
Rien ne sert de courir, il faut…bien chercher pour trouver des représentants talentueux du mouvement que certains appellent l’abstract hiphop, et Liléa Narrative est l’un d’entre eux ! A la fois mélancolique et puissant, Liléa Narrative fait ce qu’il veut de ses machines et de ses samples pour le bonheur de nos oreilles averties…
ZYVA : Alors concrètement tu es tout seul ?
Liléa Narrative : C’est un projet solo mais là pour cette année je m’entoure d’un VJ avec une installation vidéo avec deux écrans, un jeu ...un dispositif sur scène avec moi au milieu. Je travaille aussi avec une personne, qui porte le doux nom de Cowboy. On fait un morceau ensemble, un petit ovni, un truc un peu plus charnel, un peu plus tripant quoi. Sinon moi, c’est machine, laptop, contrôleur et MPC pour ceux qui connaissent...Je m’éclate sur mes pads (rire)
ZYVA : Ok ! Eh bien en tout cas, permets-nous de te féliciter pour ton album, on a pris une grosse claque. On l’a découvert chez un disquaire à Lyon. Au départ on pensait pas que tu étais français...
Liléa Narrative: Et bien figure toi que beaucoup de gens pensaient que je n’étais pas Français, après c’est vrai que c’est sous le truc des collaborations avec des ricains et tout ça, mais il y a un titre en français !
ZYVA : Et finalement pour toi ça commence à marcher ? Tu as fait les Trans Musicales de Rennes, il y a eu un petit buz autour de toi, non ?
Liléa Narrative: En fait l’histoire du truc c’est que moi je viens d’un collectif sur Caen qui s’appelle Purée Noire, un collectif de graphistes, vidéastes musiciens et tout ça, une association, un truc tout petit. On s’est mis à éditer des disques, des petites séries, et puis on a un trip, c’est nous qui faisons nos sérigraphies. On essaie de bosser l’objet, dans cette idée là quoi. C’est sortie en Septembre / Octobre 2006, sauf que moi, dès la concrétisation de cet album, j’ai pu rencontrer un tourneur de la région. Je suis venu avec mon scud, et on a commencé à travailler ensemble comme ça. Il y a eu les Bar en Trans, deux trois festoches, et là ça a commencé un petit peu à prendre. Après il y a eu la rencontre... J’ai joué en première partie de Wax Tailor, sur le tout début de sa tournée, et la rencontre avec le premier label de Wax Tailor qui est Undercover. On en a discuté, l’album n’étant pas réellement sorti (pas de sortie nationale) eux ça les intéressaient de le ressortir et ils m’ont proposé des choses sur l’avenir. L’album est donc ressorti en juin 2007 officiellement, et voilà ! Et là on est en euh...Avril 2008... (rire) donc on arrive un peu à la fin de l’histoire. Finir par les découvertes de Bourges c’est plutôt cool. Après il y a encore d’autre dates jusqu’en juin, je pense que ça devrait être plutôt bien.
ZYVA : Des dates à l’étranger alors ...
Liléa Narrative: Oui on a fait une tournée en Bulgarie en février cette année et là on part sur un festoche en Espagne à Salamanque, peut-être la fête de la Zic en Roumanie et une date le 27 Juin à Lars en Allemagne dans le cadre d’un gros gros truc qui s’appelle le Fusion Festival. Donc oui effectivement il y a peut-être des choses qui vont être possibles à l’étranger...notamment aux Etats Unis, on attend de voir mais là on bosse sur la suite, d’autres prods.
ZYVA : On trouvait que ton album était relativement sombre...
Liléa Narrative: ...on me le dit souvent en fait. Après effectivement c’est pas ...euh.. c’est pas hyper festif on va dire (sourire) comme tonalité...
ZYVA : ... Mais comment tu as construit ton album, comment tu choisis tes samples ?
Liléa Narrative: Cet album là c’est particulier en fait. C’est un premier album donc forcément il y a un peu de tout ce qui m’a nourri pendant assez longtemps, là je commence à peaufiner un maxi pour la rentrée, là c’est un autre délire...
ZYVA : Tu tournes la page…
Liléa Narrative: Oui exactement, moi ça fait dix ans que je bidouille, que je fais ça . Après c’est des rencontres, le collectif Purée noire ...etc. En fait l’identité Linéa Narrative elle s’est pas faite genre boom je me lève, je vais faire un truc comme ça. Je crois que le plus vieux morceau, j’avais du le faire il y a quatre ans je crois, et bizarrement c’est un titre qui fonctionne encore et peut être même mieux en live. Donc voila c’est assez étiré dans le temps, c’est particulier comme construction, ça a mis des plombes. C’est aussi un album où j’avais envie de mettre tout ce que j’avais vécu pendant ce temps là. Sur les compositions, il n’y a pas vraiment de règles en fait. J’utilise effectivement pas mal de samples de films, des voix, des choses comme ça. Tout ce qui est mélodique, c’est pas mal d’instruments virtuels et après tu travailles dessus les effets, ajouter de la patate, c’est un vrai taf de production. Après la question s’est posée de le transposer sur scène, ça c’était un autre souci. A la base je suis plus producteur que faire des concerts et tout. Quand j’ai trouvé mon tourneur, tout s‘est fait très rapidement, je suis passé de deux dates à trente par an. Maintenant je travaille avec le Vj après on essaie de se nourrir de tout ça et de faire évoluer le set en fonction des dates, en tout cas pour ce qui de cet album. Pour les prochains projets, les choses seront peut être différentes. Ca sera différent dans tous les cas...
ZYVA : ...différent...
Liléa Narrative: Oui différent, après je ne vais pas faire de la musette même si je n’ai rien contre la musette (rire). En fait je suis en train de finir un maxi qui devrait sortir en septembre, pour annoncer le prochain album qui devrait sortir en ...normalement février / mars 2009. Je vois bien vers quoi je vais, ce que je vais laisser de côté, après ça sera toujours avec des références plutôt Hiphop que j’ai l’habitude d’écouter quoi.
ZYVA : L’équipe qui te suit fera partie de cette composition ?
Liléa Narrative: Non, ça reste moi, après s’il y a un travail avec le vidéaste, effectivement va falloir que l’on voit en fonction des nouveaux morceaux, que l’on essaie d’écrire un truc, construire quelque chose de nouveau, de frais... mais sinon non. Mais je travaille aussi avec des MCs, là je pense que ça sera encore présent, notamment sur le maxi. Il y a des gens avec qui j’ai envie de bosser, que j’ai rencontrés cette année, et puis des remixes sur le maxi, des choses comme ça, histoire de tripper (rire)
Titre d’un artiste ou d’un groupe qui pourrait te représenter toi ou ta musique :
Blockhead / Sunday Seance
