JOHN SADEQ, Retour de Flammes
Le rap est gangrené depuis un moment, ça on le sait. Gangrené par cette maladie qu'on appelle le succès, l'autosuffisance ou ce qu'on appelle plus communément le « rap de droite », ou rap bling bling. Malgré ça, certaines fois, on arrive à tirer quelques épines non contaminées de ce bordel ambulant. C'est le cas de John Sadeq qui propose un rap sans concession, à la limite du borderline parfois, en tout cas pour notre « douce France ». 52ème Etat, hymne de son E.P. "Retour de Flammes" (téléchargable gratuitement sur son myspace), en est le parfait exemple : « Alors que l'élite et le showbiz jouent les yankees, permettent à l'Empire d'imposer son emprise, ça joue les patriotes mais bandent pour les USA, je préfère le PEN a ses porcs, tu peux imprimer ça ! »
Mais n'allez pas croire que ce toulonnais d'origine n'est là que pour choquer. Ces textes sont forts, sa liberté de pensée est intacte, et ses productions musicales agrémentent parfaitement son rap. Tout ceci en font un artiste qui me semble être au plus près de ce que le rap aurait toujours dû être : « J'ai a pas à m'excuser si mes vérités te gênent, je vais pas changer pour ça, je veux pas porter de chaîne, oublie les USA, mes modèles sont tchétchènes. » (Amour et Guerre)
Bercé par un hip-hop époque « Rapline », l'émission culte présentée par Olivier Cachin, les compilations « Rapattitudes » ou encore les premiers albums de Public Enemy, Brand Nubian, Jungle Brothers,...il a commencé à rapper en 1996, en groupe tout d'abord, puis en solo à partir de 2003. Ces influences en matière de textes sont plutôt à chercher du côté de la littérature, notamment chez des pamphlétaires comme Aymé Césaire ou Henry-David Thoreau, et des auteurs parfois controversés et sulfureux, Marc-Edouard Nabe étant celui qui l'a le plus marqué.
Ne le cherchez pas dans les bacs de disquaires, John s'écoute pour l'instant sur internet et encense le téléchargement pour se faire connaître : « L'idée de percer m'a déjà du charme, car tout est fait pour assassiner l'art, pas là pour plaire et m'adapter au marché, la révolution sera télécharger. » (La révolution sera télécharger)
Alors bien sûr, chacun y trouvera, ce qu'il y a de bon ou de mauvais à prendre chez lui, en fonction de ses opinions, mais l'important est, il me semble, que le rap, soit le porte-voix d'une pensée non-commune, ainsi qu'un déclencheur de pensées.


