ENHANCER
ENHANCER
Date : 18/04/2008
Lieu : CCO Villeurbanne
Par : Fred, Kymmo

Toujours à la recherche de nouveaux défis les membres d’Enhancer, groupe phare de la scène métal française, se sont lancés dans la création d’un label associatif, Nowhere Prod. L’histoire de la Team Nowhere qui prend fin avec la sortie le 19 mai de l’album live du Furia Sound Festival va donc continuer mais à travers un modèle équitable de développement d’artistes. Une approche intéressante de la musique à découvrir à travers la discussion…

 David : Vous êtes au courant de notre actualité ou pas du tout ?

 

ZYVA : Il y a dans peu de temps un DVD Nowhere qui va sortir et la préparation de votre nouvel album est bien avancée. La sortie étant prévue à la rentré. C’est bien ça ?   

 

 

David : Oui, on a vraiment un truc en deux étapes. D’un côté on a la fin de la génération Nowhere. Ca faisait dix ans qu’on faisait de la musique ensemble, Enhancer, Pleymo, Mojo, Vegastar et Aqme aussi pendant un certain temps. On a décidé de tournée la page. C’était dix ans géniaux qui nous ont fait vivre des choses extraordinaires, mais plutôt que de continuer on a décidé de passer à autre chose. On marque la fin de cette époque avec le dvd, album live qui sort le 19 mai. Et donc de l’autre côté on a maintenant un nouveau truc qui nous tient vraiment à cœur parce que la scène rock en a besoin. On l’a appelé Nowhere prod. On a choisi ce nom parce que c’est la suite de Nowhere, mais ça n’a rien à voir. Le but est vraiment de venir, entre parenthèse, au secours de la musique qui vie une crise sans précédent que ce soit au niveau des live et de la vente de disques. On a récupéré pas mal de sous avec Enhancer. Plutôt que d’acheter de la pub on a mis cet argent dans une association. Ensuite on a signé un label deal avec Discograph, un super disquaire. L’outil que nous avons crée a pour but de développé d’une nouvelle façon des groupes. Le concept est simple, sur un disque de 17 euro on arrivera à récupérer 5, 6 euro. Tout sera réinjecter dans l’association pour ainsi soutenir le développement de nouveaux artistes. Parce qu’aujourd’hui en major la politique est juste de travailler avec des artistes qui peuvent faire 300000. Même si ça marche ça fera pas 300000. Demain si je mets un truc comme Bukowsky dans les bacs, ils en seront très loin.

 

ZYVA : Oui s’ils vendent 10000 ce sera déjà bien.   

 

 

David : Et après il faut réfléchir à l’économie de ce truc. 10 000 album en Major, si tu touches 8% des 5 euros, tu ne vie pas et en plus il ne te finance pas tes tournées. Le DVD Nowhere  c’est un peu le produit d’appel.

Marc : C’était important de sortir ce concert en dvd, on avait les images.

 

ZYVA : Un très beau concert, où vous étiez tous réunis.   

 

 

David : C’est ce qui lance cette nouvelle manière de travailler. Notre but est de fédéré tout les acteurs de la scène rock en tout cas spé on va dire. De façon à pouvoir tous parler ensemble sur un truc intelligent. On veut arriver à organiser un petit conseil d’administration où seront représenter tous les acteurs du milieu, membres des fanzines, webzines, on a par exemple un rédac chef qui va faire parti du projet. Il est chez Rockmag. Même dans son mag il ne peut pas faire ce qu’il veut. Ils ont des éditeurs qui leurs mettent la pression. Pour tous ce qui est radio on a du monde du Mouv’, de Oui fm. Ce sont aussi des gens qui sont succeptible de faire découvrir des nouveaux groupes. Au final le but est de mettre en place des rock . Enfin tape si on y arrive. Pour l’instant je ne mets que des si, on verra dans deux ans si ça marche.

 

ZYVA : Pour l’instant vous avez fédéré combien de groupes ?   

 

 

David : Aujourd’hui tous les groupes ont une source de la team Nowhere. Le principe de la rock tape c’est de réunir quatre groupes avec quatre titres chacun sur un album. D’ensuite faire une tournée avec ces groupes. On espère avoir une communauté de 4, 5 milles spectateurs qui valideront le projet.

 

ZYVA : Il y a une base intéressante de public à priori ?   

 

 

Marc : Oui c’est vrai mais il y a des lois d’échanges et on ne peut pas réellement savoir comment le concept va marcher.

 

 ZYVA : La couleur musicale va évoluer ?   

 

 

David : Hewit c’est assez vénère, Bukowsky plus rock, Lula Fortuna c’est franchement folk, Die On Monday c’est plus dans un délire stonneur. On a choisi c’est 4 groupes là parce qu’il y a dans chacun des groupes un ancien membre de la team Nowhere. Ca permet de partir sur de bonnes bases. On espère pouvoir ensuite identifier les acteurs qui auront eu un bon contact avec le public. Notre objectif est de faire découvrir les groupes et de réinjecter tous les bénéfices dans le projet. Pour revenir au DVD Nowhere, on a vraiment fait un effort de présentation. On a fait un bête de fourreau, le live en entier, un petit livre de 44 pages, un truc vraiment classe. On espère pouvoir mettre le son des groupes en téléchargement sur le site de Nowhere Prod. Il n’y aura pas de prix fixé, chaque téléchargement sera soldé par un don, le montant minimum sera celui de la transaction paypal de base. Tous les chiffres seront publiés, on veut faire quelque chose de très transparent.

 

ZYVA : Ca à l’air quand même de vous prendre pas mal de temps sur le groupe, parce que Enhancer  

 

  

Marc : On se réparti les tache, moi j’ai fait les trucs administratifs et il s’occupe du management.

David : Nous, on a récupéré de la tune via Universal. Soit on s’achète des pubs, soit on monte un truc par nous même. Si il n’y a pas de groupes qui développent ce style de musique et que le mec il est chez lui, il va finir par ne plus bouger et il ne valide plus rien et il finira ses soirées à regarder la télévision. A un moment si on ne travaille pas ensemble. Moi j’ai l’exemple sur l’Italie. Universal en Italie, il signe cinq artistes par an et tu as Zuchero, Zuchero, Zuchero. Si tu veux faire des concerts de proximités. U

Marc : Un petit groupe en développement il ne peut durer que un an ou deux actuellement. Parce qu’a un moment il faut vire de sa musique et ça peut prendre beaucoup de temps de nos jours. L’économie du disque est vraiment réduite. Si tu ne fait pas un truc commercial tu n’a aucune chance. Il faut donc créer une autre économie pour que les groupes à contre courant puissent continuer à exister.

David : Ce n’est pas nous les artistes qui allons faire tout bouger. Si vous, vous ne nous aidé pas et bien il n’y aura pas d’exposition. Le public ne validera pas la démarche et au final il aura moins de truc à voir. Ca va arriver de toute manière si on continu comme ça. Il y a une autre solution à Superbus et Indochine qui tiennent le haut du pavé aujourd’hui. Si on décide que c’est eux qui doivent être les représentants de la scène rock et bien ce sera dommage. Ou alors si l’on fait la course à celui qui aura le plus beau clip, le plus de pub et bien on tombera sur une scène catastrophique. Il y a quelques années on pouvait voir des concerts de métal. Maintenant quand tu écris concert de métal sur une affiche il y a deux mecs au concert.

 

 ZYVA : Mais ça reste un espace d’expression la scène ?   

 

 

David : Oui, c’est clair. Regarde, je suis un exemple concret. A côté je fais du hip hop et si je me limitais à ça je gagnerais ma vie. C’est juste qu’aujourd’hui, il y a un climat social, politique qui me pousse à m’exprimer et pour m’exprimer j’ai besoin d’être en résonnance avec ma chapelle. Je ne suis pas un rappeur, je n’ai pas la même culture. Quand je fais de la musique j’ai besoin de me vider. Le problème c’est que notre chapelle le rock a vraiment trop de clivage. Il faut se rappeler que nous avons tous la même démarche, celle de mettre des émotions.

Marc : Et puis on est un peu des privilégiés parce qu’on a un nom, il y a des groupes qui paierai pour jouer parce qu’il n’y a pas de place pour eux.

 

ZYVA : Vous êtes revenu en auto prod 

 

 

David : Moi personnellement je voulais sortir de la démarche Major. Pour revenir à l’expression c’est vrai que je m’exprime comme un gamin. Je n’ai pas la culture pour m’exprimer comme un politicien. Je suis capable de dire nique ça mère le système. Je sais c’est nul, ce n’est pas productif.  Mais un jour ou l’autre il y a un politique qui se dira, tient pourquoi ce gamin ou ce vieux dit ça. Joy Star nous a vraiment bien fait comprendre le concept que nous n’étions pas là pour trouver des solutions aux problèmes, mais là pour en faire l’écho.

Marc : Le rock c’est une expression.

David : Je ne suis pas en train de dire que politiquement j’ai envie d’un Besancenot. Je suis comme un ado qui a du mal à mettre sur un papier ses idées. On est dans l’expression. Les musiciens sont des amplificateurs de ce qui se passent dans la société

Marc : Ce n’est pas parce qu’on était chez Barclay qu’on n’avait pas le droit de dire ce que l’on voulait. Nous, on voulait ouvrir des barrières mais eux ils en mettaient. Ce n’étaient pas possible de rester dans ce carcan. On ne voulait plus suivre des chemins tracés d’avances desquels il ne faut pas sortir.

 

 ZYVA : De la même façon que pour Nowhere Prod, il y a une base de public qui fait que ça devrait bien marcher, non ?   

 

 

Marc : Oui c’est vrai

David : J’ai des enfants, une femme, mais ce soir j’ai quand même le trac.

 

ZYVA : Depuis novembre 2006 vous n’aviez pas fait de live tous les 6 ensembles ?   

 

 

David : Oui et là c’est un peu la panique parce qu’on a tout le truc Nowhere. Nous on voulait mettre de la lumière sur les autres groupes. On ne s’était pas rendu compte qu’on avait notre set à préparer et tout ce que ça entraîne.

Marc : Et ce soir c’est la première et comme pour toutes premières, tu flippes. Les trois premières dates tu flippes ta race même après dix ans de carrières. Chaque fois que tu montes un nouveau spectacle, la première est particulière. Et puis je ne me rappelais plus de la scène. Pendant les balances quand ils sont montés tous les trois sur la scène pour chanter. Je me suis dis, mince ils prennent de la place, où est ce que je vais me mettre.

 

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