Ne sachant donc pas qui remercier, j’arrive à peine pour les dernières notes de Welcome To My Life, le tube des bébés rockeurs Simple Plan. A mon grand étonnement, pas de groupes d’adolescent(e)s venues idolâtrer leur groupe de rock favori ; le public présent pour cette première partie est presque uniquement là pour une simple introduction en douceur. Les plus bornés resteront sagement à l’abri du massacre, en sirotant une bière avant d’entrer.




Les quatre punk-rockeurs ne se font pas attendre et entament leur set avec All I Want, histoire de ravir la plus grande partie du public. Bien entendu, ce sont les fans de la première heure venus là pour entendre ce que le groupe sait faire de mieux ; tout sauf les refrains gnian-gnians et les ballades beaucoup trop nombreuses de leur dernier album. Évidemment on n’y coupe pas, You’re Gonna Go Far Kid est lancée, et passe plutôt pas mal à vrai dire. A l’inverse, You Will Find A Way, annoncé comme nouveau single ne présage rien de bon pour le prochain album …

Enfin pour le moment, le quatuor a compris le message ; face à un public surexcité, il envoie du lourd, et cela jusqu’à la fin du set. Du Smash et du Conspiracy Of One à gogo, que demande le peuple ? C’est toute l’adolescence de certains qui défile devant leurs yeux. Staring At The Sun engage le public à faire les cœurs sur tous les morceaux, les pogos fusent sur Original Prankster et Bad Habbit, qui déchaînent autant la fosse que les gradins. On sort les carillons, la mignonnette Kristy Are You Doing Okay vient se planter dans le décor, et fera un peu tache, il faut le dire. Genocide arrive alors… Autant vous dire qu’il faut le prendre au pied de la lettre quand on voit l’état de la foule après le crime. Bon, j’exagère un peu, disons que c’est plutôt uniquement le son qui envoie cette puissance, car le jeu de scène et l’énergie du groupe laissent à désirer. Il faut dire qu’ils ne sont plus tous jeunes ! Jouer les punks ça va bien un moment ! La voix de Dexter Holland reste pourtant intacte, ce qui fait plaisir à entendre. Les morceaux aussi restent identiques, malheureusement. Un peu de fantaisie ne leur ferait pas de mal (au groupe non plus d’ailleurs).

Le point culminant de ce concert arrive enfin avec Pretty Fly, celle qu’apparemment tout le monde attend.



Une petite pause est nécessaire ; Stuff Is Messed Up relâche un peu la pression. Dans un rythme plus posé, le public s’égosille avec des « Why Don’t You Get A Jooooooob ? », avant que Want You Bad ne redonne un petit coup de pouce. On sent alors l’explosion générale aux premiers accords de Hit That, qui arriverait presque à redonner de la vie aux vieilles pierres sur lesquelles bondissent certains.



C’est à peine si on remarque le départ des musiciens ! Ils ne se font pas trop prier pour nous donner un rappel absolument nécessaire, qui finira sur Self Esteem. Tout le monde chante en cœur, bondit, s’amuse… C’est beau tout ça, on en oublie qu’on est venu à un concert « punk ». L’heure du dodo presse les exemplaires musiciens (et oui, 22 heures, ça commence à faire tard !), une petite bouteille d’eau, quelques remerciements, et hop, c’est déjà fini.

Bon, certes, ils ne font pas des folies, le terme de « punks américains » n’est vraiment plus approprié à ce groupe, mais ils ont l’air de se faire plaisir. Nous aussi, on se fait plaisir, tout ça dans une ambiance presque bon enfant. Que demander de plus ?

Violette