, mais vous avez une empreinte qui a su se démarquer. Vous pensez qu'en France il y a des personnes qui sont susceptibles de faire en sorte que le niveau de la musique soit un peu plus élevé que cela ?
Peter : Oui il y en a un mais il faut chercher et c'est des trucs qui sont pas forcément commerciaux.
ZYVA : Qui ne sont pas diffusés ?
Katerine : Donne des noms, des noms !
Peter : Ben j'ai un pote chanteur qui a fait un album, qui a été à moitié abandonné par son label, je trouve ça vraiment original et personnel et pour moi relativement futuriste dans l'approche du rock et de la chanson française. Après en musique électronique je connais autre chose, j'ai un pote qui a un groupe qui s appelle « électro-ménager »…
Karine : allez sur notre myspace dans nos liens et vous verrez,il y a tout un univers. Il a monté un collectif qui s'appelle « Arcan » et effectivement il y a plusieurs membres de ces différents groupes qui font partis de ce collectif là et c'est en fait toute une filière de musiciens. Il y a plein de trucs comme ça c'est vraiment filandreux et si tu rejoins les choses, Il y a vraiment des trucs qui sont super.
ZYVA : Ce n'est pas des groupes qui passeront chez Nagui !
Katerine : ouais !
David : Quand katerine a signé j'étais là : « non ! » j'y croyais pas pour moi c'est arrivé si vite.
ZYVA : C'est très vite monté haut, après c'est difficile de durer, faut se dire que le 2ème album c'est une étape pour avancer.
Katerine : On n'est pas là pour marquer le coup une fois voila, c'est notre vie depuis bien longtemps avant.
ZYVA : Ca fait combien de temps que vous jouez tous les 3 ensemble ?
Katerine : Ca fait 2 ans et demi.
Peter : En voyant le t-shirt de Scenario rock, je pensais à cette clique de zicos qui sont des réseaux de mecs qui sont super bien, qui jouent avec plein de monde, qui savent tout faire, qui sont de grands musiciens français et qui moi personnellement m'inspirent. Ils me rendent super fier du truc, avec un groupe que plusieurs d'entre eux ont monté ensemble…zut je retrouve pas le nom,c'est avec Vincent…… mais non tu vois pas cet autre groupe….
David : Poni Hoax ?
Peter : Poni Hoax voila ! C'est cool !
ZYVA : C'est clair, mais il y en a plein comme ça.
Peter : Mais on les verra pas tu vois chez Nagui !
ZYVA :Vous êtes allés chez Nagui ?
Katerine : Oui
ZYVA : Il est cool Nagui ?
Katerine : Moui ça va.
ZYVA : (rire !) Il y connaît quelque chose ou se sont ses fiches ?
Katerine : Oui c'est plus ça. Il a toujours des questions de base. C'est quelqu'un qui aime écouter de la musique, qui est mélomane mais qui ne va pas aller creuser. Il a pas le coté « indé », il va pas aller écouter énormément de truc. Il a son émission avec les artistes qui viennent.
Peter : Il « kiffe » faire son émission, il est là comme un grand enfant, il est comme un gosse.
ZYVA : Après tout c'est son métier !
Peter : Oui mais dans le sens où il poussera pas plus loin, non. Ce n'est pas un Antoine de Caune qui est plus éprit, qui va chercher les trucs. C'est un mec qui rassemble des idées, qui pousse à fond les choses, qui voit des directions ; que Nagui, il « surf » sur le truc. En fait il est vraiment trop content de se faire plaisir pour lâcher l'affaire, si tu vois ce que je veux dire….
ZYVA : Ouais !
Katerine : C'est déjà une qualité !
ZYVA : Et puis quand même grâce à lui, il y a pas mal de groupes comme vous qui ont pu s'exposer comme ça afin de permettre de mettre en avant ce qui font.
Katerine : C'était magique Taratata.
ZYVA : Mais j'allais dire, vous avez fait d'autres médias en France ? A part les radios j'imagine qui ont su tâter le terrain.
Katerine : Comment ça ? Qui ont fait quoi ? Des medias ?
ZYVA : Qui vous ont présenté, montré votre travail, ce que vous avez pu faire à part les radios.
Katerine : Oui on a fait France 5, TV 5.
David : Juste avant d'enregistrer l'album, juste le jour avant, on a enregistré une petite émission de télévision sur Arte qui était super sympathique, non c'était France 5 justement.
Katerine : C'était le truc qui se passait l'été, c'était en intérieur et c'était un mini concert et il y avait plein de groupes qui on fait ce truc là. Moi j'ai découvert des groupes comme ça. C'était cool qui fasse ça. Mais effectivement on manque clairement d'émissions qui font du rock, qui font découvrir comme l'émission avec De Caune à l'époque. Maintenant il n'y a pas d'émissions avec une visibilité comme ça à la télévision. Après tu as le câble, mais MTV c'est de la merde MTV2 faut que tu t'abonnes car sinon c'est que MTV. MCM c'est pareil, il y a tout le temps de la merde. On voit 50 fois le même clip toute la journée.
Peter : MTV c'est des morceaux tronqués à 3mins20 c'est horrible. On l'a fait mais c'est vrai qu'on a eu une pression médiatique. Au début tu te dis « non ». Après tu vois les enjeux : ça fait connaître ta musique et ça permet aux gens d'arriver à l'album. C'est comme des vases communiquants. Tu as des concessions à faire et d'autres pas (ça nous a fait un peu mal au cœur) mais en même temps ça aide quand même.
Katerine : « Jalouse » a quelque chose de beaucoup plus calme donc pour quelqu'un qui aime pas le rock et qui nous connaît pas du tout il peut adorer « jalouse » et va acheter l'album. Il y a beaucoup de gens qui m'ont dit, et c'est un truc qui revient, qu'ils n'aimaient pas le rock et qu'ils achetaient l'album quand même et au final ils adoraient. Ca c'est aussi un truc intéressant. Déjà j'allais dire les medias qu'on a fait c'est parce qu'il y a les maisons de disques derrière, limite. Car si ça avait été un label indépendant ça n'aurait pas été la même chose ; ça joue aussi beaucoup. Mais en tout cas EMI c'est une maison de disques qui respecte vraiment bien ses artistes. Maintenant on est chez Delabel, j'ai toujours aimé les remaniements. En fait avant on était chez Capitol, chez qui il y a aussi Raphaël que je n'aime pas du tout, Arno et tout ça et maintenant on est chez Delabel.
ZYVA :J'aime bien le «que j'aime pas du tout » !
Katerine : A non non ! Raphaël je n'aime pas du tout !
ZYVA : Pourquoi tu l'as rencontré ?
Katerine : A non je parle de la musique déjà. Non, humainement je fais pas de la calomnie à dire celui là c'est un con, non. Je parle déjà de la musique que j'aime pas et après bon il paraîtrait que c'est un con…mais bon je veux dire après il y a des personnes qui sont super sympas mais dont j'aime pas du tout leurs musiques. Par exemple la Grande Sophie a l'air cool mais je n'aime pas sa musique.
Peter : Il y a beaucoup de gens géniaux mais après musicalement on n'adhère pas.
Katerine : Mais bon ce qui est important en fait et on a eu souvent cette réflexion là avec Peter, le plus important c'est que si il y a plein de gens qui découvrent tant mieux, et qui aiment encore mieux mais aussi qu'ils aiment d'autres choses qu'on leur sert. Tu vois la soupe qu'ils se prennent pas mal dans la gueule et si nous on peut permettre de faire découvrir d'autres scènes sur le Myspace déjà. Je mets forcement les groupes que j'aime et c'est tant mieux si ça peut ouvrir, décrotter les oreilles des gens et plus les ouvrir justement. Enfin je me répète peut être mais les ouvrir à d'autres univers et peut être se dire qu'on peut chanter en français et avoir un autre son que la soupe qu'on nous sert habituellement, c'est important. C'est vrai quand on cherche des premières parties pour des dates parisiennes c'est compliqué finalement. C'est dur car t'as des tas de groupes qu'on nous propose et qui sonnent très « variète ».
Peter : En même temps j'aime bien le rock mais en ce moment limite il faudrait que j'arrête d'en écouter car je suis très sévère. En ce moment il y a une vague de rock fait à l'anglaise, même des français font ça. C'est vraiment la recette que t'applique tu fais des crêpes et t'as des chansons et voila les gens sont cool, t'as une bonne énergie, ils ont l'attitude, ils sont frais et tout quoi ; mais un moment donné c'est bon quoi on en peut plus, on a envie d'autres choses.
Katerine : Ils ont presque l'attitude avant d'avoir son…mais moi je pense aussi que tout le groupe là, on a envie de sortir d'un chemin tout tracé, on n'est pas limité au rock, on écoute, on aime.
ZYVA : Ca se sent, sur scène, mais sans vouloir être méchant, mais moi au début sans avoir encore entendu, j'avais une petite appréhension, j'étais sur le recul quand même. Et à Viennes, le live etc…J'ai quand même écouté et c'est là que tu te rends compte des choses, que véritablement c'est un groupe et pas seulement, toi, (katerine). Ca ne se transpire pas à travers les médias, mais sur scène vous prenez votre pied. J'espère que ça sera çà sur le second et que cette intensité perdurera dans le temps.
Katerine : Oui même encore plus ! On espère !
ZYVA : Je suis en train de penser, vous avez d'autres choses à faire, on va peut être arrêter là.
Katerine : Oui c'est bien, c'est le bon moment.
ZYVA :Mais avant la dernière question car on finit toujours par la même question : il nous faut une chanson d'un artiste qui représente Mademoiselle K.
Peter : oulla la ! C'est super dur. J'aurais tendance à me rapprocher d'un truc genre PJ Harvey avec « Dance hall at louse point »
Katerine : Plus de cet album là je dirais. Ouai ouai !
ZYVA : OK mais qu'une !
Katerine : ben sortez des trucs et on se met d'accord.
David : Ben moi ce que j'aime dans Mademoiselle k et qu'on retrouve pas dans PJ c'est parfois on se laisse porter par le truc, par la musique par le fait qu'on est tous les 4 sur scène et c'est un truc qui me tient vachement à cœur d'avoir un truc coloré.
Peter : Comme un peu chez les Doors qui peuvent se lancer dans des trucs qui ne s'arrêtent jamais, bien trippé et psychédélique.
ZYVA : Oui mais tu as toujours pas donné de morceaux !
Katerine : Oui……… c'est hyper dur comme question.
ZYVA : Après ça peut être un truc qui vous rassemble.
Katerine: Ben, « Life on mars » (David Bowie), c'est une chanson qu'on a beaucoup reprise et qu'on a donc intégrée au set. En fait il y a quelque chose de complètement barré dans le texte auquel je tends vachement à faire de la même façon que ça. Dans l'écriture il y a quelque chose que j'aime beaucoup. En plus il y a tout aussi, harmoniquement on va beaucoup dans ce sens là, c'est-à-dire ouvrir les chansons, sortir du carcan « couplet - refrain ». Plus des ouvertures harmoniques autres que ce que l'on entend très souvent dans le rock. Je vais dire au delà des groupes français, moi je sais que quand j'écoute du rock en ce moment ce qui m'embête c'est que j'entends un peu les mêmes clichés tout le temps dans les structures harmoniques et en ce moment je suis à la recherche d'un truc un peu plus spécial dans les structures.
ZYVA : Tout en restant brut.
Katerine : Oui c'est tout à fait ça ! Tout en restant brut et ça c'est un truc qui est sur le 1er et qui restera. C'est un peu la marque de « fabrique » et je veille à ça. Aussi complexe que soit la recherche et la chanson, la trame restera toujours simple. Je ne supporte pas de rajouter pour en rajouter. Genre tient on pourrait rajouter une cloche là sur la mesure 22. Et donc « life on mars » dans l'esprit, ça représente pas mal le groupe.
ZYVA : Merci.
Katerine : Merci, c'était tranquille.


