
Si JoeyStarr et Kool Shen avait une fille, elle se serait sûrement appelée Keny Arkana… Oui je sais c’est un peu simple comme raccourci mais le fait est, que leur façon d’appréhender le rap se rapproche. En effet, leur but premier était de faire passer un message avant toute chose, et elle aime le rappeler assez souvent : «Je ne suis pas une rappeuse, mais une contestataire qui fait du rap... ». Elle aime aussi bousculer les consciences et frapper là où ça fait mal, comme lors de la soirée du prix Constantin où elle fût lauréate, et où elle interpréta son titre ô combien tranchant « Nettoyage au karcher », devant un parterre de gens bien pensants de la profession et du show business parisien, ainsi que devant la ministre de la culture Christine Albanel…C’est sûr qu’à côté du style « gendre préféré de la ménagère de moins de 50 ans » revêtu par Abd Al Malik l’année dernière à la même récompense, cela fait tâche !
Peu importe Keny Arkana fait son bonhomme de chemin, discrète dans les médias, mais engagée et présente quand il s’agit de participer à un forum d’ « Appel aux Sans voix ». Car c’est ça le style Keny Arkana, une grosse dose de rébellion, une bonne louche d’anticapitalisme, plusieurs cuillères d’enfance difficile, …et cela donne « Désobéissance civil e », son dernier opus par exemple !
Un album qui ressemble beaucoup au dernier « Entre ciment et belle étoile », mais qu’importe. Comme Rockin’ Squat (membre du groupe de rap Assassin) on n’écoute pas Keny Arkana comme n’importe quel artiste de rap, on la lit, on essaie de comprendre, la musique est presque secondaire… Après chacun se fait son opinion ! Et au vu de ses récents concerts avec des salles relativement combles et 75.000 albums vendus (disque d’or), tout va bien pour elle et son discours. « Désobéissance civile » est donc un petit frère de « Entre ciment et belle étoile » mais n’enlève rien à la fougue et l’envie de révolte de Keny : sans papiers, ordre mondial, Illuminatis, misère humaine, écologie,… sans oublier les clins d’œil à l’Amérique du sud d’où elle détient des origines avec des titres comme « Pachanama » (déesse de la terre dans la religion des Amérindiens) et « Cinquième soleil » (Mayas et Aztèques pensaient que le monde avait été créé et détruit plusieurs fois. Ils croyaient qu’ils habitaient le cinquième monde ou «cinquième soleil », qui est aussi le nôtre.) par exemple…
C’est bientôt l’été ! Donc si tu es du genre à porter un tee-shirt du Che, tout déchiré, pendant plus de 3 semaines d’affilée sur les plages de St-Trojan-les-bains, cet album est pour toi sinon…écoute quand même on sait jamais.
