
ZYVA : Merci de bien vouloir nous rencontrer, c'est un honneur pour nous . Vous êtes relativement connus et reconnus en France, vous êtes d'ailleurs souvent venus pour jouer, au point de se demander si vous vivez ici ?
BellRays : (rires) Non mais si tu veux me donner ta maison, je veux bien la prendre ! Peu importe où en France d'ailleurs, c'est un très beau pays et on se sent bien ici, le public nous accueille comme si c'était notre deuxième maison (rires).
Zyva : Mais cette tournée est européenne, vous ne resterez pas qu'en France...
BellRays : Effectivement, cette tournée est européenne, on va partir en Espagne, en Allemagne, en Belgique euh... en Italie, en Allemagne, ah je l'ai déjà dit! On aime beaucoup l'Allemagne, ça a été long pour nous et difficile de pouvoir jouer là-bas et nous sommes vraiment heureux de pouvoir faire notre show à Cologne, ça va être Rock&Roll ! (rires)
Zyva : Beaucoup d'albums et de nombreuses musiques, un sacré parcours finalement...
BellRays : C'est marrant , on en parlait tout à l'heure on se le disait entre nous, tellement de temps consacré à la musique, de préparations d'albums ...
Zyva : Et sûrement un prochain en cours...
BellRays : qui sait ... ?(rires)
Zyva : Généralement les artistes ne veulent pas trop planifier la suite de leurs parcours ...
BellRays : Surtout pour nous, c'est comme si on était décalés de deux albums en arrière, c'est comme si à chaque fois que l'on prenait le temps de construire, de créer, on se disait : " bon ben on a déjà 20 titres de prêts ...", et puis il faut aussi pouvoir trouver le temps de se poser et d'enregistrer.
Zyva : Ok , les choses ont donc bien changé en plus de 10 ans ...
BellRays : Ohhh oui (rires)! Ca change tout le temps, et puis tu sais, les artistes s'investissent dans un groupe, passent la majeure partie de leur vie à se consacrer à la musique mais tu sais , on n'est pas les " Rolling Stones " , c'est donc beaucoup de sacrifices, euh comment te dire... de compromis, et tu ne sais même pas combien de temps ça va se poursuivre (rires).
Zyva : C'est pas trop frustrant de ne pas savoir où tout ça va vous mener, genre "bon ben j'ai fait ça de ma vie, mais il me manque ça et ça" ...
BellRays : Et bien déjà on ne se fait pas énormément d'argent, même pas beaucoup, on bosse beaucoup, comme tous les groupes, mais c'est surtout cette frustration là que l'on perçoit avant tout. En même temps il y a des millions de groupes qui seraient prêts à tuer pour être à notre place ! C'est pas évident. Et puis, il y a les sacrifices individuels que l'on a du tous faire pour être encore là. Quand tu fais parti d'un groupe, tu lui appartiens, tu te consacres à ta formation, pas comme d'autres peut- être, des Bonjovi ou autres, je ne veux pas que l'on ressemble à ces groupes. L'art c'est aussi la manière dont tu dédies ta vie à cette création collective. Quand notre histoire a commencé, on ne pensait pas que l'on referait ça, on se disait : " Ah non, je ne referais pas ça une année de plus ", et au final, ton groupe, les gens qui t'entourent dans cette aventure, et bien c'est à eux que tu donnes le plus dans ta vie. C'est un bon délire, et s'il fallait le refaire, je ne pense pas que l'on hésiterait une seconde.
Zyva : Ca, c'est Rock & Roll !!!
BellRays : (Eclat de rire) Ohh oui, et c'est même plus que Rock & Roll, parce que les gens croient que le rock & roll c'est juste (ils lèvent les bras en l'air) " ouais les gars, levez les mains en l'air, applaudissez " et d'autres conneries de ce genre , mais ce n'est pas ça . Le Rock & Roll implique de grosses responsabilités. C'est surtout donner de toi, et tu dois être fidèle à toi-même. Il n'y a pas de machine pour traduire ce genre d'émotions, c'est un vrai mariage avec ton public et ça c'est Rock & Roll. Tout ça c'est Rock & Roll, pas ce que l'on voit à la télévision ! (rires) C'est plus intelligent que ça !
Zyva : Quand tu dis à la télévision, tu penses aux chaînes américaines ou plus généralement ?
BellRays : Je ne comprends pas et ne supporte pas la télévision, peu importe où elle est diffusée (rires). Quand tu as un plan de scène qui te montre une plage magnifique, tu ne vois pas les bidonvilles et les gens entassés derrière et ça marche comme ça la télévision. Pour trois ou quatre minutes de clip vidéos, voilà ce que c'est, on peut tout recréer, on ne montre pas le travail mais la finalité, ça n'a pas de sens. Et puis on ne te montre pas le délire de la tourné quand tu te tapes tes 50 bornes pour faire un concert au milieu du désert et ce n'est pas comme si tu montais dans un car confortable pour jouer dans un casino, non c'est jouer dans des petits clubs de merdes et tu roules pendant deux heures entre chaque bar (rires) et puis tu te fais 20 euros qui te serviront à faire les 50 prochains kilomètres. Et au bout de plusieurs kilomètres, tu commences à te dire "putain ça craint, ça me saoûle de faire tout ce merdier", et c'est contre ça que l'on s'est battus, et que l'on se bat toujours. Des fois, on nous demande : " merde c'est génial, comment vous faites ? " Ben on a bossé, c'est tout (rires). On a vraiment travaillé nos shows et je pense que ça marche bien lors de nos tournées.
Z : On va vous laisser vous préparer, merci encore de nous avoir reçu.
BellRays : Merci à vous, c'était bien sympa les gars.
Titre d'un artiste ou d'un groupe qui pourrait vous représenter vous ou votre musique : The Who
