
Avec leur premier album en poche Les Shades commencent à Lyon in rock une tournée qui devrait être ensoleillée. Il sera en effet possible de retrouver leur rock acéré en concert lors de toutes les étapes du tour de France à la voile. Au cours de l’interview, les Shades nous font aussi part des nuages qui encombrent leur beau ciel bleu, discussion…
ZYVA : Vous avez donc tué vénus ?
Hugo : Oui la notre !
ZYVA : C’était un des premiers titres que vous avez composé et vous avez tout de même décidé de mettre ce morceau sur l’album.
Hugo : On l’a remise à niveau pour l’album avec nos gouts d’aujourd’hui.
Etienne : Oui, nous n’avons pas enregistré la version initiale de Venus mais une version en accord avec ce que l’on fait aujourd’hui.
Benjamin : Après cela représente une époque du groupe où on était coincés dans des influences. Une époque que l’on met derrière nous.
Harry : La chanson en elle-même on ne la remet pas en cause
Benjamin : C’est l’époque où nous étions bercés par les influences soul, rock 60’s.
ZYVA : Qu’est qui a fait que votre musique a évolué ?
Hugo : Le dernier Strokes.
Benjamin : Non, c’est plus un état d’esprit.
Harry : C’est venu naturellement.
Benjamin : Nos premières influences ne sont pas celles des années 60. Après comme on ne jouait pas super bien au début, on s’est dit qu’on allait prendre la chose à la racine pour jouer les morceaux les plus basics possibles. Pour cela on a eu besoin d’avoir des influences 60’s et puis avec le temps on a pu revenir à nos premiers amours, le Velvet, les Queens of The Stone Age car on progressait sur nos instruments.
ZYVA : Tout cela a séduit Tricatel et Burgala.
Etienne : On a avancé avec eux. C’est eux qui ont mis cette patte, son influence. Après pour l’album il nous a fait confiance, il s’est mis de côté, en retrait.
Harry : Quand on a rencontré Bertrand on enregistrait l’EP, on était dans cette période où on était encore très jeunes. C’est après qu’on a vraiment eu plus de temps pour avancer, pour réfléchir à ce que l’on voulait faire. Quand Bertrand à vu ce qu’on voulait faire et qu’on était confiant il s’est mis en retrait.
ZYVA : La peur de le décevoir est là ?
Hugo : Oui toujours, mais il nous le dirait.
Benjamin : Et de toutes les manières il nous tire vers le haut et nous rapproche de ce qu’il aime. Il l’a déjà fait pour certains morceaux qui sont sur l’album. On peut entre guillemets on peut le décevoir, je pense personnellement qu’on a fait ce qu’on devait faire avec lui sur cette album. On a fait tellement de choses ensemble que j’ai pas l’impression qu’il y ait une pression entre nous.
Hugo : Et puis il ne fait rien pour qu’il y ait une pression. C’est plus une relation familiale que professionnelle. Ce n’est pas comme si on était signé chez une maison de disque stricte. Ca se fait dans la joie et la bonne humeur.
ZYVA : Vous comptez défendre l’album pendant un bout de temps ?
Benjamin : Oui l’objectif est de défendre l’album. De tourner un maximum possible même si on est déjà en train de travailler sur la suite.
ZYVA : Enchaîner rapidement un second album, c’est un objectif ?
Hugo : Dès qu’on aura la possibilité de le faire on le fera. Il n’y a pas de plan. Ce sera vraiment l’opportunité.
Harry : L’immédiat c’est vraiment de défendre l’album et en parallèle c’est de réfléchir à la suite.
Benjamin : Il y a déjà pas mal de chansons déjà écrites pour la suite.
Hugo : On sait aussi que pour devenir un groupe important il faut beaucoup d’albums. Ce n’est pas avec un album qu’on va être important. On sait que c’est juste le début d’un travail qu’on compte faire sur la longueur.
ZYVA : Vous vous sentez vraiment au début du chemin ?
Hugo : Exactement, ce serait une erreur de penser qu’on est à la fin.
Benjamin : Ce disque là ce n’est vraiment pas une fin en soi. On est très heureux d’avoir signé avec une maison de disque aussi prestigieuse que Tricatel. On espère bien progresser que ce soit techniquement ou commercialement parlant.
ZYVA : Est-ce que vous considérez que c’est une chance d’être arrivé après la vague bébé rockeur, ou une malchance parce qu’on vous colle l’étiquette ?
Hugo : On en a profité quand même.
Benjamin : On est arrivé un peu après. On n’a pas essuyé les plâtres des premiers groupes qui en ont plus bavé que nous. Ceux qui ont été déçus de cette vague-là ignorent maintenant totalement ce qui peut arriver de là. Il y a déjà une espèce de filtrage qui s’est fait au niveau du public. On ne se sent vraiment pas faire partie de cette vague là mais on est content qu’il y ait des groupes comme BB Brune qui marchent. Car ils sont aussi jeunes que nous et chantent en français.
ZYVA : Surtout qu’en France le public a du mal à s’attacher à un groupe plus jeune alors qu’il le fait pour des groupes anglais. Supergrass avait 16 ans quand ils ont commencé.
Benjamin : Ce que tu dis c’est évident. Le rock là bas c’est identique avec notre variet. C’est la culture Il est plus simple là bas d’accepter des groupes de jeunes de 16-17 ans. On a fini par s’adapter au fait qu’on avait un public plus jeune. En France les gens n’arrivent pas à faire l’abstraction de l’âge.
Hugo : Déjà on chante en français avec des influences anglo-saxonnes. En général le rock français chanté en français comme celui de groupes comme Noir Désir, il n’y a pas d’influences anglo-saxonnes. Nous on fait une musique qui n’est pas française avec des paroles en français, je ne vois pas où l’on va se placer.
Benjamin : Mais on veut vraiment garder cette identité. Tu es jeune, tu chantes en français. Quand tu écoutes un groupe il y a un sentiment d’identification. Il est plus fort quand tu chantes en français, c’est évident. C’est pour cela qu’on n’a pas de mal à accepter des groupes de notre âge. Mais ce n’est pas facile, ce n’est pas gagné. On est très très loin d’avoir un quelconque succès.
Hugo : En plus on voit tout l’aspect guerre du truc, il faut tout le temps se battre.
Victor : Il faut presque les menacer pour qu’ils écoutent ton disque. Que ce soit avec les journalistes ou d’autres qui ne vont pas écouter car ils ont un a priori ou alors ils font des articles généraux pour dire que c’est de la merde.
Hugo : Alors que lorsque qu’ils prennent le temps d’écouter l’album les critiques sont bonnes. On travaille comme des fous, mais on a du mal à voir le bout du tunnel.
ZYVA : Ca marche déjà bien quand même ?
Hugo : Ce n’est pas qu'on se plaint, mais parfois quand on arrive à une Fnac et que le mec a seulement mis un seul disque de toi, et que le reste est dans le fond du tiroir. Pourquoi il n’y en a pas cinq devant ?
Benjamin : En fait, en ce moment notre petit jeu c’est d’aller dans les Fnac pour voir combien il y a de cd en facing. En fait on fait partie de la compil’ Indépendance. On regarde si on est bien exposé et c’est une catastrophe. Les disques se renouvellent en fonction du nombre de disques vendus. S’il y a dix disques qui restent dans le placard ça ne sert à rien.
Hugo : Tu entends le patron de la Fnac qui dit que la chute du disque c’est inamissible. Tous les mecs qui ne sont pas sur des grosses machines ont vraiment du mal à être bien visibles. Alors que pour trouver Raphaël ou les Kills il n’y a pas de problème. Il faut se rappeler qu’il y a plus de labels indépendants que de Majors.
ZYVA : Vous ne reniez pas le fait d’être sur un label indé ?
Tous : Ah non non non. On est super contents.
Benjamin : A la Fnac, le vendeur est payé plus sur son stock que sur sa vente. Il a plus d’intérêts à mette en avant des disques de major qui ont une grosse promo derrière plutôt que de mettre en avant des disques qu’il a aimés. Tu te retrouves qu’avec des disques de major en facing.
Hugo : C’est vraiment à l’opposé de leur rôle. Ils disent qu’ils défendent les artistes indépendants avec leurs compil’ Indépendance mais d’un autre côté ils vont quand même mettre une affiche quatre mètres sur trois d’un mec qui fait quarante couvertures.
Benjamin : Il faut vraiment aller forcer les vendeurs pour qu’ils sortent notre album
ZYVA : Vous êtes à beaucoup de ventes ?
Hugo : On en est à 5000 environ.
ZYVA : Et sur scène, il y a un bon retour ?
Benjamin : Ca dépend des concerts.
Hugo : C’est notre deuxième concert ce soir après la sortie de l’album. Après dix concerts on pourra faire un bilan. Notre première date était au Printemps de Bourges et ça s’est mal passé. Il faut dire qu’on a eu la date trois jours avant donc on n’avait pas forcément notre public. Donc on verra.
ZYVA : Il y a une grosse tournée qui s’annonce ?
Benjamin : Oui, on va faire la tournée des plages cet été et il y a des dates pour octobre. On suit le tour de France à la voile, cela fait 20 dates au total. On est en tête d’affiche de tous les concerts.
ZYVA : Etes vous déçus de ne pas sillonner les festivals ?
Benjamin : On n’a pas vraiment eu le choix. On a réussi à avoir ce plan, donc on ne va pas le bouder.
Harry : C’est bien aussi de se roder dans un autre environnement que celui des festivals. Les festivals tu y vas quand tu es connu.
Benjamin : On aura bien le temps d’y aller.
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David Bowie-Heroes
