VENDREDI

Musicalement, on commence le vendredi par The Dead Set, composé de deux Australiens qui font de l’Électropunk, chanté alternativement avec une voix assez rapide, aiguë, puis grave, et d’un phrasé normal. Ça donne un style hybride. Au final, les concernés y trouveront ce qu’ils recherchent et les autres prendront une bière. Car oui, ce festival qui a lieu à Charleville-Mézières est proche de la Belgique, et donc de la bonne bière. Les brasseurs locaux et les bières des trappistes belges Chimay étaient sollicités.




Il en fallait donc, du liquide, pour ce festival qui a vu le jour en 2005 sous l’initiative de l’association FLaP. En effet, sa fréquentation a augmenté au cours de ses 7 éditions. De 10.500 personnes en 2005, elle a du dépasser la barre des 50.000 en 2011.

Au-delà de la bière, la programmation était alléchante. Les concerts se déroulaient alternativement sur deux scènes. Suite à The Dead Set sur la scène principale, The Do a joué sur la scène alternative. Et c’est l’un des concerts les plus agréablement surprenants de ce week-end. C’est de la Pop qui vous transporte. La chanteuse a cette voix si particulièrement attachante ! Le guitariste/percussionniste est vraiment dans la musique, voire complètement dedans, et volerait presque la vedette à la chanteuse. S’il y a un groupe à aller voir près de chez vous, optez pour The Do. En plus de la musique, vous aurez une ambiance, des couleurs et des lumières particulièrement travaillées.

De retour près de la scène principale, Iggy Pop And The Stooges étaient attendus. Que dire de ce jeune groupe prometteur ? Le petit blondinet avait bien la patate, malgré un léger problème de motricité. Les Stooges étaient bien en place et nous ont livrés un bon concert rock avec des passages progressifs. Le public ne s’y est pas trompé, il était bien présent.


La particularité du Cabaret Vert est sa formule qui commence par du Métal/Rock/Punk et dérive au fil des heures vers de l’Électro. Et ce vendredi, c’est Sexy Sushi qui était chargé de faire la transition. Leur show comprend beaucoup de provocation du pendant féminin du groupe, qui va jusqu'à se dévêtir. Ce qui donnera d’ailleurs des idées à une partie du public qui viendra sur scène pour faire de même ! Le tout visuellement accompagné de deux molosses cagoulés, et vous obtenez une ambiance bien punk. Quant à la musique, c’est de l’Électro très propre, légèrement classique. Ça fait un étrange mélange des genres…

Par la suite, Vitalic « selector set » a été chargé de faire bouger le public présent, ce qu’il fait aisément. Le « selector set » ne représente qu’une partie du groupe Vitalic. Le show est ainsi moins spectaculaire qu’à l’accoutumé.

SAMEDI


Par habitude, le deuxième jour est le point culminant des trois jours de festival. Et pour ce report, la journée a commencé avec Lilly Wood and The Prick. C’est de la Pop qui ressemble furieusement à The Do, mais la représentation visuelle est plus sobre. Cette pop édulcorée a provoqué une frénésie de danse bon enfant. Un « punk » du public a même fini par ranger ses attributs vestimentaires à même le sol pour se plonger dans le gazon légèrement boueux. Sûrement une attirance refoulée pour Woodstock et les hippies…

Malgré la météo qui nous annonçait un déluge ce samedi, on a été surpris par la clémence du ciel, sûrement pour nous faire apprécier à sa juste valeur Suicidal Tendencies, groupe de Punk-Hardcore-Metal-Trash-Prog-Funk qui a fait et fait la joie des amateurs. Le groupe est vraiment content d’être présent et les musiciens ont la banane. Le chanteur arpente la scène de long en large en s’arrêtant de temps en temps pour faire la pose de l’ours. Un seul mot : efficace. Pour la dernière date de leur tournée en France, ils ont tout donné !

Par la suite, The Bellrays, groupe sur-cool de Funk/Soul/Rock qui dépote avec du gros son. Un léger sentiment d’euphorie s’installe dans le festival…

Par la suite vient Tiken Jah Fakoly, à qui l’on peut reprocher d’être assez répétitif. Néanmoins, ce sacré chanteur de reggae arrive à communiquer au public un sentiment de bien-être, d’amour universel, une profonde envie de partager. Et ce, malgré la gravité des propos évoqués.

Enfin arrive NOFX, groupe de punk américain connu pour ses prolifiques productions de qualité, pour sa seule date en France. Pour les fans, pas de commentaire, c’était purement un énorme concert. Dommage qu’ils n’aient pas joué The Decline et que le concert finisse par une chanson sous forme de cabaret punk qui en a laissé certains sur leur faim.

Et comme pour le vendredi, l’Électro a commencé à prendre sa place avec les américains de The Rapture, qui ont joué de l’Électro-Disco-New-Wave légèrement dérangeante et peu rythmée. Les français de Beataucue ont été chargés de rétablir la balance et ont fait transpirer le dance-floor comme personne !

DIMANCHE

La particularité de ce jour était d’avoir le ticket d’entrée à 5 euros. L’ambiance était plus familiale et la programmation de même.

Cela a commencé avec Pigalle. Une phrase à retenir : « buvons encore, une fois à l’amitié, l’amour et la joie ». Voila, c’était les paroles d’une chanson qui résume bien l’ambivalence de ce groupe de rock français porté par le cher monsieur Hadji-Lazaro. Malgré les paroles joyeuses, la musique est mélancolique. C’était un vrai moment triste, à recommander.

Par la suite, sur la grande scène, Huck, rock typé anglais, efficace, mais qui plaira avant tout aux fans du genre : chanteur à mèche et chansons dédiées spécialement à vous, les femmes. De l’émo-rock en somme.

Et sur la scène alternative, Mademoiselle K, la Tough Girl sensible du rock français, a livré une belle prestation. La demoiselle a une sacrée présence. Elle est bien stylée : pantalon en cuir, veste à paillettes, coupe iroquoise rouge et noire. La chanteuse réussit à avoir l’acclamation du public sur une chanson relativement douce. Les musiciens étaient clairement à fond. Au final, même si on n’est pas fan de ce type de rock, on apprécie la prestation.

Et pour finir en beauté : Stupeflip. Ce groupe de rock Electro Punk’n’Pop, qui a un univers si entraînant sur CD, possède la réputation de ne pas être au top sur scène. Et il est vrai que le résultat est mitigé. Les personnages de Cadillac, King Ju et Pop- Hip sont bien représentés au cours du set. Mais pourquoi avoir choisi les chansons les plus « pop » ? Pourquoi ?! Il me semblait que « Pop hip » était mort. Donc au final, si les chansons jouées sont bien interprétées, la sélection ne fait pas la part belle au coté malsain de l’univers du Stup.

Et bien que la sécurité soit assez musclée et parte au quart de tour, le festival s’est finit tranquillement.

Max