LACUNA COIL, Karmacode
Printemps 2003, Evanescence apparaît pour la première fois sur nos écrans TV " musicales ", malgré deux EP déjà sorti en 1998 et 1999 aux Etats Unis, entraînant comme chacun sait (part si vous vous êtes retirez en ermite pendant ces 3 ans) un flow médiatique jamais atteint pour un groupe de métal jusqu'à maintenant. 6 fois disque de platine (c'est à dire 6 millions d'albums vendus dans le monde), l'album Fallen a propulser le groupe du statut d'anonyme au rang de super star mondiale. Une aubaine, ou une plaie pour les milliers de groupes évoluant dans le même style qu'eux, et cela depuis 10 ou 15 ans ? Seul l'avenir nous le dira...
Lacuna Coil fait parmi de ses groupes là. Formé depuis 1996, sous un nom différent au départ (Sleep of Right puis d'Ethereal), il forge son style de métal gothique symphonique à Milan et essaye de trouver une place dans le coeur des métalleux européens. Grâce à deux albums In a reverie en 1999 et Unleashed Memories 2001, le groupe se fait une réputation certaine dans ce milieu, notament grâce à ces compositions très travaillées et à la voix de leur chanteuse Cristina Scabbia. 2002, l'année de sortie de Comalies leur troisième album, et là c'est l'explosion. Les critiques sont unanimes, le public aussi et parmi tout ça le marché américain leur ouvre les bras ( fait assez rare pour être signalé pour un groupe italien, vu le nombre de groupes de métal dans le pays de l'oncle Sam...) bien aidé par sa participation au Ozzfest 2004.
4 ans apparaît donc l'album Karmacode, attendu donc au tournant vu la tournure de leur carrière. Le deuxième d'Evanescence se faisant attendre, le groupe a donc une carte à jouer. Et c'est donc sans surprise qu'en découvrant l'album chez mon disquaire préféré, je vois inscrit sur la pochette : " Le néo métal au féminin !!! " Les dés sont jetés, la maison de disque indique clairement la couleur...Reste à savoir si le son, lui suit...
La production est donnée à Waldemar Sorychta (Grip Inc., Tiamat, Moonspell). L'attaque de l'album est percutante. Pas d'intro, on est tout de suite propulsé par des riffs de guitares ultra efficaces, et une batterie au son néo-métal bien distinct, une nappe de clavier en fond. Ca y'est on a trouvé le premier tube de l'album, surtout que la voix de Cristina impose toujours autant la marque de fabrique du groupe.3'40 passe et ...oula que se passe-t-il ???? Quel est ce final ??? Où ai je déjà entendu cela ??? Mais oui bien sûr c'est du côté de Bakersfield.. Le poids de Korn sur le milieu du néo-métal est évident. Et ce phénomène s'enchaîne à travers l'album, avec une basse étonnement " Fieldyenne " ( que l'on retrouve de moins en moins d'ailleurs chez eux d'ailleurs ), des riffs lourds et répétitifs, des breaks de batterie bien utilisés et une production plus que clair et respectable ( à voir sur scène... ) Mais catégoriser cet album seulement par rapport au groupe Californien serait une erreur tellement les influences diverges et se nourrissent de groupes tels que Pain (pour les claviers), Tiamat, ou encore Moonspell (le producteur y est sûrement pour quelque chose...) Within Me, In visible light, et le mini titre You create (1'30) nous permettent de souffler, respectant beaucoup plus ce que Lacuna Coil nous proposait auparavant.
A noter, l'énième reprise Enjoy the silence du groupe "peu connu" Depeche Mode (trop marrant) qui n'apporte que très peu de choses à l'album (Eh les gars, faudrait penser à prendre une autre chanson de ce groupe la prochaine fois. merçi !); et aussi l'excellent Without fear chantée en italien (1 sur 13 faudrait pas trop en demander quand même !)
Je vois arriver de loin les mauvaises langues qui annoncent le prolongement de style plus "commercial" (depuis Comalies) du groupe et de surfer sur la vague Evanescence. Perso, moi si j'entends autant Lacuna Coil que Evanescence, sur les ondes et les télés du monde entier, c'est que le métal, en général, se porte bien...


