
ZYVA : Salut, Désolé de te couper dans ton épisode de south park, on va pas te déranger lontemps.
Dälek : Pas de souci les gars
ZYVA : Bien , la tournée française en compagnie de Picore et Kill the trill se passe bien ?
Dälek : Oui , les concerts se sont très bien déroulés, des scènes incroyables et un public très réceptif. A chaque fois que l'on vient en France, c'est toujours de mieux en mieux. On a fait les Eurockéennes, joué plusieurs fois à Paris, et puis c'est beau de découvrir ces différentes régions de France. Visiter de plus petites villes, c'est cool. Et puis le trio..., je veux dire, les deux groupes qui nous accompagnent sont biens, c'est une bonne combinaison.
ZYVA : Ca doit être sympa à gérer, en terme d'organisation comment vous procédez?
Dälek: Et bien oui , c'est notre manager qui a géré tout cela, c'est vraiment qu'il y a du monde, mais chacun s'organise aussi de son coté, donc ça avance bien.
ZYVA : ... et puis ça fait déjà un moment que vous êtes sur la route, tu pourrais nous évoquer des étapes clés dans votre carrière?
Dälek : Ben j'ai commencé à l'âge de 13 ans et j'en ai 31 aujourd'hui, çà suppose que tout prend du temps, donc euh...et aussi que rien dans la vie n'est simple à faire mais tu dois vraiment bosser pour réussir, peu importe ce que tu veux faire.
C'est aussi beaucoup d'investissements, jouer sans être payé, tu vois ce que je veux dire, il faut que tu bouges ton cul mec. On a été sur la route pendant 10 ans. Et tout ce que l'on a fait, on le doit aux tournées.
C'est les tournées qui nous ont permis de rencontrer tous ces collaborateurs, Oktopus et moi . On a souvent aidé les autres à produire leurs albums et non pas faire les nôtres. Ce qui s'est passé, c'est qu'on investissait dans du matos à chaque fois qu'on nous a payé pour des productions. On a trouvé un local et on a tout reconstruit, avec nos mains encore une fois. On était plusieurs dessus pendant six mois, à bosser tous les jours de 6h du matin jusqu'à 20h, 21h voire plus et on rentrait se coucher . On reprenait le lendemain de la même manière et on en oubliait presque qu'on faisait de la musique. On était devenus maçons (rire) !! C'était vraiment dur, on l'a fait de nos mains ce studio, on en est fiers. J'ai jamais eu peur de bosser, on a abordé la musique sous cet angle , on savait que ça allait être dur.
ZYVA : Tu évoques toutes ces rencontres que tu as faites, on pense bien sur à Mike Patton et Epicac.
Dälek : oui , avoir un support comme Epicac , je veux dire, on aurait pas pu faire tout ça sans eux, et concernant Mike et Greg qui sont les deux gars du Label, ce qu'ils font c'est génial . Ils tendent la main aux groupes et croient en leur musique. Ils te disent pas ce que tu as à faire, ils te supportent dans tes démarches artistiques, et c'est magnifique d'avoir ce genre d'amis, ça t'aide (rire). Oui, tous ceux avec qui on a pu travailler comme Isis, c'est vraiment un genre de famille, je bosse avec des frères, on a de la chance d'être tous ensemble.
ZYVA : Et alors justement ,comment se présente la formation de ce soir?
Dälek : Et bien ce soir on joue en live, avec un guitariste aussi, et puis il y aura peut être des voix de Kill the thrill aussi, on va essayer de nouveaux trucs ce soir.
ZYVA : Ah bon , vous faites souvent des impros comme ça avec les autres groupes ?
Dälek : et bien oui, spécialement pour le dernier album qui est vraiment voué à ça, qui permet à d'autres musiciens de venir sur scène avec nous et d'apporter une nouvelle touche. On en a un peu marre de la scène typique du Dj, le MC, de la production et tout ça. Bon, sur un CD c'est autre chose, ,j'adore ce que l'on peut faire en tant que DJ avec la technique que cela suppose mais le Live, c'est un petit plus que l'on veux partager avec le public. On a fait une date dernièrement où l'on jouait avec une guitare et un synthé aussi, c'était génial , et puis c'est bien de changer, ça apporte du fun.
ZYVA : Retour au pays après la France...
Dälek : Oui , on fait la côte Ouest des USA, pendant une dizaine de jours et puis après on se détendra un peu, en juin on devrait revenir en Europe...
ZYVA : ...pour les festivals ?
Dälek : Oui pour les Festivals et aussi pour une collaboration avec The young gods en Suisse. On va sûrement faire les Eurckéennes, il était question du Festival de Dour aussi euh ... on essaie de beaucoup tourner cette année , si on peut , on fera sûrement un tour de l'autre coté du globe , en Australie , en Asie... au Japon, on vient de signer la distribution là-bas chez euh ...putain mec, comment il s'appelle déjà ...euh , merde ... Taiwan ,c'est ça. Et puis on nous parlait aussi de la Russie et de trois dates en Israel.(rire)
ZYVA : Bon avant de poser la dernière question...
Dälek : ...Oui , South Park m'attend (rire)...
ZYVA : ...tes influences sont nombreuses mais finalement comment décrirais-tu ce que tu veux transmettre ?
Dälek : et bien , je me revendique du mouvement Hip Hop c'est juste mon interprétation , mon style de Hip Hop. Le hip hop c'est ma culture, mes infuences, c'est de tout, mais vraiment de tout, de My blody valentine à Public ennemy , les Beatles aussi et le rock de manière générale. Ma musique c'est ce qui me permet de rester normal, parce que c'est ce qui me permet de me défouler, de lâcher ma rage et mes peurs. C 'est pour ça que je l'aime, c'est ma thérapie.
ZYVA : Merci
Dälek : Merci à vous.
Titre d'un artiste qui pourrait représenter sa musique :
Eric B & Rakim - Let the rhythm hit'em tiré de l'album Don't sweat the technique
