ASYL
ASYL
Date : 20/10/2006
Lieu : Transbordeur
Par : Kymmo
Asyl nous accueille dans sa loge du Transbordeur. Une deuxième rencontre pour cette soirée concert présentée par Europe 2. Nico(Guitare), Mattieu(Chant)Benjamin (Batterie) et Antoine(basse), sont là pour nous recevoir.
ZYVA : Le micro est mis en route, tout ce que vous direz sera écrit, rien ne sera mis   coté, tout ce que vous direz sera retranscrit sur le site.

Asyl : (N) donc on ne dit rien (rire).

ZYVA : alors on s'était déjà rencontrés il n'y a pas bien longtemps, mais entre temps beaucoup de choses ont changé pour vous, une tournée avec Indochine, bon c'est loin d'être votre première date à Lyon...

Asyl : Ah oui, c'est la 6eme, non 7, c'est ça, the number of the best...

ZYVA : Et actuellement en tournée, la semaine dernière à Bordeaux...

Asyl : (N) Oui on enchaîne après la tournée d'Indochine, et Europe 2, comme demain c'est un " Day off ", on va jouer à Grenoble pour le Festival Rocktambule, qui est assez connu quand même, enfin, c'est vrai que l'on n'a pas à se plaindre des dates ce mois ci.

ZYVA : Et vous arrivez à combiner vos dates, celles avec Indochine et Europe 2...

Asyl : ben ouais, en fait la tournée avec Indo est espacée jusqu'en décembre, et comme on fait une dizaine de dates avec eux, là on en avait trois dans ce mois ci, on en a trois au mois de Novembre et trois au mois de Décembre. C'est bien aussi ça permet de respirer ...

ZYVA : de changer d'air ...

Asyl : (A) ah oui c'est important.

ZYVA : pourquoi ?

Asyl : Euh (rire), tu ne tombes pas dans la routine comme ça, c'est vrai que changer les salles aussi, ça fait bizarre ! T'arrives au Transbordeur, bon désolé mais ça fait un peu petit par rapport à ce que l'on fait avec Indochine. La première fois que l'on est allés au Transbo on trouvait ça immense, et du coup on revient là et là tout change, c'est assez marrant.

ZYVA : Et les salles avec Indochine ça donne quoi ?

Asyl : C'est blindé et puis c'est entre six et huit mille personnes ! (rire)

ZYVA : mais le public vous écoute, on n'est pas là pour voir Indochine et point barre ...

Asyl : non, non c'est ça qui est cool, le public est hyper respectueux, c'est Nicolas Sirkis qui invite les groupes qu'il aime bien en première partie, et donc il y a un coté respectueux. Un public assez large avec des vieux, des moins vieux, des plus vieux ...Et puis on ne joue qu'une demi-heure alors même si c'est insupportable pour eux ... (rire),

ZYVA : et pour le gars qui vient voir Asyl et pas Indochine...

Asyl : et ben il paie 35 euros et il nous voit jouer une demi heure (rire) non mais c'est vrai que là ça fait un petit moment que l'on tourne et il est possible qu'un gars qui nous ai vu dans un petit bar puisse nous revoir sur scène avec Indo. Puis il y a des villes où l'on est passés et d'autres ou l'on est jamais allés, style Pau, on est jamais allés là bas. Ça nous permet de compléter notre carte de France que l'on veut visiter. On a joué dans trois petits club à Lyon, une péniche aussi et puis il y avait une trentaine de personnes à chaque fois .Je suppose que les gens qui sont venus repasseront ce soir, c'est comme ça que l'on élargit le truc.

Quelqu'un tape à la porte, une demoiselle annonce au groupe que les Seizes sont prêtes et les attendent dans le frigo...

ZYVA : Alors, on aime la 1664 ?

Asyl : Ben ouais, mais tu ne peux pas parler de marque non ?

ZYVA : Si

Asyl : Coca-Cola ! Coca-cola ! Nike ! (rire) oui ben on varie les plaisirs, en fait les groupes ont droit à des riders, une fiche ou t'écris ce dont tu as besoin, en général on met des bouteilles de vins, on demande mais on l'a pas toujours, donc c'est cool !

ZYVA : C'est parce que c'est Europe 2 ce soir ?

Asyl : ouais, mais bon on est quand même dans une bonne salle et puis on n'est pas n'importe qui quand même (rire général), on passe à la Télé ...

ZYVA : Et ben justement (fou rire)

Asyl : Beau crochet (fou rire) ben on a voulu rencontrer " Magui ", on a vu " Magui "...

ZYVA : Oui, vous avez fait Tarataplouf ...

Asyl : Non, (ensemble) Taratatouille !(rire) vous avez vu ?

ZYVA : oui, on avait l'impression comme ça que ça s'était moyennement passé non, Nagui avait l'air un peu con.

Asyl : ben c'est net, le truc c'est qu'il aime bien te piquer quoi, mais les trucs qu'il adore et les gros trucs pros, voila, il y touche pas. C'est comme Fogiel avec Etienne Daho, c'est scandaleux, mais il est amoureux de lui donc ...mais c'étais notre première télé (rire)

ZYVA : Ça sera dit...et l'acoustique sur le plateau, la salle est bien ?

Asyl : Ouais, je n'ai pas aimé les retours moi (Mattieu) mais musicalement, c'était bon, il y avait beaucoup de matos.

ZYVA : et concernant les paroles, Mathieu, comment vous procédez pour allier la musique et les paroles, tu écris toute les paroles ?

Asyl : (Mathieu) oui et il y en a une que j'ai écrite avec Antoine.

ZYVA : Et c'est un choix de votre part ?

Asyl : (Mathieu) De quoi ? D'avoir cosigné avec Antoine (rire) ? non, ben je m'efforce d'écrire tous les jours au moins tous les deux jours, ne serait ce que quelques lignes. Ce que j'aime pas c'est le fonctionnement scolaire , bosser régulièrement peut apparaître scolaire mais , moi je , euh , ce que j'aime pas c'est se dire, ben voila je voudrais écrire une chanson sur Sarkozy et donc qu'est ce qui me vient... je vais faire ma petite revue de Presse sur Sarko, déjà Sarkozy je m'en fous , enfin non, j'irais certainement pas écrire une chanson sur lui , je lui ferai pas cet honneur , donc j'écris régulièrement mais c'est du spontané, j'essaie de faire quelque chose qui soit avant tout spontané. Si je n'ai pas un petit frisson dans le dos quand je l'écris, je ne garde pas. Plaisir de faire, joie de recevoir aussi.

Ils ouvrent une bouteille de vin et nous propose un verre. Nous trinquons

ZYVA : et vous parlez souvent du passé ? Comment vous voyez la future " génération vaincue " ?

Asyl : (A) ben la musique c'est aussi beaucoup vivre l'instant présent, tu vois euh le futur ... l'album raconte beaucoup d'histoires mais il y a plein de chanteurs qui choisissent de parler de choses actuelles, d'événements qui marquent comme les sans papiers, les bobos (rire). On parlait de Sarko, tu vois par exemple, il y a un texte que Mathieu à écrit sur Ted Bundy, ce n'est pas une envie d'être Ted Bundy, un gars qui avait fait 36 victimes, que des femmes, et voila on se disait que l'on avait tous en nous une part de folie, une part de Ted Bundy. Et puis Nico est un spécialiste des faits divers (rire).

(Nico), oui ce qui est fascinant dans les faits divers c'est que ça a un coté dramatique, le mec il s'insinue dans ton quotidien, on te dit qu'il y a un tueur fou à Paris, et souvent il y en a qui ont ce désir là, des ratés des rien du tout qui veulent se faire reconnaître. Ils créent dans leur névrose criminelle une façon d'être reconnus, et ils y arrivent très bien, plus qu'un politique ou un artiste , parce que l'on est dans le domaine du macabre . On est né dans les années 80, dans une génération qui a connu la crise qui changeait les rapports sociaux, c'est marrant parce que c'est aussi un moment où la gauche est passée au pouvoir, et on a été marqués par ça, bon ça vient d'une certaine sensibilité, d'autres gens l'on vécu différemment. Pour nous c'est plutôt noir : travailles à l'école, même si tu bosses tu seras au chômage, l'avenir est incertain. Dans le délire no futur, c'est plutôt que nos parents nous ont légué un futur pourri, et c'est aussi pour ça que l'on a fait le choix de bosser au quotidien, rien ne nous dit que les choses s'arrêteront demain, qui nous dit que l'on va faire un deuxième album, finalement on ne maîtrise pas grand-chose et en même temps c'est hyper agréable.

ZYVA : C'est pour cela que vous évoquez plutôt le passé dans vos textes ?

Asyl : (A) oui c'est vrai que c'est plus facile de pouvoir traiter d'un sentiment sur un événement passé c'est tout ! Alors que parler d'un évènement actuel c'est beaucoup plus lourd à porter. Renaud par exemple, (rire) on parlait des bobos, je ne suis pas sur qu'il ne se soit pas planté sur ce morceau, il est lui-même bobo, il le dit. Après on n'a pas les mêmes bases, un texte qui viendrait d'Angleterre, fait par un groupe de rock anglais, n'aurait rien à voir avec ce que l'on fait. Nous on se revendique comme groupe de rock Français.

(N) En France si tu ne fais pas une musique dite rigolote les gens pensent que tu te la pètes, que t'es hyper prétentieux, et ça m'étonnes pas que pour des groupes comme Métal Urbain, groupe mythique, on ait pu penser que c'était nul à chier il y a quelques années. Je dis ça aussi parce que ça nous est arrivé d'entendre des gens dire ben Asyl , ils se la jouent tout ça , rock français, sauf qu'ils ne se sont jamais demandé ce que voulaient dire les chansons en anglais qu'ils écoutent toute la journée à la radio , alors que des fois c'est complètement stupide ou alors super profond mais ils savent pas ce que ça veut dire .Je veux dire par exemple qu'il y a des gens qui écoutent Bob Dylan , sans savoir ce qu'il dit alors que c'est super profond quoi. On considère presque que le rock ce n'est pas français, ok ça vient d'Angleterre mais on se base surtout sur la scène punk française, je pense notamment à Metal Urbain, il y a aussi une scène rock française et il faut la défendre.

ZYVA : après la question de la diffusion en France ...

Asyl : (N) Ben oui à part Noir Désir, les gens n'acceptent pas de voir un groupe français faire du Rock mais en Français. On ferait du rock mais en Anglais ça passerait, alors on sert de la soupe en anglais à la radio et les gens ne comprennent pas. Après, à Paris ça devient à la mode de chanter en Français. Il y a aussi une grosse panne de mémoire en France, on oublie presque toute la scène alternative , avec la période des Béruriers Noirs, punks français, et puis à un moment cette scène est devenue ridicule ou pas assez médiatisée, et puis on est passé à la Techno, au Trip, un volume énorme et plus de textes, la musique est devenue récréative, un pur produit des années 70 en plein libéralisme, enfin, le DJ de la classe on l'explosait (rire), il y avait vraiment un truc Techno contre rock .Mais il ne reste plus que de la nostalgie de ce rock là . Tout ça pour dire que l'on doit aussi chanter en français et pendant une période t'étais un connard et en plus un vendu, parce que tu chantais en français pour vendre des disques à la Bruel. Bon maintenant, ça commence à changer mais ça prend du temps.

ZYVA : Oui, il est difficile de comparer la France et l'Angleterre

Asyl : Oui c'est vrai qu'en France on a la chance d'avoir une culture du texte, comme tu dis avec des Brel, Brassens, Piaf ou Boby Lapointe sauf que les gens te diront, ben vos textes sont bien mais la musique est trop forte on entend pas bien vos paroles. Dès que tu pars en couilles musicalement avec un truc un peu abstrait, ça fait bizarre pour les gens. Ouais, ça me fais penser que j'ai fait une chanson pour une artiste sur Grenoble, et elle a été refusée par le Directeur Artistique parce qu'il ne comprenait rien aux paroles ! (rire)

ZYVA : Ah merde...

Asyl : Enfin, ça raconte pas une histoire c'est plus des sensations alors le gars il pense marketing et il comprend rien aux paroles.

ZYVA : et justement c'est quand même relativement présent pour vous aussi le marketing.

Asyl : oui c'est vrai on s'est dit que c'était bien de faire les choses à fond, sinon tu te trouves un petit boulot, une femme et un lave vaisselle à crédit quoi mais on parlait de mission quoi, on avait surtout envie de faire ce que l'on voulait. Bon le Marketing c'est bien quand c'est bien fait, faut pas se leurrer on ne fait pas des disques pour ne pas les vendre, ce serait une grande hypocrisie, en France on en est les spécialistes. C'est aussi nos oeuvres d'art que l'on présente et qui sont achetées quand elles sont appréciées, je ne vois rien de pervers là dedans. Ce que je trouve pervers par contre c'est les gens qui te mettent la pression tout ça, et la chance que l'on a avec notre maison de disque, c'est qu'ils ne nous avaient pas façonné une identité, ils nous ont pris comme on est, enfin si, il y a un truc mais bon c'était juste une maladresse. Par exemple Mademoiselle K, ou Kyo, bon je suis sur qu'ils aiment ce qu'ils font, même si nous on n'accroche pas, mais c'est surtout dérangeant quand c'est des gens comme Vegastar qui ont les dents qui raillent le parquet, qui se déguisent en espèce de poupée Barbie Punk

ZYVA : Et ben, on les a déjà rencontré ...

Asyl : Et alors ils assument de jouer un rôle, ouah salauds salauds, vous avez menti vous avez menti, vous irez en camp de concentration (rire). Non sérieux, ils iront en Enfer, ils entretiennent les gens dans un truc de merde, c'est vraiment ras les pâquerettes, et si en plus ils sont pas sincères, on leur a même balancé des cacahuètes pendant un concert où l'on jouait aussi (rire) et après il y a même des gens qui sont venus nous dire qu'ils préféraient ce que l'on avait fait ce jour là, tu m'étonnes. Ils ont même remixé leur album en mettant des synthés à la place des guitares, c'est honteux.

ZYVA : Je pense quand même qu'ils sont sincères dans ce qu'ils font.

Asyl : (M) Peut être qu'Hitler était aussi sincère ... (rire) non mais ça reste aussi un choix, on est avant tout un groupe de potes qui vient de la Rochelle, on n'avait pas d'ambition particulière, maintenant on l'a plus parce que l'on a une maison de disque qui nous soutient tout ça. Et puis d'ailleurs Vegastar a signé sur une maison de disque qui nous voulait et on se dit que l'on a peut être bien fait de ne pas signer !

ZYVA : Bon et le deuxième album alors, vous avez déjà des pistes ?

Asyl : (N) Oui, en ce moment c'est surtout les tournées mais on a le temps d'y bosser, on a déjà une dizaine de titres, des idées, Mat se force à écrire (rire) , et puis la vie d'un groupe de rock c'est avant tout faire des tournées, créer ses albums et faire l'amour ..

ZYVA : avec vos Fans ?

Asyl : Non non, on n'est pas Vegastar ! (fou rire)

ZYVA : Merci

Asyl : Merci à vous !



Titre d' un artiste ou groupe qui pourrait le mieux représenter leur musique ou leur groupe :

Joy Division / She lose control

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