Troisième album nommé "Du coeur à l'outrage", 10 ans de rap pour La Rumeur, autant dire un sacré bout de chemin. Quand on glisse une galette de La Rumeur dans le lecteur, on s'attend à passer un bon moment.
Cet album ne déroge pas à la règle, on avait eu le droit à une mise en bouche avec le puissant "Qui ça étonne encore !". La grande question qui planait était de savoir si l'album serait un retour à "L'ombre sur la mesure" ou dans la contuinité de "Regain de tension". Au final, c'est encore un style différent, moins froid que "Regain de tension" mais toujours électronique.
Les prods sont léchées, accompagnées des flows monocordes de La Rumeur, "Quand la lune tombe" est un petit bijoux sur Paris la nuit. "La capitale sans son maquillage, arrachée de sa vieille perruque blonde, des cernes sous les yeux s'illuminant de girofards bleus, ou sous les néons des sex shop comme la dernière des salopes."
Autre morceau de grande classe, "Je suis une bande ethnique à moi tout seul" avec Sergio Teyssot Gay le guitariste de Noir Désir repeint les clichés de l'immigration.
La nuit, l'afrique, la police, la politique, la censure, un malaise profond plane au dessus de cet album, sombre et dense . On en ressort essouflé... "La mine un peu défaite sur le pavé qui s'y prête, je sorts promener, pisser ce chien dans ma tête, ce chien dans ma tête..."Oui, c'est une grande claque dans la gueule du rap francais et 12 euros chez vos disquaires...

