THEM CROOKED VULTURES, Them Crooked Vultures
2009 est définitivement l'année des « supergroupes », ces formations qui rassemblent en leur sein des grands noms de la musique issus de divers groupes pour en former un nouveau, le temps d'un album ou plus (si affinités). Après Dead Weather, projet initié par l'omniprésent Jack White (The White Stripes, The Raconteurs), avec la complicité d'Alison Mosshart, charismatique chanteuse des Kills ; ou encore Chickenfoot et son incoryable line-up (Joe Satriani, Chad Smith des Red Hot Chili Peppers, Sammy Hagar et Michael Anthony, exs-Van Halen), voilà que déboule Them Crooked Vultures. Sur le papier, ça laisse rêveur : Josh Homme (Queens Of The Stone Age, Eagles Of Death Metal) au chant et à la guitare, John Paul Jones (Led Zeppelin) à la basse, et Dave Grohl (Foo Fighters, ex-Nirvana) derrière les fûts. Après un premier concert remarqué à Chicago, et diverses dates sur des festivals en Europe cet été (notamment un show surprise à Paris pendant Rock en Seine, sous le nom « Les Petits Pois » !), le combo dégaine son premier album tant attendu.
Dès le premier titre, No One Loves Me & Neither Do I, pas d'erreur possible, le son si particulier du frontman des QOTSA est là : cette guitare lourde et grinçante, ce timbre de voix, n'appartiennent qu'à lui. Il délivre cette incroyable énergie que l'on trouve partout où il passe, appuyé par une section rythmique éléphantesque. Le moins que l'on puisse dire, c'est que Dave Grohl ne s'est pas ramolli pendant ses années Foo Fighters : ça cogne dur, et ça cogne bien ! La complémentarité avec John Paul Jones est parfaite, et à deux ils offrent une couleur totalement différente au son, évitant au groupe de tomber dans la facilité d'une simple copie des QOTSA. Chaque titre est une merveille d'équilibre entre l'incroyable puissance de chacun des membres, et leur enchaînement ne laisse aucun répit à l'auditeur. New Fang, le premier single, s'ouvre sur la frappe nirvanesque de Grohl, à laquelle viennent s'ajouter une légère guitare slide du plus bel effet et la basse sautillante de John Paul Jones, qui prennent tout leur sens sur un magnifique break, avant une conclusion qui prend aux tripes. S'ensuit alors l'urgent Dead End Friends, survolé par la guitare stoner et le phrasé toujours parfait de Mister Homme, un morceau oppressant qui vous emporte lentement mais brutalement, avant un final qui n'a pas du laisser un bon souvenir à la batterie de Dave Grohl... Même pas le temps de s'en remettre que la splendide intro d'Elephants vous prend à la gorge, toute en changements de rythme, avec ce phrasé de guitare hypnotique et entêtant. Un morceau fourbe, qui vous laisse croire à un petit moment de répit avec ce refrain aérien et ses choeurs (d'ailleurs magnifiquement utilisés tout au long de l'album), mais c'est pour mieux frapper l'auditeur au moment où il s'y attend le moins, et là où ça fait mal. Sept minutes de pur bonheur.


