WOODSTOWER 2010, Parc de Miribel

Date : 03/09/2010
Par : Mélo

Zyva était présent au festival Woodstower de Miribel qui clôt symboliquement la saison des festivals d’été dans la région lyonnaise.

Au programme, du rock, beaucoup, du rock anglais pour cette première soirée du vendredi avec notamment deux grosses têtes d’affiche : Archive et Peter Doherty.

La soirée du samedi sera quant à elle placée sous le sceau de la langue française, et nous nous attarderons principalement sur Jeanne Cherhal, Olivia Ruiz et enfin Luke .

Vendredi 03 septembre


Nous « débarquons dans la place » aux alentours des 22h par un temps plus qu’agréable pour assister à la fin de la prestation d’Arno , suffisamment pour capter l’atmosphère assez sombre et profonde du personnage. Un timbre de voix rauque, outre-tombe, et une présence scénique qui n’est pas sans rappeler nos figures de la chanson française : l’acidité d’un Gainsbourg et l’esprit d’un Bashung. Quoiqu’il en soit, nous n’en verrons pas assez pour nous mettre réellement dedans.


Après quelques minutes d’attente, durant lesquelles une certaine confusion s’empare de nous suite aux rumeurs ambiantes (qui jouera en premier d’Archive ou de Doherty ? Ce dernier viendra-t-il ?) nous en profitons pour faire le tour du propriétaire et constatons que nous n’avons pas affaire à un Woodstower totalement bondé pour cette première soirée.


Qu’à cela ne tienne, cela nous fera plus de place pour être aux premières loges pour Archive !

Le groupe de trip-hop anglais arrive en force sur scène, pas moins de deux claviers, deux ou trois guitares (difficile à comptabiliser) et tout le reste de l’apanage rock pour une heure de prestation.

La qualité musicale est au rendez-vous et les deux featurings qui entrecoupent cette atmosphère à la fois planante et progressive permettent au public moins averti de s’y retrouver.

A noter que beaucoup de morceaux de leur dernier album seront joués et un groupe qui fait preuve d’un dynamisme appréciable sur scène.


Un dynamisme bon à prendre malgré certaines lenteurs, mais rien en comparaison d’un Pete Doherty flegmatique qui débarquera quelques minutes après leur passage.

Flegmatique car le poète anglais semble s’être réveillé très peu de temps avant sa montée sur scène (mais est-ce vraiment surprenant de sa part ? il est là, et ça, on peut déjà s’en féliciter) mais surtout un Doherty qui vient seul, et qui restera seul sur scène avec pour seul accompagnement sa guitare électro-acoustique, sa voix et sa bouteille de rouge. Rien d’autre.


Chacun prendra ce moment comme il le souhaite, on peut y voir une arnaque totale et un artiste qui méprise son public, ou l’on peut aussi sourire de manière complice devant l’insolence d’un personnage fidèle à lui-même, qui malgré tout fera ce qu’il a à faire, enchaînera ses morceaux avec un réel talent pour l’instrument qu’il bidouille, même s’il donne parfois l’impression d’improviser des transitions, pour ne pas avoir à nous parler.

Quoique, il nous parlera, mais le tout restera très difficilement compréhensible même avec un bon niveau d’anglais.

D’un point de vue strictement musical, le coté rock est quand même bien mis de coté pour une réelle poésie folk parfois limite country, mais surtout comme déjà insinué ci-dessus, le dandy fera rarement de pause entre ses morceaux, et empêche donc ainsi toute mise en valeur, ce qui deviendra à la longue, plutôt fatiguant et l’on se détourne petit à petit du spectacle. À force, on a la sensation d’écouter un seul et même morceau, ou plutôt une seule et même comptine, car les mélodies sont à la fois insouciantes, légères et répétitives. Dommage pour nous également, de ne pas comprendre les paroles, car apparemment, Peter a beaucoup à dire.

Enfin la petite surprise supplémentaire, c’est l’apparition par intermittence de deux « danseuses classiques » à ses cotés, mais cela reste à son image : sans logique, décalé et presque inapproprié, et à ce niveau là, c’est la même chose, soit on le prend comme un foutage de gueule, soit on en rit. J’en ai ri pour ma part.


Samedi 04 septembre


Ce soir, c’est apparemment le grand soir.

Telle est notre déduction en voyant le festival deux fois plus rempli que la veille !

Apparemment les artistes proposés pour cette soirée ont déjà leur public.


On commence avec la « décalée » Jeanne Cherhal, entre chansons à texte et reprises légèrement prétentieuses ( elle s’attaquera aux monstres d’Arcade Fire sur une reprise de « My body is a cage » mais en français... et assène le coup de grâce avec une reprise de Diams « La boulette », dans un rap-chanté assez flippant).

Étalages de bons sentiments, de sujets « engagés » etc, notre ressenti sera plutôt de voir une sorte d'Émilie Simon sans qu’elle lui arrive à la cheville, qui surjoue telle une Izia.

Nous sommes durs ? Peut-être. Alors donnons une mention particulière aux musiciens. Voilà.

Toutefois le public a l’air d’apprécier.


Mais le public est plutôt venu pour cette célèbre perdante de la Star Ac’ qui fait son bonhomme de chemin depuis plusieurs années maintenant, je parle bien sûr d’Olivia Ruiz.

Sceptique malgré tous les échos , j’accueille ses « Crêpes aux champignons » avec dureté et un brin de condescendance, je l’avoue, entre autre dues aux récurrents matraquages radio.

Eh bien c’est peut-être malheureux, mais c’est comme ça, le personnage l’univers fantasmagorique qui lui est propre agrémenté de réels professionnels derrière (à noter, violons, section cuivres, et bien d’autres) me prendra à mon propre jeu, et vraiment, qu’on aime ou pas, il est difficile de rester insensible au passage d’Olivia.

Rajoutez à cela une voix toujours juste, un physique agréable, le fait qu’elle prenne sa place sur scène tout en restant dans le naturel... je n’irais pas jusqu’à acheter ses albums, mais j’ai connu concert plus désagréable (par contre, réelle différence d’atmosphère et de qualité entre les morceaux en français et ceux, heureusement moins nombreux, en espagnols).

Et apparemment je ne suis pas la seule à le penser, le public éructe de joie.


Comme quoi les préjugés sont faits pour être contredits : j’avais à peu près les mêmes appréhensions pour Luke (oui je suis chiante et je n’aime rien... quoique) .

Et rebelotte. Paf !

Après deux premiers titres où la voix nasillarde du chanteur et son accent pas très loin de celui de Saez me donne plus envie d’aller au bar que de me concentrer sur le spectacle, sans le vouloir, le rock français ma foi pertinent et bien à vif du quatuor me transporte petit à petit dans un nouvel univers.

L’expérience se ressent dans les compositions de Luke, la véracité de la démarche artistique également et ces deux qualités font d’eux un réel groupe de scène, captivant .


Petite parenthèse : entre les têtes d’affiche, nous assisterons à un « battle » sur deux petites scènes chacune à un bout du festoch : d’un coté Paco chante la paix plus en mode one man show que musicien, mais assez drôle, et de l’autre Boogers, lui en mode musicien, mais pour le coup nous n’accrochons pas du tout...la voix, le style, la mélodie, la guitare... rien ne retient réellement l’attention ... toutefois ces deux entractes sont agréables et permettent de ne pas voir passer le temps entre les changements de plateaux.


Fatigués mais contents, nous ne resterons malheureusement pas pour Lee Harvey Asphalte, plutôt apprécié dans le coin, ni pour le Tokyo Ska Paradise Orchestra.


C’est que mine de rien, il y en avait à voir et à entendre en deux soirs !


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