DEPTH AFFECT
DEPTH
Date : 29/11/2007
Lieu : Epicerie moderne
Par : HMK, Jagunk, Yoch
Petite discussion à l'Epicerie Moderne de Feysin avec Deph Affect, tout juste à la sortie de leur warm-up...
ZYVA : Alors messieurs bravo...

 

Depth Affect (Remy Charrier): Merci...(il soupire) ben, on est ...c’est la première fois que l’on joue ces morceaux et...
David Bideau : et c’est pas encore bien rodé quoi (soupirs)!

 

ZYVA : ça vient du fond du coeur ...

 

Depth Affect : oh oui (rires)!

 

ZYVA : Mais vous avez pu faire quelques concerts depuis Bourges ?

 

Remy Charrier : Non pas trop et puis quand tu as peu d’actu c’est pas la même chose...

 

(Ils appuient frénétiquement sur les stylos ZYVA que l’on vient de leur donner...)

 

David Bideau : Bon on va arrêter de jouer avec vos stylos (rires) !!!
Remy Charrier : On a un espèce de parcours à l’envers , c’est à dire que ... on a fait le Printemps de Bourges et puis on a fait tous les festivals de l’Ouest alors que l’on aurait dû commencer par ceux là et finir par Bourges et que Bourges puisse nous aider pour faire des festivals ...donc c’est un peu compliqué, on fait tout à l’envers.

 

ZYVA : Et vous ne vivez pas encore de votre musique ...

 

Remy Charrier : Non, je sais pas si on a vraiment l’envie d’en vivre , parce que ...on en discutait aussi entre nous , l’envie d’en vivre ça implique aussi de se ...
David Bideau : Pervertir (rires)
Remy Charrier: non c’est pas ça , c’est que ... tu rentres un peu dans un système institutionnel, où tu fais des résidences, enfin , rentrer dans ce que l’on appelle les musiques « actuelles » (rires)
David Bideau : Je suis d’accord, après je pense que l’on aimerait bien en vivre quand même, mais c’est vrai que par rapport à la musique que l’on fait c’est pas évident. On n'est pas forcément bien placés...

 

ZYVA : C’est à dire ?

 

David Bideau :  J’ai souvent ce réflexe, cette envie de faire le contraire de ce qui se fait maintenant, les autres, peut être moins, mais dans le groupe en tout cas, c’est un peu ça qui ressort. On n'a pas l’impression que c’est pas évident comme musique, enfin, c’est plus qu’elle ne rentre pas dans des cases et ça ne nous facilite pas la tache (rire)
Remy Charrier : Oui c’est vrai qu’on n'est pas typiquement Electro ou Rap , ni entre les deux ... c’est pas hyper dansant non plus , on a pris cette position de garder des BPM un peu rap , parce que ça nous botte...

 

ZYVA : C’est quand même un peu groovy ce que vous faites..

 

Remy Charrier : On connaît beaucoup de groupe de Rap qui sont passer au 120 BPM, plus Electro, enfin, plus dansant...
David Bideau : Ce qui est un peu le cas ce soir, les autres groupes programmés sont plus dansants...
Remy Charrier : Ca empêche pas que l’on croit à ce que l’on fait mais au final c’est quand même important.

 

ZYVA : Mais vous êtes déjà allés voir ailleurs qu’en France pour voir ce que ça pourrait donner ?

 

Remy Charrier: non, pas encore, bon, on en a parlé, de voir des salles étrangères. C’est d’autres perspectives, c’est vrai que ça peut être différent..

 

ZYVA : Parce que finalement, vous pensez qu’il existe un public propice en France ?

 

Remy Charrier : Je pense pas, ça revient à ce qu’on se disait tout à l’heure. On pourrait faire des résidences mais euh, on en a déjà faites mais ça ne nous a pas apporté grand chose. Si c’est pour que quelqu’un vienne nous dire aussi ce que l’on doit faire sur scène...On a beau faire de la musique électronique, du Laptop, quand on est bien dedans, on voit vachement la différence.

 

ZYVA : Ben tu voix, tu parles de Laptop, c’est vrai que ça sonnerait autrement avec une vraie batterie... mais je pense pas que ça soit l’orientation que vous avez choisie.

 

Remy Charrier : Oui justement, c’est une positon que l’on a aussi. Voilà, on utilise le Rap ça c’est certain et moi, je déteste le Rap joué à la batterie. Pour moi le Rap, c’est un DJ et ... il y a une espèce de grain particulier et à chaque fois que l’on voit un groupe de Rap jouer en live comme ça, avec une batterie, ça sonne pas du tout de la même manière. Je trouve ça plus lisse.
David Bideau : C’est vrai que ça peut être compris comme un groupe qui essaie de se donner une légitimité en mettant des instruments là où ce n’est pas nécessaire. Bon, dans notre musique on utilise aussi des instruments, mais je pense qu’il faut aussi savoir assumer ce que l’on fait. On va pas se mettre avec un orchestre de violons sur scène non plus !!! (rire)
Remy Charrier : Beaucoup de groupe de Rap électronique, quand ils enregistrent, font tout en acoustique, et il y a un espèce de décalage, ça pète carrément moins.
David Bideau : Je ne sais si vous avez déjà entendu Justin Timberlake en concert , mais en acoustique, en live, ça pétait carrément moins.

 

ZYVA : Oui c’est pas la production à la Timbaland. Mais je pense que ce que vous faites c’est plus entraînant que dansant au fait.

 

Remy Charrier : Oui oui c’est clair , on est conscient de ça aussi, que les gens vont pas devenir fous sur notre musique ....

 

ZYVA : Ca dépend des fois quand même, hein! (rire)

 

Remy Charrier : non (rire), c’est vrai que j’ai pu voir des concerts un peu moins répétitifs quand même mais nous on se positionne un peu comme ça , c’est vrai que c’est un peu bâtard ce que l’on fait ...
David Bideau : oui, et puis les salles veulent peut être des groupes plus dansants, ou avec plus d’actu...

 

ZYVA : Justement ça donne quoi les prochains mois ?

 

Remy Charrier : Ben là oui il y a la sortie de l’album début février / mars et puis là on va essayer de tourner et je pense que ça sera plus facile ...

 

ZYVA : Il y a des gens qui vous soutiennent, qui défendent votre projet artistique ?

 

Remy Charrier : Euh ouais, ouais... (rire)
David Bideau : Ma mère, mon père... (rire) oui on a un label , un tourneur , mais nous de notre côté, il faut que l’on produise, ils peuvent nous trouver des dates mais il faut que l’on se bouge le cul avant. D’ailleurs avant le premier album on a eu exactement le même genre de démarche. Entre le EP et le premier album , on a fait quasiment tout un album que l’on n'aimait pas et on ne l’a pas sorti, quoi, parce qu’on ne l’aimait pas. C’était plus une phase de recherche. Après on a fait l’album de façon très spontanée, on a fait un EP promotionnel et un EP et on veut pas que ça fasse un album rapidement. On a pris notre temps peut être mais l’album que l’on va sortir là, on en est content...

 

ZYVA : Mais vous composez beaucoup, comment vous fonctionnez ?

 

Remy Charrier : On fait beaucoup de brouillons et on sait que quand on commence un titre et que l’on voit que ça met vraiment du temps à ce que ça vienne et ben on le dégage. D’autres fois on fait un morceau, on en est content tout ça, et puis un peu après on trouve vraiment ça à chier ... et puis souvent, on utilise quelques passages, on charcute tout et on retrouve des éléments dans d’autre chansons.
David Bideau : c’est clair qu’il y a des titres, dont certains ont été joués ce soir, dont on a pu faire trois ou quatre versions très très différentes, avec des nouvelles mélodies, on garde ce que l’on trouve bien et on recommence...

 

ZYVA : Et il y a d’autres personnes qui interviennent sur le prochain album ?

 

Remy Charrier : Oui y’a un gars qui jouait sur le premier album qui pose quelques riffs de guitare.
David Bideau : c’est la touche pop...
Remy Charrier : Et d’autres surprises…

 

ZYVA : Britney Spears !!! (rires) Et sinon vous avez fait des découvertes musicales récemment ?

 

David Bideau : Je suis allé chez le disquaire tout à l’heure ! J’ai pris Mark of the Mole des Redisent, un Beach Boys , le premier Hendrix.
Remy Charrier : personnellement j’ai beaucoup aimé le dernier Caribou, le dernier Dizzee Rascal...
David Bideau
: sinon il y a The Tough Alliance, j’aime bien leur premier disque. Celui là il m’avait vraiment scotché ! C’est hyper important d’écouter d’autre gens ça nous fait évoluer parce que par exemple, si j’étais resté sur mon influence première qui était Aphex Twin, je continuerais à être qu’un faux sous Aphex Twin euh , et j’ai été voir d’autres choses.
Remy Charrier : Après moi je peux comprendre les gens qui décident de moins écouter de musique, je veux dire on en rencontre pas mal des gens qui sont un peu plus âgés...

 

ZYVA : ... Qui ont un peu plus de la trentaine... qui sont enfermés dans une période de la musique ?

 

Remy Charrier : Non, non pas du tout, mais qui font le choix de rester un peu à l’écart…

 

ZYVA :  ... de ce qui se fait actuellement tu veux dire ?

 

Remy Charrier : Ouais peut être, et rester vraiment personnel ouais. Après nous peut être qu'on est encore un peu jeunes donc…

 

ZYVA : je sais pas du tout quel âge tu peux avoir...

 

Remy Charrier : On a 24 ans donc c’est pas hyper vieux je veux dire et donc voilà nous on est toujours dans une phase d’apprentissage de ce qui se fait en musique ou de ce qui s’est fait. Et puis pour moi c’est encore intéressant de se tenir au courant de ce qui se passe dans la musique…
David Bideau : Et même tu vois par rapport à ça, moi ce qui m’a fait vachement évoluer, c’est plus de la musique classique. C’est étonnant des mecs il y a 50 ans, quand j’essaie de rejouer ce qu’ils font, ces mecs là, je comprends pas comment ils ont fait. C’est des trucs qui motivent vraiment. Pourtant c’est pas nous…

 

ZYVA : tu as une formation en classique toi ?

 

David Bideau : Oui un petit peu, j’ai fait du piano. J’étais pas une bête, en même temps, mais  je sais que c’est vraiment ce qui m’a décoincé. Si j’avais écouté que de la Pop je serai vraiment resté dans mes références et le fait d’écouter de le musique classique, vraiment pour moi, ça m’a ouvert à plein plein plein plein de choses…
Remy Charrier : Après on dit pas "ouais on aime vachement la musique classique" tu vois !...
David Bideau : Non non non
Remy Charrier : ça a un côté... on peut se nourrir de ça, pour revenir dans notre schéma qui est  pop, ça on peut le dire franchement quoi.

 

ZYVA : Je suis complètement d’accord avec toi quand tu dis que plus on écoute des styles différents plus ça nourrit la créativité et que ça permet de faire des choses complètement différentes je suis d’accord…

 

Remy Charrier : Ouais mais un mec comme Schubert, c’est de la pop quoi, vraiment c’est de la pop. C’est clair pour moi et c’est comme ça que je le prends mais, c’est de la pop. Vraiment hyper intelligente, c’est taré. C’est hyper simple, enfin, ça a l’air hyper simple et en même temps c’est très compliqué..

 

ZYVA : Ouais c’est structuré quand même..

 

David Bideau : Tous ces trucs d’harmonies. Et comment dire, il y a des choses qu’on a écoutées et qui nous paraissaient assez naturelles à jouer, et quand on regarde vraiment sur le papier ça parait assez tarabiscoté, donc c’est ça qui nous intéresse dans...euh...même dans la musique contemporaine…ce que j’adore c’est quand ça a l’air super simple et qu’en fait c’est hyper compliqué !

 

ZYVA : bien sur c’est très structuré…

 

David Bideau : Ouais et ça j’adore…

 

ZYVA : la musique…déstructurée…euh moi aussi je suis un peu à l’ouest là… j’étais en train de me dire les voix féminines que vous incorporez à droite à gauche ultra subtilement…

 

Remy Charrier : C’est du R&B ultra commercial (Rires). Là aussi c’est un peu le penchant…voilà quoi…

 

ZYVA : Oui en fait c’est marrant car ça fond bien tu vois, ça glisse…

 

Remy Charrier : Ben oui…ça glisse…euh...(étonné)

 

ZYVA : non mais sérieux ça s’emboîte vachement bien non ?

 

(Rire général)

 

ZYVA : OK, c’était le côté sexe de Depth Affect voilà… On parlait avec Hocus Pocus tout à l’heure qui nous a fait un petit descriptif comme ça de la scène rap qui partait de TTC à Oxmo Puccino tu vois, et il y a des choses très différentes actuellement dans le Rap, j’arrive même pas à savoir où est ce que je vous mets, entre les deux ?

 

Remy Charrier : Mais on prétend pas faire du rap on fait de la musique…non mais …pour moi ce qui est clair c’est qu’on fait que de la pop altérée par nos références musique électronique et nos références rap…enfin je pense que c’est ça je sais pas si les autres sont d’accord mais...Tu peux pas la nommer. Pour moi, j’ai envie de faire de la musique quoi et David le pense d’une certaine façon…
David Bideau : C’est aux autres de classer notre musique…
Remy Charrier : C’est à vous là bordel !!

(Rire général)

 

ZYVA : classez les dans la variète…à côté de Florent Pagny…

 

Remy Charrier : Non mais pour moi la musique c’est franchir des limites …enfin dans des genres un peu précis

 

ZYVA : alors justement comment vous faites pour vous présenter ???C’est pas compliqué d’aller présenter DA finalement ??

 

Remy Charrier : Comment ça ?

 

ZYVA : ben décrire…

 

Remy Charrier : Bien sur c’est totalement… en plus c’est assez changeant tu vois on peut encore parler d’un genre.

 

ZYVA : moi si tu veux j’ai eu que l’album donc je m’attendais pas à ça en fait.

 

Remy Charrier : Ah bon ? qu’est ce qui te change??

 

ZYVA : ben déjà la sonorité est pas la même, le grain est pas le même et puis il y a des subtilités qu’il n’y a pas…

 

Remy Charrier : ça pulse beaucoup plus sur scène que sur le CD.
David Bideau : Oui c’est un peu ça…

 

ZYVA : nous on a pris une grosse claque quand on vous a vu sur scène et on a vu le CD après et c’est pas le même genre de claque…

 

Remy Charrier : En fait on ne pense pas du tout de la même manière. Nous on a encore bossé sur l’album qu’on a bossé cet été on a vraiment bossé des morceaux, on s’en foutait totalement que ça pète ou pas on essaie d’avoir des choses variées…
David Bideau : Et maintenant faut qu’on arrive à faire un concert en live réussi avec ces morceaux quoi…
Remy Charrier : Avec ces morceaux là donc on essaie un peu de les bouger, on essaie de garder peut être l’essentiel, ce qui est le plus efficace, après c’est un peu compliqué…

 

ZYVA : et c’est pas bien d’avoir deux genres, enfin deux ambiances différentes ?

 

Remy Charrier : Oui oui c’est un peu ça qu’on essaie de...Pour nous c’est gagné si vous avez aimé l’album pour autre chose que ce qu’il y a sur scène !...parce qu’au début en fait quand on a commencé les concerts on était un peu, justement, un peu trop dans la retranscription de ce qu’on faisait sur le disque et on a un peu essayé de casser ça parce que bon, déjà pour nous c’est beaucoup plus amusant sur scène…
David Bideau : Y’avait des moments assez calmes déjà et ça en live ça va pas du tout…Sur les premiers lives on faisait vachement des morceaux qu’on ne fait plus maintenant…

 

ZYVA : merci

 

Deph Affect : Merci les gars

 

 

 

Titre d’un artiste ou d’un groupe qui pourrait vous représenter vous ou votre musique :

 Legowelt - Apollo Park

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